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instants philosophie

Le temps et le présent

26 Novembre 2016, 09:46am

Publié par pascal doyelle

Heidegger et Kant

On a commencé par penser, en espérant que cette pensée, énoncée, calmerait la structure qui originellement permettait que « de la pensée » il y a.

Mais soudainement en cherchant les conditions du penser nous sommes remontés antérieurement à tel ou tel énoncé ; depuis Descartes jusqu’à Kant, Hegel, Husserl.

Ce faisant l’attention s’est déportée du contenu, de la pensée elle-même qui désirait élaborer un gros objet qui condense en lui-même toutes les pensées possibles à propos du monde, de l’homme, de dieu, etc, vers la structure, antérieure, originelle, qui permettait cette capacité de contenus ; sous couvert d’assurer la pensée, comme énoncé, nous sommes passés à la structure première ;

Descartes et son sujet (qu’il ne dénomme pas tel lui-même, qui lui sera assigné, caricaturalement ou non, par la suite), le sujet transcendantal de Kant (qui culmine dans l’aperception une rendant seule possible qu’il y ait un objet réunissant les perceptions dans les cadres, les catégories universalisantes), le sujet hégélien (qui devient l’acte négatif qui extrait au fur et à mesure toutes les pensées, toutes les positions et attitudes et expose les deux phénoménologies ;

celle de la conscience et celle de la logique, hégélienne, qui n’est pas « logique » mais production des idées vers l’idée absolue, cad vers la conscience-de-toutes-les-idées qui revient en retour et ré-expose toutes ses possibilités ; phénoménologie de la conscience, de l’esprit, mais aussi phénoménologie de la pensée, des idées qui naissent de l’activité de conscience ; l’historicité et la logicité de l’intentionnalisation ne valent pas comme définition de la réalité et du réel, mais du devenir de notre structure dans un monde ; exposant l’ensemble des possibilités,

le sujet enfin phénoménologique de Husserl qui non seulement dénomme véritablement la structure antérieure comme « conscience intentionnelle » mais commence de repérer les actes, les coordinations internes de cette structure intentionnalisatrice, et par ailleurs mais dans la même attention à cet-être que nous sommes, Sartre et Lacan qui décortiquent d’une part en externe l’arc de conscience dans le monde (parmi les autres, rapporté au corps, au vécu, à l’historicité), et d’autre part Lacan qui explore en interne les plis et déplis de cet arc de conscience en tant que cet arc est pris-dans un corps ; en tant que le corps devient une surface-autre, soumise à la jouissance impossible) et qui doit, avec effort et peine, réguler cet afflux d’une surface corporelle autre que soi.

Toute cette exposition, exhibition, monstration permet de se concevoir selon la variation intentionnelle de tous les possibles, mais tant que ne sera pas levée l’énigme de la structure de cet être, dont nous sommes l’effet, on ne peut pas définir le sens, la direction de l’intentionnalisation ; quand bien même serait collectées toutes les possibilités ; le sens et la direction de cet-être (jadis notre-être) est détenu par le présent. Tout comme Heidegger cherchait à exposer le cœur interne de cet-être posé là sur le donné ; mais on sait dorénavant que le donné là est gigantesque, voire hors de toute proportion (si tant qu’il existe des tas d’univers) ou si l’on suit la logique ; que le néant étant infini, l’être (tout également existant au possible) est tout pareillement infini (une quantité infinie d’énergie à la base, autant que l’on sache) ; que nous ne sommes pas spécialement « élus » et que ça n’est pas le non-sens qui règne mais une indifférence distributive qui lance par-ci par-là des ilots d’ordre plus concentrés et dans ces ilots de toute apparence des structures spécifiques qui au lieu d’être simplement données comme identités (une chose est un chose), ont un rapport à elles-mêmes, ou donc que l’arc de conscience est le rapport à (soi), dans lequel le « soi » est le rapport lui-même. De sorte qu’il peut se placer lui-même sur la surface du monde, du réel et n’est pas seulement tel ou tel relation au milieu.

Cette articulation spécifique est donc temporelle ; mais Heidegger visait encore que ce soit l’ensemble de toute la réalité qui serait affectée par le dasein ; on se référera au Kant et le problème de la métaphysique, par quoi Heidegger saisit que le schématisme kantien est le glissement du donné dans le temps ; en gros que les intuitions sensibles sont ramenées dans les catégories ou l’entendement par le schématisme, ce qui veut dire dans le giron du sujet transcendantal (qui se sait par temporalisation ; le sujet étant « lui-même » par le temps). Ce glissement que H reprend de Kant, cesse par H de rester subjectif et devient la donnée absolue du transport de l’être (extérieur) dans le temps (dont témoigne seul le sujet, les choses sont « dans » le temps, le sujet est en dehors) ; mais il est en dehors de manière subjective (ou du moins transcendantal) pour Kant et objective pour H.

Mais il faut dire que la situation de notre être sur le réel est hyper objective. On ne témoigne pas du « temps » ; soit donc la procession passé, présent, futur ; de telle manière que le sens de l’être serait le futur. Ou plus exactement passé et futur n’existent pas ; n’existe que le présent ; et non le présent tel que coincé entre passé et futur, le simple donné « maintenant », mais le présent en tant que seul témoin, si l’on peut dire, qu’il existe une dimension (dont on ne voit pas à quoi elle correspond, puisqu’elle est antérieure à toute la réalité ; le présent est le réel avant-toute la réalité, l’indéterminé avant la détermination, la forme de tous les contenus). Et donc le présent comme origine absolument de tout ce qui est ; l’être est second (ce que voit bien H, comme étants ou super étant, dieu par ex) et l’exister est premier ; mais l’exister est absolument découplé de l’être ; non au sens où il serait indépendamment et substantiellement, mais au sens où il est formellement antérieur ; l’exister est séparé, par ex, en ceci qu’il est plus grand que l’être. Mais attenté au présent en le soumettant au passé et au futur c’est tordre la structure (qui est tout absolument verticale) vers la totalité du donné ; comme si la forme (le réel, le présent) était  en vue de la totalisation.

Le Un existe, le tout n’est pas ; si le Un, le présent, est la forme de réalité, la réalité ne forme pas un Tout. Il serait tentant, dans l’absolu, de confondre les deux ; qu’il y ait un Tout-un ; mais ce serait relativiser le Un, or le Un ne peut pas être réduit ; c’est une vieille pensée, une ancienne logique qui est combattue par Kant ; Kant dresse unilatéralement, cad verticalement (de même que Descartes), notre structure. De même H qui enquête sur le « là » du donné, mais se laisse prendre par défaut d’interprétation, dans l’idéalité (une idéalité extrêmement difficile et non pas classique), alors que Descartes, Kant, Hegel, Husserl explorent l’acte actuel de la structure.

En identifiant l’être au temps, H ne peut plus relativiser le temps ; le temps est l’interprétation que l’être donne, objectivement, de lui-même (en se dévoilant-voilant, qu’il y ait eu tant d’erreurs, selon H, est le temps du voilement, des errances) ; alors qu’en fait, selon le fait brut, si le présent est seul ce qui existe (puisqu’il est l’exister même), cela veut dire que le non-temps est l’actuel Exister. Tout le temps, comme tout l’espace, comme toute la détermination (emportée dans l’altérité qui différencie dans les choses et distingue dans l’intentionnalisation) sont déployés dans l’exister pur et brut. La forme de tout ce qui est, est continuellement présente, n’est pas « ailleurs » que le donné, puisqu’elle est à l’origine, structurelle, ontologique, de tout le donné. Le Tout, comme hypothèse, rend incompréhensible le temps, comme la multiplicité. Le Un comme formel est le temps en-deçà du temps connu. L’arc ne ramène pas le donné au temps, mais le donné et le temps au Un originel continuellement présent.  Et c’est de ce point là que Kant est saisi parce que c’est sur ce point là que nous existons.

On voit par cela que l’on se situe par la réflexivité, par la philosophie, sur la limite effective du réel ; on se tient par la réflexivité sur le Bord parce que nous existons, en notre arc et structure, sur et par ce Bord ; c’est ce que H comprend de Kant ; d’apercevoir que la description kantienne est ontologique ; mais cette position ontologique n’est pas de l’ordre de la connaissance ; elle est antérieure et H croit comprendre que cette positon antérieure est situable par ses effets ; dans le dasein l’angoisse et l’authenticité (le langage, le peuple, le territoire, etc) ; ce qui est l’annulation que ce soit une « conscience » ; c’est un être situé là, et le « là » crée cet être. Ce qui est vrai, mais c’est Kant qui a raison, ou « plus raison » de cadrer notre être comme structurel ; il leur manque de concevoir notre être / dans l’être, comme cet arc de conscience / sur le présent.

Soit donc deux articulations. Sans contenus, non substantielles, non matérielles, non déterminées. Puisque sans contenus, ces articulations (qui se chevauchent l’une l’autre) et n’étant pas matérielles ou déterminées, ne sont donc pas « idéelles » ou « spirituelles » ; auquel cas elles seraient elles-mêmes composées et relèveraient d’une définition qui dériverait leur nature de déterminations ; or ce que l’on tient ce sont des structures ; il existe un réel (qui consiste en l’exister pur et brut)  et il existe des arcs de conscience ; qui sont tous deux des Réels, des natures spécifiques indérivables ; on ne peut pas dériver l’exister de quoi que ce soit, et on ne peut pas dériver l’arc de conscience ;

cela veut dire que l’arc de conscience ne consiste pas en la connaissance et c’est pour cela que Kant tient le bon bout ; ça n’est pas tant la capacité de connaitre qu’il entreprend que la liberté pure (soit donc la validité de la raison pratique et esthétique qui signifient autre chose et autrement que la connaissance) ; soit donc un être structurel qui excède la pensée. C’est évidemment cet être structurel qui sera plus encore objectivé par Husserl et Sartre et Lacan ; depuis Descartes on investigue la structure et les descriptions en sont hyper objectives ; et ce qui guide ces investigations c’est la constatation ; suivant Descartes, Kant avance, suivant Kant, Hegel avance, etc, suivant Sartre, Lacan avance. Il apparait donc qu’il faut impérativement aiguiser la pointe de conscience, cet arc, cette tension, de telle sorte que reprenant l’avancée antérieure cette pointe puisse lire la ligne du temps, du présent ; tous les éléments sont là, présents, puisque c’est le présent même, celui qui « accompagne » toute réalité et toute intentionnalisation. Rassembler la structure de l’exister est devenu l’activité philosophique même. Et il est vrai que cette structure est spécifiquement activée par l’arc de conscience, en un sens non pas subjectif (ni objectif de manière habituelle) mais en un sens ontologique ou hyper objectif ; l’autre hypothèse (qu’il faille rejeter ces explorations) est proprement insensée ; c’est annuler l’expérience sans aucun doute la plus cruciale (et on entend par là également les théologies et mystiques), comprises comme effets de structure).

Ce qui revient donc à ceci ; il nous est possible de paramétrer notre attention, notre structure de conscience et avancer via Eckhart ou Sartre ou Kant. 

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