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instants philosophie

L’étirement de la réalité - 1

7 Septembre 2016, 08:40am

Publié par pascal doyelle

La philosophie a exporté l’articulation, interne à notre être ; exportée là au-devant, dans le monde, dans des descriptions ; transformant celui-ci en cet-être là, sur le réel ; puis ensuite le réel prît l’évidence du présent brut.

Il est clair qu’il n’est pas aisé de se tenir soi-même là au-devant au bout d’une pique. Il paraissait impossible d’objectiver la structure qui objective ; dixit Kant, de là qu’il renvoie à l’en soi. Or pourtant c’est bel et bien ce qui fut peu à peu approché ; depuis Descartes on ne chercha pas seulement un discours vrai, mais on décrit un être donné « là » ; de Descartes à Lacan c’est ce programme, si l’on peut dire, qui est lancé ; il n’est pas lancé comme tel. Et se contourne, si l’on veut, à partir d’un énoncé (lui-même réflexif, qui renvoie à son externe), puisqu’effectivement la structure qui objective ne passant pas dans le monde, use de signifiants ; dont elle est le signifié. Massif. Le signifié du bout du bout est massif ; le réel et la structure de l’arc, bouté sur le réel.

Parce que la philosophie est elle-même prise dans un acte en plus ; elle a cru que la réflexivité était son choix, son lot, sa structure propre (de là à imaginer que sa réflexivité était la réflexivité, la pensée du monde, ce qui est une vue de l’esprit, c’est le cas de le dire) ; en réalité la philosophie est une réflexion sur notre être qui, lui, est réflexivité. Le monumental est notre être ou plus exactement cet-être qui nous cause, cet-être est arc de conscience vers le réel donné « là » ; cette « conscience » n’est pas « notre » conscience » ; et sans doute nous sommes par ex ce moi, cette identité et il faut se vouloir comme étant un moi, une personnalisation, mais ce moi est effet d’un arc ; il se produit au sein de l’arc ; l’inconscient est un pli et le conscient comme un re-pli dans ce pli et le moi peut-être un pli à nouveau dans ce second pli du conscient ; et le repli, le conscient, et le pli, l’inconscient, sont amenés, engagés, produits par re-tour de l’arc qui se tend vers le réel donné là, vers l’ horizon et re-vient vers (vers sa propre origine) ; antérieure à moi, elle va tracer sur le réel, à travers les vécus, les choix, mais surtout les inventions, voire les créations, les décisions, les projets, etc, elle va tracer un diagramme en plus ; en plus de votre vécu, de votre passé, de votre relationnel ; la nature de ce re-tour est très étrange. Départ d’abord, re-tour qui suit, pli qui se forme, re-pli dans ce pli, conscient et puis moi. Une conscience ne retient qu’en retour, revenant du donné, du corps, mais alors elle est déjà lancée ; son lancement dans le réel est autre que ses retours. Et lorsque Descartes invente, c’est le re-tour ; le tour en plus.

Parce qu’évidemment l’arc de conscience est parfaitement identique pour chacun ; et le moi parait être pourtant, a contrario, une vraie justification de notre réalité, (on l’imagine comme une substance, voire une éternité, alors qu’il est difficilement définissable, il ne forme pas un tout-dans-une-unité) mais non pas cet arc abstrait, vide, formel ; mais en fait l’arc est ce qui tient qu’il y ait dynamique et que dans la dynamique des plis et replis, tels le conscient, le moi, le langage, etc. que par conséquent la seule constante est cet arc lui-même engendrant dans son sillage des plis plus ou moins stables (et dont la supposée stabilité relève de l’imaginaire, on s’imagine « un » comme d’une totalité, alors que l’on est Un mais formel, sans contenu sinon ceux qui forment la base donné là ; corps, cervelle, langage, communauté, groupe, vécu, pensée, etc, et tout au bout l’arc de conscience qui butant sur le réel fait-retour).

Du point de vue du présent (de cela seul qui existe), il faut cibler le seul réel, sans jamais sortir de la constatation, susceptible d’être reprise par d’autres arcs de conscience, qui mèneront leurs propres trajets, sur le même réel et à partir du même arc, quel que soit leur nom, ou leur époque) ; et dont l’architecture s’élaborera d’une part sur la réalité, la détermination, l’objectivité (l’attachement à « qu’il y ait un réel » reconduit toujours au donné là) et d’autre sur le réel, et sur un sujet, sujet impossible (qui ne passe pas dans le discours parce qu’il ne passe dans la réalité) et de la position de ce sujet sur le réel (puisqu’ils existent distinctement, nous sommes autres que le réel, autres que l’altérité, l’arc de conscience n’a rapport avec rien, puisqu’il est le rapport à (soi), comme rapport, comme structure du rapport au rapport). Dans les deux cas il est une réalité et un réel qui résistent ; une masse de déterminations et une structure « en dur », commune à tout arc de conscience dans le même réel.

En ce sens ce qui est dit universel n’est plus alors seulement le discours universel ; le discours universel nait dans sa possibilité même qu’il y ait un être qui tienne comme rapport ; l’arc de conscience est ce rapport (il relie en l’occurrence les choses aux signes et les signes aux signes etc) ; mais le sujet lui-même est « universel » non en ceci que l’universel se partagerait en tous, voire s’imposerait à tous (comme le croient ceux qu’il ne s’agit que d’une « vérité » à trouver), mais en cela qu’il n’existe des arcs de conscience un par un, ce qui loin d’aboutir à un relativisme, crée justement le même plan unilatéral qui avance en un seul sens (il n’est qu’un seul sens ; le présent) ; et pareillement est dit universel également qu’il y ait un réel sur lequel tous les arcs se positionnent, se plient et qu’ils ne peuvent pas manquer (le moi est un pli, l’inconscient un repli, le conscient est un retour qui s’autonomise en se référant à lui-même, souvent comme entendu dans l’oreille de l’autre, pour l’efficace de la communication, etc, et on voit que le cosncient est dépendant, tandis que l'arc de cosncience est un plongeon vers qui ne sait pas où il va, mais re-vient vers le Bord, libre).

Il est ainsi l’universel de la pensée (la variation universelle des intentionnalisations comme machineries intentionnalisatrices qui augmentent la portée de la conscience et crée quantité de distinctions, de différences), l’universel du sujet (impossible par structure, et qui existe radicalement en et par chaque arc et nécessite une description en propre), et l’universel du réel (donné ici comme présent, seule constante qui crée le sens, unique, de tout ce qui est, sens très réel puisque c’est l’exister, non comme « temps » mais comme présent).

Tout a consisté à rendre dans le monde ce qui ne peut pas y apparaitre, ce qui ne peut pas se représenter ni être perçu ; soit non pas l’absolu au-delà (qui se figurait par une représentation mondaine hypostasiée), mais l’articulation antérieure (à toute représentation, détermination, réalité), la rupture antérieure constitutive de la réalité ; au travers des trois dimensions susdites l’occidentalisation décrit l’interstice, l’écart ontologique, la distance interne au réel externe (ce qui veut dire que toute la réalité est là-devant cet interstice, unilatéralement, et en un seul sens, le présent, et que l’interne est non un retrait abstrait ou idéel ou au-delà, mais est le Bord de tout cet externe).

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