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instants philosophie

L’expérience du réel et de la pensée

16 Avril 2016, 08:15am

Publié par pascal doyelle

La pensée a dressé en une fois et une seule continuité la verticalité de la réflexivité ; on nomme pensée ce qui débute autour de la méditerranée, sans bannir toutes les pensées antérieures, mais en restreignant « pensée » à la décision de situer ici même, ici et maintenant, l’absolu.

La verticalité dressée en une fois est celle non pas d’idées ou de systèmes d’idées mais la mise en avant d’un mécanisme, qui auparavant était recouvert par ses contenus (groupe, monde particulier, langage) et qui s’en dégage ; nait dans le monde le mécanisme de conscience, sans rien et formel ; ce que traque la philosophie, soit la discipline qui se charge de penser cette nouveauté, cette nouvelle structure, c’est le splittage de notre être, lequel n’a plus pour couverture tel ou tel monde humain, mécanisme de conscience mis a nu.Corps, surfacé en un autre sens.

Dans la mesure où se dé-couvre cet-être, il découvre en même temps le monde, non plus tel ou tel monde humain, mais le monde tel-quel ; le monde donné là tel que constatable (et donc à disposition de tous). L’un ne va pas sans l’autre ; on découvre le monde-là (le monde unique valable pour tous) par et via le « là » du monde ; il faut donc restreindre la pensée pour n’admettre que le donné, ce que réalisera la raison (la réflexion, comme restriction de la pensée, focalisé sur son objet), mais la pensée cible le « là » du donné ; soit donc cible la dimension en plus qui spécifie la nature du rapport pour cet être qui se lance vers le réel ; c’est une structure intègre et intégrale qui se met en place, qui prend toute la verticalité disponible (et non plus située au-delà) et lance au devant toute l'horizontalité d'un même monde pour tous les mécanismes. L'architecture de l'arc tendu vers le réel s'élabore et se définit comme Bord du monde.

Toute la transcendance, qui est réelle, étant le réel même, est instanciée sur l'immanence intégrale du donné là ; il y a transcendance de cette immanence et la transcendance n'est rien que le plus intimement acté de la réalité ; soit le présent pur et simple et surtout brut (et en vérité incroyablement brutal et Autre ; le Un est l'altérité radicale, ce qui existe, l'exister, est effroyablement Autre). La transcendance est au plus près ; elle est même ce qui précède le mécanisme de conscience, qui se définit comme arc-au-réel, de positionner un tel réel.

Mais évidement par structure intègre et intégrale on ne peut pas lui demander de ressembler à la mise en place de la raison qui ne postule que des objets, puisque justement l’arc de conscience qui se crée vers le réel et qui parait doubler le monde par un autre monde, le donné par l’esprit, la réalité par un réel purement intellectif, engendre bien plutôt la variabilité intentionnelle, la virtualité de la réalité ; autrement dit si l’on doit penser quelque chose à propos du monde, il faut bien créer une interface et les idées sont cette interface (sinon il n’est pas d’idées du tout) et si il est un être, au moins, qui est capable d’une telle distance à propos du monde (du donné, du vécu et du corps), il faut interfacer pareillement cette distance ; les idées sont des rapports ontologiques vers la surface même du monde (et non un double du monde donné), les systèmes la mise à disposition pour chaque arc-mécanisme de conscience de technologies dont la cohérence rend à chacun qu'il puisse s'en sortir (se sortir de l'effondrement dans le monde immédiat, le corps, l'identité, la dispersion, la petitesse).

La raison, qui expulse la pensée, fait comme si la distance n’existait pas ; comme si la pensée n’était que réflexion et rabat du donné par le donné (la raison n’est que cette interface là, ce report du donné par lui-même) ; et la philosophie est, à l’inverse et originellement, la pensée de la dimension verticale qui a à charge d’expliciter, de montrer, de démontrer parfois, de décrire et surtout de démonter, signe par signe, traçant le cheminement non vu, non dit, relatif exclusivement à l’expérimentation interne et externe (de la structure-mécansime) que l’on agrippe de et sur la surface du monde donné et « là » ; cette articulation qui manifestement nous dresse comme Autre dans le monde, Autre que la réalité, le corps ou le vécu.

Les philosophies décrivent donc les avancées, une par une, en étoile, les attitudes possibles de la position unique (qui consiste en la situation autre dans le monde, d’un point qui part en tangente de tout donné) ; c’est la même structure, depuis sa découverte, son extraction de tout monde humain particulier, qui se montre et s’expose ; comme elle se tient sur le Bord du monde, elle n’a aucune contrepartie interne ; on veut dire qu’il n’y a pas de possibilité de la dire, de la nommer selon les mots du monde ; elle doit inventer son vocabulaire et une typologie, et une cartographie de sa position au sens quasi littéral de situation sur la surface du monde ; et son degré de coïncidence sur la pente du réel.

En étoile parce que depuis le début la structure, l’arc de conscience, le mécanisme est dès l’abord un et constant ; inutile de chercher une évidence énonciative qui définirait ce que c’est que l’Etre, parce que l’Etre est l’être, petit « ê » ; c’est la marque et le repère d’un centre absolument décentré en ceci qu’il est tellement abstrait parce qu’il est chargé par l’arc de conscience, du vide, du formel, chargé d’instancier un Point radical qui laisse libre jeu au soulèvement du monde, au renouvellement de notre être ; soit la pensée grecque et le christique (et mono, étant entendu que pour nous, ici, le christique re-Crée le Corps, et le corps de chacun qui pourra être continué, constituée ensuite pluriellement en divers autres Corps, relançant les esthétiques, éthiques, politiques, idéels, et philosophies ; il y a une raison d’être, cad une cause, à toute cette profusion de possibilités).

Que l’on soit sous le registre de la réflexion ou celui de la réflexivité change du tout au tout ; pour la réflexion, qui est report du donné vers le donné, le donné expliquant le donné, sans plus interroger la dimension de séparation, il se peut que nous possédions une identité (la "nature humaine") ; et également l’identité clôturale du moi, de la personnalisation succédant à l’humanisation, à l’universalisation (clôturale parce qu’aboutissant au corps et à la cervelle de chaque point-mécanisme, le lieu en lequel s’inaugure l’arc de conscience, sortant de la cervelle et du corps vers le réel, en plus et hors du monde).

Dans la réflexivité tout moi est seulement un tremplin (ce qu’il faut comprendre ; de se créer un Corps ; non pas de plaquer sur le vécu une exportation « universelle », cela c’est la raison, mais récupérant le corps par un Bout, le Bord du monde se saisit par le Bout du corps, pour ainsi dire, de là que l’arc a pu épuiser, découper, diffracter les corps, la douleur insituable des poètes-créateurs, insituable parce qu'exposant tout le corps et toute la cervelle, explosée structurellement, et que, plus structuralement, l’arc, le mécanisme se soit traqué par et dans les esthétiques et le poétique ; c’est ce Corps là qu’ils montrent, et qu’ils attirent, l'autre corps, la nouvelle surface) ;

est un tremplin pour le sujet ; tout moi est un sujet et ce selon le virtuel, la pure virtualité ; parce que le sujet n’est pas réalisé et ne peut pas l’être. Le moi cherche la satisfaction (le besoin ou le désir trouvant sa pitance dans le monde donné, supposant même une sorte de destination, de destinal, de sens de la vie, de finalité du désir, etc). Le sujet est impossible, et c’est pour cela qu’il est sujet (sinon il coïnciderait) ; il est donc sous le coup de l’insatisfaction et de la petite ou de la virtuelle réalisation ; on peut s’élever densément soudainement par un poème ou un concerto (ou Led Zep ou Lost, puisque notre monde a créé sa propre acculturation énormissime et sans aucun doute extrêmement plus dense et intense qu’on ne veut bien l’admettre ou le reconnaitre, ou qu’il nous est possible de le connaitre pour le moment), mais cette élévation affecte la structure et qui retombe lourdement toujours dans la détermination et le monde ;

or pourtant c’est cette virtualité qui nous oriente, désoriente, relance, renouvelle, retourne extensivement et intensément (qui donc est non-réalisée comme monde ou corps donné, et qui ne peut pas l’être); le moi attend vainement une perception mondaine de la réalisation qui n’a pas et n’aura jamais lieu ; c’est autre chose qui se rend réel et qui en son ordre, en sa dimension, y parvient immanquablement. C’est seulement que l’on n’en tient pas le système (celui que Rimbaud commence de saisir, par son corps, ce qui veut dire par-dessus la poésie, qui devient réelle, littéralement et secoue entièrement l’historicité et la pensée ; il n’est pas de distinction sauf seconde, entre l’arc de conscience, le mécanisme découvert et les effets précis, éthiques, esthétiques, politiques, idéels, et philosophie ; c’est la même structure qui est Agissante).

Pareillement on ne peut pas, plus séparer les époques de la dimension agissante ; les grecs créent l’extensivité, le christique et les monos l’intensité, Descartes la suspension du cadre même de tout arc de conscience, jusqu’à Husserl, et Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan basculent dans la pensée étrange de l’altérité ; le Un créant radcialement à la source toutes les altérités (la pensée est une difficulté sans nom, dieu une incompréhensibilité, le sujet une impossibilité, l'altérité une abomination) ; le réel est indéfiniment à proximité absolu de chaque arc de conscience non couvert depuis la révolution (unique) par quelque groupe que ce soit ; il reçoit, par son moi, son corps, la faculté instantanée d’être saisi du réel (non pas de se saisir, qui est une croyance réaliste rationaliste et non l’expérience de la pensée).

Tout arc de conscience est saisi du réel, en externe (l'interne de la structure est lancé originellement vers l'externe intégralement manifesté de tout ce qui est, la réalité, via ce qui existe, le présent pur) ; largué par tous les groupes humains (qui se façonnent encore faiblement en classes sociales, mini tribus, clans, mafias, divisions idéologiques, substituts de la pensée réelle), chaque arc expérimente la toute présence du réel d’une part et d’autre part et par ailleurs comme on l’a dit se véhicule selon le Virtuel (mais troisièmement la proximité du réel est tout autant la formulation du corps, d’une nouvelle surface du corps, susceptible de relever la possibilité de la surface du monde) ;

dans le virtuel continue de se créer constamment l’arc de conscience, son mécanisme, sa position sur la surface du monde et du corps (surface du monde et surface du corps sont ce qui s’élabore depuis la révolution, qui se cherche plus durement encore qu'avant la révolution, puisqu'auparavant la révolution constituait l'horizon de tout humanisme et que donc ensuite c'est la personnalisation en cet humanisation qui commence d'explorer, tout moi explore sa possibilité, son invention) et s’est accéléré spécifiquement après guerre, des années soixante), mais aussi s’accumule toute l’historicité de la réflexivité ; depuis la méditerranée évidement, mais aussi de toutes les possibilités d’arc de conscience ; qu’ils se décident à situer l’absolu au-delà ou absolument ici-même, éternellement ou ici et maintenant ; si le présent est cela seul qui existe, c’est en ce sens que le présent, qui ne cesse pas de nous amener à surgir, engendre toutes les réalités ; l'occidentalisation du monde est donc la décision d'amener à être saisi du hiatus qui nous sépare ici et maintenant, d'élaborer la précision de cette scission, et si la séparation est notre lot c'est que le Un est ce qui scinde, au sens où le Un est ce qui distingue, ce qui distingue fait être (dans la réalité) la distinctivité qu'implique l'exister (le réel). on élabore donc la technologie adéquate à la séparation et la précision que promulguait l'absolu-au-delà descend à même son origine, ici même, dans le travail de et sur le réel, le corps et le présent.

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