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instants philosophie

L’attention comme pied-de-biche

21 Mai 2016, 14:10pm

Publié par pascal doyelle

L’expérience occidentalisée (parce que le moyen orient est inclus dans cette trajectoire ontologique, et en ceci l’occidentalisation est en soi un mouvement structurel dit ontologique, qui arrache le réel à la réalité, selon une autre voie que jusqu’alors, notamment que l’orient lointain) l’expérience occidentalisée de la réalité donc cherche ainsi à définir là au-devant, au plus proche, au plus immédiat et même instantané, l’articulation qui s’instancie ici même, ici et maintenant.

Autrement dit lorsqu’on lit Kant ou Nietzsche ce que l’on expérimente c’est l’organisation interne du réel ; là où le réel accroche à notre présence et comment se connait cette articulation ; tout comme pour éprouver Mozart il faut écouter les concertos, de même pour éprouver le dénivellement de l’articulation il faut suivre les signes disposés par Kant ou Nietzsche qui avancent dans la structure du réel, telle que cette structure est objectivement réellement perçue et lue ou lue et perçue ; l’expérience en est recréée par chaque arc de conscience.

Comme il s’agit d’un mécanisme, de conscience, il fait l’objet d’une description forcément technique (mais les pensées d’orient ne l’étaient pas moins … c’est un fait) ; et met en œuvre toutes ses technologies ; la technologie philosophique ne l’est pas moins que la technologie christique ou scientifique ; mais comme la philosophie ou le christique ou le monothéisme ou le poétique et l’esthétique ne traitent pas du même objet que la science (et objet ou dimension que la science annule, retire du champ), il ne faut évidemment pas s’attendre à une validité fondée sur l’extériorité du donné ; or pourtant qui pourrait avancer, en quoi que ce soit, sinon par Aristote ou Descartes ou Rimbaud ou Céline (chacun ses héros, ses grands sujets, ses sujets impossibles) ?

La science comme technique, et moyens sans finalité dégagée, l’économisme comme idéologie basse du corps, l’étatisme comme gestion sans révolution et comme historicité gelée, la médiatisation comme images, retirent la dimension Autre hors du champ de l’attention ; puisque c’est de cela dont il est question ; de quoi doit-on fourbir l’attention ? À quoi doit-on porter le faisceau mental de reconduction ? À quoi et comment faut-il faire attention ? Par où orienter et désorienter la conscience que l’on prend ?

(mais il est clair que la logique de l’attention objectiviste et/ou objective usent et accroissent la potentialité de l’attention, sauf qu’elle ne remonte pas le long de cette attention, qu’elle refuse de reprendre les acquis de l’attention, acquis dits métaphysiques, la théologie cherchant à définir l’infini, jusque Descartes, et ontologiques, après Descartes, au sens où « ontologique » signifie ; qui a lieu ici même dans cet-être qui origine, cause la pensée et tout autant le savoir, philosophique, que la connaissance, la science, qui cause le droit et la morale autant que l’éthique individuée et l’esthétique et poétique, qui cause qu’il y ait un moi et une personnalisation et une mass et micro médiation humaine et individuée ; c’est objectivement que s’engendre les effets de l’arc structurel de l’attention, de chacun, activé et suractivé, de l’arc de conscience accéléré)

La structure de l’attention n’a pas seulement à comprendre le mécanisme, et tout ce qu’il engage et entame (de notre possibilité dans le réel et dans la réalité), mais aussi oriente vers ce sur quoi il faut appuyer, insister, prévenir, prévoir, préjuger ; autrement dit on peut lancer l’acte de conscience par-ci ou par-là, et l’activation de la conscience joue en une fois ce qui s’en suivra d’innombrables conséquences ; parce que l’attention est centrale, et qu’orienter ou désorienter en telle direction ou telle autre est crucial.

Or on a vu que toute dénomination, détermination de la structure la laisse retomber dans le monde, tandis que les configurations que furent la pensée, dieu-le christ, le sujet ou l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc) veulent maintenir le niveau d’extensivité ou d’intensité ou de densité à partir de la borne ultime de l’agissement ; vouloir, décider, imaginer, articuler mais à partir du plus loin ontologiquement possible.

L’ontos activé depuis la méditerranée est l’os localisé du réel en chaque arc de conscience ; il amène une surtension, et c’est d’une part de la technologie nécessaire, technologie mentale mais ensuite ayant d’innombrables effets successifs dits techniques ou inventifs autant que créatifs, la technologie nécessaire à paramétrer cette attention d’une part donc, mais aussi d’autre part de pourvoir en finalisation cette tension surnuméraire ; pensée, dieu-le christ, le sujet puis les pensées de l’altérité, mais tout autant l’objectivité et l’historicité (soit donc la métamorphose de l’humain par l’universel selon la révolution, le droit et la constitutionnalité des sociétés, la révolution continuée et multiplement continuée, le devenir de l’acculturation depuis 2500 ans).

Et il est bien évident, tout à fait clair, que l’on s’affronte à d’immenses machineries qui usent et abusent de notre capacité d’attention ; ce qui revient tout aussi bien à dire usent et abusent du corps, de l’instrumentalisation, de la production industrielle des corps et de leurs soumissions (soumission professionnelles, techniques, mass et micro médiatiques, mass et micro médiations) et ce jusqu’au centre du mécanisme fondamental ; l’activité de conscience prise ; et que cette activité ferait bien se récupérer son activisme radical, la source du réel. Qui usent et abusent de notre attention, et atteignent au plus infime iota d’arc de conscience, de même que l’informatisation s’impose comme canalisations-toutes-faites de l’attention, attentionalité figée, gelée, engrenée, embrayée, réquisitionnée, qui en usent et abusent et, employant toute l’énergie de conscience disponible, ces machineries empêchent la ré-articulation de conscience.

C’est l’arc de conscience, l’attentionalité que travaillent les machineries industrieuses (qu’elles produisent des objets ou des images, au sens fort de l’un et de l’autre, objets de désir et images de « soi »), et qui absorbent son énergie spécifique, très spécifique (l’arc de conscience n’est pas le conscient, n’est pas la cervelle ou l’intellect et il n’est pas non plus le corps, l’arc de conscience dispose d’une énergie probablement extrêmement singulière ; une sorte de nouvelle sorte d’énergia dans le donné-monde, appelant ses propres lois) et machineries qui la conforment en un pattern si l’on peut dire et lui rende impossible de tenir sa propre distance de conscience qui lui permettrait de se saisir de son acte structurel sur le réel ; qui rabattent l’arc de conscience vers le monde et non lui permettent de se distancier, de mener la distinction, dont on a vu qu’elle est au fondement du réel comme Autre ; la distinction du Un est la performance de l’altérité-même. Or pourtant dans le même temps et puisque l’on nous contraint, d’une réelle mise sous pression idéologique, technologique, médiatique, psychologique, pharmacologique, nous contraint au nez dans le guidon, travaillant, œuvrant à même la plus précise perception, dans le même temps donc chaque arc de conscience s’immisce dans la densité de la réalité, jusqu’aux atomes de perception, de récit, de relance de la réalité, et surtout de conscience historique du réel humain ; accumulant en somme la particularité (de tous ces vécus et perceptions et récits) jusqu’aux contreforts de l’histoire universelle, et qui devient réellement mondiale, par tous les bouts.

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