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instants philosophie

Glisser le long du réel

20 Août 2016, 08:07am

Publié par pascal doyelle

Rappelons qu’après avoir élaboré tous les possibles de variations intentionnalisatrices ; la pensée (soit donc les systèmes philosophiques comme machines intentionnelles ayant à créer toutes les différenciations, non aperçues dans quelque langage commun que ce soit, et différenciations qui n’apparaissent, n’existent qu’en tant que distinctions, susceptibles d’être constatables par et pour chaque expérimentation du donné là, du monde, et expérimentations par chaque arc de conscience, un par un, une conscience par une conscience ; ce qui signifie par l’expérience du Tout voulu comme Un, mais qui ne parviendra pas à se réaliser comme Tout, bien qu’ayant architecturé le Un aussi profondément qu’il soit possible ;

autrement dit on a créé des quantité de totalisations, le Un a été utile à ceci ; créer d’extensifs et intensifs systèmes de variations intentionnelles, eidétiques, au sens précis, et quand bien même la plupart du temps on crût à la vérité de tel ou tel système, l’ensemble des systèmes est ce qui constamment c’est offert à la vue de tous et de chacun, soit le kaléidoscope mental, intellectif, intentionnalisateur ; la vérité, au sens occidentalisée, n’est pas dans tel ou tel contenu mais dans le kaléidoscope qui s’ouvre en et par chaque arc de conscience ; c’est l’accès par chacune à l’ensemble de la possibilité qui vaut, qui est la valeur même, et l’ensemble de la possibilité est son accès ontologique à son exister propre, à la Forme du Un comme Présent (et rien d’autre). Soit accès à toutes les totalisations, et en interne à toutes les formes du Un. Que le Un soit séparé du Tout, signifie que l’on a trouvé la jointure telle que « là » hyper active dans la réalité, et en tant qu’il existe un Bord du monde, son exister, le présent pur et brut.

Et donc on a basculé en-dessous de la pensée,

et dé-couvert, dénudé le fil, le « là » du sujet ; que donc il est « un être », très bizarre, qui origine ce que auparavant on croyait tenir de tout notre horizon ; soit la pensée, qui s’instituait comme règne de toutes les différenciations du monde, ce qu’elle fut. On est passé en-dessous, ne signifie pas que l’on ait abandonné l’universel ; mais qu’il s’agit d’élaborer le mécanisme entier, le système formel qui rend possible que l’universel soit, d’une part, et que d’autre part on puisse construire la re-présentation, la présentation à vue, de cet-être en-dessous de la pensée ; c’est absolument ce qui fut à partir de Descartes ; et ce jusque Lacan (dont on a vu que Sartre et Lacan investiguaient radicalement, à la racine, à la base de notre réalité ; cad de ce qui vaut pour tout être humain quel que soit son monde).

Le basculement par en-dessous de la pensée n’est donc nullement l’abandon de la pensée (ce serait affirmer que Nietzsche, Heidegger, Schopenhauer ne pensent pas ; ils élaborent au contraire une vision articulée (au réel) et cohérente (afférant à une possibilité de variation intentionnalisatrice créatrice de systèmes offerts à quiconque s’en donne la peine (on n’a rien sans rien). Tel n’est pas le cas ; si on passe en-dessous de la pensée c’est afin de dénicher la cohérence encore plus réelle que la pensée, qui origine la pensée, qui structure toute manifestions humaine d’une part et d’autre part est articulée au donné « là » ; cad au donné, au monde et au « là », à l’exister pointu (au « là » de tous les donnés, lequel consiste ici en l’unique présent, mais on peut supposer l’Etre heideggérien, la volonté nietzschéenne, le dieu de volonté décidée cartésien, la cathédrale transcendantale kantienne, l’esprit qui renait de se voir continuellement hégélienne, enfin bref ce que l’on choisira, pourvu que l’on s’en donne les raisons précises et explicites, ce qui veut dire ; pourvu que l’on déploie, développe pour son arc de conscience toute l’intentionnalisation possible et crée l’accès à sa propre architecture d’exister ; développer les raisons c’est, de fait, augmenter sa conscience, soit donc augmenter la surface de son corps, de son autre-corps, sur la surface du réel).

Il ne faut pas se tromper ; le « là » de tous les donnés n’est pas l’être comme Totalité Une ; il n’est aucune synthèse totale de tout ce qui est, pour la raison qu’il n’existe qu’une forme-sans rien du Présent pur et brut. La forme de tout est le présent, soit la ponctualité absolue (à entendre aussi comme « ponctuel » toujours à l’heure, parce que, que je sache, ça n’arrive à rien ni à personne d’exister à côté du présent) ; indépassable. La forme est le présent qui se dresse constamment, la seule constante de toutes les réalités, et on ignore ce qu’il est, ce qu’il signe, mais « là » il existe.

C’est pour cela que la système de l’occidentalisation (y compris le Moyen-Orient, il faut le répéter, lire les gnoses et les mystiques des perses musulmans remet bien les idées en place, c’est juste fabuleux) est le système formel qui élabore l’architecture du présent, cad de cela seul qui existe (qui soit constatable, ensuite on croit, du verbe croire, ce que l’on veut, mais la base du réel est « là », au-devant de nous, de tous, de chacun). Le fait est que l’on a avancé en crabe, ou à rebours, ou en négatif ; lorsque l’on suppose l’être, on admet non pas un Tout-Un, mais une formule, très abstraite, qui permet (de par son abstraction, de par sa signification, son signifiant dirait-on) de produire quantité de distinctions ; pareillement le christique ou dieu lance des possibilités investigatrices d’une part et inventives d’autre part ; et le sujet, depuis le cartésien, ne cesse de pousser, s’étendre, se ramifier ; la ramification du sujet est ébouriffante ; il n’en finit pas, puisqu’il est impossible et que c’est pour cela qu’il existe ; il est littéralement et dans tous les sens, impossible. Ça n’est pas de ce monde, ça n’est d’aucun monde. Et il s’étend en créant non pas ceci ou cela, mais sa structure même ; l’articulation au réel s’architecture ; elle n’existait qu’instantanément séminalement, elle s’élabore, se métamorphose, se transmute ; elle avance sur le Bord du monde. Elle crée le Bord du monde. Ses descriptions sont les pas, un par un, échelonnés, par lesquels tout arc de conscience glisse sa tangente le long du réel avançant, en utilisant les descriptifs des philosophies (et puis esthétiques et éthiques et politiques et idéels) ; on ne peut pas restructurer sa conscience sans en passer par l’historicité, par le devenir des re-tours qu’opérèrent les sujets ; chaque système, de conscience, transforme l’arc de conscience.

Mais la transcendance du Un occidentalisé ne va pas sans le donné et le monde et fondamentalement le corps ; aussi lorsque chacun acquiert sa personnalisation (dans notre moment propre de l’historicité) il récupère la position même du point de tangente créé. De même que jusqu’à la révolution généralisée, l’humanisation fut l’horizon de toutes les transformations (ciblé comme universel), pareillement la personnalisation, qui suit l’humanisation et outrepassant l’universel, engendre les nouvelles sortes de rapport au donné et au corps et ce sont les révoltes, les marges, les négativités, les non humanités et surhumanités mais également les sujets et les grands sujets, et tout autant la structuration en mois, dans son organicité même pour ainsi dire, qui inscrivent les devenirs possibles ; on a vu que les mois délestés de l’universel, se perdent essentiellement dans le donné, alors même que les négativités, les révoltes, les inhumanités s’effectuent du dépassement de l’universel par le singulier ; ne parvenant pas à identifier ce singulier, celui-ci est interprété inversement ; comme effondrement du structurel dans le donné (abandonnant l’autre-corps pour le corps donné là, soit l’objectivisme tout crin, soit l’’économisme comme idéologie de ce corps).

Ce qui veut dire que l’outrepassement de l’universel doit élaborer son propre registre du réel qui ne soit plus mésinterprété et que le sujet ait à accéder à son insatisfaction, ce qu’évidemment la typologie du moi ne comprend absolument pas (Lacan décrit un être, du moi, envahi par l’attente de la satisfaction, qui n’a pourtant aucun lieu, aucun territoire, aucun support dans le monde, le corps, le vécu, le relationnel).

Le trajet et la rondontité

Aussi doit-on nommer trajet ou trajectoire la tangente que l’arc de conscience crée sur le réel, rond comme une boule comme chacun sait ; sauf que la « rondontité » est une seule ligne frontale qui crée par sa traction la réalité, les réalités, le Un crée les réalités, sans aucune totalisation, sinon localisée ; il est clair qu’il ne les crée pas comme « l’on crée dans le monde ou selon une causalité », qui s’applique à la composition qu’est la détermination ; la forme est selon la non détermination, le présent est un « être » non déterminé en lui-même,

et l’hypothèse est donc que le présent engendre la, les réalités, et un être spécifiquement qui est un rapport à (soi), cad rapport au rapport qu’il est ; or le rapport qu’il est, étant un rapport, n’est pas et il faut ainsi placer une distinction ; qu’il n’est pas mais qu’il existe, et le « soi » qu’il existe s’effectue uniquement, exclusivement au réel donné « là » ; arcbouté au réel comme position explicitement « là » au-devant, externe ; ou donc ce rapport est lui-même un être interne mais étant tangentiellement absolument vers le réel (il n’existe pas autrement), cet interne est lui-même « externe », cad un pli, lequel pli, pour exister, étant rapport à (soi), doit se re-plier, actualiser, de par sa propre décision, un re-tour, qui est aussi un tour-à-nouveau.

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