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instants philosophie

La racine et tout le reste

22 Juin 2016, 13:47pm

Publié par pascal doyelle

On a créé des tas de mondes humains, qui se sont attachés à créer leur vision immédiate de la réalité telle qu’elle les entourait, chacun, un par un, et représentation d’eux-mêmes, de leur groupe propre, au sein de cette réalité, engendrant quantité de cultures, civilisations, langages, etc.

Mais, il fallait bien que cela tombe quelque part, nous avons tourné l’attention non vers telle ou telle représentation définie, mais sur la faculté même de susciter des représentations ; ce mouvement tournant annule toutes les représentations précédentes ; puisqu’alors on peut créer autant de représentations, de visons que l’on veut, ça n’est plus telle ou telle qui compte mais le fait, général, que nous en sommes l’origine, la cause ; on invente des systèmes, de représentations de la réalité, et l’angoisse commence à poindre en ceci que plus rien ne nous assure que telle ou telle soit plus vraie et réelle que telle autre. Il faut donc trouver la représentation qui sera, de manière très certaine, vraie et réelle. Ce qui pose deux problèmes ; quels sont les moyens qui nous permettent d’être assurer de la validité de ceci ou cela ? Et qu’est-ce que ce « réel » qui se promeut comme seule loi admissible ?

On a dit d’abord que la cohérence de la représentation, cad de la pensée, autorisait de justifier tel ou tel énoncé (c’est l’idéal de la pensée grecque ; étant entendu que cette systématisation de la représentation ouvre également non seulement que tel énoncé soit cohérent, mais aussi que notre activité, notre activisme nouvellement découvert par les grecs (cad en fait cet activisme, qui existait ailleurs en d’autres cultures), devient par les grecs systématique et doté d’un objet absolu spécifique ; l’être ; soit donc tout ce qui est, est ici-et-maintenant et non ailleurs et autrement) et la cohérence de la représentation ancrée par l’être (comme idée formelle, de même que l’intentionnalisation « dieu unique et autre » est une formule invincible en soi) permet en plus, et surtout, de contrôler l’intentionnalisation, l’intentionnalisation qui se sépare de tout groupe, de tout monde humain, et donc produit l’humain comme tel, l’humain en général ou le monde en général et non plus tel groupe ou tel monde immédiat particulier ; les variations intentionnelles à partir de l’expérimenté mondain et structurel sont rendues possibles (hors du groupe-langage et référant à l’expérience en propre de chaque arc intentionnel qui étant en chacun absolument formellement identique est, lui-même, l’universel effectif);

et puis ensuite on a voulu, parce que cela partait un peu dans tous les sens, que la représentation, en plus de cohérente, devait correspondre au donné, ce qui était explicite pour la pensée et le devient pour le nombre, les mesures, les calculs, la mathématisation ; mais, troisième problème, les mots ne suffisent pas pour rester bien assuré des faits réels, et il fallut en passer au nombre, aux mesures ; les mesures rendent possible de qualifier les données recueillies, au centimètre, au millimètre, au dixième de millimètre, etc (on peut inventer des nombres autant que nécessaire, tandis que les mots laissent passer et ne rendent pas compte de toutes les différenciations dans la réalité).

En somme il ne faut pas comprendre le passage des idées aux nombres comme un remplacement mais comme un devenir succédant, du même principe. Notamment en ceci que les nombres ne tiennent pas seuls en suspension ; il faut un ensemble extraordinaire de notions pour que ici et là on puisse calculer la réalité selon les nombres ; et l’ensemble de toutes les notions n’est pas observable par les nombres, il requiert profusion de mots et d’intentionnalisations qui doivent être exprimées et catégorisées, et enfin ces notions sont des intentionnalisations ; on n’échappe pas au fait que quelqu’un pense, organise, perçoit, prévoit, calcule, organise ; et ce foyer existant, internationalisant, est lui-même l’objet (absolu, non relatif) d’un discours spécifique et adéquat, bien qu’évidemment il ne s’instaure pas de la même sorte d’objectivité du nombre.

On a vu que ce discours spécifique relatif à un être qui ne l’est pas, relatif, mais est une structure effectivement réelle (et qui fut activée indépendamment de tout groupe, monde, langage particuliers, découvert en-plus de toute détermination), et qui s’agite, s’accélère constitutivement de ce qu’il est extrait de tout monde-langage-groupe et débouche sur le monde donné « là » (l’être, le donné sous l’ensemble des mondes particuliers) extensivement par les grecs et intensivement par le christique (et les monothéismes, et toute la méditerranée), que ce discours relatif à un être non relatif (puisqu’il est une forme sans rien, non déterminée mais existant telle quelle ; il existe une structure « conscience-de » qui ne dépend pas de ses contenus, qui n’en dépend pas non de s’en passer (il n’est de conscience que de quelque chose) mais qui n’en dépend pas au sens qu’elle est en-plus de tout et n’importe quel contenu, sinon elle ne pourrait pas, potentiellement, admettre toutes les sortes de représentations diverses et ne serait pas en mesure de créer indifféremment en somme quantité de représentations, de mondes, de pensées, de systèmes, de langages, de signes, etc.

L’autre position serait que cette « conscience » contienne en puissance la totalité des signes et idées, etc, dans une sorte de petite réserve cachée ; ce qui est invraisemblable (du reste Descartes le note quelque part ; les idées innées ce sont les idées que l’on formule dans l’activisme même, et non forcément en puisant dans un trésor on ne sait où, il reste tout à fait ambigu sur ce point et passe très légèrement, se doutant bien que ça n’est pas très clair) ; il vaut donc plutôt admettre que la « conscience » est sans contenu aucun et se produit en inventant, réinventant constamment les idées, qui sont, donc, des rapports et non des « vérités » closes ; si l’on se pose la question de la cohérence des idées (ou des nombres), qui sont alors considérées comme créées et recréées sans cesse par chacun, c’est que l’on ne voit pas comme il est impossible de penser autrement que Platon, Descartes ou Nietzsche et autres ; et si l’on s’étonne qu’il y ait tant de variations entre tous c’est que l’on ne perçoit pas comme cette structure-conscience est la racine … La racine c’est ce qui origine tout le reste. Qu’elle ne peut pas se transverser dans le monde, ni tel quelle ni en morceaux, et qu’elle reste et restera originelle et cause première, toujours première ; d’une seule face, d’un seul uniplan vers le devant ; on ne peut pas contredire Aristote ou Kant ; il faut les ajouter.

Du centre non visible (la structure originelle « conscience », structure vide et forme réelle, active sur et vers le réel donné « là ») partent toutes les flèches en toutes les directions possibles (il n’est pas dit que nous parvenions à maitriser toutes les directions … il se peut tout à fait qu’un nombre considérable de directions puissent nous manquer ; il est impossible d’oublier que l’originel, la racine est hors champ, hors champ de l’objectivité et hors du monde, de tout monde, y compris hors du monde naturel, puisque de fait la structure-conscience nous expulse hors de toute identité). On ne sait absolument pas du tout ce que ce centre créé de toute cervelle comme arc vers le réel donné « là », peut signifier. Comme il se crée non « de lui-même » (bien que cela y ressemble) mais de sa position de la considération qu’un « réel » là existe, son arc est impénétrable ; il se connait au fur et à mesure de son devenir, de son possible ; on peut extrapoler cette possibilité selon telle ou telle religion, mystique, éthique des super grands sujets ( Rimbaud, Nietzsche, Mozart, qui l’on veut, qui l’on a désigné comme ses hérauts, il en est des tas), mais ces extrapolations non seulement sont toutes valides (en leur ordre) mais de plus articulent non imaginairement … ils articulent à un certain moment et point du possible, le même centre.

Sauf que, ici, il est considéré que l’occidentalisation (comme processus et procédé créé autour de la méditerranée et Moyen-Orient compris et Egypte et babyloniens, etc) ouvre un autre possible et s’attache à creuser dans le donné et le « là » et qu’il parvient à remonter la structure qui auparavant se projeter vers l’avant (et l’au-delà et l’ailleurs et l’absolu autre etc). L’articulation qui est au-réel, est démontée peu à peu et doit s’expérimenter, dans le donné là, elle-même et autrement que selon les groupes, langages, mondes particuliers. C’est à ce démontage de la structure active (cad extraite de tout monde-langage et expérimentée de son propre Fait) que l’on assiste depuis 2500 ans (au minimum et si l’on s’en tient aux grecs); évidemment on peut très bien choisir une autre voie, mais de toute manière il faut parvenir à caractériser l’orient, l’occident, l’Afrique, etc, et toutes les pensées qui eurent lieu et commencer de définir les cadres d’un Fait, d’un fait totalement général.

Cela revient à dire que l’arc de conscience est indifféremment partout absolument identique (il n’est que le formel, non composé, qui puisse être Absolument ce qu’il est, puisqu’il est un exister sur le bord de la réalité, le pur présent sans rien) ; arc qui est, rappelons le, un « demi –arc », en ceci qu’il sort de la cervelle, quels que soient les contenus ; demi-arc en tant que le retour vers la cervelle ne remplace jamais la forme, et l’arc rejaillit parfaitement identique et vide et ramène à nouveau ceci ou cela ; c’est la théorie, la pensée à proprement parler ; la pensée réflexive sur la nature réflexive de la forme de cet-être en nous, dont nous nous tirons, par lequel nous composons ou qui compose pour nous telle ou telle identité et aucune identité ne recouvre jamais cet-être, cet arc, il est toujours absolument vide et sans rien, un pur et brutal et simple départ qui n’en termine jamais ; le Fait parfaitement formel glisse dans tel ou tel contenu, tel ou tel monde humain, telle ou telle personnalisation, mais aucune de ces compositions n’étouffe l’arc lui-même ; il n’existe que des existers en pur et brutal surgissement.

Admettant même que tout soit pensé, représenté, toute la matière-énergie, toutes les époque, toutes les réalités et réalisations, l’arc se tiendrait encore sur le Bord de la réalité, sur le fil du réel, sur le présent vide et formel, et existerait encore en-plus. L’arc est le un (et il n’en est qu’un, de un) manifestant la logique interne et externe du réel ; avancer d’un seul côté, là au-devant.

L’arc se tire de lui-même en instiguant des points externes au-devant, et produit son mouvement propre, et dévore les réalités (de même que le moi lorsqu’il tombe amoureux, ce qui est le plus grand effort structurel qu’il puisse, se dévore vers l’avant, vers l’altérité, s’arrache et remet certes une pointe de sa réalité, mais cette pointe active l’arc de conscience, l’intentionnalisation brute, et dévaste tout donné, tout corps, toute mémoire ; par la pointe la plus limitée, fragile, extrême, à l’aveugle pour ainsi dire, il se suscite ; il faut quantité de déterminations pour remplacer des déterminations, mais une seule pointe structurelle suffit pour soulever tout l’être, tout l’être soulevé à partir de l’exister).

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