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instants philosophie

Vision de l’histoire de la pensée – 2

27 Septembre 2016, 12:55pm

Publié par pascal doyelle

Jusqu’où déciderons-nous d’exister ? Jusqu’à quelle limite ? Quelle forme de conscience créerons-nous qui se tienne de la dimension du réel ? Ceci repose sur nos épaules, de A à Z ; c’est ce que cherche Sartre à délimiter chez ses créateurs (qui laissent des traces, des milliers de traces de leurs inventions de leur exister, et c’est ce que Lacan veut laisser remonter de la décision de soi et ce de tout un chacun, dont la personnalisation est l’ensemble des traces, dispersées, égarées, repliées, mais comme l’arc de conscience de chacun est à même le réel, c’est via son corps, sa surface-autre).

Rappelons que l’on ne conçoit pas du tout que la structure puisse être hors du monde ; chaque conscience est au Bord de son donné déterminé ; à la surface de son corps ; l’arc est tendu vers le présent (de ce corps-çi) et entraine le monde et les gestes.

Il est clair que les pensées et puis les sujets (de Descartes à Husserl) et les grands sujets ;

poètes et créateurs et philosophes de l’altérité, libérés par la positon tenue cartésienne (et puisque la structure, non pas Descartes mais la structure dont Descartes décrit l’universalité, le « bon sens » réparti, qui devient aussitôt un autre-sens ou un non-sens, le bon sens est la claire voyance, le voyant)

explorent intensément non plus seulement (si l’on peut dire) le monde et le vécu selon l’universel (la forme entière de l’humaine condition), et de l’universel comme horizon, qui sera installé par la révolution, mais explorent dans la ligne exigeante du sujet énormisé par sa décision intense de passer outre (Descartes et suivants) puis dans la ligne de l‘altérité brute (de Nietzsche à Lacan, via Heidegger et Sartre, Rimbaud ou Céline, on se choisira ses héros ; le sujet se démultiplie, la liberté se propage comme la vérité se partage).

Rappelons que l’instance ontologique se déroule de la pensée et de l’être, selon l’universel (cad la conscience augmentée de toutes ses intentionnalisations, systématiques, sinon elles ne se tiennent pas),

puis de la réflexivité du sujet constituant notre-être comme cet-être, sur l’étendue du monde, en retour sur son être mais comme structure puisque se situant antérieurement à la pensée, et élaborant la description de cet-être comme structurel (de Descartes à Husserl), opérant un re-tour, un nouveau tour,

et enfin à partir de cet-être, ce sujet (impossible sinon il ne serait pas sujet) l’ontologie se déroule comme altérité ; altérité du monde, via les objectivités ou selon Freud ou Marx, mais aussi altérité pleinement investie d’ontologie brutale de Nietzsche à Lacan ; altérité telle qu'aperçue de ce Point de vue, cartésien (absneté par la science, ignoré par le moi, et annulé par les théories de révolte, pusiqu'il doit entrer en sa contradiction pour apercevoir par dessus lui-même) et dont Descartes signe la première évidence ; l'étendue.

Mention spéciale à Sartre et Lacan en doublet ; l’un exposant l’externe altérité d’une structure de conscience (le monde, la choses, les autres, l’historicité, l’exigence d’éthique otologique pure) et l’autre dépliant en interne l’extraordinaire complexité des tours et détours de l’arc en un corps, et individuel et individué.

Et plus généralement et pour en finir avec la « modernité », il faut comprendre que l’immense altérité n’est pas exclusivement le fait du dernier siècle, mais que la pensée, dieu, le christique, le sujet exposent impitoyablement notre réalité à l’altérité, au structurel.

Il serait étrange de penser qu’il suffisait de ce dernier siècle pour la lumière vint à la pensée ; ce serait ne pas saisir que la structure est active depuis le début ; soit en inventant des mondes de synthèse (un par un, et dits ici particuliers, mais c’est uniquement par opposition), soit (et c’est l’opposition) en débarquant sur le sol même ; l’occidentalisation (la méditerranée, grecque, mono et christique) ; sur le sol réel, ce qui ne signifie pas qu’il faille tout retirer des mondes particuliers, mais que l‘occidentalisation recherche l’articulation au plus prés, cad ici même pour les grecs et ici et maintenant pour le christique.

Lorsque que se décide la réflexivité sur notre être, elle découvre que cet être est réflexivité ; formé en retour-vers ; l’arc dresse un horizon et lorsqu’il prend conscience de soi comme activisme (les grecs qui multiplient les systèmes d’intentionnalisations, le christique qui se pré-voit de la naissance à la mort d’un point hors champ) il pénètre à l’intérieur de cet être, de la réflexivité, dans le dedans sans dedans, il commence d’avancer par la dimension, sur sa ligne ; lorsque les grecs découvrent que la pensée engendre le monde, c’est à la fois faux, mais surtout vrai ; par la pensée on augmente considérablement les intentionnalisations possibles et la pensée apparait de toute évidence comme la vie même des choses et des êtres ; et que par la pensée, déployée, on puisse s’ouvrir à quantité de différenciations, situées dans la réalité même, et ce par la distinctivité de toute l’intentionnalisation ; c’est un acquis absolu ; une réflexivité qui sera reprise par toutes les réflexivités qui suivront (Nietzsche crée un système, comme tout philosophe, parce que le système est la distinctivité de l’intense intentionnalisation extensive du donné là, du donné et du « là »).

Réflexivité sur la réflexivité qu’est notre être, parce que l’on n’y atteint pas sans s’y exister ; notre être étant rapport, dynamique, mouvement, retour et re-tour, on ne peut pas l’observer extérieurement ; et si il peut de cela lui-même se décrire tout en demeurant interne, c’est que la réflexivité est elle-même altérité pure et dure ; elle peut être autre qu'elle-même ; l’arc structurel peut se décrire à partir de rien et les formules (être, dieu, christique, sujet, altérité) sont dites abstraites en ceci qu’elles reviennent sur l’intentionnalisation et autorisent de distinguer, ce sont des opérateurs ; l’arc de conscience est un rien formel qui ne contient aucun des contenus et qui par un effort interne révèle que cet interne n’est pas l’intériorité ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl (et tous les autres) découvrent l’interne comme structure et ce sur la visée, vision de l’externe (comme monde étendue, comme monde kantien pris dans le transcendantal, comme historicité toute étalée des plis et replis de conscience, comme effective structure phénoménologique husserlienne) ; et ce sur l’horizon externe ; lequel est vraiment externe, relevant par ex d’une altérité nietzschéenne et heideggérienne ; réellement a-humaine ; mais la structure interne, dite arc de conscience, est tout aussi Autre ;

la difficulté n’est pas que ce qui témoigne de soi est déjà soi et que donc il n’en peut rien conclure de véridique, mais que l’arc de conscience part du vide, du zéro, du rien, et qu’alors même que ce formel existe réellement comme tel, elle ne dit rien ; aucun contenu ne lui convient ; de ceci que pour opérer le tour, il faut user de parties de monde, de vécu, de langage, et les détourner ; aussi le langage ontologique sera-t-il de nourrir, d’emplir de nouveaux mots ou d’anciens mais renouvelés, par une expérience interne et externe propre (lorsque l’on se situe dans la structure l’interne est l’autre-et-la même face que l’externe, tout est au-devant pour l’arc de conscience, ou pour le présent) ; en ceci chaque trajet de conscience arc-ticulé réclame d’être intégré à votre propre conscience, que l’on doit rendre formelle, autre, autrefois universelle (ce qui est conservé, toute la réflexivité est intégrée à la réflexivité, puisque depuis le début il s’agit du même et unique être), et ensuite dite du sujet (impossible), et enfin explosée par l’altérité brute (Heidegger, Nietzsche) et enfin encore décortiquée par Sartre et Lacan ; la modification obtenue de la structure qui a remonté le devenir structurel transforme l’arc de conscience qui est le votre ; tout ceci montrant et démontrant l’hyper objectivité de cet-être qui se retourne vers lui-même en accomplissant un re-tour, un tour en plus à chaque fois ; un tour réel, effectif, ayant cause unique et formelle (et donc indéfinie en effets).

Recherchant l’articulation unique, l’occidentalisation a ainsi extrait ce mécanisme (ce qui est une image, on a bien compris, et en même temps un effectif mécanisme dont nous sommes les effets, un mécanisme ontologique, qui engage l’être même, identifié ici comme présent, cad comme Exister, soit comme arc de conscience, ce qui nous est accessible si l’on s’y tient, soit comme présent qui existe, dont on ne sait pas encore ce qu’il signifie). La déception généralisée qui atteint régulièrement la pensée, vient de l’inadéquation de l’attente et des résultats ; parce que des résultats il y en eut tant et tant qu’il faut se vouloir aveugle pour n’en pas profiter. C’est que l’attente se suppose comme soulagement, satisfaction, plénitude, voire zénitude ; le seul a célébré l’insatisfaction comme originelle et absolue, c’est Nietzsche ; il se plante au cœur du présent de réalisation et qu’il n’est de puissance que celle qui est tout entière tournée au-devant (Nietzsche appartient à la pensée de l’altérité et s’installe au cœur de celle-ci) ; la vague de puissance (cad de potentialité) est « ce qui réalise ». Évidemment il la tourne comme volonté « non consciente », or cependant cette puissance il en rend la conscience active ; c’est un jeu par lequel il montre bien ce qui est effectivement le cas ; l’arc de conscience n’est pas le conscient, l’arc de conscience est au-delà ou en-deçà de toute prescription ; il est l’agissement qui se re-tourne.

On a vu que la pensée, le sujet, et l’altérité fonctionnent sur la base nulle et formelle (l’abstraction que constituent dieu, le Un tout-autre, la pensée, le sujet, l’altérité même du dernier siècle (Nietzsche, Heidegger, Freud, Marx, les sciences, le structuralisme en son temps, la linguistique, etc) et les avancées dans la structure, (Sartre, Lacan) ; on ne peut pas exprimer la structure sans utiliser des mots, des signes ; mais ces signes deviennent alors très difficiles ; parce qu’ils renvoient à non pas des parties du monde, qui se tiendraient là devant face à tout moi regardant, mais envoient à l’expérience que peut obtenir cet arc de conscience (cloué par ailleurs dans un moi) et donc à condition qu’il cesse de se prendre pour son contenu ; pensée, sujet et altérité éduquent, conduisent, instruisent à passer outre. L’instruction qu’ils lancent dans la structure suractive celle-ci.

Les descriptions obtenues par la philosophie, (et toute hyperbole créatrice et poétique et esthétique et de ces étranges éthiques, de Sade à Artaud en passant par les créateurs eux-mêmes et jusques et compris les révolutionnaires qui surgirent aux 19-20éme et des années soixante, etc) doivent être tenues pour vraies et réelles ; chaque arc de conscience, chaque sujet en son moi doit absolument y souscrire et se produire sur la scène d’une véritable éthique ontologique fondamentale. A quoi doit-on faire attention ? Qu’est-ce qui oriente et désoriente l’attention que l’on a d’exister ? Que doit éclairer le faisceau de conscience ? Or il doit se cibler lui-même, se re-tourner ; laquelle structure n’est pas égocentrée, puisqu’elle est justement ce qui éclate instantanément tout contenu ; l’explosion interne/externe de la conscience est l’arc de conscience lui-même, qui cesse immédiatement de se figer comme conscient (de même que Sartre l’expose dans le monde et dans l’historicité ou Lacan dans les surfaces du corps et du vécu, et tout comme Descartes éclate toute pensée pour ajouter un étage à la fusée, qui consiste à mettre en forme la structure le singulier (qui n’est pas le particulier, qui est l’individué, en-deçà même de l’individualité) et de même que Platon ou Plotin conduisent l’excès d’intentionnalisation du monde.

Lorsque le faisceau d’attention se retourne, il se re / tourne ; il reprend à partir d’un zéro innommable ; non seulement selon le collectif humaniste mais selon la personnalisation elle-même ; le zéro est la structure nue, telle que Sartre et Lacan s’entreprennent ; et si l’on voit Sartre avancer bien en avant dans le monde donné là, et niant la psychanalyse, on s’aperçoit que Lacan dénude le vide interne, déplie les mécanismes, niant la philosophie, ou à tout le moins glissant le regard de biais qui dénude les fils ; c’est que le moi a structure non pas subjective mais ontologique. De même que l’investigation grecque de la réalité donnée « là », l’instruction sur la structure du moi dépouille complètement son revêtement d’articulations ; ça n’est pas seulement Sartre qui nous jette dans le monde, cad dans l’externe, Lacan tout autant explose, dynamite l’ensemble du mécanisme, empli lui-même de circonvolutions, puisque cet arc de conscience est quand même la structure ontologique la plus complexe (que l’on connaisse).

Elle est d’une complexité inouïe parce qu’insituable ; la difficulté lacanienne n’est pas un hasard (en ce sens la fixité que Sartre tend à postuler du point de conscience contraste avec l’hyper mobilité et l’incertitude lacanienne) ; c’est d’une forme dont il s’agit, et on ne sait pas « où » elle se place et déplace (une forme se déplace hyper activement, s’accélère instantanément) ; on ne sait pas de « où » elle perçoit, comme en un rêve qui absente la position du moi, bien qu’il soit à la fois nulle part et partout ; c’est la forme de structure qui rend impossible de savoir qui perçoit et comment ; le désir est-il son objet ou inversement ? C’est un milieu en construction, en création, en possibilités, et capable de stocker ses positions, ses possibilités, pluriellement ; un seul signe attache ou délibère l’arc ; le signe est la trace de l’arc, lequel est non pas à distance et ayant perdu le réel et la surface du corps, mais parce que distance ayant acquis une telle surface-autre ; on perçoit le signe, certes et non pas l’arc, mais l’arc est ployé vers le réel ; il ramène le réel au corps, tel signe utilisé afin de renvoi d’une part et d’autre part afin de mémorisation de la position ; et comme il s’agit d’un milieu formel, tout signe influe sur la totalité parce que tout signe passe via l’arc ; le milieu intérieur, soit le conscient, le moi dénommé, est une part limitée de l’ensemble du mouvement de l’arc horizontalisé en retour constant sur, vers et par la surface. L’arc de conscience c’est parce qu’il est minimal, strict, formel et simple mécanisme qu’il produit ; il est la manivelle des mémorisations et signes et systèmes.

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