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instants philosophie

Le gouffre avalant de l’historicité

6 Octobre 2016, 15:07pm

Publié par pascal doyelle

De la pop-rock dans l’historicité.

L’éthique ontologique est ce qui se cherche depuis le début ; elle consiste non pas à quémander la sagesse ou s’instruire de l’art et la manière de se bine conduire, mais à commander au faisceau de conscience selon sa direction, sa direction au sens propre.

Vers quoi et comment doit se tourner le faisceau de conscience ? à quoi faut-il porter attention ? Quelle information doit-on installer dans le mécanisme de conscience de telle sorte qu’il puisse tirer de lui-même le maximum de retours de conscience, ou ses plus pertinentes possibilités?

On s’aperçoit qu’il ne s’agit pas seulement de sélectionner tel ou tel contenu ; ça n’est pas de se tourner vers le bien, le beau ou le vrai. Mais de se tourner vers lui-même en tant que processus ; le vrai, le beau et le bien viennent en plus, en sus, et ce ne sont nullement ces idéalités qui s’incrustent en premier lieu.

La vérité est que l’on a peut-être commencé par la fin. Les grecs ont commencé par la fin. Et tout dernièrement on est revenu à la base, au minimum, au plus léger, au plus subtil, au plus invisible.

Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan perçoivent, pour nous, pour nous tous, le plus invisible.

Parce qu’auparavant il fallait exposer, exhiber le plus manifeste. De sorte que cela frappe les yeux. Que l’on quelque chose à se mettre sous la dent, que ça croque un peu.

Mais lorsque l’on atteint NHSL (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan), oh c’est beaucoup plus duraille. On risque de se les casser, les dents. En un sens il nous est très facile devenu de comprendre Platon ou Aristote ; en apparence. Parce que ce qui au fond de Platon ou Aristote s’articule, se met en scène, c’est ce que découvriront NHSL ; par exemple il est beaucoup plus hard de penser Plotin, déjà ; on ne sait pas trop vraiment ce que le Un veut dire … Mais on voit bien que tout à coup Plotin pense de plus loin. Et que pense Saint-Thomas ? Qu’est-ce que c’est que sa distinction extrêmement étrange ; en quoi plonge ou prolonge l’existence ? ça nous est devenu obscur, si on désire la comprendre telle qu’elle fut une découverte en son temps, mais on sent bien que ça travaille quelque chose quelque part et que le plus obscur est ce qui nous anime.

Et de toute manière on ne saisit pas bien avec quoi tout cela a rapport. Là, ici et maintenant, au 21éme, en quoi cela nous concernerait-il ?

En réalité on cherche à penser ce à quoi qu’immédiatement on fait face. Ce qui revient à dire que logé dans son monde de moment historique, on tourne en rond, on recycle des acquis incertains, limités à la perception des yeux, des mots rangés dans les échanges, on ne voit plus le gouffre avalant. Aussi faut-il donc ouvrir grandes les esgourdes et remonter le temps. Parce que cette situation, ce situé nôtre, là, tel quel et qui se croit acquis si naturellement, est intégralement construit et percevoir de quel point, de quel Point, il se tient. Sinon on va décrocher. On va se moudre dans la détermination du moment, se rouler dans la fange, comme qui dirait, se coudre dans le monde donné bêtement immédiat.

Ça parait un peu schématique ; comme de dire que Led Zeppelin ou les Stones expriment, libèrent le souffle même de la Zic (ce dieu absolu). Ce serait en apparence aussi stupide. Quoi que. Quoi que je ne me vois pas mouvoir le corps du dedans aussi tellurique et zigzaguant que suivant la rock-pop. On se limitera aux années 60 et 70, parce qu’ensuite ça recycle beaucoup. Les années 60 et 70, c’est simple, ça fait l’effet de création du monde, on est transporté aux aurores de toutes choses, une ingénierie de surgissements ; c’est ce qu’ils furent. Ou la fin de toutes les réalités dans la forge du démiurge, comme dirait l’autre. Il faut tenir, autrement dit, pour vrai ce qui est acquis (tenir le pas gagné) ; ça n’est pas pour rien que la rock-pop est devenue l’ensemble de du rythme du monde. Croit-on vraiment sérieusement que ce fut pour rien et sans raison ? Qu’est-ce qui est passé, au travers et de biais ?

Bref.

Si au terme de toute l’occidentalisation, de l’occidentalisation de la pensée (qui au lieu de situer au-delà l’absolu, nous le montre ou tout au moins nous expose l’articulation ici même, dont on ne sait pas, occidentalement, si cette articulation en sa technologie propre correspond ou non à un absolu au-delà, ça on n’en sait rien et on n’en peut pas rien, occidentalement décider, mais occidentalisation qui consiste à montrer, démontrer parfois et démonter toujours la dite articulation et comment un être non naturel existe au monde), si au terme on parvient seulement enfin à exposer au plus près, au millimètre ce qui se passe et comment « ça » arrive, c’est par NHSL.

(On se restreint à NHSL, pour simplifier, mais ça se passe partout ; la rock-pop le signale bien. On remarquera les éléments disjoints, la démantibulation picturale des éléments, des lignes et des couleurs originelles peut-être, des formes antérieures aux formes ; autrement dit les pas gagnés ont force de révélation, rien n’eut lieu sans ses transcendantes raisons, ses raisons par-dessus le monde, les choses, la vie, les corps. Que dire de la restructuration de tout récit par la bande dessinée, ou des avenirs effacés par la SF ou de l’horreur caché dans l’origine antérieure à tout récit ; on atteint des sommets, cad des gouffres ; l’inversion de tout regard, on regarde au-dedans du réel, dans l’épaisseur des sons, des couleurs rendus aux éléments inapparents, qui ne s’exhibèrent jamais à ce point, nulle part et dont notre art fut de l’incruster dans nos yeux, et de recréer la structure de cette conscience, modifiée ou accélérée ou infiniment ralenti, à l’approche du gouffre ; non pas de meubler notre arc de conscience mais de regraver les circuits de conscience)

Le « ça » qui arrive dans le monde et qui recèle la puissance, l’arc antérieur à tout monde, qu’il soit naturel ou humain, est donc ce qui est pris en pinces par NHSL ; parce qu’au terme de l’historicité, et s’étant lui-même produit comme contenus hyper dimensionnés (les universalités, le vrai, bien, beau, les universalisations, le droit, les sciences, les acculturations titanesques, grecque, christiques, renaissance, révolution, démocratisation, mondialisation), il tombe nez à nez avec sa structure ; avec la structure, antérieure, qui a pu se produire par en-deçà de tout ; et donc s’étant distingué (de tout contenu), cette structure a pu s’accélérer (par les grecs s’augmenter, par le christique se renouveler, par la réflexivité, cartésienne, se déployer, et se déployer comme structurer réflexive, par NHSL remonter antérieurement au corps, non que ces pensées aient créé forcément ces mouvements, mais à tout le moins les manifestent à nos yeux, et donc par contrecoup ici et là, et parfois profondément et engendrant quantité d’effets historiques, ont amplifié, de leur énonciation même, la dite accélération),

S’étant produit donc comme contenus hyper dimensionnés, la structure s’est repérée elle-même au fur et à mesure et il fallut se rendre à l’évidence : les contenus sont des effets d’une structure vide mais formelle, hyperactive, activiste, qui engendre les mondes, les moments historiques, et qui finalement s’atteint elle-même, telle quelle, nue, sans rien, brute.

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