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instants philosophie

L'arc de conscience et la conscience inversée

20 Février 2016, 18:36pm

Publié par pascal doyelle

L'inconscient généré par l'arc de conscience comme corps et surface

Puisque des ex-stases il en existe des tas, et que notre structure de conscience est faite pour cela, elle bute cependant dès le début et immanquablement sur le réel. Et ceci est l’extase absolument maximale ; pour illustration l’absurde camusien, le soleil écrasant et éblouissant du monde, ou la sombre ulcération sartrienne ; et ceux deux là puisent à même l’évidence du donné tel que « là », en une radicalité (dont on peut se demander ; pourquoi fut-elle française ? pourquoi Céline et son existentialisme mille fois plus éreintant ?).

Ceci à condition d’assumer la « castration » comme il est dit (et pourquoi y eut-il Lacan ?) Ce qui signifie en somme que telle conscience est parvenue à assumer son être de séparation, qui n’est donc pas un être du tout mais un Exister ; avant la séparation on est ni un être ni un exister, on est un enfant ; après la séparation on est un exister mais on croit, on imagine que l’on fut un être (ou qu’un jour si ça trouve, on y parviendra ou éternellement se supposer éternel).

Ce qui n’a jamais été et ne sera jamais ; on demeurera toujours en état d’extrême séparation. C’est l’articulation d’être conscience-de, Exister arcbouté à l’Exister du présent seul et c’est en cette articulation même, cette division parfaite, que l’on doit découvrir et élaborer son architecture (de Parménide à Lacan, on ne parle que de cela ; lire les Idées ou les systèmes ou le christique ou le cartésien comme des chosifications est une absurdité ; les cas de Nietzsche et Heidegger sont plus compliqués parce qu’ils dynamitent leur pensée ayant affaire à l’altérité extravagante du réel ils sont obligés de rendre leur pensée distordue ; ce qui se marque plus encore par Lacan, la distorsion est à vif … elle ne se représente plus comme Pensée ou Christ ou Sujet ; l’os est à nu, depuis la révolution, française, l’os est à nu).

L’irréalité et l’horreur

Or si la séparation, la castration, est accessible ou réalisable pour l’arc de conscience, et seulement par cet arc, pour tout le reste (la cervelle et l’irréalité, le rêve ou le moi et le conscient, ou l’image de soi ou le regard de l’autre) cette séparation est inactualisable ; ni la cervelle, ni le moi (dans l’activité de s’imaginer, ce qui le constitue en propre), ni le conscient (qui chosifie toute motion ; un contenu de conscience est un conscient, en lequel cette conscience se réunie, vainement) ne comprennent la séparation ; ce qui veut dire que même séparé, scindé, autre que « soi », on n’admet jamais vraiment la coupure de « soi » par (soi). Un morceau de notre actuelle conscience (qui n’est que cela, actuelle) reste coincé dans l’entrelacs de la cervelle, de l’identité, du corps ; c’est ce par quoi on n’est jamais tout à fait actuellement « là », et c’est donc la raison pour laquelle il est un « là » …

C’est donc immanquablement et définitivement qu’il est un arc vers le réel ; c’est parce que l’arc est « incomplet » qu’il y a pour cet arc un réel.

Si on était absolument -là-, le « là » disparaîtrait ; si on n’est pas tout à fait « là », c’est bien parce qu’un morceau est coincé ailleurs et que donc apparait ainsi un « là ». Ou dit autrement ; parce que l’on n’est pas « là », on n’est pas, et de ce fait on Existe.

Raison donc pour laquelle il est un inconscient, par rétroactivité de l’arc de conscience pris dans la cervelle (ou l’identité ou le corps ou le conscient mêlé d’inconscient) et raison pour laquelle ce qui se lit par l’arc de conscience est un Autre-Corps ; l’arc de conscience crée une autre Surface afin d’élaborer un autre-corps (qui ne vient jamais sinon comme surface potentielle ou virtuelle). Le déplacement de la jouissance est l’articulation plus ou moins rendue possible dans le dés-ordre des deux corps (qui évidemment n’en font qu’un, il n’y a pas deux corps superposés, puisque le deuxième corps, né de l’arc, est absolument éphémère, volatile, impossible, etc).

Le morceau coincé est plus ou moins imposant et importun ; mais présent fondamentalement en tout moi ; lorsque la séparation n’est pas actée ou n’est pas « plus ou moins acté » (parce qu’évidemment c’est parfois tout à fait millimétrique et en fait ça n’est jamais acté, jamais un arc de conscience ne se distingue de sa conscience inversée), c’est tout le système structurel qui bifurque ici et là jusqu’à tournicoter totalement ; une partie est non séparée ; il ne se tient pas de l’autre, mais de l’autre Autre, pas seulement de l’autre, autrui (parce que se détenir de l’autre humain est la meilleure manière d’être fou, il faut le dire) ; de l’autre comme Autre, cad le Tiers, et le tiers n’est pas, il existe. De l’Autre objectif ; tout naturellement de la mort, on meurt tout seul et sans rien ; ou de la distance incommensurable (entre deux points dans le réel il est une distance immesurable, infinie, horrible) ; ou de l’impossibilité (pour ceux qui cherchent le sujet, le sujet impossible, et qui n’acquièrent qu’une part très étrange de ce sujet impossible en l’acceptant, y accédant comme absolument Autre, nietzschéen, sartrien, mais pourtant déjà cartésien …) ;

une altérité qui ne rentre pas dans le monde, le donné, le vécu, le corps, le moi, les autres, le bonheur ou le désir, etc, bref en rien. D’où la nécessité d’élaborer des textes, des signes, des couleurs, des langages actualisés qui puissent outrepasser originellement le donné, le commun, le monde, les autres, etc ; une Œuvre montre le « là » originellement, non pas en lui-même d’abord (mais aussi en lui-même) mais surtout tel que le donné « là » peut apparaitre pour un corps qui l’élabore sur sa surface (ce qui veut dire que cette élaboration n’est pas « subjective » mais ultra objective ; Descartes est ultra objectif, Nietzsche aussi, ou Rimbaud, ou qui l’on voudra qui anime votre corps propre, Descartes les avait tellement qu’il préférait la philosophie aux maths … plus certaine, disait-il ; il avait raison, parce que si tout le monde ne pratique pas les maths, tout le monde est une suspension intentionnelle et un cogito). Il est absolument essentiel que les grecs aient un Corps. C’est parce qu’ils le veulent dans un corps qu’ils sont grecs. C’est le Ramener de l’absolu (situé jusqu’alors au-delà), le Ramener ici même et puis ensuite ici et maintenant par le Corps du christ (par qui on comprend tout de suite que ça n’est pas le corps donné là, bêtement, mais l’Autre Corps, l’impossible surface).

L’affrontement envers l’Autre est pour chaque conscience le reflux de son corps dans une partie coincée ; le lieu de l’attachement effrayant à la partie de l’être, alors que, séparé, soumis à la séparation, on est un Exister ; ce que l’on n’accepte jamais ; on est déjà toujours dans un détour réfugié dans l’attachement supra intérieur, dissimulé dans le repli de la cervelle ; et ceci est extrêmement individué … ça tient au corps même ; incompensable par quoi que ce soit ; et on comprend bien que cet arc inversé (tendu dedans la cervelle, vers le pli de la cervelle) est aussi inversement l’exacte précision de l’actuelle conscience qui, elle, est purement structurelle, vide, formelle, libre et inadéquate à quoi que ce soit de déterminé(on a le choix entre un plein étouffant et déjà mangé et un vide totalement perdu), et ayant capacité, cette structure vide, à s’emplir de tels et tels contenus indifféremment, sauf que quand même le poids de l’attachement, de l’arc inversé lui tient au corps ;

l’arc inversé, l’inconscient, le conscient et l’arc de conscience sont tenus en une fois, puisque l’arc de conscience est intégralement une tension, et non un état (il faudrait que «conscience » soit « quelque chose » et elle est juste une structure, cad un rapport au réel et le rapport de ce rapport). Cette manip est intégrée à elle-même ; l’intégration est le vers et le devers d’un seul plan qui se tient de son articulation au réel (qui est un événement cataclysmique pour toute cervelle et toute identité); la sortie hors de la cervelle, par contrepoint (qui exige un Point externe, on tombe amoureux à l’adolescence, en somme) par contrepoint du point interne (profondément irréel et réel mais caché dans le pli de la cervelle et du corps).parce que cela sert d’un corps … et que probablement l’obtention finale est précisément un corps œuvré.

Un corps œuvré mais qui surnage à peine (les sujets, qui sont le possible, le potentiel de tout moi, depuis la révolution française, puisqu’avant la révolution les sujets existaient mais vers l’horizon de la révolution, vers l’humanisme, le droit, le citoyen, la science, etc, à l’imitation de Descartes évidemment mais aussi de Montaigne …), un corps œuvré qui outrepasse tellement qu’il ne tient pas dans la réalité, le monde, le vécu, ni ne tient sur la surface de ce corps donné là ; un corps-en-plus, non attaché, qui se re-perçoit (constamment, et passée l’illumination il lui faut se re-vouloir incompréhensiblement et pour-rien, parce que, parce que la structure ne demeure tendue par son exister que dans la motivation pure et vide et brutale, extrêmement brutale d’exister, présent par présent ; « je veux que cela soit ici et maintenant, ici-même » dit-elle). Impossibilité que l’on ne peut pas dire (sur le mode conscient) mais que l’on peut actualiser (sur le mode conscience unilatéralement arcboutée au réel) ; c’est que l’on intègre (le vers et le devers) constamment ; dès qu’il y a arc de conscience (qui se produit d’une cervelle) ça va vers le réel (ce qui met en jeu l’arc inversé vers la cervelle).

Cela pour signifier ceci ; ça ne se réalise pas sans extrémisme … bien qu’un un sens c’est ce qui arrive constamment à tout moi (soit donc à la formulation assignée de chacun depuis que la personnalisation a approfondi, si l’on veut, la réflexivité qui déjà c’était instanciée par la révolution ; la révolution réalise l’humanisme sur la base de l’universel, mais se fait aussitôt dépassée par la personnalisation, qui incruste la structure au plus loin, dans les corps, les corps des mois, à commencer par les prolétaires … ou les romantiques).

L’arc inversé, vers le pli de la cervelle, libère infatigablement l’arc de conscience vers le réel ; en réalité il se tire de là ; l’arc le plus vide et formel est encastré (littéralement) dans la cervelle par son inverse, via l’autre surface du corps qui n’est pas mais existe ; l’inconscient est la même phase que l’arc de conscience générant un corps en décalage de lui-même ; ou plus exactement une interface corporelle évidemment non écrite, non signifiant sur le corps mais visant à s’y substituer (sans y parvenir jamais mais dans l’impossibilité d’annuler son trajet corporel puisque arc de conscience on est et restera ; elle émet et elle s’efface instantanément, se disposant à retenir d’autres signifiants encore). L’arc de conscience crée un horizon, indescriptible, puisque toute description prendrait place avant cet horizon (un objet est posé vers l’horizon) et le repli qu’est cet horizon renvoie à l’arc inversé puisque l’arc de conscience et l’arc inversé sont le même corps.

Il faut saisir que la réflexivité ne s’opère pas d’un conscient vers le conscient (ce que l’on entend habituellement par réflexivité, en réalité c’est alors de réflexion dont il s’agit et non de la réflexivité même, la réflexion est un effet de la structure qui est la Cause, la seule et unique cause dans le seul et unique présent, seul existant) ; non d’un conscient vers le conscient ou du donné vers le donné, mais du Bord (qu’est un arc de conscience, puisqu’elle a pris la forme du réel, cad du présent, lui-même Bord de toute réalité) et que donc ce Bord se retourne sur-vers-par lui-même, bien qu’il ne soit rien … d’où la difficulté ; la réflexivité de l’arc de conscience doit retourner ce qui est … à partir de rien.

Ou donc ; on pivote ; le pivot pivote sur lui-même (ce qui est absurde ou incompréhensible, de fait, ou ce que l’on voudra) ; il prend appui sur son être mais cet être est un Exister, cad un Bord. De sorte que l’on peut bien supposer qu’il soit ceci ou cela, ça ne fonctionnera pas ; il faut le nommer par son intitulé « conscience », ce qui veut dire rapport à (soi) (où le »soi » est le rapport lui-même, et rien d’autre) et qui bien que n’étant pas - il n’est pas de l’être, de la détermination - il existe néanmoins et donc cet-être, qui est non-être, cad qui est exister, est quand même descriptible et en un sens on n’a décrit que cela : tout le temps, ce qui veut dire depuis le début, depuis que les grecs et autour de la méditerranée s’est engagé non de relativiser l’absolu ici même, mais de le trouver ici et maintenant et ce absolument ; l’absolu est réellement et effectivement ici même ; c’est l’articulation de l’arc de conscience qui sort d’une cervelle vers le réel donné « là » qui est en jeu.

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