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instants philosophie

L’attirance du présent

6 Août 2016, 09:37am

Publié par pascal doyelle

Hypothétique.

Que le présent soit, veut dire qu’il n’existe que le présent, mais le présent en tant qu’il engendre tout le reste. Toutes les réalités sont tirées, tractées par le présent.

On peut lire en sens inverse ; les réalités sont causées ; on peut remonter toutes les causes, plus ou moins, et pas toutes. On se demande bien à quoi ça peut mener. Il y aurait une sorte de gigantesque calcul qui commanditerait les réalités, toutes les réalités, la moindre parcelle aurait un sens, selon un Ordre. Qu’il y ait déterminisme évidemment ; ce qui vient après est causé de ce qu’il y a ou avait avant ; mais l’ensemble bien que déterminé, causé, n’est pas causé par lui-même ; ou donc qu’il y ait réalités, d’une part et qu’il y ait une réalité d’autre part. Ce qui cause qu’il y ait une réalité ne fait pas partie de la réalité ; on préjuge souvent que c’est en deçà ; une sorte de grosse cause.

Mais une réalité ça ne se cause pas d’une seule fois. Ça ne peut pas. Il y a donc une multitude oui une infinité de causes.

Ça ne signifie pas qu’il n’y ait pas de cause unique, mais alors elle sera autre que « causale ». Ou donc ; le présent est ce qui cause les réalités ; il les cause à rebours, les réalités sont tirées par le présent. Si le présent est, c’est cela qui existe, le reste est supposé (ou reconstitué ou imaginé ; ce qui ne veut pas dire que le présent ne mène nulle part, on n’en sait rien ; ça n’est pas le présent simplement « là » qui est ainsi notifié, ça n’est pas le présent comme passivement être-là, c’est le présent radical et radicalement activiste ; il engendre tout le reste et donc obéit lui-même à sa dimension, qui est la dimension unique seule existante ; puisque l’on a abandonné qu’il y ait « être », l’être étant le dépôt de l’exister, les résultats ).

Soit le présent comme ligne, d’un côté toutes les causes, formant l’élasticité des réalités, de l’autre l’unique cause antérieure qui tracte les réalités. S’il est un présent, alors le présent est cela seul qui existe. Parce que l’on ne voit pas où existerait autre chose qui ne serait pas présent et que le présent est la seule constante et seul constatable. Et si il est une ligne du présent (qui épouse toutes les réalités dans leur état « présent »), et si c’est cela qui existe, alors la cause des réalités est au-devant.

Qu’il y ait un au-devant veut dire que le réel tire à soi ; le présent tire à soi toutes les réalités. Et comme notre être est dit « arc de conscience », cela signifie qu’il est arcbouté au réel donné « là » (comme on a vu cent fois, et fondamentalement arcbouté par et selon le corps en son image, image en retour, celle que l’on se formule dans le retour, l’effet qui signale, signe l’arc de conscience en revenance de la réalité et du réel, l’image du corps que l’on ramène du donné là, et qui nous exprime, qui nous tire au-devant, tout pareil), il revient donc à notre arc de conscience de ne pas se louper.

Ou donc, inversement de cette inversion, l’arc de conscience, un arc de conscience, est toujours-déjà son présent absolument acté (ce qui se remarque essentiellement par Lacan) ; par exemple « on est déjà jugé », ou « on s’est déjà, chacun, décidé soi » ; la décision, soit l’éthique ontologique radicale, c’est-à-dire absolue (de cet absolu dont seul nous disposons, ce seul accès à l’exister) est toujours-déjà, pour chacun, prise (dans la vacuité logique interne de la décision du corps dans son Image tout à fait Autre et étrange, voir étrangère). Mais comme la logique du réel se tient du présent, il est clair que cette proto-décision de soi (qui a déjà décidé l’entièreté de son décisionnel) est remise. Remise au sens quasiment christique (ou plutôt dont le christique est précisément l’affirmation jusqu’ici, historiquement, la plus claire, que re-prend Nietzsche, selon l’intuition structurelle qu’il décrit) ; ce qui est remis est la potentialité, la virtualité in-finie de la décision de (soi), ou de soi pour simplifier.

Parce que ce que le présent s’envoie, en retour, là au-devant est selon son attirance ; il se crée de se cibler en avant, en avance de lui-même ; hors de lui-même ; mais bien au sens où ce dont il se cible n’existe pas, se tire de son inexistence, puisque le présent n’est pas une sorte de présent éternel qui attirerait l’être, mais le présent, structurel, qui travaille la, les réalités et les corps et les mondes humains et les mois. Puisque c’est sur le bord de l’exister (en fait sur l’exister lui-même qui est un bord, qui est le bord), et que donc ce dont il se cible n’est pas ; n’est jamais disponible ni acquis ; on ne sait pas ce que l’on peut ; l’exister tire à lui tous les devenirs.

On a la face collée sur le réel, le visage à même la ligne, la surface constante du présent et c’est via telle ou telle image qu’en transparescence la structure s’atteint constamment ; la face est tournée vers nous-mêmes ; ça n’est pas un regard qui sait ce qu’il nous veut, c’est un regard qui extrait, formule, exprime, déploie toutes les réalités, toutes les parcelles de réalité ; le transcendant (le bord sur lequel tout est collé) s’avance donc jusqu’aux plus petites miasmes de réalités. Le présent n’est nullement séparé des déterminations (naturelles, du monde, des réalités, des systèmes de réalités), ni donc de la réalisation, des réalisations à partir de ce re-tour qu’est chaque arc de conscience.

Et donc, par exemple, ça n’est pas l’universalité ni l’universel ; l’universel est extrait, abstrait (non de la réalité qui n’est pas une, puisque c’est le présent qui est-un, mais des réalités, et c’est bien parce qu’il est des réalités qu’il peut se formuler de l’universalisation ; d’où également l’impossibilité de synthétiser, métaphysiquement, l’universalisation unique qui subsumerait toutes les universalisations en un seul universel et sous celui-ci toutes les réalités ; un tel « concept » n’existe pas ; puisque continuellement les concepts glissent dans l’intentionnalité qui les invente et les travaille, et que cette intentionnalité doit supposer que tel concept est « comme conscient de soi », ce qui est absurde ; on remarquera que Hegel est, finalement, celui qui pose nettement et clairement que le concept se sait, que le savoir est ce qui sait rétroactivement tout ce qu’il a déplié, une fois cette positon énoncée il devient impossible de supposer encore une métaphysique, on est passé depuis Descartes à l’ontologie, de notre être spécifique, par la volonté cartésienne et la description du dispositif global de notre être « là » ; pour et par Descartes la pensée est pensée … par une intention et comme c’est impossible, on se rabat avec les allemands sur une identité super-ontologique prétendument mais qui retombe en partie dans des métaphysiques ; mais comme l’acquis est acquis, les métaphysiques idéalistes sont obligées d’infuser dans la « pensée » qu’elle soit « sujet », sujet sans le sujet réel, sans l’arc de conscience découvert par Descartes ; ceci pour éclaircir comme on a du mal de concevoir « ce qui est antérieur à la pensée », qui fait l’objet même par Descartes de la non plus pensée, mais de la réflexivité).

C’est l’arc de conscience qui crée l’universalité qui ne peut pas atteindre les « petites réalités », mais l’universalisation qui est utilisée par un être spécifique ; l’arc de conscience qui est collé à même le réel, et il peut être collé au réel, tout en existant réflexivement (et non immédiatement ou spontanément ou platement) parce que le réel lui-même est en extension de lui-même et que cette extension se nomme, se signe comme présent. Le présent qui n’est pas, mais qui Existe (étant l’exister même). Ce qui implique donc que le moindre donné là, la moindre particule de réalité, est engorgé par et vers le présent. Par la limite de ce qui devient, la ligne du réel qu’est le présent.

Si le présent engendre, ça n’est pas parce qu’il « sait » où il va, puisque justement il est au présent, et n’est doté d’aucun savoir, mais c’est que le présent est le mécanisme qui tracte les réalités d’une part, et d’autre part tire chaque arc de conscience puisque l’arc est arcbouté sur le réel ici et maintenant (cad au clair et strictement parlant sur le corps, non pas dans le corps, mais sur le corps, par-dessus) ; la décision de « qui l’on est » est toujours déjà prise mais c’est cette décision, cette éthique ontologique en quoi consiste l’Image du corps-autre que l’on a, que l’on est, que l’on existe, que l’on travaille. L’Image du corps (l’image du corps-autre) est attirée par son arc lequel est tendu par le présent ou le réel ; elle est au-devant de (soi) ; ça n’est plus un « soi » mais un (soi), parce qu’il n’est pas, il Ex-siste. On pourrait dire qu’il existe d’un « être, identité, éternité » ou quoi ce soit, mais il faut revenir au constatable et au constatable il n’est d’existant que l’ex-sister, que cet arc qui sur son arcboutement (au réel présent corps), cherche à augmenter cet arcboutement en architecture ; on pourrait dire en archi-texture ; celle du corps-autre-Image. Qui va supporter l’attirance du présent.

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