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instants philosophie

Conscience arcboutée au présent

29 Juin 2016, 11:06am

Publié par pascal doyelle

Il y eut donc l’émergence, le surgissement, l’agissement premier incompréhensible qui sortît de tout monde humain particulier, une structure dont on n’a obtenu l’exposition ou le début d’exposition qu’à la toute fin du 19éme ; la structure de conscience.

La conscience est un arc non fermé, ouvert indéfiniment, et s’est ouvert donc le gouffre effroyable d’une absence de débouché ; l’arc de conscience est une tension qui sort de la cervelle à partir du corps vers le monde donné là d’une part et vers le « là » du donné (cad le « là » qui contient si l’on peut dire tout monde, toute détermination, toute réalité).

L’arc ne peut pas se refermer ; lorsque l’on s’imagine être ce Moi, c’est une identité qui est effet de la tension ; par laquelle on se projette au-devant et ce qui nous revient ,en retour donc, c’est une image de soi ; jamais ce qui revient ne comble l’arc lui-même ; rien ne le remplace et aucune identité, sens, contenu, conscient, image ou idée ou système (philosophique, idéologique, fantasmatique ou esprit ou âme ou pensée ou raison ou sujet, tout ce que l’on voudra), rien ne s’y substitue ; on reste absolument vide et sans rien quel que soit le représenté de cet arc.

Cette insatisfaction radicale (puisqu’à la racine) cause la douleur interne et/ou externe de tout corps (doté de cet arc, ou donc d’une cervelle adéquate) ; qui dit cervelle ne localise pas « dans » la cervelle, mais se répartit sur toute la surface non seulement perceptive mais existante-là au rapport du monde (des autres, du langage, des comportements, des signes, des physiologies, des substances, etc) ; et lorsque l’arc qui s’est projeté au-devant revient vers le corps, il y crée une image-schéma-diagramme et s’en constitue une surface ; surface mentale, pour ainsi dire ; c’est cette surface que, par exemple, les esthétiques tentent d’augmenter, de subtiliser, de complexifier, d’élaborer ou par laquelle le moi se re-connait (les autres ont fort à voir avec ce regard qui re-vient, entre autres effets).

L’interne et l’externe du corps ne sont pas l’intérieur ou l’extérieur ; mais la même surface qui est une limite (limite de séparation d’un corps dans, sur un monde) ; c’est dans cette limite qu’il est un interne et un externe (soit donc ; tout est externe mais cet externe est une paroi, un bord, ce qui veut dire une distinction, pour qu’il y ait distinction il doit exister « deux » ; c’est le Bord lui-même qui est un « deux » parois qui n’en sont qu’une tout en étant deux ; on ne peut pas annuler un côté du Bord, sinon le Bord n’existe plus). L’inquiétude est extrême, en réalité elle ne peut pas être plus absolument angoissante ; par ex, on ne sait pas qui nous perçoit, on ne peut pas désigner le lieu, le point de vue de la limite ; elle est antérieure, puisque tout le reste (l'image du corps qui re-vient vers moi) est distingué par un tel Bord.

Que la distinction, unique, soit une structure signifie qu’elle va se retrouver en tous les retours (via les images du corps, objets et objets de désir, idées, perceptions, signes, etc) mais qu’elle sera insituable en toutes ces occurrences, et ces occurrences recouvrent tout ; puisque c’est ce par quoi on perçoit, ressent, désire, décide, imagine, pense, organise, agit, etc. Le fait « humain » structurel est unique (il n'y a qu'une seule forme de conscience ; les contenus sont seconds), et il est unique parce qu’indéterminé ; et il est indéterminé non d’une « qualité » infinie (ou autre) mais d’un effet de Bord. D’un passage en somme.

De même ou plus exactement d’un peu plus loin, il est effet de Bord dans et sur un effet de Bord ; le présent. Dans le présent, qui passe, s’arcboute un arc qui re-vient vers un corps (et dans ce re-tour crée des rapports, des représentations, des signes, des relations, etc) ; sans le présent qui passe il n’y aurait pas une telle structure, une telle technologie de conscience à l’intérieur d’une telle technologie de présent (le présent est lui-même une technologie de l’exister tout net et formel).

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