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instants philosophie

Le réel est plus grand que lui-même

26 Octobre 2016, 12:37pm

Publié par pascal doyelle

La vérité est le réel

Il n’y a pas de vérité autre que le réel ; il n’y a pas une réserve qui existerait hors du réel, et donc le réel est ce qui se crée comme réel ; la vérité (l’énonciation) est un roulement du mécanisme absolu qu’est le réel. La philosophie est l’instruction lancée dans l’arc de conscience qui ré-instancie sans cesse que le réel devienne, et le réel devient, puisqu’il est le présent. Non pas seulement le présent pour l’arc de conscience, mais le présent pour toute réalité, quelle qu’elle soit. Toute la réalité et tout arc de conscience est au Bord, dans la bascule ; de ce point de vue ce qui sera dépend absolument de ce qui se crée le long de l’axe « ici et maintenant ».  

Lorsque l’on demande quel critère pour la vérité, il faut bien voir que la vérité est le réel, et que le réel est en cours et que l’on est déjà pris dans le réel, qu’il n’y a qu’un seul réel, et que la pensée, qui veut et va définir le vrai, sera utilisée elle-même dans les plis et replis du réel, du même réel.

Autrement dit le réel n’est pas un être « là » donné inerte et objectif, mais une instanciation en re-tour sur elle-même. Si il s’est créé un être tel que l’arc de conscience, c’est parce que le présent, en lequel cet arc s’est produit, est lui-même une forme re-tournée. Qui opère un tour.

Ça n’st pas que l’on ne connait pas la vérité, mais que l’on a toujours connu la vérité. On a toujours agit et engendré le réel (pour notre part, et le présent a toujours engendré la réalité, les mondes, le univers, et probablement en une fois unique et « en cours », ce qui reste à approcher, puisque le « présent » est mais n’est pas seulement, à la fois, le présent, comme séquence momentanée, mais il est l’exister ; tout ce qui est, existe, et cela seul, l’exister, est la constante, tout le reste se compose et se détruit).

Le critère de validité est le critère de proximité ; plus on énonce ou montre et ce à proximité du même réel, du réel même, plus ce qui est énoncé ou montré durera aussi longtemps que durera le réel. Parce que plus ce qui est énoncé, montré, sera proche, plus on s’éloignera et éloignera le donné immédiat et l’arc de conscience, qui énonce ou qui montre, sera accordé au « là » et travaillera sa motivation de telle sorte que sortant de l’immédiateté, il soit à même de saisir le réel, d’être saisi du mouvement, que celui-ci passe au travers et soit reconduit en chaque arc de conscience parfaitement identique à tout autre vers le même réel.

Il s’agit d’instruire, de lancer des instructions, dans la forme qu’est chaque arc, de telle sorte qu’en toute accointance et de leur vivant, de leur activité, de leur prise en conscience, tel ou tel arc reconnaisse Descartes ou Jésus ou Plotin ou Lacan ; on n’accède à la structure et l’architecture de conscience non pas en apprenant seulement ceci ou cela (et en demeurant le même, la même identité immédiate) mais en formulant et reformulant sa propre conscience, sa propre attention à exister, en acte, au vif, sur le corps, de la perception même ; cet activisme est l’âme elle-même, en tant qu’elle se structure (âme, faute d’autre mot majeur).

Il est clair que ce « même réel » est accordé à, en et par chaque arc de conscience ; mais, puisque l’on n’abandonne absolument pas la notion, le principe de vérité, on postule donc que tout arc de conscience est effectivement et en totalité pris par la vérité. Dans son réel même, et ce non pas contre mais en plus de son exposition consciente, énoncée ; tout arc de conscience est tendu plus loin que ce qu’il dit, montre, à soi ou aux autres. Et s’avance même plus loin que ce que révélerait sa psychanalyse (risquant par elle seule de se limiter au corps-langage, sans que soit pensé qu’il y a corps-langage parce qu’il y a re-tour de l’arc sur le corps). La psychanalyse est une partie seulement du défilé de l’arc de conscience ; qui outrepasse le conscient comme l’identité du moi.

Autrement dit un moi, dont on penserait a priori qu’il soit subjectif, on sait bien que ce moi manifeste tel qu’en lui-même une indubitable vérité (même si son conscient ou son image ou ce qu’il expose et se prête aux autres ignorent cette vérité qu’il est, qu’il existe). Par son inconscient, mais aussi  que par ailleurs ce moi est lui-même orchestré dans et par une époque précise et que par tous les bouts il s’anime de cette situation historique ou historiale ou station métaphysique précise.

Or donc la vérité est le réel et on manifeste instantanément cette vérité du moment, et ce moment est lui-même empli du dévoilement de la réalité et du réel tels qu’ils se donnent au moment spécifique ;  la question est donc de non pas dévoiler la vérité, cad le réel, mais de soulever par-ci et par-là un coin du voile et que ce soulèvement, si il s’est approché du réel même, pourra ainsi de cet acte modifier la surface du voile lui-même, puisque par là l’énonciation ou la monstration approchant du réel, peuvent seuls influer sur ce réel ; toutes les autres modifications agiteront un peu le voile de vagues soubresauts, mais demeureront dans la même immédiateté. Or pourtant même agités de l’immédiateté seule, les arcs  sont pris dans la manifestation générale du voile ; le coefficient de pénétration du réel sur le voile se mesure de la proximité atteinte dans le re-tournement généralisé qu’est le réel ; on est absolument pris dans le mouvement intégral du réel re-venant sur, vers lui-même par lequel il se constitue de fond en comble. On résiste plus ou moins. La pesanteur résiste, inertie la réalité. Mais le mouvement est le présent, antérieur à tout.

Ce qui a marqué par la représentation, c’est ce qui s’est approché de la présentation, et la représentation est alors compréhensible comme accélératrice de la présentation.

La vérité est le réel ; ce qui parait avancer que la vérité est relative au réel ... mais peut-on penser comme un grec ? Ou comme un hindouiste ? Et peut-on penser "n’importe quoi" ? C'est impossible (on peut péniblement recomposer une partie de leur vision du monde et encore faut-il être spécialiste ; et on ne peut pas « penser en dehors » de soi, puisque l’on est soi-même, la psychanalyse consistant à réussir bizarrement un pas de côté, sur le Bord). De même un réactionnaire ou un utopiste inventent leur passé ou leur avenir mais en fonction de leur moment présent ; on est réactionnaire en rêvant d'un passé qui surgit de ce moment çi et non du passé lui-même. C'est en somme le même principe qu'en psychanalyse ; on élucubre consciemment une vérité déjà réelle, et plus on avance dans l'analyse plus on s'approche de la vérité (sans jamais l'atteindre).

 Et la représentation est un pli du réel. Comme Spinoza était génial, il a atteint une proximité du réel, de même que Platon ou Nietzsche ou Lacan, aussi doit-on les lire, tous. Si on s'étonne de la pluralité d'approches possibles du même réel ... mais ... c'est le réel... cad ce qui existe en-deçà de tout et de toutes les représentations ; ou donc Spinoza ou Sartre s'utilisent comme suit ; ils permettent à chacun d'avancer au plus près du réel, selon tel ou tel point de vue ; les points de vue sont pluriels mais le réel est unique. En bref, la vérité est énorme (et énormément plurielle) parce que le réel est énorme (et postulé comme absolument un). Pour avancer dans le réel, vers le réel, vers la vérité, il faut donc comme dit Lacan, se doter d’une éthique ; se décharger et se charger de tout ce qui entrave la vision (toujours à distance) du réel (et admettre qu'il y ait plusieurs points de vue sur le même), mais ce qui entrave la vision est aussi la vision elle-même ; tout se re-tourne, il n’y a qu’un seul côté ; le même-réel se déverse, sans arrière pensée, vers le devant et le devant se plie et se déplie et se replie constamment, et la seule constante est le Bord ouvert d’un seul côté, au-devant.

Ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas de pensée qui prenne comme objet le réel, mais que le discours tel est pris lui-même dans et par le réel ; et c’est pour cela qu’il doit, ce discours, se générer au plus près ; se prendre dans le mouvement du réel, se rendre capable et de la même dimension que le réel (ce qui est impossible, on n’a du réel pour tout soutien que le présent en arc, et que cette conscience mécanisme en arc dans l’arc du présent) ; toute pensée qui adhérerait trop aux immédiatetés mitigées ré-enroulerait ces immédiatetés (par contre une réelle immédiateté « parlante » peut bien relever, elle, de la psychanalyse et révéler la vérité, cad le réel ; ce qui bouche la vue ça n’est pas tant l’immédiateté que l’immédiateté mitigée, cad échangée avec les autres, en un groupe, en un langage seulement commun ; l’immédiateté parlée, ou consciente, tient le contenu de conscience comme étant la conscience, ce qui est faux, mais nécessaire ; c’est de tourner autour du conscient qui engage ailleurs et autrement ; une œuvre esthétique outre qu’elle peut prendre la perception même, hors du langage commun et de tout langage, et même écrite n’est absolument pas évidente ni lisible ; elle est dans le dé-tour le plus radical possible, elle sert à cela ; réorganiser la structure du réel dans l’arc de chaque conscience).

Qu’il y ait ainsi une immédiateté proportionnellement vraie (et parce que réelle), veut dire aussi qu’il est une représentation suffisante qui puisse s’approcher du réel, et accrocher au mouvement du donné là, du monde, qu’il est un universel accélérant et donc augmentant le réel ; et ce pour une raison extrême, extrémiste ; que le réel est lui-même une réflexivité. Immédiateté qui vient du réel, immédiateté médiate qui se constitue du conscient, de l’identité, et tension maximale qui relance le réel au plus loin ; tout ceci est constitutif ; mais de croire seulement au médian et tout percevoir des entours, l’immédiateté et la tension, à partir du seul conscient ou de l’identité du moi, ou des autres, ou de l’idéologie du moment, c’est casser de haut en bas la Possibilité, annuler l’écart entier de notre structure. L’écart ne se voit qu’ici ou là ; en éthique, esthétique, politique, idéel, philosophique. Mais aussi au sein du moi ; le moi est crevassé de haut en bas de la structure.

C’est dans et de l’écart entier de notre structure qu’œuvrent et d’abord repèrent la philosophie, la pensée (puisque la philosophie est la pensée, au-delà de la raison rationaliste, bien que contenant celle-ci, elle l’a inventée) ; et pour connaitre l’éthique qui entame le réel, ça ne tient pas dans des préceptes, mais par l’exemple. Il faut suivre l’exemple. Il faut lire Plotin ou Descartes ou qui l’on voudra ; de suffisamment ardu (ou esthétiques, etc). De ceux qui approchent du réel, qui tournent autour, au-tour. Il faut se re-tourner. Ça ne peut pas venir du conscient, ou du moi, parce que ça, ça communique, ça tourne en rond. C’est pour cela qu’on lit, que l’on s’écorche la conscience, l’attention, en toupie, en gyroscope qui n’a plus de repère, qui détourne hors sens, et que ça vienne de l’autrement.

On s’immerge en un autre arc de conscience, qui lui-même a étendu sa capacité jusqu’à n’avoir plus pied, et qui se maintient néanmoins, mais on ne sait comment. L’arc de Descartes et autres se soulève de par sa forme même. Là où les aficionados de la vérité monolithique (bien qu’ils aient fort à faire d’aménager l’attente d’une vérité certaine qui ne vient pas, puisque la science est brodée d’hypothèses et que la valeur absolue de l’énoncé n’est pas du ressort de la science, inutile d’attendre ce qu’elle ne peut pas par principe obtenir), là où les aficionados de la vérité objective, lorsque l’arc de conscience s’obnubile de ses contenus, n’admettent que comme subjectivisme voire délire métaphysico-ontologique, les explorateurs de l’arc avancent au fur et à mesure dans l’interstice, la crevasse de conscience et il faut lire à l’inverse ce mouvement (cette « subjectivisation ») comme la plongée, le creusement, l’apogée, ponctuelle, momentanée, de la pensée qui s’est dépassée vers son originel ; la structure (depuis Descartes jusqu’à Lacan). C’est cette impossibilité qui se montre ; qui doit se faire face (notamment en l’insatisfaction native ; un arc, une structure de conscience, qui ne dispose d’aucun contenu qui lui corresponde, jamais, en aucune manière, est hors satisfaction, c’est autre chose que ce signifiant « satisfaction » qui se réfère, de base, au corps, par étayage, par système de signifiants). Elle n’acquiescera à aucun contenu, insuffisant, et devra théoriser, penser son impossibilité ; et le fait est que cette pensée de l’impossibilité fonctionne et a pu élaborer son système formel.

Par l’exemple on acquiert la forme que transmet l’autre conscience qui s’est architecturée sur le sol réel : en ceci de couler sa propre intentionnalité dans l’intentionnalisation de l’autre, laquelle intentionnalisation experte a su produire les distinctions dns les rapports que l’on instancie dans la réalité et sur le réel. Il faut comprendre que l’arc de conscience n’a aucune référence et qu’il doit créer complètement son repérage ; de là qu’il use de la pensée (la distinction des idées), de l’esthétique, de l’éthique, de la politique, de l’acculturation intégratrice (celle qui part de l’individualité depuis le christique, individualité qui doit prendre sur lui, sur son corps ce qui auparavant était installé dans et par le groupe). L’arc tient au-devant de lui tout le perçu, mais au-devant en ceci qu’il ne vient de la cervelle vers le monde, il arrive du monde vers la cervelle…

C’est pour cela qu’il écrit via le corps ; il écrit sur la surface au contact du monde. L’arc de conscience surgit, sort de la cervelle mais sans rien, c’est dans le retour-vers qu’il se charge du monde, des choses, des perceptions. Evidemment il s’en charge non pas tels quels, mais sous la forme du signe ; le signe est « ce qui fait rapport »  (le tissage de notre corps, qui donne le tramage sur le monde). L’illusion que l’intériorité de conscience prendrait le pas sur le monde, que la raison encadrerait la perception, est cependant juste ; il faut organiser la pensée, l’intentionnalisation, activer toutes les distinctions qui aboutissent aux différenciations ; l’intériorité de l’occidentalisation est forgée à cette fin.

L’occidentalisation est la mise en œuvre de l’intentionnalisation du donné là, qui vient en retour comme perception ; l’occidentalisation électrifie l’intégralité de la surface disponible du corps. Il ourdit l’élancement par-delà les horizons (il ne dépend plus d’un seul horizon d’un seul monde), et il élabore la méta-description de la tension de l’arc appuyé sur la paroi du réel, sur le présent. Éthiques, esthétiques, politiques, idéel et philosophie, acculturation gigantesque et individuelle (humanisation et personnalisation) mettent en œuvre la plus lourde et la plus dure et la plus précise mise sous tension de tout ce qui est donné là, corps compris.

Tout est ainsi signifiant d’un signifié mais le signifié fondamental est une forme, soit l’arc soit le réel comme présent.

La structure est ce qui manœuvre la réalité. De même que l’exister est ce qui engendre l’être. Pareillement ce qui se crée dans la réalité et le réel, est en plus de la réalité et du réel. Et puisque ce qui sera, existera bien plus gigantesquement que ce qui est, il faut que la réalité soit elle-même infinie qui créera encore plus que l’infini. L’ensemble de tout cela se constitue en étages, de telle sorte que ce qui nait est plus grand que ce dont il nait. C’est l’impossibilité qui existe, puisque le possible est la racine antérieure.

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