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instants philosophie

La grande (et brutale) mystique de l’occident

2 Avril 2016, 08:44am

Publié par pascal doyelle

Le retournement, le renouvellement, la suspension, l’instanciation.

Soit donc les grecs, le christique, le cartésien et la pensée de l’altérité.

De Parménide à Plotin, de Saint augustin à saint thomas d’Aquin, de Descartes à Husserl, de Stirner à Lacan.

Ce sont les quatre étapes et surtout degrés (interne/externe) de l’exister. Dans les quatre occurrences, ouvertures dans l’épaisseur du fil, c’est justement l’être qui est en cause ; non parce qu’on en est obsédé mais précisément à l’inverse, parce qu’on le coupe et découpe autant qu’il se peut. Le principe d’arraisonnement de l’être est la distinction. Le principe d’arraisonnement se tient de ce qui est hors de l’être ; soit donc dans le présent.

(Ainsi l’être n’est pas, seul l’exister, le présent existent ; l’être, toutes ces choses entassées, est le dépôt de l’exister)

Ce dont on est effectivement obsédé, ça n’est nullement l’être donc mais l’exister ; enfin on nomme, ici, cette priorité comme Exister, mais par ailleurs elle fut présenter autrement. Et notamment ce que les grecs nomment l’être est, tout au contraire de ce dont on l'a couvert, la structure antérieure de ce qui est, le préalable, la dimension ouverte ; l’être ; cette idée au sens fort de « rapport à » et non comme chosification, qui n’eut jamais lieu véritablement dans les philosophies ; toute philosophie se recrée en interne à partir du point externe de sa puissance propre ; il est toujours au moins un Point qui rejaillit et recompose le système et ce très durement, parfois très incompréhensiblement mais c’est cela le nerf de cet attachement au réel ; et non Lacan n’est pas le seul à engendrer selon le réel … mais il vient à point nommé, au cœur du moi, de la personnalisation, qu’il décrypte formidablement ; en somme à partir de l’idée-structure-rapport qu’est l’idée de l’être, quantité de systèmes se créeront et avanceront sur le fil (du Bord du monde, fil qui sera repris tel quel par le christique et les théologies, puisque c’est la Même réflexivité partout autour de la méditerranée).

Le mécanisme de conscience (qui s’émancipe de tout groupe, monde, langage, de toute immédiateté et de tout monde particulier humain), la structure, la forme, l’arc de conscience qui vient en-plus (de tout, de tout ce qui est, et donc instancie le point d’exister absolu, installant la Dimension, le présent premier, l’inénarrable), le mécanisme donc n’a de lui-même aucune représentation adéquate (il n’est pas représentable et toute représentation sera purement un artefact), aussi dès qu’il pénètre dans le monde il se signifie par un ajout ; un ajout qui le rappelle, le signifie mais autrement et inversement dans la réalité (puisqu’il nomme un « là » gigantesque, l’être, le christ et dieu, le sujet, l’altérité pure) et dès lors les productions, les inventions, les réalisations, les créations s’imposeront par-dessus tout le donné ; l’humanisation deviendra une réalité en plus, l’universalisation, la personnalisation, la pensée, et les universalités sont à comprendre comme autres dans le monde. Ce qui veut dire qu’ils ne tiennent que si elles entrent dans et par le mécanisme, dans l’effort, dans la possibilité.

Envers et contre tout renfermement dans un groupe-langage-monde immédiat, et par-dessus ces fermetures de synthèse (tout monde humain tend à se refermer sur son langage, immédiateté, corps donné, etc, produisant sa mythomanie, qui pourtant dans le même temps ne peut ne pas laisser passer le structurel ; le rock libère, Elvis devient une idole, en bref).

En quoi existant dans et par le présent, le mécanisme, l’arc de conscience avance comme un tel présent (instanciant sa prorpe dimension et qui retourne, renouvelle le donné et les corps); tout est absolument devenant. Et si il cesse l’effort de son exister, tout s’efface, retombe dans le monde, dans l’être là, dans le donné, abaondonné du "là" du donné ; le donné est condamné à disparaitre. C’est pour cela que le donné a inventé l’exister ou pour reprendre les choses dans l’ordre, l‘exister produit l’être comme donné, et l’absorbe aussitôt. N’existe à proprement parler que l’exister, ce qui veut dire, pour nous et pour cette réalité, le présent.

Retournement grec sur le monde donné là et donc via le « là » du donné (le « là » antérieur à tout donné, à tous les mondes donnés ; à partir du "là" les grecs désignent le monde donné, le seul sol unique, indépendamment de tout monde humain) ; renouvellement de la structure par sa propre foi (le christique provoque chacun hors de son corps, et de son monde, de son monde clos, de tout ce qui se trouve dans un vécu, quel qu’il soit, duquel vécu il faut évidemment se découpler, se scinder ; on est Autre que soi ; et bien que la médiation structurelle soit une-seule-conscience (le christ dans sa résurrection du Corps), il n’empêche que de cette négation de tout moi, il nait un être-à-part ; une structure qui (se) regarde).

Suspension cartésienne de ma propre opération de conscience ; notre-être devient cet-être, posé « là » sur le donné-monde-étendue, mathématisable par ailleurs ; la question est ; de où cet être se considère-t-il comme étant cet-être « là » ? À quoi s’ingénieront les allemands ; quel est le secret de la conscience qui a conscience de soi comme conscience ? Trouver le nœud intérieur de cet arc de conscience qui se suspend soudainement en-plus de tout le reste et de lui-même, est la forme pure de l’idéalisme allemand ; sauf que d’intériorité il n’y en a pas … l’acte de conscience ne forme pas un nœud, mais reste et demeure un arc tendu vers le réel ; il n’y a pas de Sens (des choses, de la vie, des pensées, etc), tout sens est un symptôme d’un autre plan antérieur.

Nous ne pouvons plus comprendre que « conscience » puisse signifier un signifié … c’est uniquement un arc de structure, sans rien. C’est ce que dit Sartre envers et contre Husserl (il n’y a pas d’idéalisme pour Sartre mais uniquement un corps qui bouge, perçoit, etc), et hors de Heidegger il ajoute que cet arc est tout à fait autre absolument ; il n’y a pas d’Etre qui réunirait on ne sait comment les distinctes et distinctives consciences, ramenées à un pur et simple miroir vide mais … un (ce que Heidegger nie profondément ; il n'y a pas de liberté individuée, cartésienne, kantienne, mais un Etre générique, un non-Dieu).

Tout tient évidemment en cet un. La plus petite part de réel pur qui soit.

Mais par ailleurs le retournement, renouvellement, suspension et instanciation créent la brutale mystique de l’occident ; l’absolu qui était situé au-delà est descendu dans le donné et s’instruit antérieurement à toute réalité (du monde, du donné) et à toute réalisation (humaine, mondes particuliers, représentations, vécu, corps).

La question n’est pas celle de sa brutalité, qui est certaine, avérée, immanquable, irréductible, et fondamentalement vraie, ce qui veut dire réelle, au plein sens du terme (ça n'est pas l'occident qui est en soi d'une agressivité sans borne, ce qui est vrai tout autant que n'impporte quelle civilisaiton ; c'est l'univers qui est déchainé de brutalité), mais la question est ce que l’humain est capable d’en assumer (pour cette raison Nietzsche n’est nullement un fou furieux qui amènerait un arbitraire ; il expose hyper objectivement et manifestement l’auto affirmation radicale de la structure et comme il voit bien que « ça n’est pas humain », que notre-être est en réalité cet-être, et que l’humain ou le moi sont des effets, il est obligé de dénommer cet-être comme « volonté » autre, échappant à la détermination, jouant des déterminations ; il est emballé par sa découverte et doit inventer la vision structurée de cet arc d’altérité pure qu’est l’arc de conscience, qui évidemment n’est nullement le conscient). Et le fait est que l’humain n’apparait pas de manière criante capable de le soutenir.

Notre corps, notre cervelle, notre acculturation, notre personnalisation n’assument pas l’arc de puissance qu’est l’activisme de cette forme pure qu’est la « conscience » qui est un Réel absolument étrange.

Et du reste si l’arc de conscience existe, il est cela même que l’on nomme le Un, et il revient au Un de se décider, de décider de soi, de s’assumer ou non, et s’étant assumer de se rendre réel selon telle ou telle prportion ; le Un n’est pas écrit, il est ce qui écrit et il dépend de (soi) ; il peut décider de n’être plus, de disparaitre, de s’effacer, de s’insupporter ; il se peut que la forme "arc de conscience" se perde, se renie ; mécanisme libre il dépend de son prorpe regard.

L’univers est un dés-ordre (non au sens où il serait n’importe quoi mais au sens où ce qui existe vraiment c’est l’indistinction qui se distingue au fur et à mesure suivant la loi que l’altérité n’est pas le n’importe quoi mais la poursuite des distinctions les plus marquées afin que le choc des réalités soit le plus clair et séparé possible ; un n’importe quoi ne s’oppose que moindrement, c’est une altérité pauvre). L’altérité, qui est l’effet réel du Un, de la forme sans contenu (et raison pour laquelle le Un martyrise les contenus, il les utilise, il les travaille) en un sens « pense » ; ou plus exactement on a importé la distinctivité de l’altérité dans la pensée (qui sinon se fond en des synthèses), parce que l’activisme de conscience crée de la distinctivité, de la coupure au sein de la pensée, du langage, et sort ainsi du langage commun (les grecs créent des systèmes qui poussent dans les derniers retranchements la distinction, le christique pousse chaque conscience à la plus grande distinction, Descartes lance que chaque acte de conscience soit un arc vers le réel, l’altérité impose que le principe du Un soit non pas le Un massif, qui n’a jamais existé à vrai dire, mais le Un distinctif, le Un qui ajoute et ajoute encore de la distinction ; Nietzsche et Heidegger, Sartre et Lacan, usent de signifiants monumentaux certes mais extrêmement subtils, afin de mener plus loin la distinctivité qui a commencé par les grecs, le mono, le christique, etc).

Il ne faut plus se représenter la pensée, le christique, le sujet, l’altérité évidemment, comme des pièces séparées ; parce que ce ne sont pas des idées (idéelles, pour ainsi dire) qui se jouent mais une structure et une seule qui use de tout, littéralement de tout (des idées, des systèmes, des acculturations, des personnalisations, des corps, des perceptions, avec ses esthétiques démultipliées, ses politiques qui se cherchent violemment, etc). on peut brouiller les pistes si l’on suit les idées idéelles, mais on ne peut pas tromper la structure ; elle est purement un réel effectivement existant, qui agit et réagit en décidant selon proportions qui se paramètrent en interne sur l'externe de l'exister. Il n’y a pas le Sens des choses de la vie etc ; elle est, cette structure, le sens même en ceci qu’elle est le réel pur.

C’est uniquement le fantasme d’un repliement qui croit aux contenus (de toute énonciation qui croit figer le réel comme réalité, comme sens ou même comme pensable ; le réel est reconductible et avec une extrême tension mais n’est pas pensable ; il est ce à partir de quoi on pense et la pensée sert, et oh combien, à reconduire l’exister) ; depuis le début ça n’est pas le contenu (fut-il hypostasié comme Etre massif, Dieu clos ou substance ou sujet monolithique, qui n’ont jamais eut lieu, sinon pour les épigones et les caricaturistes qui montrent de cette manière une incompréhension de ce qui eut lieu, ayant à charge, prétendent-ils, de retrouver une vraie vérité ; mais c’est le jeu), ça n’est donc pas le contenu mais le Contenant qui forme la recherche de l’occidentalisation du monde.

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