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instants philosophie

L’actualisation du libre dans l’histoire

3 Septembre 2016, 08:33am

Publié par pascal doyelle

Exemple d'irruption, événementielle dirait l'autre.

Si la structure de conscience avait été suffisamment assurée d’elle-même, la conversion des années soixante était envisageable ; pour cela, d’une structure certaine et convaincue, on pouvait attendre une réactivité qui mette en place tous les ressorts afférant à un renouvellement ; conversion des comportements, politiques, industries, représentations, etc. soit un changement, un basculement qui orienterait l’ensemble des activités vers une précaution d’une part mais surtout d’un devenir intentionnel ne cherchant plus la satisfaction immédiate et la facilité intentionnelle, mais un resserrement et une exposition de son propre possible ; au lieu que le corps donné-là fournisse la base et le résultat, enfermant la finalité de l’intentionnalité (réduite à une fonction), il demeure hors champ de lui substituer l’arc de conscience, l’intentionnalisation, la possibilité hors du moi devenant la finalité et la curiosité suréminente, l’engouement réel qu’il y a d’exister. C'est qui était visé en ces années ; une précision de conscience nouvelle, élargie, ouverte.

Autrement dit ; comme on a accroché notre « être » à ce donné-là qu’est la « nature humaine », et cela nous a cloué sur place ; on fait du sur-place ; gelés ; comme si cette nature humaine était effectivement la réalité et spontanément notre réalité (alors que la nature humaine est bien effectivement une réalité et elle devait être tenue comme essentielle (nous avons un corps, des besoins, des désirs, etc) mais elle est aussi une construction, une invention, offrant de multiples pistes, et qui se découpent petit à petit, ou s’invente au fur et à mesure (droit des ouvriers, droit des femmes, acculturation pour tous, mass médiatisation démocratisée et donc personnalisation augmentée, etc, c’est tout un monde qui s’est créé).Remplacer de but en blanc la nature humaine libérale par la nature humaine maoiste était tout aussi absurde ; une réailté humaine oui, et depuis deux siècles elle est explorée, mais tenue par le libre de chaque arc de conscience et non par une universalité sans Adresse, sans individué. Parce que c'est dans l'indvidué que cela s'invente, le reste est abstraction et vue de l'esprit.

On a voulu par exemple à partir des années soixante qu’il y eut une accélération totale (et en ce cas assez utopique), et sur quelques points (en vérité un grand nombre de perspectives) ; la sexualité, la famille, les relations personnelles des nouveaux mois, la liberté de représentation, etc ; et on a vu effectivement que cette accélération s’est propagée et à grande vitesse ; cela veut dire que l’on a saisi qu’il était possible de modifier notre réalité, à condition de se tenir suffisamment abstraitement et autre (de là qu’en même temps ce fût en partie illusoire) ; mais cette accélération est possible ; il est possible de modifier la représentation, les organisations humaines, les relations, les définitions de soi des mois, et ce en passant au-delà de telle ou telle « nature humaine » supposée jusqu’alors éternelle ou en soi, et par-dessus, en un raccourci, un court circuit de l’historicité ; c’est précisément ces courts-circuits qui créèrent qu’il y ait une « historicité » ; que l’on puisse actualiser radicalement hors de n’importe quel « ce que l’on est » admis jusqu’alors comme immuable ou évident, hors du champ de telle ou telle identité, et ayant donc à imposer le caractère formel, jugé de tout temps illusoire qui est pourtant celui qui embraye ; l’idéel de l’éclaircie structurelle ramène à une intuition, une intuition non du monde qui n’est pas là, ou du moi que l’on n’est pas, ou des êtres humains idéaux angéliques, mais intuition du structurel même ; celui qui demeure parfaitement un, parfaitement égal, parfaitement réel. Ce dont on est l’intuition, est ce dont seul on puisse obtenir la vision ; celle de la structure qui, apparemment, et bien que l’on ignore encore comment, de la structure concentratrice de la Possibilité. De l’indéterminé qui recèle en lui qu’il ne se laissera pas faire (du réel qui demeure suréminent par rapport à toute réalité).

C’est ainsi l’accélération qui est en question d’abord et ensuite l’adaptation à la réalité, ou formellement, au réel. L’accélération et l’adaptation équivalent respectivement à l’invention de la réalité (et du réel formel afférant) et à la lucidité ; l’invention c’est par exemple non seulement le statut des femmes, mais leurs inventons d’elles-mêmes, ce qui eut lieu, ce qu’elles en réalisèrent ; la lucidité est quelque peu spécifique …

La lucidité ne consiste pas seulement à saisir ce qui a lieu dans la réalité, les enjeux réels, mais consiste dans la distance que l’on obtient vis-à-vis de ses propres fixations, essentialismes ; et la question n’est pas d’abandonner son identité, de groupe ou de moi, mais de créer à partir de ces identités et de ces représentations ; de créer de telle sorte que la représentation ou évidemment les réalisations (les inventions, les créations, les relationnels, les sexuations, les technologies etc) puissent prendre place dans le système formel.

Pour donner une idée du processus, c’est ce que Kant nommerait le passage obligé ; ne sont recevable que les intentionnalités qui prennent la forme transcendantale, universelle ; et ce non parce qu’alors elles sont toutes semblables, une seule tête, mais parce que respectant la forme transcendantale alors une intentionnalité invente. Elle invente non plus une synthèse du donné (il y en eut des millions antérieurement, les mondes humains par ex), mais de ces déterminations qui ayant subi la forme universelle, acquièrent d’être réellement actives ; non pas actives seulement en tel ou tel monde, mais actives pour tous les mondes, non en vertu de son absolue vérité, mais en raison de la survenue d’une seule structure cause de toute humanisation et de toute personnalisation.

Illustrativement ; lorsque l’on ne crée plus pour un groupe en son monde selon son langage et sa parole, on crée pour la pensée, démultipliant les systèmes, le sujet, explosant les éthiques possibles, et pour l’altérité, ayant logique du plus grand nombre de distinctions possibles dans ce monde, ce réel. On remplace sans doute les mondes particuliers, mais par un monde universel et par des trajets individués ; soit donc la richesse pure et brute octroyée de l’arc le plus exponentiel du réel. Ceci est la raison d’exister de la métaphysique et de l’ontologique (du sujet ou de l’altérité), de l’éthique et de la morale, que Kant pressenté plus qu’universelle), de l’universel et de la mise en forme politique du réel.

Le système formel qui cause la pensée, le sujet, l’altérité, ferme la porte aux résolutions synthétiques, immédiates, collectives, holistes, etc ; mais ouvre la possibilité que de plus en plus d’individuelles consciences puissent créer des synthèses, des visions, des réalisations, qui, ayant subi le réel, seront non seulement de plus en plus précises et mobilisant la réalité (du corps, de l’humain, du langage, de la pensée, etc), mais qui étant installés sur le réel, promettent que cette voie se poursuivra. Elle ne tombera pas comme tel ou tel monde, lui-même disparaissant dans le donné ; elle pourra, arcboutée au réel, se reprendre par d’autres ayant affaire au même réel et au monde donné là.

Et cela vaut aussi pour le moi ; le moi doit s’astreindre à subir le joug, parce que par là il passera de son donné-là, de sa synthèse immédiate de soi, à son sujet ; ce qui veut dire à son existence ayant lieu de son vivant. L’accès sartrien voulait saisir jusqu’à quel degré une vie peut devenir un trajet, non ce que l’on a reçu ou ce qui s’est imposé, mais comment on a pu retourner le vécu, renouveler l’être par l’exister en vif.

Ou si l’on veut en autre illustration ; il y eut quantités d’esthétiques, dans chacun des mondes particuliers (les mayas, les bantous, les égyptiens, etc), et on continue de percevoir la beauté esthétique de tous ces mondes, parce que l’esthétique possède en elle-même la formulation universelle (dont soit dit en passant on peut difficilement définir la nature réelle, structurelle, qui réclamerait une bien étrange super-vision méta-structurelle pour être comprise, puisque l’on y ajoute la formulation individuelle et la formulation du réel).

Inventez autant de réalités, de représentations que vous voudrez ; on peut tirer du monde, du corps, mille apparences. Mais admettre l’universel, le réel et le sujet oblige à produire des représentations ou des réalités qui contiennent la forme du un, de la réalité et de l'individué.

En conséquence toute non implication de l’arc de conscience dans ces formes réelles-là, retourne en des synthèses immédiates, tout moi qui ne cible pas son sujet, redescend dans la dégradation.

On peut inventer selon des synthèses n’ayant pas traversé la formulation universelle, mais ce qui demeure ce sont les intentionnalisations qui ont intégré la forme de l’universel, mais aussi la forme de la structure de conscience, ou encore la forme du réel (la formulation dite jusqu’alors universelle ou comme forme de conscience, qui est plus récente, ou par ailleurs la formulation réelle, dite de l’altérité, soit donc la dimension en laquelle nous existons, un par un, n’est pas encore comprise en son décalage ; et elle n’est pas comprise en sa profondeur … parce que c’est cette profondeur qui se réalise au fur et à mesure et dont nous sommes en charge ; nous sommes en charge en ceci non qu’elle soit, cette formulation du réel, de la structure de conscience, et de l’universel, une extériorité qu'il faudrait supporter (au sens de pénibilité, de contrainte), mais au sens où (comme on le pressent en triplant l’universel de la formulation du réel et de la formulation de la structure de conscience), au sens où il en va de la structure, de l’articulation de conscience de chacun, de chaque un, dans le creuset du joug kantien par ex, et qui est aussi l’exigence sartrienne ou l’épreuve nietzschéenne ou l’éthique lacanienne, etc, dans l'articulaiton qu'est tout moi, toute personnalisaiton ; tout moi est quelques points par lesquels il a tenté de s'inventer ; une psychologie qui articule le corps, la réalité, le réel.

Cependant toute représentation est issue de la structure de conscience (c’est l’être structurel parfaitement égal en tout être dit humain) ; pourtant ce qui s’effectue pour une tribu ne fonctionne pas pour le statut individualisé ou pour la formulation universelle ; excepté en ceci qu’étant situé dans l’acquis universel ou individué on repère dans les représentations dite (à tort) immédiates, ce qui en quelque sorte prélude ou plus véritablement sort tout également de l’universel ou vers l’individué ou sur le réel. Remarquons qu’il est toujours possible de récupérer dans les formulations antérieures des possibilités que l’universel, le sujet ou l’individuel ont manquées ou évitent ; puisque c’est d’une seule structure dont il est question, qui ne passe pas dans le monde, qui a tenté mille mondes avant de se saisir de (soi) (comme structure, via la pensée, le sujet (et le monothéisme), l’altérité), et on a vu que la réflexivité (soit notre être lui-même qui en aucune humanisation ne laisse en paix la réalité, la nature, l’absolu, le corps, le relationnel, etc) consiste, étant purement formelle en « ce qui peut se re-prendre » (à partir du même arc et du même réel) ; le « ce qui est à nouveau constamment ouvert » sur le Un de sa structure (tout à fait vide, mais absolument et radicalement une) ; de même que l’occidentalisation ne rejette pas les autres pensées dans l’illusion (c’est la version durcie de la rationalité qui étant raison ne comprend plus la pensée), mais se définit de vouloir ici même l’absolu qui jusqu’alors était situé au-delà. Surprendre le décalage ontologique ici et maintenant et le rendre à chaque arc de conscience.

Si on s’étonne que l’exigence transcendantale (pour simplifier, ou si l’on veut ex-sistentielle) puisse se donner dix mille représentations différentes (depuis les grecs, ou le monothéisme, cela doit faire le compte) et que l’on puisse aligner à la fois Plotin et Nietzsche, Descartes et Lacan, c’est qu’il faut bien penser que ce qui s’articule de cette manière ce ne sont pas des idées (auquel cas effectivement le commun, l’idée majeure de toutes ces positions serait introuvable, il n’est aucune notion fondatrice qui se déroulerait jusqu’à chacune des positions susnommées), mais un être réel doué de sa structure propre (structure qui est vide mais formelle ; cad qu’elle consiste en un être spécifique, non déterminé, hors champ du monde, du donné, du corps, et qui est à lui-même son propre rapport) ; cet être doué de sa structure propre n’est pas lui-même une idée et donc passe de l’une à l’autre, d’une interprétation à l’autre, en tentant à chaque fois d’approcher de sa structure réelle (qui se délimite comme pensée, comme sujet, comme volonté ou comme être-le-là, ou comme articulation de conscience sartrienne ou a contrario lacanienne) ; méconnaitre que l’acte de conscience, l’arc soit un « être », bien spécifique et qui ne peut pas recevoir la qualification d’être (mais d’exister, ce que poursuivent non seulement Heidegger ou Sartre, mais aussi plus loin Lacan et auparavant Husserl, Hegel, Kant Descartes) c’est croire que « conscience » signifie « conscient » ou « identité » (le moi, le sujet comme substantiel, la chose pensante n’est pas tellement évidente chez Descartes, quoi qu’on en dise caricaturalement) ; si l’arc de conscience était relatif à son contenu, (Pierre, Ali ou jésus ou Gandhi) on ne voit pas ce que cela signifierait … Il faut qu’il y ait une forme valable parfaitement commune à tous, en chacun ; si cela existe en chacun pareillement, cela doit être descriptible en soi, et c’est effectivement ce que réalise non seulement la pensée depuis Husserl (par qui elle est dénommée comme « conscience ») mais depuis la pensée grecque, au moins. Le plan du réel est ainsi tout à fait formel ; chaque arc est posé "là" sur le donné.

La multiplicité des traitements de cet-être vient de ce que, puisque cet-être est originaire, à la racine, il reçoit d’extensives, d’intensives, de réflexives et de denses définitions (à partir de l’altérité, du corps, du moi, etc) de son être propre mais aussi de ces effets (étant une forme réelle et active, il est à même le monde, le donné, le corps ; ce par quoi il existe un inconscient, psychique, la psychanalyse montre que l’arc de conscience avance plus loin dans le réel que le conscient, le moi durci, l’énoncé, le manifesté conscient).

Somme toute il s’agit de sup-poser que « conscience » est non pas fonction d’un contenu (représentation du groupe, pensée, moi, qui manifesteraient le sens, la raison d’être) mais que tout cela est effets d’une structure qui seule existe ; il n’existe que l’arc de conscience ; et c’est sur cet-être que se produit l’universalité ou n’importe quelle représentation, langage, sens, moi, etc, et c’est ce que prend en charge le sujet et ce que perçoit la pensée de l’altérité, de la réalité comme Autre par le réel de son acte (soit le présent).

Notons bien pour les croyants (en quoi que ce soit) ; on ne connait pas la finalité, le but de l’arc du réel (conscience-présent, rappelons que le présent n’est pas le moment « là », aboutissant, effet, mais que dans le présent il faut tout retrouver, en une fois ; le présent est la cause radicale) ; l’occidentalisation se démène pour découvrir, et littéralement dé-couvrir, l’articulation antérieure qui n’appartient pas au monde ; à quoi appartient-elle ? Quelle en est la dimension ? Et ce d’autant plus qu’elle est articulée au réel, cad à ce qui est au plus proche ; le présent ; il n’est rien de plus proche que le présent, l’ouvert, l’arc qu’est le réel. Autrement les accès mystiques, (alors qu’auparavant une religion organisait intégralement quantité d’humanisations ou permettait celles-ci) se remarquent par une rigoureuse précision, Eckhart ou Sankara ou Sohrawardi (liste non close, ce qui se perçoit ne se perçoit jamais au hasard ; tout est pris dans l’arc réel et son représentant, l’arc individué). L’abord théologique, on y reviendra.

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