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instants philosophie

Le point Autre, hors du corps

22 Octobre 2016, 09:38am

Publié par pascal doyelle

 

On obtient donc une logique étrange ; à savoir que ce qui n’est pas commandite ce qui est. Il n’y aura donc jamais en aucune manière un Un « substantiel », un Un qui serait quelque chose, qui ne sera pas même la « pensée », il n’est que ce qui existe et ce qui existe est ici et maintenant, le pur et brut, voire brutal, présent. ce formant comme un arc non seulement de conscience mais aussi de simple présent.

Cela revient à dire que quelque chose, une entité, un réel, une forme, une structure, comme on veut (puisque l’on ne sait pas ce que c’est), apparait.

Elle apparait là, immédiatement, immédiatement dans l’instantanéité du réel qui n’existe que comme présent (par quoi il s’agit de jouer son âme, qui dépend, dépend, de ce que l’on pense, de ce que l’on intentionnalise, de ce que l’on veut, décide, instruit).

Lorsque Hegel critique la certitude sensible, il présuppose que le réel est le singulier, le particulier, lequel n’attendrait qu’une chose ; être repris dans l’universel. Et d’ajouter que le singulier est indicible et qu’il n’a donc pas d’intérêt (universel). Mais le donné là n’est pas le particulier ; le donné là est le « là »,  ce qui veut dire l’exister tel quel ; ceci existe, cela existe, les signes existent, les couleurs, les soleils, les galaxies ; et tout cela ne demeure que d’une seule constante ; l’exister. Soit donc le réel.

Il est indicible, c’est un fait ; la pensée ne récupère jamais le réel ; mais cela n’a pas d’importance ; on ne cible pas la « pensée », mais l’arc de conscience ; le but, la finalité est la structure ; que chaque arc de conscience laisse remonter dans sa structure qu’il est splitté, découpé de A à Z et des pieds à la tête, littéralement, cad dans le fait même du corps, par le réel. Que cette idée, cad ce rapport (cartésien donc) remonte dans la structure et que l’on puisse en apprécier ou surtout en éprouver, dans sa chair, la lame.

La finalité est donc d’architecturer l’indicible. Que chaque arc puisse ordonner son acte, l’acte qu’il est. L’indicible est « cela » qui dit, qui énonce, qui intentionnalise. Ceci pour notre-être (transformé en cet-être posé-là sur le réel-étendue, par Descartes), mais pareillement pour le réel ; le réel est le présent et toute la réalité intégralement suspendue au présent.

De même le réel est indicible, et cependant le réel est articulé ; il s’agit donc de montrer comme le réel s’organise ; sa réflexivité. Ce qui suppose que le réel n’est pas tranquille, ça n’est pas une substance, un tout, un ordre, un donné passif ; il est en acte. Etant en acte il n’apparait pas comme soumis à la logique monolithique ; le Un n’est pas le Un-tout, n’est pas la pensée ou l’universel ; on est passé depuis le début dans l’autre devers ; de l’autre côté, on est dans le mouvement même, accroché au présent depuis la méditerranée. Et on peut y atteindre parce que précisément on y a toujours été. On a pris conscience que l’on existe de l’autre côté du monde, sur la paroi antérieure ; sur le présent qui ourdit sa présentation, non pas sa représentation, mais sa présentation ; le donné est le donné là, et le « là » réfléchit tout le donné, et probablement en une fois (cad par delà le temps l’espace ou tout ce qui y ressemble, si jamais en d’autres univers cela s’organisait selon d’autres sortes de temps ou espace). Il s’agit ainsi d’augmenter la présentation du présent, et ce en désarticulant et désorganisant la représentation ; en la tordant de manière à récupérer la réflexivité interne au présent, qu’est le présent.

En quelque sorte nous nous mettons au niveau du réel brut ; qui est déjà réflexivité vers lui-même, vers un lui-même inconnu, en cours, qui ne sait pas ce qu’il peut.

Il faut réaliser l’arc dans sa chair ; ça a pris un corps, parce que le « là » est l’engendrement du donné ; mais par ceci c’est la forme qui se donne instamment, impérieusement, potentiellement, sa modulation ; la forme vibre et engendre des mondes, des corps ; le Un n’est pas une forteresse mais la délégation de la puissance, la puissance est ce qui, littéralement, se délègue ; le Un engendre des uns, et est pure et intégrale altérité ; et l’altérité est la distinction (et non l’indistinction, ce serait absurde) ; il y aura donc quantité et quantité de distinctions dans l’arc de conscience et de différenciations dans la réalité, d’une part mais aussi dans le réel ; le réel, le présent, devient ; non pas fait devenir des réalités, des choses, des êtres, mais est lui-même ce qui se splitte.

On est donc introduit depuis l’occidentalisation (mais cela remonte évidemment bien avant, c’est juste, si l’on peut dire, que l’occidentalisation en déplaçant l’absolu ici même par les grecs, ici et maintenant par le christique, engage d’analyser l’articulation de notre-être/dans l’être, qui deviendra cet-être/sur le réel, par Descartes),

introduit dans l’articulation qui n’est pas, donc, subjective, mais hyper objective (la science s’occupe des réalités et non pas de la réalité, il n’y a pas de tout), et la philosophie s’occupe du réel, hyper, méta, supra mondain ; soit comme pensée (extension totale de toutes les intentionnalisations possibles, et via les machines que sont les systèmes) et soit comme réflexivité individuée (via l’intensité christique, du sujet, des grands sujets, et menée hyper active de l’ontologie augmentant la métaphysique, de la mise en forme de l’intentionnalisation, à la mise en forme de l’arc de conscience, antérieur à toute intentionnalité), soit en tant que réflexivité structurelle (sans plus aucun idéalisme à l’intérieur, sans intériorité du tout, livré au donné là, au monde, au corps, mais qui insiste comme structure vide, re-vient, re-nait), réflexivité structurelle immergée dans l’altérité intégrale de tout ce qui est.  

Cela revient à dire que civilisationnellemnt on est passé de la culture à l’acculturation, de la mémorisation (en quoi consiste une culture, un langage, un monde) à la structure, « cela » qui produit des mondes et qui, interstitiel, devient système formel (le formel qui un temps durant fait comme si il aboutissait, à un monde total, se rend compte qu’il est, lui, le réel, non total, présent et racine) ; de l’information à l’actualisation (cad la réinstallation de l’information ; par quoi la pensée, le christique, le sujet, l’altérité accélèrent absolument, à la racine, toute l’information). L’acculturation c’est la prise sur soi ; on ne reçoit plus un monde, un groupe, un langage ; on doit trouver la ressource pour l’intégrer et l’intégrer par le corps. Puisqu’il ne reste plus que cela.

Et cela prend du temps pour intégrer la désintégration ; d’un tout, du holisme, du groupe-qui-pense), pour réélaborer un corps (ce qui s’invente par le christique, par l’amour courtois, oui, mais surtout par la sexuation (en ceci qu’il fallait organiser le jeu entre des distinctions, que ces distinctions assument et assurent la réalité, qu’elles installent en fait effectivement un jeu qui autrement dit n’aurait pas eu lieu ; on pensera par ex pour nous, au 20éme, à cette drôle d’invention que furent Marilyn Monroe ou Marlon Brando, qui réinventent étrangement la femme, l’homme, en glissant de côté, en creusant dans l’individualité sous la distinction homme/femme, c’est la raison pour laquelle ils marquèrent la vision, la perception, transformèrent l’image en idée ; et raison pour laquelle ils sont des points de focalisation du réel. Distinctions par l’individualisme, par la nation et l’Etat, bref au travers d’identités et de désorientations tout autant ; constitutionaliser la coupure de chaque un, puis les réunir en une entité, mais aucune entité ne peut porter la coupure, et on le voit par les mois, qui sont à l’extrémité de la séparation de tout, et qui se scindent eux-mêmes ; la coupure, la division réalité/réel, conscience/corps, conscience/conscient, individué/groupe, etc, est non pas seulement fondamentale, elle est originelle ; fondamental laisse penser qu’elle est au fondement de réalités, originelle veut dire que toutes les réalités surgissent de cette coupure, que, se retournant, on ne rencontre que la coupure.

Il se trouve donc que l’on va façonner le nouveau déploiement via le corps, via la naturalité supposée du corps ; ce qui débute par sa non naturalité ; l’arc christique va se tendre à partir du point non donné, parce que le corps (ou quoi que ce soit) n’apparait dans la représentation qu’à partir d’un point qui n’est pas ; le corps du christ est ainsi ce qui renvoie tout corps à lui-même, ce qui veut dire ; pas du tout à « lui-même », lui-même comme « un et tout » ça n’existe pas. C’est toujours d’un point de vue que l’on se tient là au-devant de soi ; et donc il vaudrait mieux dire ; là-au-devant de (soi) ; le (soi) n’apparaissant pas dans le champ, puisqu’il tient le champ, à bout de bras.

On aura beau jeu de finir par croire, afin de se rendre supportable la réalité, que le corps est donné là, naturellement, et de se révolter contre le christique (qui nous fait croire, a contrario, que l’on existe ailleurs, ce que les tenants du naturalisme, de l’immédiateté et de la spontanéité ne supportent pas), mais c’est parce que l’on a pris le pli (au sens ontologique) du christique, que l’on peut imaginer notre être comme naturel ; l’attitude de la spontanéité supposée retombe dans le malheur ; naturel il ne l’est pas, en rien. De sorte que si le corps se tenant du christique est difficile, voire impossible, ou reporté, le corps naturel lui est une horreur ; parce que l’on voit bien que l’on n’est pas le corps que l’on est ; que c’est une imagination qui nous laisse ressentir ou imaginer ressentir une jouissance, une pseudo présence à soi ; alors que l’on est absent à soi ;

et c’est justement ce dont nous instruit la philosophie ; que l’on est absent à soi et que c’est cela le réel, le réel est l’insatisfaction native, et dont on doit comprendre la perfection (ce qui est absurde du point de vue du naturalisme, la raison, de l’humanisme, de l’espoir, du bonheur, du moi, etc)  et la philosophie en analyse le point, forcément externe puisque c’est à partir de celui-là que l’on se voit, et que l’on voit tout court ; c’est parce que l’on est autre qu’il y a un monde, d’autres je, et que l’on se voit à partir de ce point externe (de où, comment, en vue de quoi ?) c’est donc qu’il faut d’abord engager que l’on (se) voit pour juste et simplement percevoir ; sans le (se) voir, on ne voit, perçoit rien ; de sorte qu’est installée la perspective de l‘unicité individuée, on ne peut pas faire autrement que de (se) situer (soi) ; ce qui posent de considérables problèmes de compréhensibilité, d’intellection, de logique ; de là que la logique philosophique est Autre.

Qu’il y ait impérativement le se-voir afin de, ne serait-ce que voir, percevoir, montre bine l’extrême intrication du réel et de la réalité ; on doit dresser la structure de l’arc, et du « là », du présent, afin d’accéder au donné là ; de même que dans l’acculturation il faut élaborer le sujet (lequel est impossible) afin qu’il y ait humanisation et plus encore le sujet lorsqu’il faut inventer le moi (de là que Sartre prend bien soin de distinguer l’arc de conscience du moi).    

Ne pas accorder de réel à ce point externe de saisie (de tout qui est, de ce qui apparait, de ce qui est vécu, de ce qui est perçu, décidé, imaginé) c’est alors encore moins comprendre. C’est annuler ce point, cad que c’est annuler que chacun soit un tel point hors champ (que donc il n’est aucun sujet et que vous n’êtes pas du tout, ce qui est doublement, triplement absurde et tout à fait irrationnel, inobjectif, ou donc c’est se réfugier dans l’objectivisme à tout crin, qui consiste à n’admettre que des choses et des objets).

A l’inverse la philosophie a toujours consisté à se saisir ou mieux être saisi de ce point hors champ et d’en découvrir et inventer la théorie (découvrir et inventer, parce qu’il, étant formel et sans représentation aucune dans le monde, dans le champ du monde, étant formel il se doit se créer ; son objectivité, son hyper objectivité est de se-créer ; en somme ça n’est pas parce qu’il se crée, qu’il n’existe pas ; c’est justement de ce qu’il se crée, qu’il existe ; il ne faut pas inverser le réel, ça ne sert à rien, il revient et même re-vient sans cesse, évidemment).

Toutes les philosophies consistent donc à analyser, créer, cartographier cet exister et cette invention, l’architecture de la structure du point s’élaborant au fur et à mesure de chaque un (point qui, comme dit, ne tient à rien, un petit point de rien du tout) ; puisqu’il est situé hors champ, il n’est pas subjectif ni objectif (au sens habituel, restreint, du naturalisme en général), mais on doit le dire individué ; cet individué couvre l’ensemble de toutes les distinctions ; le point tracte, attire les distinctions ; la résolution de toutes nos réalisations se situe en avant de celles-ci ; il tracte le langage, la représentation, le corps (de là qu’il crée une image, une surface autre du corps), et absolument parlant la perception ; on perçoit de, à partir de ce point hors champ.

pour faire court, l’acte de conscience réorganise la représentation, les signes, le corps, et réorganise jusqu’à la perception ; en somme plutôt que de se fixer sur un rituel, un système de questions-réponses, de plus orchestré en acte par et dans un groupe qui s’auto-confirme, on introduit et légitime une cassure dans les questions et les réponses ; il y aura d’autres réponses, d’autres questions et c’est un méta, supra système qui rend possible d’échanger et de changer les questions et les réponses. Ce méta  système est ce que l’occidentalisation recherche ; le principe de réorganisation de la réalité (le monde, le vécu, le corps, les signes, la perception) à partir du point (le réel).

Evidemment c’est un point. L’architecture d’un point, normalement, n’est pas ; ce sont les déplacements du point qui effectue l’architecture ; et la philosophie (mais aussi les esthétiques, éthiques, etc) mène le jeu, le nombre de tours et re-tours que le point effectue ; il les effectue dans le monde mais aussi sur et dans le réel ;  c’est parce qu’il est mobile, qu’il est mouvement, que le point externe « décide » autour de la méditerranée ; l’arc de conscience est réellement un point qui n’est pas ; il est un mouvement accroché à cet autre mouvement, qu’est le présent.

On a voulu d’abord, par excès d’optimisme et afin de se motiver, supposer que le point externe soit le Bien, le Un, le Vrai, Dieu ou le christ, le sujet ou l’esprit, l’idéalisme ou l’humanisme, ou le « vrai moi », etc ; mais le fait est bien plus cruel. Le réel est une machinerie gigantesque qui crée des points externe (dits de conscience en arc sur le présent) et observe, en quelque sorte, ce que cela donne …

Ces points doivent s’élaborer, par eux-mêmes, puisque points externes ils dépendent évidemment d’un monde, d’une nature, de tas de déterminations, mais ils dépendent, dans leur surgissement, de leur nature propre, nativement de leur arc tel quel ; celui-ci, ayant à assumer l’indépendance-qui-se-veut, de creuser la distinction, de continuer le réel producteur de l’altérité, doit être autre, autre que tout, puisqu’il forme « un » ; c’est à condition qu’ils forment « un », dans la séparation absolue, que pour eux existent un monde, un donné, un corps, un temps, etc, les réalités, les structures apparaissent et se maintiennent dans et par la séparation ontologique (et c’est donc cette séparation ontologique qu’il faut penser, qui est l’objet même de la pensée, qu’une « séparation » soit un « objet » on voit de la sorte la problématique même) ; c’est dans l’im-possibilité et ce non seulement que les arcs aient un statut spécifique (ils possèdent ce statut, de fait) mais c’est le réel lui-même qui est situé sur un point Autre ; qui est dans la séparation, de là qu’il faille le dénommer Exister, présent brut ; le présent est cette altérité, absolue, unique, impérative, et indifférente en somme, qui jette les uns sur le réel, les structures de conscience et les projette sur la paroi du présent (ce qui non seulement crée des arcs de conscience, mais produit des mondes, naturels, le présent est le réel même).

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