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instants philosophie

De l’instant présent comme monstre absolu

12 Novembre 2016, 10:34am

Publié par pascal doyelle

L’humain est donc confronté à l’effrayante distance invisible qui sépare toutes choses et tous les êtres.

Notre être structurel de conscience parait nous séparer de tout, n’exister que comme division, mais c’est toute la réalité qui est splittée, on dira même que le splittage, la séparation, le hiatus est le réel lui-même, et le réel s’impose comme présent.

Rappelons que l’être et le néant existent tout également (peut-être une raison pour admettre que le néant, qui n’est borné par rien, est infini, alors l’être est tout aussi infini) ; le Possible rend adéquat l’être et le néant. Mais l’être est une dénomination générale ; il faut dire l’être et l’exister ; et l’exister, le présent, est ce qui engendre l’être, la détermination (il l’engendre et ne le cause pas ; le présent est une forme, non visible, non composée, non déterminée) ; l’être, les réalités se déroulent dans l’exister, le présent attire toute la réalité, tracte les mondes et les corps.

Il est deux niveaux ; la réalité, l’ensemble de la détermination, et le réel, la forme de cette réalité multiple. De même il est d’une part l’être, la détermination, soit donc la mémorisation du présent, et l’exister, le présent actuel seul réel ; la vague du présent dépose "de l'être".

L’arc de conscience est arcbouté au réel, cad au présent ; ce faisant l’arc de conscience, la structure, revient instantanément au Même, au Même présent unique ; celui qui revient antérieurement à tout donné, qui revient continuellement au tout premier présent (c’est le même), et qui inaugure la logique réelle même ; que chaque exister présent soit le renouvellement ontologique, et ce absolument.

Le présent est cela seul qui est ; en ceci que le présent est l’exister. Tout le reste est la mémorisation de la vague unique de présent, qui déroule imperturbablement les réalités ; lesquelles ne possèdent pas d’unité totale ; il n’existe pas de Tout qui serait Un ; par contre il est et n’existe que le Un, sous la forme pure et simple et brute du présent. On peut même dire qu’il n’existe qu’un seul point de Présent ; le même présent depuis le début jusqu’en une finalité que pour le moment, évidemment, on ignore.

On poursuivra même que ce Point Unique du Réel porte tout en interne, mais que cet interne étant l’exposition maximale (il est tout le réel où et quel qu’il soit, toute l’exposition de toutes les réalités), cet interne du Point Unique est l’externe, le Grand Dehors qui explose tout, pour ainsi dire. On supposera également que toute la réalité (toute l’énergie, toute la matérialité, toutes les choses et êtres) existe en quantité infinie ; la finalité de tout ce qui est serait ainsi de produire en son sein, le grand dehors, selon la même logique fondamentale , de produire du Un (le Un étant non pas le Tout mais la forme de splittage, de division, de différenciation dans la réalité, de distinction dans la structure de conscience, distinction des intentionnalisations ; le Un est l'Altérité elle-même) ; outre le Un qu’est le présent, revenant constamment au zéro primordial, il se crée, ontologiquement parlant, un être tenant de lui-même ; soit le Un d’un être qui ressemblerait très fortement à ce que l’on nomme « conscience ».

Soit donc un être dont la spécificité est d’exister comme rapport à (soi), en lequel le « soi » est non pas telle ou telle identité, qui serait déterminée, mais dont le soi est le rapport lui-même ; une conscience n’est pas conscience de ‘soi ‘ mais conscience de soi comme conscience, comme structure ; c’est ce que signifie la pensée des grecs, le dieu mono, le christique et le sujet de Descartes à Lacan, en passant par les pensées de l’altérité (Heidegger et Nietzche, mais aussi Freud ou les sciences et les objectivités). Inutile donc de chercher ce que pourrait être le moi, le sujet (au sens de monolithique), l’humain ou la pensée ou le langage ; tout cela existe réellement mais est relatif et relatif à un être structurel qui n’est pas, lui, relatif. Mais si il n’est pas relatif, c’est qu’il est absolument en tant que formel ; en tant qu’articulé au seul réel qui soit, articulé au présent. re-pli dans le pli constitutif, mouvement dans le mouvement.

La finalité est ainsi, de la réflexivité (soit donc du retour sur lui-même de cet-être structurel qui remonte jusque dans la structure, la dimension autre de la structure, l’exploration du temps, comme présent, la plongée dans le réel du présent pur et simple et brut ayant engendré en son sein tout externe, toutes les réalités), d’amener en conscience ce que la structure de conscience est elle-même ; de se rendre compte de l’articulation que cet être est, en tant que l'être est le dépôt de l'exister, du présent, du monumental présent ; les descriptions philosophiques doivent ainsi être relues non pas comme affirmant dieu, la pensée, le Bien, le sujet, la Volonté (qui fonctionnent tous comme splittages impératifs et comme altérités) mais comme de telles explorations passant outre le donné et la détermination jusque dans la structure Existante.

De cela l’apparence si étrange de la philosophie qui positionne sans cesse le réel dans la réalité et l’arc par rapport à l’exister. Soit donc en même temps que découvrant un fait,  le réel (de toute la réalité, l’être, dieu, le sujet, l’altérité, le présent), et inventant, créant le chemin lui-même, qui n’est pas mais qui va Exister ; se créer à partir de l’Instant même ; et dépliant en l’arc de conscience le pli du présent brut (nommé autrefois éternité par ex) et ajoutant à ce pli, unique, du présent, le re-pli vers le Fait ou tout aussi bien le dé-pli de l’arc vers le présent agissant la réalité.      

Le réel est ainsi intégralement ouvert sur lui-même, rien n’est caché, rien n’est extérieur, ni « intérieur », tout est au-devant, parfaitement lisible et parfaitement réalisé (évidemment sinon il ne serait pas le réel), mais en suspend. En suspend de par le présent même. Le mystère du réel est l’acte parfaitement réalisé du présent ; que le réel soit d’une telle brutalité veut dire qu’il déploie indifféremment sa puissance, sa potentialité ; laissant aux arcs de conscience de sortir d’eux-mêmes l’entière possibilité ; ce qui est Un doit extirper de lui-même sa capacité.

Si la logique est vraie (que le réel est plus grand que lui-même, soit donc que l’être est le donné et que l’exister est l’en-plus du donné, seul réel ; si l’être est la mémorisation des présents et l’exister est le seul réel), alors dans la réalité et au travers d’une multiplicité indéfinie ou infinie, quelque chose de plus infini encore est en possibilité. La logique de l’exister signifie que ce qui sera existera plus que ce qui est ; ou donc que le présent tracte les réalités, qu’il est non pas un point d’attirance quelque part on ne sait où, mais que le présent est ce point ; que le réel ne quitte jamais le réel. De créer de l'infini dans l'infini (mais après tout il s'agit du réel, de "tout ce qui est ou existe", et qui ne laisse rien en dehors ; il est le Dehors même).

Rappelons ; il n’est pas certain que nous soyons « élus » … nous sommes causés par un splittage spécifique ; l’arc de conscience (soit ; le rapport à (soi) dont le ‘soi’ est le rapport lui-même) ; et il n’est pas certain d’une part que notre corps puisse accepter cet arc, et d’autre part que nous soyons capables de manœuvrer suffisamment cet arc, avec suffisamment d’intelligence, de sorte que nous survivions.

(Notre être n’est pas une chose, qui a rapport avec soi comme identité ; déjà l’animal a rapport avec le donné, via la surface de son corps qui effectue une séparation, mais souvent aussi a rapport avec les autres et connaissent qu’un autre il y a ; l’humain est né d’un rapport à soi décalé, autrement dit est autre que lui-même ; ça n’est pas l’autre qui nous crée, c’est que nous naissions à/hors de nous-mêmes, individuellement, un par un ; il nous est possible de nous positionner sur le réel, l’animal perçoit la réalité et l’autre de son propre point et non du dessus).

 

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