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instants philosophie

Saisissement éprouvant

8 Octobre 2016, 09:30am

Publié par pascal doyelle

Que le langage, et l’écrit, recueillent les soubresauts de l’intentionnelle conscience, ne signifie pas que la vérité se loge dans le langage, mais que le langage est le moyen de l’intentionnel afin d’avancer plus loin. C’est en ceci qu’une psychanalyse pour l’analysant ou le corps amoureux ou une extase permet de broder un décalage de plus ou un décalage en plus parfois ; décalage qu’il perçoit tel par exemple la surface de son corps ; en vérité même si cela ne se désigne pas tel, c’est la surface de son corps ; celle que l’on ne voit pas, que personne ne voit…

Alors on dit que c’est dieu, pourquoi pas ?

Mais dans la constation du seul donné, ça se présente comment ? Par quel tour ?

Si personne ne voit la surface de votre autre-corps, c’est qu’elle n’appartient à rien ni à personne, et c’est pour cela que vous êtes radicalement à la racine libre. Votre regard n’est pas le vôtre, il est hors champ, et c’est là que « vous » vous tenez. Sans rien.

Il est clair que ça n’est pas une liberté tout à fait normale…

Et qu’elle n’est pas humaine.

Dont on ignore la nature exacte.

L’autre-corps est constitué de la seule surface. Rien d’autre. C’est cette surface que vous instruisez ; il est requis de tisser, dans le tramage de cette surface, via les mots, mais tout autre signe également, le schéma de votre temps passé à exister.

Ça se dessine de chaque micro ou méga décision, intention, image, idée, sensation, frémissement.

Point de vue : les mots servent de tremplin ; si les mots, les phrases, les textes sont des moyens, c’est qu’ils servent de repères, mais les repères ne sont pas la surface elle-même. Ils servent la paroi du présent. La surface est le regard que vous ne possédez pas, mais qui, étant hors de tout champ du monde, vous libère en vous assujettissant. C’est par là que vous devenez le sujet impossible. celui qui souffre tout le temps, il s’use comme ça.

C’est comme cela que l’on a une âme ; dont on ne peut rien dire de plus, dont on ne sait absolument pas si elle existe éternellement ou si elle renaitra et autres choses du même genre, ou alors si elle se colle à même le présent unique : fondamental kaléidoscope du réel qui se modèle au fur et à mesure ; votre kaléidoscope se trame au fur et à mesure de ce que vous instillez, lancez, étendez jusqu’à, vers la surface du corps, et c’est effroyablement difficile, la plupart du temps ça glisse. On n’en peut rien dire de plus, cela veut dire qu’il faut y consentir ; on en est saisi, on ne la saisit pas. Et on y a déjà consenti, mais ça c’est passé plus ou moins mal ou alors doué de l’extase inhumaine salvatrice par quelque bout, ah oui, ça c’est bien ! Mais ce par quoi on est atteint, délivré, enchevêtré, achevé on ne sait de où cela est perçu. Lorsqu’ils proclamaient la foi ou autre acte décisif, c’était non tant de croire en ceci ou cela, mais de tenir le pas gagné.

Historicité

Nietzsche conçût que cet acte de foi se justifiait de lui-même, dans la totale innocence, vide radical, forme sans rien, qui n’a pas de nom, qui n’a pas de mots ; il a consenti que l’acceptation effroyable, soit assumée, comme ça, sans raison, puisque c’est antérieur à tout et qu’il s’y tenait, lui, sur le Bord antérieur et vraiment, en vérité. On pourrait dire « plus on résiste, pire c’est », alors il accepte tout et succombe au donné là, essayant de séparer l’intériorité et l’interne structure (ce dont se créeront Sartre et Lacan).

Mais par ailleurs on ne peut pas résister ; on y est déjà. Donc on fait semblant de résister. On garde, quoi que l’on fasse, une face dégoutée, une horreur insoutenable, glissant dans l’indistinction, le gargouillis, et ce qui n’acquiert pas de distinction agonise, lentement, toute une vie, comme dit l’autre, le masque de la fin ; un repli, de toute manière absorbé par le revers lorsque livré au monde, et qui tombe physiologiquement dans le monde ; on y est écrasé, écrabouillé ; on ne veut pas la lumière, mais le problème est qu’il n’y a pas de lumière … la surface-autre n’est pas éclairée par le soleil du Un plotinien. Le un plotinien, tout ça c’est bien joli, mais ça ne se présente pas comme tel, ce serait si simple, charmant. C’est bien plus dur. Il faut le sortir de soi, de sa structure, pour rien. Parce que l’on a senti que « ça traverse ». Celle qui est retrouvée. Quoi ?

En fait ce sera par rage, définitive, et de tous les remugles du glimmung, du corps même, qu’il se convainc de se revouloir, en plus, et par haine même, par haine aussi effroyable que cette imbécile merdasse d’univers branlant, par refus de se laisser faire, par quoi que ce soit, et de s’arracher la peau et que cet univers débile, cette connerie monumentale, sombre dans le néant si il le veut, on s’en fout, on le conchie. Refus de se laisser mener par quoi que ce soit en quelque monde, vie, corps qui se puissent. Si on ne défend pas sa peau, on crève. Pourquoi Nietzsche est-il à ce point un énergumène ? Pourquoi Heidegger vire-t-il si mauvaisement ? Pourquoi Sartre exige-t-il une terrifiante décision dont on ne sait pas quoi ? Pourquoi Lacan nous grignote-t-il la cervelle au sang ? Pourquoi Rimbaud s’est-il barré ?

Chaque arc doit se distinguer, se séparer hors de tout. Le processus est de distinctivité, d’altérité. De creuser la forme ; qu’elle ait un dedans sans épaisseur.

Et c’est aussi le sens qu’il y eut à dieu et à cet autre-corps étrange christique (ça commence par là, ne vous leurrez pas, peut-être synthétise-t-il, en une fois, sidérante, d’innombrables expériences individuées ; la rage qu’il faut y tenir, l’assoiffé, jusqu’au bout, qu’il dit : va chier l’univers ! Je me sauve ! Tout seul peut-être … sauf le saint-esprit, c’est-à-dire tout le monde. C’est pensé très loin, le christique, depuis 2016 années vous êtes dedans son pli, et le reste qui eut lieu vint approfondir, un par un, le pli de chaque un).

La surface du corps qui n’appartient à rien et à personne, est larguée dans l’externe monumental et chaque conscience est l’interne structure (qui peut bien détenir tous les conscients, les mois, les identités, les humanités que l’on veut), le ressort articulé à la paroi du présent, face à face presque collés. Comme elle n’est rien et forme brute, elle s’en prend au corps, lui crée une invraisemblable perception une surface insaisissable. Le regard de ton amoureuse, de ton amoureux, va savoir, on se trompe excessivement ! L’interne mécanisme intentionnalisateur, qui nous exhibe, qu’on le veuille ou pas, qu’on le perçoive ou pas (il est perçu du point-en-dehors insituable) mécanisme de conscience comme extension de cet externe réel, mécanisme désincarcéré du présent ; interne structure et non pas intérieure structure (de là qu’elle passe par Lacan et qu’elle soit le corps distordu, le fabuleux opéra et la saison), mécanisme de conscience plié sur et par le présent seul réel.

Le plus joli ou le plus beau est que, quoi que l’on fasse, dise, devienne, chaque arc de conscience est de fait structurellement embarqué. On est déjà cette surface que l’on est, et on y travaille cependant, à la marge sans doute et c’est là la ruse : la marge fait tout. Le moindre signe indique. Le signe est ce qui démodule l’acquis, péniblement mais il faut être bien profondément rageux, autant que l’on peut, de A à Z, et étant si facilement déplaçable, le signe, le moindre, le rien du tout, est d’un tel accès, à condition, on n’a rien sans rien, à condition de l’excès, du disjointement d’une manière ou l’autre, et parfois très subtilement, un souffle mais porté par la distinctivité, ça ne sera pas facile… parce que tout se joue de la propulsion, ça ne se rejouera pas, ni ailleurs ni autrement ; ça n’est pas le plotinien ou le bon dieu, c’est autrement plus coupant et net. Il faut accepter d’être cloué, Descartes est cloué sur la surface de l’étendue du monde et il dresse la tête du clou, pareillement en une fois qui coupe le tranchant en deux. En deux, déchirant, de haut en bas, pas un iota qui n’y passe. Ça coupe du haut en bas, la surface est insituable sur le corps ; ça prend tout par un point que l’on tisse on ne sait comment. Et pour nous, ici, sans prétendre en quelque ailleurs que ce soit, ce qu’il indique, ce qu’il pointe est la surface de ce corps-autre, tenant entièrement tissé par la surface-autre, ligne en plus après lignes, échevelé par le point.

Pourquoi on s’emmerderait à se démener ? Toutes les raisons de l’horreur nous absorbent par le revers, se digèrent elles-mêmes … Parce que l’on a vu la vision ? Oui peut-être… mais ça n’est pas sûr. Et c’est bien normal, l’acte de conscience se préexiste, et lors même qu’il soit cela seul qui existe, et rien d’autre, il se tient de et sur le Bord, tout fin, finement ciselé, le plus possible, qui avance de sa propre perception.

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