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instants philosophie

Sens de l’occidentalisation

9 Août 2016, 14:46pm

Publié par pascal doyelle

On a voulu dans un contenu, une cible au-delà, un hors champ définir notre être, et puis on s’est aperçu que ça n’est pas le contenu qui est déterminant mais l’acte de se déterminer, tel quel considéré en lui-même hors de tout contenu ; on a pu donc démultiplier extensivement toutes les déterminations possibles, tous les systèmes, toutes les vérités, compte tenu de l’actualisation de cet acte, nu et sans rien ; tout contenu dès lors admettra d’abord et avant tout que l’on existe indéterminé ; en ce sens on pourrait croire qu’il s’agit là d’une civilisation parmi d’autre ; elle choisit juste l’indétermination plutôt que telle ou telle détermination ( mayas, égyptienne, aborigène, etc) ; ce que va affirmer le relativisme des contenus ; la civilisation dite « occidentale » est une parmi les autres et elle a seulement monté en épingle sa détermination (et non son indétermination) en croyant et imposant que son contenu était universel ; ce qui n’est guère tenable, si elle est un contenu elle n’est pas universelle.

Sauf que l’occidentalisation (qui est un nom alors générique et ne signifie plus « l’occident ») n’est pas un contenu ; et que la civilisation d’occidentalisation est une a-civilisation ; aussi bien une civilisation-autre (que toutes les autres), qu’une a(absence) de civilisation ; soit une civilisation mondiale, qui ne tient à aucun territoire, aucun peuple, aucune culture en particulier.

Pourquoi ? Parce qu’en prenant la réalité antérieure, soit la constitution du monde, de tout monde, nous sommes en fait tombé sur une structure ; laquelle structure est non déterminée ; on a nommé cette articulation arc de conscience (en assumant Descartes, Husserl, Sartre, Lacan etc) ; soit donc une tension qui sort de la cervelle vers le réel donné là ; tension qui n’a aucune représentation possible et donc s’incarne en des mondes humains, divers et variés, en des contenus, des représentations de soi ou du donné, mais aussi des mois, des images, tout ce que l’on voudra.

Rappelons donc que le creusement à la base qu’opère ce qui est nommé « occidentalisation » n’est pas « l’occident » mais est un processus, procédé (il se trouve que ça tombe autour de la méditerranée) par laquelle anthropologisation (comme processus général) cesse de créer des mondes donnés pour s’attacher à décrypter l’être antérieur, à la base de chacune des pyramides humaines, des mondes donnés, dits dès lors « particuliers » ; par conséquent on investigue à la base de notre, nos réalités et on dénude peu à peu le fil électrique qui cause unilatéralement toutes ces diversités ; ça ne prend ainsi pas du tout positon sur ce qui est possible surnaturellement ; la croyance en ceci ou cela est détachée de cette base, puisque l’attachement, le creusement en-deçà dénude un décalage, dit ontologique (touchant à la structure même de l’être, de ce qui est, de l’exister, de l’acte de conscience), lequel décalage est exploré, inventorié, cartographié mais tel que « là », ici et maintenant, ici même sans préjuger du « sens » que permet d’envisager ou non le dit décalage. Lorsque l’on dit que l’on analyse objectivement cet être étrange, c’est réellement objectivement ; la pensée (qui prend ce nom exclusivement au sens occidentalisé, sans nier qu’ailleurs il y ait effectivement « pensée ») n’est pas une Vérité placée là au-devant qui annulerait les autres, mais le repli vers cet être (qui autorise quantité de pensées diverses, en ou hors occident, en ou hors de la méditerranée, Moyen-Orient compris) ; elle est le dessin d’un diagramme générique, d’un schématisme dressée au bord de tout monde, de tous les mondes, de tous les corps, de tous les vécus.

Par exemple croire que la phénoménologie obtient un contenu fondamental qui serait encore l’Etre, est une absurdité ; la phénoménologie (lors même qu’elle croit obtenir l’Etre) décrit en fait des procédés de conscience valables pour toute conscience ; de même les grecs, les systèmes anciens, la métaphysique n’aboutit pas à une Vérité mais à des machines intentionnalisatrices qui accélèrent considérablement l’activité de conscience et permettent de s’augmenter de différenciations, de distinctions ; et pareillement le cartésianisme ne se déclôt pas d’un « sujet » monolithique mais d’un mécanisme interne exposé au grand jour sur lequel sera menée l’enquête sur la nature de son être, sa structure (Kant, idéalisme, Hegel, Stirner, Nietzsche ou Husserl, Sartre, Lacan, etc). ne pas tenir une lecture hypothétique des énoncés, c’est croire que ces énoncés sont à prendre au pied de la lettre ; les systèmes grecs sont arcboutés gigantesquement sur une réflexivité en acte (le bien ou la pensée de la pensée ou le un qui ouvrent gigantesquement le monde et toutes les diversités admissibles et distinguables, hors de laquelle distinctivité il n’y aurait tout simplement pas de pensée, pas de variations intentionnalisatrices).

L’ensemble de la réflexivité (non seulement philosophique mais esthétique, politique, éthique quant à l’éthique ontologique, etc) s’offre comme le kaléidoscope démultiplié d’un être, d’une structure vide et forme qui explore toutes ses capacités, qui n’est plus limitée par « un-contenu » clos. Il serait absurde de continuer d’attendre d’un tel méga système, d’un tel système formel qu’il nous délivre un super-contenu, une Vérité, alors qu’l s’est usé, acharné à exhiber le méta-système formel de tous els arcs de conscience possibles.

Ceci évidemment à condition d’accepter que cet arc est vide ; que toute vérité est seconde ; que l’humain n’est pas commandé par tel ou tel monde, mais originellement effet d’une structure ; d’une structure qui n’est « pas nous » ; et elle n’est pas nous non parce qu’elle est « quelque chose qui nous commande » mais parce que vide et sans rien ; que cette structure n’appartient à rien ni à personne ; sauf qu’elle existe une par une, d’un corps en un corps à la fois ; individuée absolument, radicalement. Elle ne peut pas faire l’objet d’un discours qui s’imposerait (puisque nous serions l’effet d’un être qui n’est « pas nous » et qui relèverait dans cette hypothèse d’un discours de contenu), sauf d’un discours qui renvoie absolument chaque arc à lui-même ; qui dit ; ceci est votre arc ; ce qui revient à ne dire « rien » sinon la formule même de ce qui ex-siste ; on peut dire et décrie cet arc (il est le même pour toute conscience de soi, ayant à se traduire comme conscience de (soi) ), mais non pas prescrire quel monde, quelle humanité, quel moi, quel contenu, il pourra inventer ; étant donné que si la Vérité n’est pas et n’a pas lieu d’être, il est alors quantité de vérités, de mondes, de corps, de vécus à inventer ; à condition qu’aucune invention ne supprime la structure qui permet son invention, sinon c’est absurde ; on y est de fait engagé dans la réflexivité du libre tel quel, c’est évident.

L’arc n’est pas « rien », il est « rien » mais formel ; si l’on sort du formel on redevient un contenu quelconque ; tout contenu est quelconque par rapport au Rapport qui crée les contenus. Et c’est pour cela qu’il s’est élaboré un méta système, un système formel ; peu importe que vous croyez en ceci ou cela pourvu que vous respectiez l’accession formelle au réel, cad en l’occurrence le libre (un par un). Il est quand même aberrant que l’on attende qu’un contenu nous délivre de la charge ontologique de l’arc de conscience ; notre être est un mécanisme absolu, radical, vide et formel et ne trouvera en aucun contenu sa satisfaction ; son « remplissage » ; et la philosophie n’est rien si elle n’implique que l’on pense actuellement ; si on ne comprend pas ce que l’on pense, on ne pense pas.

Et la concession (que ce soit cet-être définit « occidentalement ») l’hypothèse est que ça n’est pas un être défini occidentalement mais que ce soit la structure (commune à quelque monde humain que ce soit) qui soit formellement le réel même ; celui antérieur à tout contenu. Par quoi on voit comme Platon, Kant ou Nietzsche ciblent non pas un contenu privilégié mais détourent la structure au fur et à mesure et que leurs textes de descriptions sont toujours exceptionnels puisque la structure est la même, quelle que soit leur représentation spécifique ; depuis que l’on a extrait la structure les contenus doivent être lus en transparence et non mot à mot (ce qui tombe sous le sens). De même on peut utiliser tous les systèmes afin que notre arc, chacun, de conscience soit amené à se préciser, se découper, se distinguer ; la certitude ne tient pas du tout au contenu mais au systématique de la structure qui lisant Descartes sait, voit, perçoit qu’elle se meut, glisse, se déclôt, qu’elle opère le re-tour, le tour en plus qui lui permet de passer de son fil au Bord, à l’augmentation du Bord du réel.

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