Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

Le recalibrage de l’humain

18 Octobre 2016, 07:42am

Publié par pascal doyelle

L'occidentalisation

(Rappel ; ce que l’on nomme l’occidentalisation n’est pas « l’occident », d’abord parce que l’occidentalisation s’effectue de mille manières autour de la méditerranée et Moyen-Orient compris, et puis parce que c’est un processus qui s’avance bien plus loin que les grecs, les juifs, le christique, l’Europe de la renaissance, la révolution même, la personnalisation, qui touche actuellement la totalité de la planète. Tout comme « ce qui est arrivé à l’humain », la sorte d’anthropologisation nouvelle, qui eut lieu et est devenue mondiale, qui a débuté autour de la méditerranée n’est pas la philosophie, la pensée, ou la raison, naturaliste et réaliste, mais est aussi la politique, l’éthique, les esthétiques en nombre conséquent, les idéels, connaissances, et plus loin encore l’acculturation gigantesque et sous la forme, très sensible pour n’importe qui, de personnalisation, ce qui ne se peut que dans un monde universel et humaniste)

Jusqu’alors des mondes particuliers, un par un, distants les uns des autres, et il faut être né en un de ces mondes pour le comprendre, le saisir sur et par son corps, il se perçoit comme réalités dans son monde exprimées par la parole idoine à et en son groupe humain.

L’occidentalisation s’empare ou est saisie au vif de non plus créer un monde particulier en plus mais de remonter antérieurement à tout monde créé, jusque dans la structure.

Ce qui se formalise par la méditerranée, se cherche et s’instruit comme pensée, comme universalisation, comme variation intérieure à l’intentionnalisation ; de sorte que tous les éléments énoncés sont à disposition, constatables, en attendant d’être plus tard constatables dans le donné mesurable du monde, mais qui ici par la pensée contient en interne toutes les distinctions qui mènent aux différenciations dans la représentation.

La structure est l’arc de conscience, sans contenu, pur jaillissement formel vers le donné là, tension qui sort de la cervelle vers le réel, et cette forme sans rien suppose là-au-devant le monde donné, et tel que « là » ; un seul monde, un seul donné, un seul réel. Et une seule structure. Ce que l‘occidentalisation découvre elle le dé-couvre ; le donné « là » et la structure accrochée en et par le réel, commun et présent en-dessous de tous les mondes humains que l’on pourrait inventer, et depuis lors nous existons dans le dur, dans l’antériorité ; toutes nos représentations sont secondes par rapport au devenir de l’avancement dans la structure ; les grecs, le christique, la représentation européenne, la révolution, les sujets impossibles égarés dans le donné là, rendu tellement Autre, et prenant conscience d’eux-mêmes selon leur être-là instantané, via Sartre et Lacan.

L’avancement dans la structure, inaugurée par les grecs (mais plus généralement qui touche intégralement toute la méditerranée, peut-être reprenant l’hindouisme et ses variantes, ou l’Egypte ou l’Afrique, ou bref tout ce qui pouvait remonter ou descendre jusqu’à ce maelstrom de cultures et de peuples, dont il fallut trouver une unité ; rien ne peut être négliger dans la compréhension « ce qui est arrivé à l’humain » en cette confluence plurielle et qui va rechercher une unité donc.

Qui deviendra par ex le corps du christ, en effet tout le monde a un corps … pour ainsi dire … ça ne peut qu’atteindre chacun, chaque un, un par un, et dont ce-corps-là est l’unification exemplaire ; individus échappés de tous les mondes précédents, débarquant sur le sol unique et universel, et on continuerait de croire qu’il n’y eut par ce moyen radical, rien de plus qu’un monde humain particulier s’ajoutant aux autres ? Mais c’est l’unité structurelle de base, le minimum duplicable, la constante qui traverse tous les mondes, lorsqu’ils s‘effondrent, que chacun ait un corps. Pareillement ; en dessous de tous les mondes, les représentations du monde unique et donné là, ce que les grecs découvrent c’est le sol, l’universel, et donc le constatable quelle que soit la configuration de votre monde, il n’est que les mathématiques, la physique, et aussi la politique, et l’éthique.

C’est ainsi une vague structurelle totale qui va redessiner toute la réalité et ce parce que s’est introduit dans la représentation la lourdeur, le poids, la puissance du réel sous l’auspice de son représentant sur terre, si l’on peut dire, l’arc de conscience qui veut, décide, désire, cherche le réel tel que « là ». Ce mouvement ne se satisfait pas d’une inefficacité ; tout résultat doit être instamment constatable ici et maintenant, ici même ; c’est ce que veut dire ou implique l’être ou dieu ou le christique ou le sujet (de Descartes à Husserl) ou l’altérité (Nietzsche-Heidegger) ou l’incrustation (Sartre-Lacan). Evidemment se greffe à chaque fois sur la dé-couverte de la structure (arc de conscience/réel ou monde donné là) s’emplit de tas de particularités ; peu à peu on élague et peu à peu on avance dans la structure même, dans la structure seule ; il est clair qu’il ne faut en aucun cas reprendre mot à mot toutes les énonciations, mais la structure elle-même réclame l’actualisation ; par chaque devenir et par chacun ; chacun se doit s’installer dans sa cervelle, les modules réels de conscience active tendue vers le réel et le donné là, le corps et l’humanisation, etc.

On ne va pas réciter bêtement Platon ou le christ ou Descartes ou Nietzsche ; ça n’aurait aucun sens ; ce qu’il faut saisir, au vol, instantanément parfois, c’est le mouvement de structure qui place et déplace cet arc de conscience (toujours parfaitement identique, puisque c’est une forme) sur le monde donné là (toujours le même monde, cet univers) et par le même réel ; il n’en est qu’un seul.

Rappelons que cela ne préjuge pas de ce qui peut être ; on ne sait pas ce que l’arc de conscience arcbouté au réel ici et maintenant et constable et dont on montre et démonte l‘articulation, on ne sait pas ce qu’il signifie (ailleurs sou au-delà ou en plus ou hors du champ de cette expérimentation). On n’en peut rein décider ; libre à chacun de croire ce qu’il entend ; mais l’occidentalisation ne se préoccupe que cette articulation au réel et décrit ses aventures sur la surface réelle, sur le monde donné. Aux religions, groupes, humanisations diverses de reprendre ces descriptions ; sauf que bien sur on ne peut pas assurer une humanisation sans admettre une certaine universalisation minimum, par ex, et de même on ne peut pas reprendre le libre sans installer la liberté et l’individualité ; mais qui va nier que la liberté soit l’absolue valeur ? Et ceux qui en seraient tentés seront par là même obligés de redescendre de niveau ; on ne peut pas assurer la science ou le droit ou une acculturation suffisante et donc une société complexe sans admettre l’universel ou l’individualité ; d’autant plus que non seulement en interne une complexité réclame ces paramètres, mais de plus l’universel et l’individualité seuls accèdent au donné là… Seuls des arcs de conscience avancent dans le réel. 

Aucun groupe, aucune représentation livrés à eux-mêmes, ne s’ouvrent vers le donné-là ou le corps ou le sujet ; au contraire tout groupe tend à se refermer, ne serait-ce que du système de langage, qui forme cercle et (se) communique, et donc tourne en rond (on répond ce que l’autre entend et le reste est annulé).

Ce qu’a donc porté la restructuration de la réalité et de la réalisation humaine c’est une augmentation de cette réalité et du réel ; au lieu de mondes particuliers un par un et isolés, on aboutit à certes une universalisation mais qui rend possible que chaque individualité (ou regroupement ou devenir ou possibilité fondés sur cette universalité) se déploie ; les mondes que l’on a perdu, qui communiquaient mais entre soi du groupe lui-même, une auto communication  finalement sont remplacés par tous les mondes singuliers gagnés.

Or l’universel ne signifie pas d’abord la raison, mais la structure ; la révolution ne veut pas imposer la vérité, le savoir, (lesquels ? puisque c’est le système formel qui est la vérité sous le mode de l’exister, en ceci que l’exister est cela seul qui est réel) que l’indépendance de chaque conscience ; il est implicite que chacune soit raisonnable ; mais on voit bien par le transcendantal kantien, qui pense la validité formelle (et donc incoercible) de l’universel, que ça n’y suffit pas ; l’universel ne peut pas prendre en charge l’ensemble e tout le vécu, le représentable ni  même le pensable (comme le montrent à l’envie les pensées de l’altérité, les éthiques et les éthiques esthétiques, et les grands sujets qui excèdent mais tout autant les mois qui peinent et s’inventent mille maladies du moi, ni tout le relationnel du monde des mois) ; l’universel n’y suffit pas, mais il en est exigé ; c’est uniquement sous la condition de l’universel, accepté, que se déploie toute la réelle, la concrète complexité ; et on ne vient pas à bout de ce qui apparait à la suite de l’universel acquiescé, pas même deux siècles plus tard ; on a tout juste commencé d’y aborder ; à savoir avec Sartre et Lacan.

Et plus généralement dans la représentation que l’humain se fait, se donne de lui-même ; la vérité est que l’humanisation est profondément désemparée de s’observer, s’analyser ou plus simplement se percevoir elle-même ; elle ne sait pas du tout comment se comprendre, se juger ; le jugement est intrinsèque à la perception et il est comme un retard pris, un affrontement qui n’a pas encore eut lieu ; qui grignote petit à petit et malgré tout on continue de se réfugier dans une naturalité prétendue ; dont on voit bien par contre comme  la puissance structurelle est hors de proportion et peut détruire toute naturalité et aussi bien en tout moi comme ce qui est nommé le « désir d’être» et son fantasme peuvent anéantir et dévorer le moi, la cohérence psychique de tout moi. Le cadre historique, l’universel, et l’universelle révolution, et la condition des mois qui reste impénétrable si l’on s’en tient à l’universel seul ; mais on a vu que la philosophie a largement dépassé l’universel, depuis Descartes jusque Lacan, que l’acculturation prît mille et une esthétiques et éthiques et qui plus est éthiques ontologiques, jusqu’aux héros de la rock culture, à quoi toutes ces excessives explorations serviraient-elles sinon à la lente instruction de la forme ?

Si chaque moi est, dans le fait existentiel, cad ontologique, un arc de conscience et si l’occidentalisation est l’appréhension de cet arc par lui-même, alors le moi, la personnalisation est l’incrustation dans un corps de la forme structurelle ; par quoi suite à l’extensivité des grecs et de la pensée, l’intensité du christique et du sujet (qui s’impose par la révolution), se cherche le moi concret, l’instruction formelle en et par un moi, dans un corps, dans une psychologie non plus rationnelle (qui relevait de l’universel et dont Kant commence de nous débarrasser ou dont il constate a contrario le dépassement), mais une psychologie ontologique ; c’est l’arc de conscience comme structure-autre qui doit apprendre à réfléchir ; le miroir doit apparaitre dans le miroir. C’est ce qui se nomme instruction formelle de l’arc de conscience ; comme il est impraticable que l’on détienne une connaissance de cette structure (qui est antérieure à toute connaissance), la saisie de la structure par elle-même consiste à lancer de telles images, et des images telles (absolument transcendantes, et c’est qui a lieu depuis que la structure prit forme historiquement en livrant chacun à son seul corps donné « là ») des images telles dans le miroir que celui-ci soit capable d’y atteindre.  

Le retournement (du monde) par les grecs, le renouvellement (du corps) par le christique, la suspension de l’attention (qui commande tout) cartésienne, le creusement de l’altérité (qui emplit soudainement tout le champ) par Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan ne s’arrêtent pas à ceux-là (qui comme il se doit, relèvent de la discipline qui prend en charge l’articulation abyssale, soit donc la philosophie), mais se continuent en tous les sujets, tous les grands sujets, tous les mois ; nos esthétiques, éthiques, poètes et hors genres éprouvent les trajets, sur leur corps et leurs corps-autres, par de nouvelles perceptions, et c’est ce qui atteint également toute la manifestation mass et micro médiatique ou devenue, donc, mass et micro médiation, les retours vers l’antériorité existant avant le monde, le moi, le corps ; l’image qui devient peu à peut le miroir. Puisque la structure doit réaliser en et par elle seule l’atteinte, les images, les mots ne la signifient pas, c’est elle qui se signifie au travers des mots, des images, et quelque chose est en instance qui se voit, que nous ne saisissons pas encore. Les trajets qui deviennent des tracés sur la surface du réel.

Ce qui est un tour de force, un tour en plus, encore.

Tout moi (ou tout conscient) est doublé, au deux sens, d’une structure agissante et on ne sait pas encore ce qu’elle instancie sur le réel, et c’est elle-même qu’elle lance ; tout est signes pour son activisme, le conscient, le visible, le manifeste sont pris dans le retour ; si le présent est perception, il se crée de la perception. C’est en ceci que le réel est toujours déjà intégralement de réflexivité ; la réflexivité est première (et le réel lui-même est de la réflexivité structurellement ; par le présent). Réflexivité, retour-vers le donné, par quoi se constitue le donné.

Toute définition ou toute image sont donc des découpes dans le mouvement. Et la philosophie est la découpe qui s’infiltre au plus près du mouvement, en acte, et l’esthétique, éthique, politique, idéel sont des mouvements, des actes qui actualisent la ligne du présent ontologique, qui resillonnent le monde et le corps.   

Commenter cet article