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instants philosophie

La limite des extrémités

17 Décembre 2016, 12:06pm

Publié par pascal doyelle

Kant sur la pointe.Interprétation des dernières pensées.

Ainsi tout objet est admis comme un, mais c’est un pseudo, comme un tout mais il es faux, et toute vérité énoncée, tout énoncé logique ou mathématique, tout idéal, ne tiennent uniquement que dans et par le faisceau de l’intentionnel arc de conscience ; c’est l’intention qui dispose des objets, des contenus ; et donc c’est une description spécifique qui traite de cette intention en elle-même, qui dispose par ailleurs de ses, ces contenus. Et les contenus sont des signifiants de l’intention et non la vérité ; mais alors la vérité est du côté de l’intention et non des énoncés. On a cru que Kant nous exposait la subjectivité préludant à l’énoncé, acquérant par là les conditions restrictives de toute énonciation, et cela est exact, mais ça n’était absolument pas son but. Son but était de délimiter, et non pas définir, les conditions hyper objectives de notre être ; en détourant l’objectivité, de délimiter l’hyper objectivité. La vérité est non le signifié imaginé sous tel signifiant, mais le signifiant même.

Que cette description obtienne un sujet, une subjectivité apparemment purement formelle, le sujet kantien, mais le sujet cartésien ne le cède en rien (Descartes dresse le sujet sur la paroi non seulement de l’infini, dieu, un dieu assez étrange, mais aussi sur la paroi du doute, de ce que le doute rencontre comme pseudo réalités ; tout e qui est, est infiniment douteux, sans signifié, et le seul signifié est renvoyé sur el Bord ; dieu, dont on n’a aucune conception, et l’intuition que l’on en a n’obtient probablement qu’un milliardième de ce que dieu est, cad n’obtient rien, sinon la vision formelle de la passation) cette description qui est passée outre ou en-deçà de la « pensée », ne signifie pas que cette structure formelle soit insatisfaisante ; que les suivants prétendront remplir, mais qui, en développant la forme et en croyant la substantialiser, au sens de la pensée comme sujet, hégéliennement par ex, insisteront en déployant non le super contenu substantiel, mais en déployant la forme elle-même se pourchassant dans de super contenus de plus en plus architecturés, mais architecturant la forme et non le contenu ; c’est en ceci que les contenus prendront d’étranges formulations, ils subissent le poids structurel de la forme dégagée par Kant (qui continue l’exploration de la forme ouverte par Descartes, qui origine la pensée dans un être spécifique, être qu’il commence d’établir dans sa dimension qu’il nomme infinie ; Descartes ne recourt pas à dieu pour seulement justifier les énoncés, mais afin de dresser la paroi réelle ; celle qui tient sur la supposition structurelle.

De même à la suite de Kant on se saura plus sur quel pied danser ; on ne comprend pas qu’il indique le sens d’une dimension externe et que la philosophie, depuis Descartes mais aussi sous une, à peine au fond, autre formule par les métaphysiques grecques et les théologiques, que la philosophie ne parle pas seulement du monde, d’un énoncé vrai, d’un objet ou d’un contenu, mais de la structure qui conditionne et rend possible tous les objets mais aussi tout le réel ; non seulement des choses mais de la dimension qui précède les choses, et les êtres.

Les êtres et tout autant notre être ; nous ne sommes pas de ce monde, parce que nous sommes de la structure, de l’inépaisseur de la structure qui précède le monde ; non que la structure vaille en dehors de ce monde, mais ce monde est le signifiant de ce signifié très étrange qu’est la structure. C’est ce que veut dire Kant ; par ses extrêmes dénouements qui bordent le monde, l’objectivité, la perception,  l’esthétique et le jugement, l’être moral, cad structurel du libre universel ; il lui manque de concevoir la sauvagerie du libre pur et brut.

Il ne voit pas encore ce qui sautera aux yeux des suivants ; que nous sommes immergés, non seulement autour de nous, par le monde devenu univers gigantesque, et historicité violente, immergés dans l’altérité. Il croit que le sens de ce qu’il décrit et de la dimension dont il s’approche plus que quiconque, que ce sens est un apaisement, un bonheur, une surnature, dieu et les âmes ; il ne voit pas que la bataille est une guerre, extrême et profonde ; qu’il faudra aller plus loin encore en nous et dans le monde, l’altérité du réel. Que le défi est bien plus conséquent que de simplement réguler le donné et l’immédiat par l’universel et le libre consenti.

Les révoltés qui suivront ne veulent pas seulement subvertir la claire raison et sa, ses régulations, ils veulent augmenter et exploser le libre en tous les sens possibles, puisqu’ils voient bien que le monde est bien plus grand et bien plus dur que le monde régulé kantien ; et la dite révolte commencera en pensant gagner plus grand et plus lourdement, à perdre le réel. Le monde dont ils parlent n’est plus le même que le monde régulé potentiellement par le un structurel kantien ; la structure s’est re-présenté par les grecs et le christique (suite au monothéisme du Un tout-Autre), mais elle s’est libérée par la révolution. C’est la totalité des possibles dans un monde délivré mais déchainé.

Parce que dessous les révoltes envers la raison pacifique, régulatrice, pointe encore l’attente d’une satisfaction, mais la structure déchainée sur le monde n’est pas humaine, du tout ; ce qu’elle peut engendrer est totalement hors de proportions, incontrôlable. A moins de parvenir à maitriser la structure, l’analyser et en tirer les conséquences ; c’est parce que dans la structure délivrée est enkysté par le fantasme (d’une réalisation de soi, du désir, du monde, de la puissance) et parce que la structure délivrée au lieu de penser selon l’hyper objectivité sa dimension spécifique a cru en des fantômes surnaturels (mais au sens de magique cette fois, de mondainement suscités), qu’au lieu de reconnaitre son être comme réflexivité, comme criticiste, comme pensé en seconde formulation, on a investi cet être de détermination, de signifiants dont on attendait qu’ils soient les signifiés très réalistes, très mondains, très déterminés, très consistants ; il n’est pas de consistance.

Il n’existe que l’inconsistance de la forme qui se suppose. La dimension non de l’être, mais de l’exister ; ce que soupçonne si rigoureusement Descartes et Kant ; ce que savent Sartre et Lacan. La volatilité de la forme, de l’arc de conscience et du présent c’est sa souplesse sauvage et de cohérence pure et brute. Il est clair que le chemin, la voie, la vérité est de transformer cette brutalité en subtilité.

L’humain, le moi, la pensée, l’esthétique, etc, tout cela est effets de la structure, mais ce sont des effets actifs et permettant en se transmettant, par l’acculturation généralisée, de transformer les consciences, les arcs de consciences sauvages en articulations auto-normées ; non pas normées de l’extérieur, comme on aurait pu le comprendre Kant et qui nous horripile tant, mais auto-normées.   

Et il faut conserver le tiret de auto-normé, parce que cela implique que chaque arc parvienne en la forme une et dés-articulée de son ex-sister ; on dit « désarticulée » en signifiant « articulé » ; ce qui est articulé est d’abord et quoi que l’on fasse une dés-articulation ; c’est en ce sens que le défi ontologique (cad concernant toute la réalité parce que le réel comme racine) est bien plus exigeant et plus profond que ne le permettait la description kantienne (qui en demandait que de s’abandonner à l’universel) ; ici il faut non seulement s’abandonner à  l’universel (parce qu’il n’est aucune individualité en l’infra universel, que via le filtre universel seul il peut exister une individualité suffisante), mais il faut acquérir la singularité.

Qui est, comme on l’a vu, non pas le non universel, mais ce qui origine l’universel lui-même ; la cohérence ontologique antérieure à la cohérence universelle (qui fut élaborée durant tous ces siècles, et depuis la méditerranée).

Sans doute l’épopée nietzschéenne tombe dans le panneau d’une sauvagerie délaissant l’universel et la raison, mais ceci est juste une façade ; la vérité est que Nietzsche cherche à élaborer la liberté ensauvagée (et requérant qu’il puisse passer outre l’universel et la raison et la démocratie et le sujet et l’humanisme, tous ces abandons sont effectifs et résolument dangereux et affaissements de la pensée, de l’intentionnalité), mais aussi il cherche la subtilité du libre a-humain, affronte ce que Kant ne voyait pas, la dureté et la profondeur du défi ; pareillement Heidegger. Et seuls les descriptions sartriennes et lacaniennes parviennent à conserver la dureté en même tant que l’exigence…

Il ne faut pas se laisser berner ; ce que soulève Kant est le plus effroyable élévation qui se puisse ; depuis les grecs et le mono nous sommes à la lisière de la réalité et abordant le réel de cette réalité ; lorsque dieu nous dit qu’il en va de notre âme, il en va réellement de notre âme ; en quelque sens qu’on le prenne et que l’on y croit ou non ; dieu est, à tout le moins, ce qui signe la structure active, celle en deçà de laquelle il n’y a rien, plus rien ; ce que ce mathème, dieu, ou le christique ou la pensée ou le sujet ou l’altérité, nous signifient c’est que « vous voici au Bord de tout ce qui est, choisissez ».

Sans doute nous n’avons pas le choix, mais ce dont nous n’avons pas le choix c’est d’être selon le monde en oubliant la forme structurelle du réel ou d’exister selon la structure antérieure à tout monde. Et de décider de la tenue de la supposition. La supposition du Un, du Un qui, finalement, a pu se frayer un chemin au travers de ces signifiants, qui se prenaient pour le signifié. Le signifié absolu.

On sait qu’il n’est pas de signifié, c’est le sens de toute la révolte envers la raison substantielle ou envers la pensée (interprétée selon la perspective née au cours du 18éme, 19éme, 20éme et qui confond que la pensée soit une sorte de raison préalable ; mais on a vu que dieu, la pensée et le sujet, antérieurs au 18éme, manifestaient une tension tout à fait différente de celle tout à ras de terre de la raison naturaliste et réaliste, démocratique et humaniste, déterminée). Et toute cette révolte et cette altérité afin de conférer à notre structure une plus grande volatilité, souplesse, multiplicité (puisque n’ayant alors plus affaire au contenu monolithique ou à l’universel et tous les sens, les directions, physiquement y compris, les orientations et les désorientations, surtout, devenant des possibles).

Les mois étant extrêmement proches de la résolution de leur être, basculent toute leur attente et stoppe la programmation du sujets en espérant devenir de grands sujets ; de matérialiser le sujet impossible (que Descartes et Kant connaissaient comme impossible, dont ils parvenaient à détourer, sans y pénétrer, l’impossibilité ; renvoyant à dieu-l’infini ou au nouménal, à la liberté et surtout à l’indétermination, transcendantale). Matérialisation qui les engage dans d’épouvantables tourments (il faut que l’arc de conscience, la structure du Bord s’incorpore dans un corps, dans un vécu, un moi, et ne s’offre même plus la protection de sa formulation universelle) à commencer par Fichte, Hegel, jusque Nietzsche et Heidegger (ces deux derniers tentant de passer outre et de non pas seulement rendre réel le sujet mais de définir le sujet a-humain, autre, puisque visiblement l’absolu ne passe pas dans les tentatives précédentes, il faut donc supposer une altérité, dont on remarquera, qu’elle soit la volonté ou l’Etre, qu’elle se débat avec le Un ; le Un absolument autre (l’Etre, autre que les étants, autre que le dieu un, visualisé comme la grande étantité, ce qu’il ne fut pas vraiment, parce qu’il fut exigence ; et la volonté comme multiple, en tant qu’ontologique, de la multiplicité, comme mondes et autre en tant qu’elle est l’autre-volonté pour ainsi dire, elle n’est pas la « mienne » ; du reste les deux appellations « volonté » et « être » sont plutôt ambigües … et bien qu’elles veuillent manifester l’altérité, empruntent une dénomination pour le moins traditionnelle, et comme d’habitude, ça n’est pas un hasard).

Il ne s’agit plus d’attendre dieu, la pensée divine grecque, le sujet et son accès à l’infini mais de vouloir, désirer, imaginer ici et maintenant dans et par ce monde, de sorte que l’attente au lieu de spirituelle, devient magique ou investit autant l’objectivité que la révolution ; ça ne veut pas spiritualiser la réalité, ça veut matérialiser l’intentionnalité brute, native, excessive, matérialiser le Bord du monde … dans le monde. Ce qui est absolument impossible. Il n’y a rien qui puisse contenir le Bord.

Et cela ne signifie pas que la technologie qu’est le Bord soit un non sens (bien qu’évidemment on le reçoive si impressivement comme tel), mais que le Bord doit lui-même s’instruire ; lancer sa propre instruction, sa propre mise en forme, formaliser la forme qu’est l’arc et le réel, le présent, répéter la forme en et par elle-même ; l’arc de conscience est déjà réflexivité, il construit le donné qu’il perçoit ; aucun donné construit ne peut satisfaire ou répondre à l’indéterminé qu’est l’arc ; c’est donc que l’arc doit construire, relancer, animer non plus tel contenu ou telle construction mais en propre la forme qu’il est. La forme de structure doit s’installer dans le corps.

Quant à savoir si le corps est « destiné » à cette fin, structurelle, c’est une autre question ; le Un se crée au fur et à mesure (sinon il n’existerait pas de présent, et donc pas de réalité) et on ne peut pas préjuger ; on ignore vraiment quelle disposition du corps doit être appelée par la forme qui devient (et nous n’en sommes peut-être pas capables). Aussi tant que l’on a voulu imposer par-dessus le corps une idée, une morale, l’universel, l’image (l’image dont se pare le moi y compris), ça ne pouvait pas prendre et les révoltes, les négations, les altérités voulurent proposer une prédisposition qui soit bien plus antérieure que les morales et l’universel ; la Volonté et l’Etre préexistent et outrepassent, l’historicité marxiste ou l’objectivité scientifique, ou toutes les versions, y compris la psychanalyse, ayant pour finalité explicite de nous expliquer et en fait d’annuler que le gouffre structurel soit ouvert en nous ; le gouffre serait une « maladie » ou simplement la réalité n’aurait aucun sens ; mais si le Bord est ce qui seul existe (et que tout le reste c’est l’être comme effet du Bord), le Bord, aussi difficile soit-il, est le sens, l’orientation, la direction.  

Et la structuration de la structure doit être précisément l’acquisition de la forme de la structure ; ce qui se travaille de Descartes à Lacan. Il faut vraiment demeurer le nez collé à la préhension d’un « résultat », d’un objet là, mort, inerte, objectif, mangeable, désirable imaginairement pour le moi, pour ne pas comprendre que la philosophie est passé depuis longtemps sur l’autre versant, la paroi du réel, l’antériorité à tout monde, et qu’elle observe, analyse, éprouve avec son sens de la gyroscopie sans repère, éperdue et affolante, affolée ; mais le mouvement du gyroscope est le repère , unique, le seul, son mouvement, son hyper objectivité. Son glissement dans et par la structure.

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