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instants philosophie

L'absurdité et la violence

30 Avril 2016, 09:25am

Publié par pascal doyelle

Lorsque l’on présuppose qu’il est originellement une unité, on éprouve un mal fou à légitimer la dispersion, la distanciation, la multiplicité, la séparation des choses et des êtres. Très visible et constatable.

Si l’on part de cette dispersion, de cette distanciation généralisée (qui permet donc que des choses et des êtres il y ait), on doit alors justifier l’injustifiable, comprendre l’incompréhensible et faire le deuil d’un infini ou d’une éternité préalable.

Ceci revient à dire que le Un existe et n’est pas le Tout. Qu’il n’est aucune totalisation de tout, pour ainsi dire, et que seul le Un engendre (ontologiquement, cad en tant que principe et non engendre en tant que cause, puisque « cause » cela s’applique aux choses déterminées, et que « principe » veut dire que l’on se situe au cadre, à la forme antérieure aux déterminations, de même que présupposant une éventuelle unité on ajoutait aux choses une réunion qui n’est pas dans les choses toutes dispersées et distanciées).

Le Un engendre, cela signifie que le Un est facteur, opérateur d’unités ; pas d’Une unité mais d’unités, dispersées ou distanciées (forcément, sinon ce ne serait pas des unités). Et si le Un prédispose, alors l’unité de toutes les choses est une unité mais formelle ; une unité de principe de dispersion et de distanciation, et en ceci un principe de distinction ; pour cette raison, la dispersion et la distanciation ne sont pas du "n’importe quoi", mais formulent au fur et à mesure de la distinction, des choses définies et peut-être de plus en plus définies, et donc de plus en plus Autres. Le Un est donc l’opératoire de l’altérité même. Ou donc ; l’altérité est au principe et donne cet univers (ou ces univers, au cas d’une multiplicité de réalités hors de notre espace-temps, on peut même vaguement imager, sinon imaginer, des autres sortes d’espaces-temps ou qui en tiendraient lieu) .

Cela expliquerait, si l’on peut dire, la sauvagerie, peut-être, la brutalité, à coup sûr, de la réalité.

Mais quant à la finalisation des réalités, dispersées, la question de comprendre ce que cela donne ; qu’il y ait seulement le Un formel et l’altérité distinctive grandissante (et non pas une unité éternité infini supposés préalable) ; implique que ce qui viendra, à la suite de toutes dispersions et distanciations et donc distinctivités, ce ne sera évidemment pas une Unification Totale, une réconciliation, une plénitude, ou quelque chose du même genre, à peine imaginable en fait, mais bel et bien la continuation de cette distinctivité.

Ce que perçoit, intuitionne, imagine Nietzsche ; qui ayant acquis l’auto-affirmation de l’altérité même, le sujet impossible (raison pour laquelle il déporte le dit sujet comme Volonté-Autre, comme volonté qui veut, remarquons que Heidegger ne suppose pas autrement ; nous sommes si peu dans l’être-le-là, notre situation ontologique nous pense) il voit, perçoit l'altérité, la pensée de l'altérité au principe de tout, (et brise en ce sens là l'hsitoire en deux, comme il dit, ce qui fut fait). Cette sur-distinctivité qui pointe son nez, n’est pas plus une facilité que l’univers et la réalité ; la même brutalité, souvent un gaspillage effarant d’énergie, de matière, de mondes (l’univers réel est soumis à une statistique généralisée) ; il apparait que la distinctivité est également ce qui mène les affaires humaines ; on cherche avec aberration, à se séparer les uns des autres ; et les intérêts du monde poussent immanquablement vers la ligne de mort (qui régule a minima la réalité ; exploitations et massacres divers ; dans l'affrontement le pari, le risque, la mise en jeu grimpe immédiatement au maximum de violence ; la mort des autres) ; on ne comprend pas, l'espèce humaine donc, que cette ligne de mort (ces intéressements dans le monde) ne définissent justement pas la distinction impérative (qui devrait assurer la parenthèse humaine comme autre que le désordre et le n’importe quoi avéré de la violence), mais nous enfonce dans une pseudo facilité, une indistinction qui risque fort de s’effondrer dans la disparition ; ce qui ne se distingue pas tombe dans le néant, antérieur à tout (puisque le néant existe, tout comme le réel ; le néant n'a rien à opposer au réel, il n'est "rien du tout" et donc existe, existe comme néant, en ceci "l'ensemble existe", le néant comme le réel, conjointement et sans lien d'aucune sorte l'un avec l'autre, et ce qui ne se maintient pas réel succombe dans le néant-rien du tout).

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