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instants philosophie

Anthropologie massive

8 Juin 2016, 17:20pm

Publié par pascal doyelle

Il existait donc un mécanisme (ce terme de mécanisme étant à comprendre ; un mécanisme hyper efficace et relevant de sa propre auto gestion, autrement dit libre ; non seulement comme délibération, choisir blanc plutôt que noir, mais comme invention, reprise des conditions de réalisation par quoi on revient sur tel donné, telle activité, et qu’il est possible de revenir à zéro, de reprendre à neuf, et enfin de création ; production à partir de l’aperception, de l’intuition structurelle, du un que l’on est comme arc de conscience, comme conscience-de, production de nouvelles figurations ou configurations),

un mécanisme qui travaillait jusqu’alors dans divers mondes humains, tous singuliers, relevant chacun de sa propre synthèse (réunissant toutes les données de son monde et représentant son propre organigramme de groupe humain, effectuant donc toujours un retour-vers sa propre représentation de soi ou de son monde ; la réflexivité est toujours constamment présente et hyper active en tout monde humain),

et un mécanisme qui se sort de toute synthèse (dite immédiate bien que, comme on vient de le préciser, tout monde est non immédiat, construit, en retour sur soi de même que toute considération de contenu est elle-même un retour, un rapport, une relation) et apparait au jour.

Ceci autour de la méditerranée ; et probablement par accumulation et contradictions et démultiplications de grandes diversités de mondes, issues de l’orient, du Moyen-Orient, de l’Afrique ou de l’Egypte ; il est tant de contradictions et de multiplicités qu’il faut trouver une unification qui n’appartienne plus à aucun monde particulier et soit dérivée d’elle-même ; au lieu de faire confiance aux contenus (qui apparaissent dans un groupe humain, des échanges, des langages, des immédiatetés « naturelles »), il n’est plus aucun monde, aucun groupe, aucun corps, aucune perception valant spontanément ; ce qui crée l’éthique, la, politique, l’idéel, l’esthétique, et évidemment la philosophie comme réflexion sur cette découverte ; l’arc de conscience existe avant toute pensée.

On est trompé en ceci que ce mécanisme apparait en se nommant lui-même « pensée » ; pensée grecque ; mais si l’on examine ce que penser signifie on s’aperçoit que le mouvement consiste à varier indéfiniment les idées et systèmes et que tout ce travail aboutit essentiellement à contrôler les idées qui nous viennent et que ces idées qui nous viennent n’existent pas dans tel ou tel monde ou tel ou tel groupe ou langage, mais qu’il faut inventer de nouveaux mots, de nouveaux systèmes de conscience, et piocher non dans la connaissance commune, mais explorer sa propre acquisition de pensée ; et finalement, ici, élaborer la conscience que l’on a de l’activité de cette conscience et sa position, son positionnement sur le sol, réel, sur le monde, le donné, le corps découverts par la dite élaboration ; pourquoi existe-t-il un être qui doit se-réfléchir ?

Tout l’ensemble est donc une nouvelle anthropologie active et agissante et qui repose sur la constatation (penser c’est aligner des idées qui se prouvent ici et maintenant et ne supposent rien au-delà de l’énonciation, et la-dite énonciation est sa propre expérimentation ; chaque conscience doit juger absolument le retour que telle ou telle idée effectue, réalise, ouvre et rend possible ; c’est l’ensemble de notre être donné là qui se retourne sur lui-même ou lorsque l’on passera au christique qui se renouvelle instantanément de A à Z, à partir du Corps, du vécu, du moi, de la personnalisation, etc).

On assiste donc à l’expulsion hors de (soi) de tout le donné ; on ne se retrouve plus dans aucun monde, ce qui veut dire que tout monde humain créé alors est divisé (mais ils étaient divises jusqu’alors selon l’ici et l’au-delà, tandis que dorénavant l’ici et maintenant est en lui-même divisé) ; bien sûr se pose la question ; pourquoi la réalité est-elle scindée ? Et on eut tendance à poursuivre cette division en fait jusqu’à Nietzsche ; qui lance l’idée, le principe que la division est le monde lui-même ; Nietzche est une révolution logique et ontologique, radicale, mais toutes les philosophies qui pourtant ne juraient que par l’unité ou l’unification, s’utilisaient vraiment que d’approfondir la division du réel ; autrement dit tandis qu’elles prônaient le Un, en fait elles ouvraient encore plus extensivement ou intensément le monde, le corps, la vie sur la scission béante, le gouffre ontologique (et onto-logique).

Le Un (sous différentes formulations) s’utilise donc à rebours de son invocation ; il va découper la réalité (notons bien qu’il existe une réalité, un monde donné et un monde donné dans son « là » étrange et émouvant, parce qu’il n’est plus de monde clos, accepté tel quel de but en blanc au sein d’un groupe et d’un langage), découper ce qui signifie différencier et distinguer ; par le Un on distingue au plus loin et ramène cette distinction dans la proximité la plus impressionnante, impressionnant le corps, la perception, l’éthique, esthétique, etc ; on remontera à partir du Un le plus éloigné au corps le plus absolument proche ; la réflexivité (soit le retour-sur le donné « là », sur le « là » du donné et le « là » de notre être interrogatif et sa fonction ou raison d’être ou son utilité et son sens ou non-sens) s’incruste, s’avance au fur et à mesure qu’elle s’invente dans le monde, raison pour laquelle il est une historicité (historicité que tend à nier l’objectivisme, la raison remplaçant la pensée, le moi substitué au sujet, la naturalité et la nature humaine annulant l’arc « divin » et le christique, cad cet arc d’horizon radical hors-champ, dans cette annulation généralisée tout tombe dans le champ du monde, soumis à l’objectivisme, (l‘étatisme, la technique, le libéralisme ou le communisme, etc et naturalisme généralisé de la raison qui suppose au fond qu’il est non un devenir mais une « nature humaine » et des objectités, tel le langage, observables selon des objectivismes) ; l’universel, la constitutionnalité universelle (du sujet en fait) est elle-même abandonnée ou hors de portée de ce qui ne se conçoit que fini et déterminé ; on se considère comme un moi et tout parait naturel, et non comme un sujet ; toute une réflexion (délaissant la réflexivité, reléguée au « philosophique métaphysique ontologique ») sur l’interprétation de la réflexivité comme intégralement naturalisée s’est déroulée durant le dernier siècle ; et ces objectivismes naturalistes, comme dans le cas du Un qui s’utilisât à rebours de sa présentation, furent utilisés non pas seulement pour découvrir « ce que nous sommes », un donné fini, mais ce qui permit de déconstruire plus encore et de précipiter toujours plus de divisions, de distinctions.

Parce que, puisque nous sommes engagés dans l’arc de conscience, séparément de tous les contenus, toute mise en avant de tel ou tel contenu reviendra à augmenter la différenciation ; l’arc de conscience engendre toujours plus d’intentionnalités distinctives.

C’est le même mouvement qui entraine les objectivismes et celui bascule l’ontologie dans les zones étranges ontologiques, de Nietzsche à Lacan, parce que c’est le même mouvement qui surgissait au tout début du grecs et de la méditerranée.

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