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instants philosophie

Le singulier pur et brut

8 Décembre 2016, 18:36pm

Publié par pascal doyelle

Si tout moi, ce qui veut dire tout être humain ayant été assigné (par l’historicité) à cette forme d’existence dite de la personnalisation (qui fait suite et prend la suite de l’humanisation réalisée par la, les révolutions ; il n’y en a eu qu’une seule, de révolution), si tout moi se doit à un sujet, et que celui-ci est invisible, n’apparait pas, jamais, est hors champ, alors on se doit à l’invisible. C’est comme ça.

On peut nommer comme on veut l’invisible (dieu, la pensée, la détermination naturelle, la Volonté, l’Etre, l’ICS, etc ou bien « moi » ou « la nation » ou Rimbaud ou qui l’on voudra), toutes les dénominations fonctionneront comme signes de l’invisible, qui est tout sauf mystérieux (bien que l’on ne sache pas « où » elle va), l’invisible étant la structure, la structure de la conscience, qu’il faut comprendre au plus près, c’est-à-dire comme structure de l’attention, du faisceau de conscience. Ou si l’on veut ; toute conscience est conscience de quelque chose, certes, mais peu importe parce qu’au vrai elle est conscience de « rien », de la forme même, sans contenu attaché.

Si l’on dit ; en fait on est conscience de « rien », alors que visiblement on est un moi, un être humain, au 21éme, d’un corps et d’une intersubjectivité, etc, cela parait absurde ; on n’est pas « rien », on est tout cela. Mais du point d’invisibilité, ça n’est pas que tout cela que l’on est soit sans importance, la question est ; qu’est-ce que l’on en fait, de tout cela que l’on est ?

Il est ainsi un Point, invisible, le seul en vérité en lequel on voudrait exister, et bien que l’on soit « tout cela » ; c’est le point dont on tombe amoureux par ex. ou soudainement on se dit « houlà, Kant avait raison verticalement et dans, presque, tous les sens ». C’est ce point là, une écoute réitérée de Lad Zep, par ex, c’est de ce point là que l’on se tient. Parce que l’on en fait quelque chose, on l’agit, ou il nous agit, puisqu’alors étant invisible on ne peut pas le manipuler, comme une attention d’objet ou d’un contenu ou d’une représentation ou d’une détermination) ; c’est lui, le point Autre, qui nous travaille (et comme il est non visible et tel un point, il n’est pas lui-même déterminé, par contrôlé par qui ou quoi que ce soit ; c’est parce qu’il n’est pas dans le monde, que par lui, nous sommes, en retour ou en re-tour (nouveau tour), libres. Ce qui est très compliqué, pour tout le monde, pour chacun ; mais la structure du libre brut n’est pas simple, sinon elle n’aurait pas grand intérêt, mais surtout elle n’aurait pas de raison d’être.

Il existe une structure de libre brut parce que le réel est le présent et que le présent est en cours et que l’on ne sait pas où il va (ni lui du reste ; de la seule constatation le présent est une machinerie gigantesque et profonde, un décalage absolu, cad formel, qui produit, pour nous en tout cas et autant que l’on sache, des arcs de conscience-en-un corps vivant, et on se dit que si arc de conscience il y a c’est en tant que relève du présent ; sans doute ailleurs, dans la ou les réalités, les univers peut-être, existe-t-il d’autres sortes de « conscience », de rapport à soi comme rapport, ayant su se débrouiller un  peu mieux que nous ; arc de conscience, rapport à (soi) comme rapport, est donc une structure dont on ne voit pas comment l’éviter ; une chose est son identité, une conscience est le rapport qu’elle existe avec elle-même comme conscience, cad comme rapport, non identique, ce qui tombe bien parce que le réel, étant le présent, est lui-même non identique).  

Ce qui est bien pratique, comme principe (que l’on se tienne d’un point Autre, non visible et qui ne le sera jamais, autant que l’on sache), parce qu’alors on peut appeler à nouveau toutes les explorations et non plus se contenter du rationalisme, qui voudrait que le donné seul explique tout le donné et qu’il n’y ait rien d’autre, de sorte que tout intervalle, ontologique, soit immédiatement comblé par la raison, l’objectivité, la détermination (ou par le moi, le désir, son, ses objets, et tous les trucs qu’on veut nous vendre ou dont on pense nous convaincre ; rien ne peut combler le hiatus, cad chaque arc de conscience, et la philosophie ne remplit pas le trou, elle a passé son temps à augmenter la rupture ontologique ; plus vous entretenez du Un, quel qu’il soit, plus il se creuse ; aucune formulation n’a pu résoudre la conscience philosophique, parce qu’elle est « la discipline qui se charge de montrer, désigner le décalage ontologique » qui a pris l’humain, depuis la méditerranée ; la philosophie tourne autour du décalage et provoque en son lecteur, etc, le décalage lui-même et non son remplissement).

Or il s’avère donc que le donné, précisément, n’est pas du tout immanent, n’st pas un donné, et qu’il est même transcendant et non pas transcendant au sens où « pour nous » il serait autre (c’est évident, les choses sont à l’extérieur et on ne les connait que difficilement et encore selon notre approche) mais au sens où pour lui-même le donné est absolument, cad formellement, séparé, disrupté, scindé ; que la scission est l’articulation même du réel et que dans cette scission il est des réalités. C’est en ceci que la réalité est autre pour elle-même et c’est pour cette raison qu’il est un présent. Et si il est un présent alors n’existe, à proprement parler, que le présent.

Ajoutons que le présent alors se dresse comme étant lui-même une dimension, ou donc la Dimension, unique, valable partout et pour tout et tous. Le statut du présent est l’interrogation maximale en ce monde, pour nous (on ne sait pas si quelqu’un nous regarde par le voile du présent).  

De même que le christ ou dieu ou quoi que ce soit, introduisent mais aussi témoignent d’une interruption, ontologique (dont les fonctions religieuses de conscience entendent donner une interprétation ou compréhension, aucune raison de bannir quelque pensée que ce soit, et qui donnant une expression à ce décalage et comme il est hors de proportion, in-visible, ces pensées activent et déploient ce creusement du donné), de même le pensée, grecque, intercalant l’être du donné en plus du donné, remonte plus loin, hors du monde (dans ce qui conditionne le monde ou qui conditionne qu’il y ait pensée) ou de même que Descartes, Kant, Hegel, Husserl, jusque Lacan, découpent absolument, cad formellement, notre exister tel qu’objectivement il est réellement décalage ontologique par rapport à tout monde, donné, détermination,, vécu, corps, etc.

Autrement dit il est un donné là, mais aussi un « là » du donné. Et comme la critique, fort justifiée, du rationalisme  consistait à annuler qu’il y ait un autre monde, un arrière monde, cette critique tombe d’elle-même en ceci que ce qui est en plus n’est pas un double du monde, du donné, mais est le Bord même du monde, le Bord du même monde, pour ainsi dire. Si l’on remplace cette disposition (du monde et du Bord du monde) par l’hypothèse que ce Bord est lui-même Dieu … (ce qui n’est pas retenu du tout ici, puisque l’on se borne à la constatabilité), on en viendrait à l’impératif ; dieu est le Bord du monde. Ce qui, entre nous, jette un éclair bien singulier sur la description du christique (ce que ‘on connait le mieux, nous est le plus proche, mais qui peut être ramené à Jehova, Allah ou Bouddha ou qui l’on voudra, selon les modulations spécifiques). Parce que le christique nous a bien prévenu ; méfiez-vous, dieu est déjà là, et le jugement est en cours ; ou encore ; dieu délivre, libère du donné, du monde, vous vole votre vie mondaine mais vous insuffle l’autre point hors champ qui vous amène libéré de la naissance et mort. Il faut admettre cela, dont nous sommes tous nés, puisque le « moi » intègre précisément qu’il y ait un tel point-autre (dont il donne, pour lui-même, telle ou telle interprétation et surtout tel ou tel altérité ; je suis Pierre Dupond, on voit qui est Pierre Dupond mais qui est « je » ?)

Autrement dit il était absolu que l’intervention ici même du divin intercale dans le donné, le vécu, le corps, le monde et les êtres humains, la dimension ontologique, antérieure ; le processus de modification de la réalité par le réel. Ou si l’on préfère l’interprétation selon la constatabilité ; le christique (ou autre, toute religion, intervention de la dimension) manifeste, révèle, « pour nous », l’interruption du donné, du vécu, du corps ; c’est le moyen qui fut trouvé, par le mécanisme de conscience, pour introduire l’interruption par le mode conscient, forcément, de ce qui outrepasse le conscient ; la forme étant plus grande que les contenus ; puisqu’il est clair qu’étant constitutivement réflexif, notre être pour activer la dimension, purement structurelle, doit la représenter, bien qu’elle ne soit pas de l’ordre de la représentation (et que donc elle utilise la représentation pour se signifier, se désigner, se positionner, positionner le réel dans la réalité et non pas se satisfaire des réalités donnés, pour élaborer sa réflexivité et non pas se contenter des contenus).

Pour laisser apparaitre sa réflexivité, la constitution réflexive de son être, il lui fallait (se) penser ; raison d’être de la philosophie et raison d’être de la sur-activité qui se dénomme esthétique, éthique, politique, humanisation, personnalisation et acculturation de la nouvelle anthropologisation de la méditerranée ; son être qui de ce fait n’est plus un être, un donné déterminé, mais la suréminence de la structure sur, par-dessus toute détermination, tout contenu ; il faut bien qu’une structure non déterminée produise des contenus déterminés, sinon le « système conscient » serait d’une telle lourdeur qu’il serait impraticable et que de fait il existe précisément une structure conscience afin de légèreté et de souplesse ; le système d’un contenu régulant le donné, c’est celui des gènes et du vivant en général, non celui de l’arc de conscience, qui fut inventé, par le monde, le donné, la nature, afin de n’être pas naturel justement et de méta réguler, le « méta » étant précisément ce dont l’identification cause problème, oblige à penser, réflexivement ; seule la réflexivité, la pensée, la méta représentation, celle qui passe en plus du langage, qui adopte une élaboration en plus des contenus, peut rendre compte de cet-être, cet arc de conscience, qui est en lui-même et constitutivement réflexif. Mais esthétiques, éthiques, politiques, idéels (connaissances hors philo) suscitent en l’opérateur, le lecteur l’arc adéquat de conscience ; ces domaines réalisent le calibrage pointu de l’attention, son re-tour, à chaque fois (puisque l’arc et la réflexivité ne produisent pas seulement et d’abord l’universel mais le singulier, chaque arc capable, apte à intégrer la difficulté ; la difficulté du re-tour, des re-tours qu’opèrent chaque œuvre, politique, éthique, etc, qui ne se constituent pas sans effort, comme on a pu le comprendre immédiatement lorsque l’universel, l’universalisation oblige à un décentrement de son égoïsme, mais opération qui avance bien plus loin que le décentrement universel ; la philosophie nantie seulement de l’universel, n’a jamais pu comprendre ce que l’esthétique, le poétique signifie, ce dont il lance le signe, le singulier, qui ne supposent pas uniquement l’universalité mais la singularité de chaque arc. Etant entendu que le singulier se prolonge pas lui-même de sa propre soif d’exister, si il ne se soumet pas à l’universel ; l’universel (qui fut l‘horizon jusqu’à la révolution, l’Etat universel, la Loi, la science, etc) est le prélude, la prédisposition de la singularité (croire en une « immédiateté » c’est croire en ceci ou cela et non pas agir par la structure).

Un par un.

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