Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

NHSL

5 Novembre 2016, 11:29am

Publié par pascal doyelle

Nietzsche Heidegger Sartre Lacan

On a dit que Sartre expose l’externe vue sur notre être et Lacan la conception interne de cet être. Mais interne ne signifie pas alors « intériorité », c’est particulièrement clair pour Lacan.

Par quoi l’on voit que la philosophie n’est pas, n’a jamais été une intériorité, mais a usé de l’intériorité (en la martyrisant, mais Rimbaud n’est pas en reste, et les esthétiques furent des éthiques ontologiques) ou à tout le moins a exposé à tout vent le « dedans ».

La réalité est sans dedans, le réel aussi ; tout est là-au-devant, et il ne convient donc pas de supposer une figuration, serait-elle Volonté ou Etre. La pensée, la réflexivité glacée de Sartre et Lacan vient s’opposait à tout ce qui jusqu’alors donnait lieu à un retour vers nous, un sens, serait-il non sensé. Sartre et Lacan décrivent et s’introduisent dans la structure même et non plus la laisse courir et s’ébrouer. Mais Nietzsche et Heidegger lui laissèrent la bride sur le cou.

Sartre et Lacan achève totalement toute intériorité, tout intériorité de cette structure qui paraissait « notre être » et que depuis belle lurette, quand même, Descartes en la posant « là », cette structure, sur l’étendue du monde, avait transformé en cet-être, objectivant le dit « sujet » dont on voit bien alors qu’il ne correspond pas du tout au caricatural « sujet » que l’on oppose à Descartes, à Kant, à Hegel, à Husserl ; la nature du sujet étrange est activé, lancé dans l’historicité humaine et on commence seulement à peine de saisir ses tenants et aboutissants ; en fait de ce trajet ontologique rien n’est dit encore.

Si Sartre déploie tout l’externe de la structure de conscience, et Lacan explore tout l’interne plié et replié (sur le corps comme surface), Nietzsche est le point de vue radical, celui qui brise l’histoire en deux, du sujet impossible ; et Nietzsche marque, signe le sujet impossible comme Volonté, volonté-autre, installant l’altérité au cœur de toute représentation, perception, volition, intention, c’est la raison profonde de sa supposition d’une Volonté autre ; parce que la conscience n’est pas le conscient, la conscience n’est pas humaine, ce qu’il retourne c’est que la conscience soit « ma » conscience, comme si elle était relative à un moi, une identité, un peuple, une religion, une nation, un langage ; c’est tout cela qui est relatif à une structure-autre, et intégralement autre.

L’interne et l’externe n’étant pas du tout intériorité et extériorité, signifient qu’il n’existe aucun Dedans. Il n’y a pas de Volonté ni d’Etre. C’est ce que signifient Sartre et Lacan ; mais plutôt que de les considérer comme annulant toute la précédance, ce qui est absurde, il faut relire toute l’antériorité en fonction de ce principe ; que même lorsque l’on invoque dieu ou la pensée ou l’esprit ou le sujet ou la Volonté, etc, cette apparente substantialité est en fait opératrice et, de fait, dieu ou l’esprit hégélien exposent, font voir, imposent de percevoir ce qui autrement (sans dieu ou Hegel) ne serait pas du tout différencié. L’ensemble de l’occidentalisation (qui veut trouver ici même, ici et mainmettant ce qui s’articule et non pas supposer-situer au-delà un absolu, et donc occidentalisation qui admet par principe non que l’absolu n’est pas mais bel et bien qu’il est ICI) est une exposition monumentale.  Cela, pour les croyants, ne veut pas dire que l’on annule dieu ou quoi que ce soit ; mais au moins, au minimum, leur précise le lieu, le plan, le hiatus en lequel s’interstice le divin, si ils l’entendent ainsi.

NH

La Volonté figure, représente l’altérité absolue, formelle, radicale. L’historicité est retournée de ce que ce qui veut en nous est ce dont nous sommes l’effet ; la grande illusion est de croire que la conscience qui parait tellement intime est en réalité profondément autre et c’est sous son feu que nous brulons sur le grill ; si l’on présente ce qui veut en nous comme une Volonté, on est immédiatement bouleversé et rendu à l’altérité ; évidemment ce faisant on interprète Nietzsche ; on lui fait dire ce qu’il ne dit pas, et que la Volonté est l’arc de conscience dégagé, détaché du conscient, de l’identité ; mais la philosophie n’a jamais fonctionné autrement ; découvrir l’impensé sur la marche, l’avancée, la puissance de ceux qui précèdent ; la philosophie est la discipline qui veut saisir ce qui est arrivé à l’humain autour de la méditerranée ; elle est sur la piste de la structure qui s’est activée, débarrassée de tout groupe humain, de tout langage, de tout monde particulier, et abordant non seulement le monde donné là mais attaquant à même le « là » de tout donné (soit donc la seule constante en deçà de tous les mondes, naturels ou humains ou personnalistes).

L’arc est une structure qui s’engendre du présent, du futur si l’on veut ; en ceci que sorti de la cervelle il fait retour, revient, mais on pourrait aussi dire ; qui re-vient, en quoi le –vient nous surprend certes, mais surtout nous brise, nous scinde, sans pitié aucune et insituable, non connu, non accessible, il est ce par quoi on accède (ou pas) à ce que l’on peut ou veut ; de ce qu’il sort indéterminé de la cervelle, il revient chargé et il se joue ; soit donc d’une logique qui n’est jamais et ne peut pas se clore ; le Un est ce qui vient ; le réel a produit un être tel qu’il vienne de son futur, du possible ; mais le présent opère de même ; il est sans mémoire.  

La figuration qu’impose Nietzsche (on est pris instantanément dans la représentation du réel comme Volonté) est aussi la figuration heideggérienne de l’Etre, de l’Etre par delà les étants ; de son impossibilité de langage par exemple ; mais depuis le début la philosophie, la pensée outrepassent le langage, comme le groupe ou tout monde humain particulier ; Heidegger ne dit pas que la vérité est dans le langage, tel que donné, mais dans le langage tel qu’enclos dans le langage ; et qu’il faudrait extirper du langage, ce qui réclamerait un sujet adéquat à cette opération, mais Heidegger ne peut pas avancer un tel « sujet », ayant passé son temps à le déconstruire ; Heidegger s’acharne, et nous épuise, à inventer un tel langage, sinon on ne voit pas la raison d’être de ses entortillements ; Heidegger détoure donc l’absurdité inhumaine nietzschéenne, mais littéralement ; il fait le tour de cet-être-autre, et il montre, dessine, délimite le « lieu » de la monstruosité étant entendu que ce monde, cet univers est une monstruosité, que le réel, le réel tel quel, pur et brut, est une horreur, incommensurable (de même que dieu nous imposait une Exigence effarante, ou que la pensée nous écrasait de son caractère divin, créatrice, au sens grec, si l’on peut dire, créatrice de mondes, ou que le christ nous crucifiait de A à Z et des pieds à la tête, tout cela n’est pas hasardeux mais parle, exprime, signifie, signe le Réel). NHSL cartographient, photographient l’arc structurel au plus près du réel monstrueux

Si Nietzsche nomme « volonté » la structure du réel, c’est bien de ce que cette volonté manifeste une intention, qui double nos intentions conscientes ; ce par quoi les conscients sont utilisés à une autre fin. Sauf que cette finalité de la Volonté est la pure dépense ; pure dépense ? Mais cette explosion de volonté entend néanmoins augmenter les possibilités ; elle n’est pas sans finalité et brutal déversoir de puissance ; elle est également puissance rendue subtile et engendrant la multiplicité, la pluralité et peut-être même une pluralité de plus en plus aiguisée ; engendrant un réel plus grand que le réel originel. Ce qui nous va très bien ou nous sied à ravir, comme on veut. 

Quand bien même Nietzsche n’utilise pas le mot « conscience » mais bien « volonté » ne signifie pas qu’il n’engage pas la même structure ; parce que la philosophie ne crée pas des « idées » ou des « systèmes » mais des rapports à partir de la structure, du rapport unique un et premier, qui est, ce rapport, une structure réelle et solidement réelle (elle surgit de chaque cervelle vers le réel, en sortant de la cervelle, de tout ce qu’elle contient et c’est cet arc qui est approché et libéré depuis la méditerranée depuis 2500 ou 3000 ans). On peut donc pluriellement nommer  la structure ; mais c’est la même architecture du même structurel qui se crée au fur et à mesure (étant formelle la structure se plie et se replie et déplie et chacun de ces mouvements augmente le Bord du monde, de même que chaque déplacements se réalise sur le Bord du présent, de l’Exister).

La précision de Sartre et Lacan permet de passer outre la dénomination quelque peu rêvée de la Volonté et de l’Etre (dont on ne sait pas trop au final ce qu’ils signifient) ; déterminer l’arc de conscience et le corps-autre est quand même une qualité de définition extrêmement réaliste et repérable qui rentre dans le constatable.

Nietzsche et Heidegger (de même sur leur description strictement réelle Sartre et Lacan) entendent nous pousser à percevoir selon l’interne et l’externe vision structurelle l’activité qu’est le réel ; ils nous emportent en une fois instantanée par leur expression même ; leu formulation est la forme de votre attention, de votre acte de conscience. Si l’on compare la vie des mois, qui se perçoivent encore selon l’adaptation réaliste, naturaliste, humaniste, universelle seulement (bien mal menée parce que le fantasme de réalité, l’irréalité maximale, dévore du dedans tout l’universel acquis, laissant retomber dans l’immédiateté toutes les intentionnalités), on est quand même frappé par l’extraordinaire exigence de NHSL d’un côté, leur hyper technicité, et la facilité, la courbe descendante de l’humanisation et de la personnalisation, qui rament à mort, il faut le dire, pour ne serait-ce que maintenir le niveau universel.

La technique et la technologie qu’est la philosophie est cela seul qui donne une vue sur cette technologie, cette fois réelle, inventée par le donné là, par le monde ; soit donc l’arc de conscience arcbouté au présent, sur le Bord.

Il faut donc suivre les descriptions qui se réalisent, se rendent réelles, au fur et à mesure que la forme se crée ; elle se crée pour elle-même, sur le Bord, ayant affaire au Réel auquel son rapport, son rapport Un (ce qui est rapport à (soi), est un), auquel son rapport se heurte, violemment, et puisqu’elle est au Bord du monde, du monde donné là, du monde unique universel, elle le soulève ; l’arc de conscience est antérieur à tout monde (et pour penser, situer cette antériorité il faut la décrire et sa description est ontologique, ou métaphysique pour les grecs qui conçoivent cette conscience comme « méga intentionnalisations », créant des machines-systèmes d’intentionnalisations extensives, qui d’une part provoque l’accélération des intentionnalisations distinctives, et d’autre part montre, font-voir les différenciations nouvelles, que le langage n’apercevait même pas auparavant, différenciations qui existent dans le monde ou qui sont produites, inventées dans le monde).

La production d’intentionnalisations n’est nullement « subjective » mais emplie d’effets considérables ; les avancées ontologiques absolument réelles, le Bord du monde est éprouvé, ressenti, et comme il est lui-même formel (le présent est forme pure et brute) cette proximité du Bord peut se figurer autant qu’elle peut se configurer ; une philosophie est une configuration du Bord (puisque chaque arc de conscience est une telle approximité) ; ce que l’on tisse sur son corps, par la surface-autre du corps, est tramé dans le réel. Rappelons que la surface-autre du corps est celle qui vient se superposer au corps donné ; celle qui se crée lorsque l’arc de conscience revient en retour vers le corps. Les esthétiques (éthiques, politiques, idéels, philosophiques, etc) installent sur nous le tissage (propre) et le tramage (donné là).

Il est ainsi un enjeu total de se produire là au-devant ; et ça n’est pas une identité (le moi) mais c’est une élaboration, qui s’acte au vif, le long d’un exister ; telle ou telle articulation est produite à tel ou tel moment ; ce qui s’acquiert ça n’est pas l’individualité (cad le moi, bien que le moi soit absolument requis pour que surgisse le sujet impossible, le moi est un acquis fondamental), ce qui s’acquiert est créé de vif par l’individué ; l’individué est la constante élaborée du surgissement existentiel de chaque trajet ; l’individué n’est pas de s’assigner à l’universel (qui définit le réel comme étal et uniforme), mais d’acter chaque arc comme pointe ; le réel ne se constitue pas de l’universel seulement mais des accélérations soudaines, une par une, et qui ne se rendent réelles que une par une ; c’est ce que signifie l’accès individué décrit et délimité et détouré par la philosophie depuis Descartes (ça n’est plus un seul christ, comme forme unique exemplaire en laquelle et par laquelle on accède au point-autre, hors champ, hors vécu, hors monde, mais chaque Un, chaque arc accède au réel).

L’inclusion de l’universel dans la singularité brute

On remarquera que puisqu’il n’est que des arcs de conscience, un par un, il n’empêche que chaque un est universellement répandu … ce qui veut dire que l’universel (qui n’est en rien abandonné) est inclus dans le singulier réel.  Ça n’est pas l’universel qui convainc les consciences, c’est l’activisme de chaque conscience qui contient, entre autre, l’universel ; entre autre parce que l’activisme de conscience a affaire à un tout autre universel totalement effarant ; la structure démulti-pliée du réel. Les choses sont déterminées, le réel est la constante formelle.

Commenter cet article