Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

La philosophie, centre du monde

24 Septembre 2016, 09:27am

Publié par pascal doyelle

Résumé et prolégomènes

Suite aux mondes particuliers qui tentaient de synthétiser en une fois leur expérience de la réalité (conformant un monde maya, un monde égyptien, telle ou telle tribu, et bien qu’au sommet de chacun de ces mondes il y eut une pensée métaphysique, on songe à l’hindouisme, mais seul l'occidentalisation situe l'absolu réel ici et maintenant, ici même),

Il y eut la cessation de cette formulation, et de non plus fonctionner selon une synthèse (qui était en elle-même tout à fait logique ; il n’y avait pas de raison a priori de douter de l’accès au monde donné apparaissant et recueilli par et dans un langage au sein d’un groupe qui élaborait naturellement sa mytho-logique),

Et la nouvelle inscription qui a pu créer une nouvelle anthropologisation, en cessant de se confier à une synthèse, en un contenu de conscience a commencé de remonter le long de la structure qui fait-être, fait-exister tous les contenus ; la pensée, ou dieu ou le christique ou le sujet (de Descartes à Husserl) ou l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Freud, Marx, etc) ou l’avancée structurelle (Sartre, Lacan).

Croire donc encore que l’on aboutit à un discours étal, là-au-devant, objectif, c’est en pas voir que la pensée, la réflexivité a au contraire élaboré un méta discours qui n’établit pas une Vérité, mais qui architecture une description de la verticalité du réel ; du réel, antérieur aux réalités, et de la structure, antérieure aux pensées ; on nomme à vrai dire « la pensée », depuis les grecs, ce qui ne produit un discours tout fait, mais ce qui oblige à se retourner sur son être, à renouveler cet être de son vivant, à réinscrire cet-être sur le donné là, le réel, à s’introduire dans l’intentionnalisation et enfin à pénétrer au-dedans de la structure soit externe (Sartre) soit interne (Lacan).

C’est donc non une sorte de vérité monolithique qui fut instaurée mais une fine structure verticale exigeant de se prendre soi comme autre et le monde comme altérité ; afin de splitter la réalité et laisser apparaitre la dimension. Ce que l’on résume au final par ; l’être est le donné là, les réalités, les vérités, mais l’exister est le « là » de tout donné, le réel, le sujet, et radicalement le présent pur et brut ; cela veut dire que le présent, le même, le même exact et parfaitement formel présent, est « cela qui crée » la réalité, laquelle est constituée de mémorisations, constituée des acquis de ce présent unique (depuis le début il n’existe qu’un seul et même présent qui non pas déroule la réalité mais engendre dans son dedans les réalités, de là sa brutalité, son a-humanité, son altérité terrifiante, et son indifférence fondamentale ; il lance des consciences-structurelles ; à elles de savoir prendre l’orientation réelle du donné, et non pas sombrer à désirer ou croire en l’intentionnalisation particulière de tel ou tel donné, telle ou telle partie du donné).

Croire par ex que Kant annule la possibilité métaphysique, c’est ne pas voir qu’il élabore bien plutôt par le devers la structure réelle active (qui produit ici et là éventuellement des métaphysiques), et par là Kant entend échapper à la pensée comme contenu ; mais si l’on y songe le Bien de Platon, le Un de Plotin, le dieu hyperbolique et le christ-en-un-corps sont eux-mêmes des manifestations de la structure pure et brute ; de même il fallut créer toute la technologie des sujets, pour que dans le monde chaque corps devienne la conscience formelle (de Descartes à Lacan, en passant par les créateurs, poètes, esthétiques à profusion ; le tout ayant pour finalité de superposer à notre corps un-autre-corps, une surface en plus, susceptible de recevoir la perception réorganisée selon la cohérence du présent réel ; capable de se-concevoir (soi) en ce présent ; ainsi il n’y eut pas la production subjective de sujets, mais la création objective des avancées du sujet dressant et organisant la structure effectivement réelle de cette structure de conscience, de sa précision, de son augmentation (par la pensée, le sujet, l’altérité et l’instruction interne-externe, Sartre Lacan).

Ça n’est pas une science, c’est une hyper science, cad un savoir ; non pas une connaissance seulement (bien qu’entrainant la naissance des connaissances, de telle sorte que bien souvent la philosophie a lancé quantité de sciences et de théories du donné, des réalités) mais le savoir que la structure qui s’est découverte, dé-couverte autour de la méditerranée, le savoir que cette structure obtient d’elle-même ; là où existe la structure et ce dont elle témoigne (et qu’elle décrit, et qu’elle théorise et qu’elle pense et qu’elle élabore dans le même temps, qu’elle crée littéralement puisqu’elle ne peut pas enquêter sur sa forme sans modifier cette forme et profondément, cad radicalement), là om elle existe, il n’est aucun mot, signe, détermination du monde ; elle instruit donc sa propre expérimentation de structure et dotée de son propre vocabulaire. En somme la « philosophie » est la discipline, qui prît ce nom, et qui signifie ; « ce qui se charge de la structure radicale » antérieure à tout contenu.

Autrement dit l’arc de conscience n’est pas seulement autre que le monde (de sorte qu’il peut le penser, métaphysiquement, rationnellement et selon les sciences) ; si il est autre, c’est en tous les sens ; il est également autre que lui-même (le nier n’aurait pas de sens) ; où l’on voit bien que ce qu’il découvre de son être n’est tel ou tel contenu, fut-il une intériorité subjective, ou une objectivité suspendue abstraitement on ne sait où ; ce qu’il objecte là-devant c’est son être comme structure. La structure qui se définit comme « le rapport à (soi), en lequel le « soi » est le rapport lui-même » ; la distance de la distance.

Elle ne peut pas ne pas créer ce dont elle est la description, de sorte qu’en plus elle en est l’accélération ; les grecs, le christique, Descartes, Nietzsche ou Lacan accélèrent absolument la structure ; c’est en cela que ces déplacements structurels nous touchent, nous touchent au cœur-antérieur.

Si l’objectivité est telle (cad l’hyper objectivité de la description philosophique obtenue de la structure et ce par elle-même, qui se rend telle quelle là-au-devant et se retourne selon les grecs, se renouvelle selon le christique, l’inscription selon Descartes, s’expose selon l’altérité de la volonté et de l’être-le-là ensuite, se démonte selon Sartre et Lacan), alors cette objectivité est « subjective » mais on voit que cela serait incohérent, il faut donc admettre que la philosophie, le savoir, la pensée exposent, montrent, parfois démontrent et toujours démontent le ni objectif, ni subjectif, mais la forme structurelle même ; soit donc la toute logique de l’altérité (dieu, la pensée, le sujet, l’altérité et la structure) telle qu’elle vient découper l’humain, le monde, le corps ; l’humain et le moi sont les effets, dans le monde, de la structure antérieure au monde, de même que le monde naturel, la détermination sont les effets de la structure du présent, tout agissant.

La philosophie n’est évidemment pas le centre du monde, mais sa discipline montre le centre et c’est l’arc de conscience articulé au réel, ce qui veut dire au présent brut. L’arc de conscience est chaque arc de conscience, un par un. en tant que le levier de désarticulation permet à chacun d’exposer au devant la totalité, l’ensemble de ses déterminations et de ses possibilités, déterminations du monde et possibilités structurelles ; ce à quoi s’utilisent et Sartre et Lacan de manière expressément relative au moi de chacun, mais ce qui se rend possible selon Sartre et Lacan est également exposé, explosé par toutes les diffractions ouvertes à partir de la dimension depuis les grecs ; y compris l’accès christique, l’advenue cartésienne du sujet continué par Kant, Hegel, la révolution, la personnalisation au sein de l’humanisation, etc.

Que l’on soit coincé dans le statut tout à fait bâtard du moi, que l’on ne s’estime selon aucun autre trajet que celui à ras de terre d’un corps-langage, d’un vécu psychologique, d’une cervelle cognitiviste, d’un désir-objet, d’une dépendance continuelle à l’objectivité limitée d’une vie, d’une dépendance aux autres, est bien sur une calamité.

Le centre montré du doigt, à le toucher, du monde est l’articulation à laquelle la philosophie ne se substitue pas ; elle conforme votre conscience afin que la dimension s’ouvre en chacune, et cartographie les contours d’une telle dimension, en suivant ligne à ligne les actes de présent, et chaque arc dessine une telle ligne (dont il est bien clair que quelques uns poussent plus loin la précision ou le tracé, jusqu’à se retrouver comme trajet sur le réel ; Plotin, Descartes, Nietzsche délimitent la carte du réel, de la ligne du réel, du Bord du monde. La question qui est posée c’est de se demander pourquoi une réalité, un univers, crée un être spécifique ouvert, a contrario des choses, mais elles sont ouvertes par le dehors, le grand dehors, un être spécifique ouvert par le dedans, dedans sans dedans ; mais ce serait ne pas remarquer que le réel est lui-même disruptif ; le réel n’existe que comme présent. Que s’y ouvre en son dedans un tel être c’est, pour le présent, s’y continuer ; la disruption du présent continue par la disruption de l’arc. Ce qui veut dire que la logique du réel est d’altérité mais tout entière d’altérité ; et non pas d’altérité afin de se réconcilier, on ne sait comment, mais de ré insister en et par plus encore d’altérité. Le redoublement de l’altérité, de la différenciation, de la distinctivité. C’est uniquement, exclusivement de l’altérité que nait l’altérité, c’est elle qui s’étage au fur et à mesure, et elle ne sait pas où elle avance ; la forme se structure, l’arc de conscience prend la forme de son alter ego, le présent instantané, puisque c’est la même structure brute. Son programme n’est pas une raison éternelle (qu’elle soit lois ou mathématiques) ou une pensée ou un quelconque contenu, son programme est la structure elle-même ; ce qui se nomme raison, pensée ou contenu sont les moyens de la forme. De même que le programme du réel est inscrit comme structure du présent.

Commenter cet article