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instants philosophie

L’insatisfaction est la Règle

19 Novembre 2016, 10:12am

Publié par pascal doyelle

L’instruction de la division, la douleur des mois

On a découvert la structure de conscience, par les grecs, ce qu’ils ont tenté de stabiliser par la pensée, mais la structure ne s’arrête pas à la pensée, elle s’est également voulue par le dieu du monothéisme et le christique ; ce qui fut acté par Descartes qui installe sur le monde, sur l’étendue, notre être, en le transformant du même coup en cet-être posé-là.

Kant et Hegel observent cet-être et l’un avance dans la structure (dite transcendantale) et l’autre dresse la totalité de la phénoménologie de cette-conscience ; phénoménologie de l’esprit et phénoménologie de la logique du concept. Tout est ainsi exporté hors de nous ; nous sommes délestés de tout contenu, et ne demeure que la structure, nue et sans rien, soit donc d’exposer son articulation husserlienne telle qu’elle existe au monde, aux autres, et Sartre reprend la description en élaguant l’idéalisme (des contenus, de Husserl), et Lacan tranche net en dessinant la présence en tout moi de la découpe structurelle ; l’arc de conscience dans un corps, une cervelle, un moi, un langage cause des effets et puisque cet arc se tient non de ce qui est mais du point que l’arc instancie dans le réel, hors de nous, hors du groupe, hors du langage, hors de tout en fait, ce point est, pour chacun, un cataclysme, une déflagration.

Il ne sert à rien de chercher à faire Un avec soi ; le « soi » en question est lui-même intégralement et n’est que splittage, articulation, autre. C’est donc une pensée de et par l’altérité que créent Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan. De l’altérité constitutive ; non au sens où la réalité en passerait par l’altérité pour revenir comme réalité, mais au sens où la réalité, ou le moi, ou l’humain ou la pensée (etc) n’existent pas sans la forme antérieure de super méga hyper division. Le réel est un arc et n’est que cela. Le hiatus.  

On a commencé de voir que la séparation, division, le splittage n’est pas un exister dans l’être, mais que par hypothèse l’exister, la division sont antérieurs à l’être, et qu’il n’est de réalité que du réel, que de l’exister, et, pour nous, que du présent ; le présent est avant-tout et évidemment demeure précédant ; ce qui est premier c’est l’altérité ; la réalité est constituée par et dans l’altérité ; l’altérité n’est en aucune manière la réunion, la réconciliation, mais le devenir, la formulation du Un ; le Un toujours en plus, le réel plus grand que lui-même. On aboutit donc à comprendre que même en se représentant comme dieu, pensée, sujet ou altérité (volonté ou Etre) c’est la division qui se précise, qui s’augmente ; le Bord du monde, sans épaisseur, se structure en sa dimension propre ; il s’est augmenté par le langage et la groupe jadis, créant des cultures, des mondes humains, et il s’es t décisivement outrepassé, outrepassé la culture et le langage et le monde humain, autour de la méditerranée en désarticulant et réorganisant l’acculturation, le langage, l’humain

(au point que ce que l’on nomme langage, monde, humain, etc, est une dénomination pour nous ; qui n’existaient pas dans les mondes humains particuliers ; de même que l’on nomme « politique » ce que les grecs découvrirent comme tel, et dont l’essence est encore à interroger puisque se référant au un structurel, de même on nomme « monde » ce qui se vivait dans un groupe comme étant le-monde-même, en lequel il fallait être né ; nous ne savons plus nommer tel ou tel monde, puisque nous sommes surgis en dehors de tout monde, dans l’acculturation de l’a-civilisation généralisée, celle qui n’a ni peuple ni territoire).

La finalité est d’étendre la dimension du réel, la dimension de la division ; par ex, par quoi la division violente, physique, doit se sublimer en division intellective. Mais l’humain éprouve une difficulté effrayante à dépasser la ligne de mort du monde, par laquelle les enjeux s’expriment immédiatement par la mort de l’autre. La vérité est que l’humain ne peut visiblement pas transférer l’arc de conscience au-dessus du corps donné immédiat ; il ne parvient pas à créer un corps-autre, une autre surface ; il retombe toujours constamment dans le corps donné (et s’en prend à son propre corps ou aux corps des autres). Les esthétiques, c’est pour cela qu’elles sont aussi des éthiques, tentent de sublimer notre perception ; depuis l’invention-découverte de la structure esthétique, éthique, politique, idéel, philosophie, acculturation et personnalisation évidemment, tentent de nous produire un réel, un corps, une surface-autre qui puissent supporter, porter, et donc accélérer, augmenter, rendre cent, mille fois plus complexe la surface de la perception ; le moi est ainsi, comme personnalisation qui suit l’humanisation (passant de l‘universel, humanisant, à la singularité, personnalisante), le moi est une telle incrustation ; non pas comme le croit l’humanisme réaliste naturaliste rationaliste en tant que le moi est mon « identité » mais en tant que dans un moi (qui réclame effectivement l’humanisme réaliste naturaliste rationaliste) doit exister un sujet ; cad une impossibilité (c’est parce qu’il est impossible que le sujet est un sujet, sinon il serait une « chose ») ; obligeant le moi a passer du régime de la satisfaction (le moi croit qu’il est son corps, un corps personnalisé mais qui possèderait son essence propre et donc attend une « satisfaction », trouvée dans le monde, le destin, les autres, etc), de la satisfaction à l’insatisfaction ; l’insatisfaction est, littéralement et dans tous les sens, la Règle.

C’est cette Règle qui est élaborée ; élaborée par la philosophie, par la mystique (la mystique est très spéciale … qu’elle soit hindouiste ou chrétienne ou chiite ; on y approche le creusement même que le réel effectue dans la réalité, puisqu’elle développe une technologie extrêmement poussée), mais aussi élaborée de vif par tous les mois ; les mois affrontent l’insatisfaction maximum ; dans leur chair et ça les prend d’autant plus qu’ils en attendaient tout, de leur corps, de leur psychologie architecturée sur le corps ; par laquelle psychologie ils étayaient leurs intentionnalisations (de leur vécu, de la réalité, de l’humanisation elle-même) sur la seule base qui leur parait évident ; le corps ; or l’arc de conscience existe indépendamment et hors du corps (en ceci que l’arc désigne un point dans le réel donné « là », lequel point attire à soi toute l’intentionnalisation, et lequel point fut exemplairement instancié par le christ ; on se perçoit, par le christ soudainement, hors de soi, hors de son vécu, de la naissance-mort à partir du point situé forcément au-delà).

Les mois voudraient et usent toutes leurs forces, à produire un monde adéquat à leur supposée identité, ou essence certes humaine mais leur essence individuelle, chacun en son monde propre et ressemblant ; mais c’est l’altérité qui règne, partout, et pour un moi elle prend effets non seulement de la douleur, de la mort, de la solitude, des insatisfactions, mais aussi de l’incompréhensible ; l’attente ne va se reconnaitre en rien ni en quoi que ce soit.

Il est clair que Sartre et Lacan approchent au plus près de la déception, du manque à être (puisque l’on n’est pas, on ex-siste), ce que Schopenhauer ou Nietzsche pensaient tout également. Ce à quoi se heurte l’hyper volonté de Rimbaud.

De là la nécessité des mois de se tenir « sous le regard » ; soit sous le regard des autres, soit sous leur propre regard en se donnant quantité de spectacles, de représentations, de publicités d’eux-mêmes, de la vie ; qu’il puisse exister des choses ou des êtres sans regard pour soutenir ces choses ou ces êtres, est impensable ; ils voudraient que leur corps soit le reflet de leur image ; or ils sont des miroirs, la surface même de miroir et non les images qui s’y dessinent. Ce qui n’est pas du tout une raison d’abandonner au néant les images dessinées ; puisque la surface est ce qui n’apparait jamais ; on n’existe toujours comme image et rien que ; il n’existe que des mois, et dans les mois, des sujets impossibles.

Tout ceci ne prétend en rien que l’on puisse se passer de l’humanisme rationaliste naturaliste, pas plus que du moi ; mais il faut voir le mouvement entier qui découvre peu à peu à partir de la pensée et de dieu la structure articulée ; sans doute désire-t-on se saisir dans un énoncé, ou une visualisation, mais le jeu s’installe du méta ; qu’il n’existe pas de méta langage, c’est pour cela qu’il existe une structure et s’il existe une structure celle-ci est première. Et il est impossible qu’un contenu, ou une partie du monde (du moi, du corps, du vécu, de la représentation), ou une pensée et une connaissance ou un savoir puisse combler la structure ; aussi la philosophie est-elle (sous couvert de telle ou telle prétendue résolution de l’équation structurelle, prétendue qui permettait, en tant qu’opératrice de l’impossibilité, de renforcer et de pousser système sur systèmes l’avancée ; la pensée, dieu, le sujet, l’altérité sont utilisés par la structure, pour re-venir à nouveau et à neuf, pour étendre le Venir lui-même, puisque tout sort du présent qui s’avance vers nous, qui est nous-mêmes incarnant le présent au-devant) l’élaboration d’un savoir de cette insatisfaction même.

Ou ce qui peut se dire autrement ; la philosophie n’est pas la connaissance objective, mais l’exploration d’une part mais aussi d’autre part le savoir de la structure même ; de là qu’elle se tienne toujours ouverte du côté réel (il n’existe que ce côté-là, le donné est ouvert par devant, parce que le devant, l’au-devant est le réel même, constitutif) ; l’être, le un, l’infini, l’éternité, la chose brutalement existante, la volonté ou la suspension cartésienne de la volonté, etc C’est ce devenir structurel là, la manière que la structure eut de se plier et déplier qui est notre seul et unique devenir réel. Le reste ce sont des effets.

Les critiques antiphilosophiques (qui évidemment succombent toutes à la philosophie même qui est une structure agissante dès le début, la philosophie n’a cessé de se renouveler, ça n’est pas une nouveauté  ; la philosophie se charge du décalage ontologique, qui est un et unique ; arc de conscience/enchâssé dans le réel, comme exister et présent) parient d’une partie de la réalité contre le réel, oubliant à qui mieux-mieux l’universel, le sujet, le un, mais ce faisant une nouvelle version de la structure ; comme altérité pure et brute. Dans tous les cas la forme de la conscience se modifie en son rapport au réel ; acquérant la plus grande précision possible.

On entend bien qu’il faut, ce disant, comprendre ces effets, cette pensée, cette humanisation, cette personnalisation, mais à rebours les re-situer (les situer tout court puisque de réel il n’en est qu’un seul ; le présent articulé, comme machinerie) les re-situer dans la forme de l’exister brutal.

On répétera que la structure est la conscience de chaque arc, en tant que tout arc est parfaitement identique à tout autre, non en tant que chacun est universellement le même (l’universel n’existe pas en soi, mais comme activité), mais en tant que l’universel n’existe que de chaque arc ; en tant que l’universel réel est en vérité bien plus grand que l’universalisation idéelle, et que le vrai sens de « universel » est la singularité, le un. Rimbaud ne ciblait pas l’universel ; c’est parce qu’il étreignait sa singularité (et lui tordait le cou), comme on sait, qu’il engendrait de l’universel (mais il manifestait premièrement et ontologiquement le singulier brut et subtil, celui qui retourne le monde (tels les grecs) ou celui qui renouvelle tout ce qui est (tel le christique) et épuisant cela le « païen », le gaulois ; toutes les dimensions sont engouffrées dans la dimension unique, la totalisation rimbaldienne est impitoyable ; le point singulier est la totalité, au sens de l’ensemble, du ramener-à, explosée, très-analytiquement, par raison, par méta-raison, au Un qui seul bascule tout le donné là, corps y compris ; toutes les strates prennent place dans Saison et Illuminations). La psychanalyse atteint cette zone du singulier brut, telle que logée au cœur du moi, parce que le moi est hors de lui-même (« je suis pierre Dupond » ; on voit bien qui est Pierre Dupond mais qui est « je » ? c’est le « je » qui entoure, enroule, roule, tourne le moi).

La philosophie est l’avancée dans la structure ; celle qui est en plus. Descartes ne décrit pas le moi (comme la psychanalyse qui veut analyser le moi jusqu’à la béance structurelle de chacun) ; Descartes se tient du sujet Créé, engendre la possibilité de la structure lancée vers et par le présent ; Descartes situe le sujet au-devant, Lacan, partant du sujet (comme tout le monde, mais lui il le sait), ré-observe antérieurement à partir du point du sujet, la ligne qui traverse le moi. On ne peut pas prendre le sujet dans le donné, parce que c’est à partir du sujet que l’on perçoit ; le sujet suit accroché au présent même. La paroi au-devant tracte les donnés.

L’arc de conscience est le troisième plan ; pour faire court, il y a le donné là, puis il y a les mondes humains, et il existe dans ces mondes un soudain méta développement structurel, qui ne s’acquiert que un par un (c’est ce qui outrepasse l’humain, le groupe, le langage, le monde particulier, le corps immédiat, etc).  

L’architecture structurelle est lancée et va commencer de Créer à partir du point au-devant (l’être pour les grecs, le dieu juif, le christ, le sujet, l’altérité). Tout ceci n’est nullement des «uns substantiels », mais des opérateurs structurels qui vont engendrer du point qu’ils tiennent, chacun, un renouvellement du donné ; lorsque l’on passe du schéma « pensée » au schéma « dieu » (lui ajoutant la pensée grecque, de fait, puisque c’est la même instanciation méditerranéenne), on bouleverse continument la réalité à partir d’un nouveau point réel ; pareillement lorsque le sujet cartésien se tire de dieu ; ou que l’altérité, le point ontologique Autre, exhibe inhumainement la réalité.

La dimension ontologique (c’est sa fonction depuis le début) exprime seule l’enjeu. Permettre de visualiser le ressort du mécanisme conscience/exister (ou pensée/être ou renouvellement/christique ou corps/autre surface ou intentionnalisation/perception inconnue et augmentée, etc) fut-ce au travers de dénominations philosophiques étranges, puisque le réel est l’absolue étrangeté (on ignore quasi totalement ce qui se trame via ce décalage ontologique qu’est notre arc de conscience et qu’est ce présent) et éprouver cette visualisation en en élaborant la perception (qui consiste à se fondre dans l’aperception, au sens quasi kantien, des autres arcs de conscience explorant le feuilletage du Bord ; c’est l’aperception transcendantale qui se meut, c’est ce que montrent Plotin, Descartes, Kant, Nietzsche, Lacan, et de même manière chaque moi, tiré par son sujet des mauvais draps, des mauvais plis).  

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