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instants philosophie

L’inscription de l’arc de conscience dans le Corps

5 Mars 2016, 13:58pm

Publié par pascal doyelle

Le corps obtenu à partir de la révolution, unique révolution (parce qu'elle est structurelle) et suivant différentes versions et qui continue de se propager, de se chercher, de chercher ce que démo-cratique veut dire, est le travail, la torture, la satisfaction et surtout insatisfaction fondamentale.

Il ne s’obtiendra jamais aucune représentation de notre être, de cet-être, cet arc de conscience-dans-un-corps ; toute représentation, tout signe ou signifiant renverra à cet-être tel que posé « là » sur la surface du monde (et le monde n’est que surface).

Qu’il n’y ait aucune représentation de cet-être, signifie qu’il faudra faire avec (comme dit Lacan, pour tout autre chose … quoi que …) Faire avec en philosophie c’est, malgré toute la difficulté, comprendre ce que « cela » est.

Evidemment on croit encore que la philosophie va définir là au-devant un objet en lequel on se retrouvera, mais tout montre comme c’est précisément l’inverse ; c’est cet « objet » qui nous trouve. On ne le saisit pas, on en est saisi. La plus grande passivité, la réception, est la plus grande activité ; l’oubli de son identité est la possibilité d’une plus étrange intégrité, d'un individué extrême. Etrange en ceci que même la réalisant, la rendant réelle, elle nous reste Autre.

Si elle nous reste Autre, elle ne sera jamais réalisée comme un objet du monde, un état ou une détermination ; on peut par contre remonter le plus possible les déterminations antécédentes ; à savoir qu’il y ait un monde, un corps, une cervelle, un monde humain différemment déterminé, le relationnel de conscience à conscience, ou de corps à corps, le langage, les archétypes ou du même genre, etc ; autrement dit suivre toutes les déterminations du monde, du donné, du vécu et des corps telles qu’elles sont imperturbablement exposées (sous l'égide du suejt impossible cartésien, absenté, ignoré, annulé mais immanquablement présent ; il est de sa nature même d'être impossible) par les sciences, les idéologies (qui sont bel et bien des outils, des technologies historicistes qui mettent à jour les possibilités), les mass et micro médiatisations (qui conservent au-dedans leur potentialité de mass et micro médiations, visant au final à la coordination généralisée de tous et de chacun dans un seul champ compréhensif ; médiation est l’horizon, réflexif, de la médiatisation, qui revient, elle, aux sources propensives ; le cinéma, le journalisme, les esthétiques du début du 20éme, qui deviennent tout-autre au fur et à mesure).

Mais on pourra exhiber toutes nos déterminations, des sciences dures aux sciences subtiles, si l’on peut dire, il reviendra toujours que de toute manière il faudra se décider. On ne pourra pas remplacer la décision par une connaissance, par les plus grandes objectivités, par tous les domaines de la réalité ; non seulement parce que la structure, celle qui décide, porte en elle-même des possibilités, ce qui veut dire des occurrences qui ne se rencontrent pas dans le monde et donc sont inaccessibles aux domaines de la réalité (la connaissance tente d’expliquer le donné par le donné, mais le structurel n’appartient pas au donné, au monde ; sinon du monde nous n’en aurions pas la conscience ; elle est en plus et dessine sa propre dimension hors champ ; ce qui est l’objet, si l’on veut, de tous les champs interrogatifs, cad réflexifs, qui se sont succédés ; de la pensée, grecque, à Lacan, en passant par le christique et le cartésianisme et suivants, y compris les champs révoltés de l’altérité, Nietzche, Heidegger, Sartre, qui est l’endroit dont Lacan est l’envers, puisque leur objet essentiel est d’une part le sujet et d’autre part le moi, cad le sujet en un moi).

Mais aussi parce que outre les possibilités qui ne naissent que de la structure, il est aussi ce structurel lui-même qui est précisément ce qui doit se réaliser. Autrement dit ; si l’on attend à ce que l’on s’en tienne à ces désirs et que ceux-ci expliqueront ou dont le dépouillement, le décryptage nous aidera à clarifier notre être, on se trompe ; notre être ne peut en aucun cas se définir selon des « désirs » qui désigneront de toutes manière une partie du monde, soit donnée (les besoins), soit imaginée par tout un système de production de fantasmes divers, qui viennent combler illusoirement un vide lui-même hors monde et structurel, et qui n’est pas un manque, tel que l’interprète les pensées qui se fondent sur le désir, cad sur notre « nature » théorisée comme déterminée, et dont le « désir » est le parangon, le symptôme, le fétiche, qui permet de broder le monde par le monde, le moi par le corps, les corps par la physiologie, etc, vide n’est pas un manque donc (que l’on devrait à toute force combler, satisfaire, nourrir) mais une forme qui ne trouvera jamais en aucun sens sa satisfaction ; c’est cette forme qui cherchait et découvrait, inventait, créait ses configurations (la pensée, le christique, le cartésien, l’altérité mais aussi toutes les configurations d’acculturations énormes ; des esthétiques aux politiques, la révolution par ex, cet idéal, était un tel moyen de propagation du vide, du formel, cherchant à s’articuler, cad s’élaborer).

Mais nous ne sommes plus dans les configurations (très élevées et dont une partie est asséchée dans la mesure où la révolution, unique, de l’Etat démocratique « libéral », doté de versions plus ou moins débiles ou intelligentes de libéralisme, qui peut absolument tendre au social, au partage, à la prédisposition de chacun dans sa liberté et sa possibilité, pourvu que les ressources soient redistribuées suffisamment équitablement, etc), plus dans les configurations mais il ne faut pas s’égarer ; la réflexivité qui s’élaborait comme configurations et acculturations continue de devenir ; elle se veut, s’est voulu comme Corps ; comme Corps du moi ; étant entendu que l’économisme est l’idéologie absolue du corps. Reste à comprendre ce que c’est que ce Corps ; or on sait bien qu’un tel Corps doit être éprouvé ; on ne peut pas théoriquement ni donc objectivement comprendre le Corps que l’on est.

Rappelons qu’un-tel-corps n’est pas le corps donné, physiologique (bien qu’évidemment il soit inconcevable hors de son architecture absolument réaliste), mais est le corps interposé en et par un arc de conscience (c'est un crops qui fait-retour en quelque sorte), lequel est non pas le conscient ou l’esprit (qui étaient des signifiants d’un devenir) mais est l’arc de conscience produit de et par une cervelle, radicalement instanciée en un-tel-corps.

Ça n’est donc pas qu’il faille imaginer une sorte de corpus qui s’imposerait extérieurement au corps (au corps pris, sur-pris de l’arc de conscience), mais que cet arc travaille le dit corps de sa base même, de but en blanc réaliste, et qu’il se produit lui-même de se re-présenter, de se mass et micro médier (sous couvert de médiatisations qui peu à peu se transforment en médiations) ; il faut que la modification (le devenir du démo-cratique ou l'individué, insatisfait fondamentalement) se produise organiquement (en tous les sens du terme) de lui-même ; que l’arc de conscience s’inscrive dans le corps.

C’est en ce sens que l’on peut dire ; l’ensemble de toutes les productions, inventions, créations depuis deux siècles cherchent l’organisation intérieure du corps (du corps dans un monde, parmi les autres, vers ses avenirs possibles, selon son intégration arc-cervelle-physiologie, etc). Le cinéma, la science-fiction, le rock, internet ou les devenirs constitutionnels des sociétés humaines, les droits et luttes, les acquis et les réactions de toute sorte et les reculs, élaborent le Même plan, la Même surface en acquisition, en auto-acquisition, par laquelle tout cela s’éprouve. Tout cela est en devenir réflexif, qui se regarde et se juge et se décide mais dans l'épaisseur même de recevoir un arc, la foudre qui attend, exige une décision.

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