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instants philosophie

Le structurel et l’écrasement

11 Juin 2016, 09:05am

Publié par pascal doyelle

L’occidentalisation a donc dressé la verticalité ; ici et maintenant il est une articulation, un ressort arcbouté sur le réel et cette articulation est le rapport lui-même ; intégration de l’arc de conscience arcbouté sur le réel ; l’arc de conscience est ce rapport ; toujours constamment ouvert, ouvert et limité et ponctuel et actuel par nature ; il est impossible de comparer cet arc ouvert avec quelque fermeture que ce soit ; il n’est pas de pensée, de raison, de détermination, de naturalité, de moi, d’identité, de définition qui puissent clore cet arc ; la pensée grecque s’ouvrait toujours constamment au bout de tous les systèmes sur le bien, le moteur, le un (etc) ; le christique (et monothéisme) renvoie au Un tout Autre de dieu ou du christ, explosant le corps sur une autre surface ; le sujet cartésien est une structure ouverte et sans fin, sujet impossible et sujet parce qu’impossible ; sans finalité excepté donc qu’il est lui-même la finalité.

Il est la finalité et doit assurer cette impossibilité en ceci qu’aucun contenu ne peut le refermer. Par le bien ou le un, dieu ou le Corps, le sujet impossible c’est la forme qui prédomine ce ne sont en aucune manière des contenus mais des reports ontologiques absolus ; lorsque l’on remplace la pensée par la raison, dieu par la nature, le sujet par le moi (soit donc la version réaliste du 18éme qui transforme et interprète la réflexivité des grecs, chrétiens et monos et sujet, comme réflexion, report du donné vers le donné), dans ce remplacement on tente de substituer à l’absurdité et la folie de la forme sans contenu (pensée, dieu et christique, sujet) une définition ; ceci ayant pour finalité d’adapter les grands schèmes de la réflexivité au monde donné là pour un corps se nommant lui-même « moi », personnalisation s’acquérant en plus de l‘acquisition de l’humanisation (soit donc le passage de la révolution, politique, à l’humain tel que donné, vivant et percevant et imageant ou imaginant, ressentant et imageant son être ; ce qui veut dire son corps ; la finalité de cette finalité étant l’inscription sur la (nouvelle) surface du corps de la réflexivité ; cad de chaque arc de conscience) ;

nouvelle surface créée par le dit moi (le moi, la personnalisation est la capacité de formuler une image-idée de soi, qui, normalement (…) devrait se transmuter en idée-image ; en surface du corps intégrée et en somme en idée intégrative ; de ceci qu’il y ait une soif infinie d’images, de représentation de l’humain ; l’humain s’épie et essaie de produire une image de soi, étant entendu que l’ancien soulèvement, celui universel de la révolution, n’est pas en mesure de pénétrer jusqu’au-dedans du corps ; la réflexivité universelle (celle communiste par exemple ou celle de toute universalisation tout à fait extérieure, l’idée générale de la « nature humaine » qui est essentiellement différente de celle de l’individualité du moi, le moi ayant son propre monde de mois en quelque sorte auto suffisant puisque tout moi est sa propre norme étant fondé sur le libre pur et brut, de là qu’il soit, a priori en tous cas, capable de rejeter l’universel lui-même ; l’universel est pour le moi quelque chose d’abstrait ; alors même que dans les faits, dans la factualité historique, il n’existe de moi que cerclé, encadré par l’universel ; le citoyen dans un Etat rend possible qu’il soit une personnalisation ; l’abandon de l’universel (à quoi voudrait nous contraindre la naturalité libérale) est une illusion, si le libre pur est l’auto fondation de tout moi, il croit pouvoir s’émanciper de toute réflexivité et ne se tenir que de la vague réflexion ;

« vague » réflexion parait absurde en ceci que cette réflexion (soit donc le remplacement de la pensée par la raison, de dieu par la naturalité, du sujet par le moi) produit justement non pas des idées vagues et métaphysiques mais des sciences et des réalisations efficientes (ce qui est hors de doute) ; mais cette réflexion est vague en ceci qu’elle ne s’incorpore pas du tout ; elle reste une pratique tout à fait extérieure, comme du traitement pharmacologique ou des technologies comme extensions de notre conscience ; toutes choses réellement utiles et immanquables, mais qui n’accrochent pas au structurel de conscience ; de sorte que malgré toutes ces performances on reste en dehors de notre existence ; et cette désintégration structurelle (aussi intégrés puissions nous apprécier les efficacités) sera retransmise sur le corps, le moi, l’humanisation (ou la deshumanisation), la représentation négative (le jugement dernier par lequel l’humain dans la mass médiatisation se juge digne ou indigne, se glorifie ou se dégoute) ; les maladies du moi, les aberrations collectives, les aveuglements et le fantasme généralisé ; la substitution du réel, dont se tinrent autrefois les idéologies et à quoi les empires industriels de production du fantasme, de plus en plus outrancier et irréaliste, s’emploient ; le fantasme étant la fausse image, l’image répétitive ou l’image sans idée, sans idée parce que son substrat est ce corps donné là, non la nouvelle surface du corps-autre mais ce corps physiologique, celui qui, littéralement et métaphoriquement, meurt.

A rebours de tout ce devenir qui tend à nous incarcérer dans la détermination, (en même temps que ce réalisme nous permet de soulever le monde, le vécu, le corps), l’occidentalisation avait ouvert la dimension verticale ; elle a pu soulever le monde et le donné parce que son système descriptif de la verticalité, de la dimension cherchait ici même, ici et maintenant le nœud, le ressort effectivement réel , et non plus projeté au-delà, récupérant l’efficace ontologique de l’absolu-au-delà dans le précipité ontologique çi-présent, requérant pour supporter cette efficace l’autre-corps ;

on a vu par ailleurs que l’ensemble de la représentation humaine et personnalisante, tentait, au mieux (ce qui est relativement rare) de passer de la mass et micro médiatisation à la mass et micro médiation ; par quoi l’image devait permettre à tout moi, toute humanisation de se convaincre, dans la perception et l’émotion, de la nouvelle surface du corps (transformation de l’image –idée en idée-image de soi, de l’image incorporée en et par chacun) ; mais on a vu que cette image dégoulinait en fantasme exclusif. Il était impossible que l’idée et l’universel, le christ ou la pensée, le sujet et l’acculturation classique, pénètrent jusqu’aux corps ; il se devait donc qu’une représentation généralisée (médiatisation et médiation) prenne la relève de l’impossible imposition universelle (le libéralisme a déployé toute la ressource de cette représentation individualisée, le communisme n’en était pas capable, mais le libéralisme abandonne quasiment l’universel au profit de l’individualisme exigu et faible). Il se produit alors un écrasement catastrophique ; comme image de soi, les mois n’auront accès qu’à des versions noires et calamiteuses d’eux-mêmes ; mais en cela le monde humain se contente de suivre son principe ; qu’il est et n’existe qu’une « nature » humaine ; il ne dispose pas d’autre ressource qui serait structurelle par laquelle il pourrait relever et soulever cette réalité. Un des signes évidents est que même l’héroïsme des récits de l’imaginaire, sont traités comme des clowneries et des délires presque intégralement décohérents ; pareillement les idéaux manifestés de ce monde, au principe du donné, ces idéaux sont en eux-mêmes d’une bêtise et d’une flagornerie fondamentale (et de plus tellement ridiculement « idéalisant » qu’ils demeureront irréalisables par quelque moi que ce soit, et précipitant chacun dans le dégout de soi ou la lente pesanteur ; jamais la vie, le vécu ne ressembleront aux images-fantasmatiques) ; n’offrant absolument pas de support intellectif minimal. Intellectif signifiant le basculement de l’image-idée en idée-image.

Mais pour qu’une image atteigne son idée ou l’idée potentielle (requérant donc un être virtuel et non plus seulement une nature humaine donnée là et une facilité), il faut qu’il y ait cohérence et pour cette cohérence, compréhension, intellectualité d’une part et intellectif d’autre part ; si l’on devait mesurer l’impact de la représentation l’effondrement dans la décohérence généralisée serait patent. Il apparait ainsi que la décohérence peut et va s’immiscer jusqu’aux moindres détails puisque son rayon d’action est précisément la réalité concrète, la réalité donnée là, de même que la motivation à exister s’imposera partout comme violence réelle, symbolique, mentale, de considérables absences, autrement dit des quantités de corruptions (en tous les sens de « corruption ») et c’est très clairement la réalité même, le concret en soi qui prend la seule apparence de la détérioration ; la conception, la perception, le ressenti du donné et du vécu sont emplis par le dedans de la noirceur.

Que ce monde puisse affronter cette noirceur, plutôt que d’y succomber et donc d’ajouter encore à la dégradation, impliquerait que ce monde soit capable de se repenser à nouveau, à partir de l’universel, de la pensée, du christique, du sujet ; cela même qu’il refuse à toute force et qui de toute manière ne peut plus s’utiliser tel quel, puisque par la révolution, la logique historique veut que la réflexivité (pensée, christique et sujet) soit apte à se produire comme monde et se soit dénivelée en réflexion (plutôt que de s’abstraire dans les configurations anciennes, les formes antérieures ; les formes de la pensée, du christique ou du sujet ne peuvent pas revenir). On tente de suppléer à l’absence de réflexivité, de structurel par un remplissage de déterminations (d’où la duplication constante, la répétition continuelle des mêmes images, ce qui aboutit à la dégradation des images, qui trouvent peu à peu leur vraie détermination de fantasme, sans idée ; le fantasme est la réduction des finalités aux finalités du corps de la « nature humaine », sans ajout, sans virtualité ; les finalités s’épuisant, tombant dans le donné, le détail).

C’est la continuité, la poursuite de ce fantasme qui alimente la machinerie réaliste (du capitalisme, libéralisme, techno-objectiviste, étatiste, consumérisme, dégradation du moi ; l’étatisme étant l’oubli de son essence, la démocratie et son augmentation et qui ne peut plus même tenir son propre simple statut, qui fait semblant) ; on poursuivra ce rêve parce que l’on n’a pas, plus d’idée-image ; juste des images sans réflexivité qui défilent et tombent dans le monde, le vécu. On y sacrifiera toute humanisation, toute personnalisation et tout le monde naturel, il absorbera, ce fantasme, toute la possibilité.

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