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instants philosophie

L'investissement

18 Janvier 2017, 15:32pm

Publié par pascal doyelle

Les méta-machines inventées débutent instantanément suite à la découverte de la structure, autour de la méditerranée ; à savoir que l’on n’admet pas le contenu de conscience comme si ce contenu était le monde, le groupe humain, la perception, etc, mais que l’on s’aperçoit que nous produisons effectivement par notre activité de conscience, d’intentionnalisation, la réalité et qu’ainsi il est possible et l’on doit intervenir dans et par l’intentionnalisation, que donc l’intentionnalisation doit se prendre pour objet et s’observer et s’instruire (au sens d’injecter de la conscience dans la conscience) et puisque toute cette expérimentation nouvelle ne possède pas encore son langage, son système de signes, son repérage, sa cartographie, on lance dans le donné qu’il existe un donné là et un « là » du donné (soit donc le monde et l’être, la réalité et le réel).

Les méta-machines, qui nous sont très difficilement compréhensibles, ne nous sont absolument pas étrangères et ce ne sont pas seulement « ce qui doit être accomplie et créé » mais ce qui déjà existe et que nous saisissons déjà du dedans ; tout moi, toute constitution de société, tout système, esthétique ou poétique ou idéel, sont des méta-machines. Il se trouve que nous vivons dans une méta-machine et que le nez dans ce monde spécifique nous ne percevons pas ou plus comme le méta s’origine depuis la méditerranée et que la pensée grecque, le christique, etc, s’organisent comme méta structurel.

Depuis la méditerranée les méta-machines se créent à partir du mécanisme de base, l’arc de conscience (qui est un rapport, au réel, d’une part, et à la réalité, d’autre part) et forment ce que l’on nomme l‘acculturation ; rapport qui consiste à répercuter la réalité par le réel, à amener la précision du réel, pointé là au devant, dans la réalité ; en ceci que tout ce qui est, est instantanément cela même qui existe, tel que donné pour tous, pour tout, absolument, partout où et quand que l’on soit, bref la clef, la source, le point. Des méta-machines on hérite pas, le méta doit être activé,  actualisé, soi-même, par effort, à chaque fois, et qui réclame notre investissement, le plus poussé possible ; par quoi on s’instruit, on instruit dans la forme de son arc propre, l’expérimentation même de ce que l’arc veut ; ça n’est pas un contenu que l’on doit ingurgiter, mais une articulation que l’on doit vouloir, décider, désirer. Soit donc l’investissement de notre corps.

L’investissement est cela qui conduit tout accès individué ; on peut accélérer aussi profondément le méta (dans le corps, et selon la surface-autre du corps) qu’il nous est possible.

Les grands sujets (lorsque commence d’apparaitre et de se représenter le sujet jusqu’à Rimbaud, Nietzsche, et même jusqu’aux sujets démolis, Kierkegaard, Kafka, l’existentialisme) reçoivent en plein la fulgurance de l’investissement possible ; ils ne se garantissent plus de l’universel et de l’humanisation, déjà réalisé par la révolution ; ils sont livrés au gouffre qui passe pour intérieur (celui du romantisme) mais qui est externe (celui de Rimbaud ou de Nietzsche et de l’altérité intégrale de tout) ; jusqu’à ce que tout soit projeté intégralement dans l’extériorité, de l’objectivisme, des psychologies et des sciences, mais aussi selon l’externe (qui est distinct de l’extériorité) de la philosophie, sartrienne et lacanienne (pour les deux pivots, mais évidemment c’est l’ensemble de la pensée qui explose, expose l’intériorité et l’extériorité sur le roc de l’altérité, du monde mais perçu ontologiquement, investi ontologiquement).

Lorsque la structure apparait, elle expulse le groupe, le langage, la parole, le monde local, l’immédiateté, le corps, et puise le renouvellement dans l’instanciation de la méta-machine qui se met en place ; l’arc de conscience crée instantanément son architecture, son archi-tecture, et son archi-texture, celle du corps. De là la négation, dialectique, vis-à-vis du corps donné ; non pas tant de sa biologie que devant les finalités immédiates du corps donné là, et qu’il faut remplacer par les finalités nouvellement structurelles ; celles qui permettent d’assumer la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité. Cette négation dialectique :  qui se sert du corps donné non contre le corps mais afin de métamorphoser ce corps donné en corps-autre, doué d’une autre-surface, de perception, d’imagination, etc.

Lorsqu’elle se durcit la structure est ontologiquement l’altérité, le donné en tant que « là » ; ça n’est plus l’être, l’idée de l’être, l’idée des idées, l’universel par-dessus le particulier, mais c’est le monde dont la première puissance fut l’étendue cartésienne, étendue tellement étrange, simple rappel de dieu par l’infini et puis retour à l’étendue du monde.

Le problème est pour l’idéologie de la raison, du naturalisme, du réalisme, cad en fait de cette attention qui ne définit que la réalité, et la réalité, qui plus est, sous la forme d’objet, est donc qu’elle considère le donné là par le sujet absenté ; rendu au pur et froid regard extérieur, incapable de se situer lui-même et surtout n’affrontant pas même la problématique, la gigantomachie de la position de notre-être/dans l’être ; on supprime alors la pensée, dieu, le christique, l’altérité, le un, et tout ce que l’on voudra. Et le monde se referme, il se clôt sur chaque regard, annulé, et renvoyé à sa composition (décomposition) de, par ex, corps-langage ; mais non, ce que vous percevez ça n’est rien d‘autre que votre fantasme, une sorte de production psychologique ou idéologique (il y a de multiples variantes de ce « ramener la pensée à l’état de chose morte »).

Peu importe parce que toutes ces suppressions n’atteignent absolument pas la structure ; de sorte qu’au travers de ces négations elle continue de travailler la réalité, sa représentation, les idéologies, le conscient et l’inconscient. Elle est sur le bord, elle est le Bord et n’est pas atteinte par le monde ; et pour le moi qui désespère de représenter cette structure, agissante en lui, son sujet, il demeure dans l’incompréhension, douloureuse, angoissante, inaccessible, inaccessible à tout le registre interprétatif dont le moi dispose, qui croit qu’il n’est que un-tel donné.

Evidemment l’interprétation ancienne, divine, qu’elle soit la pensée ou dieu, le christique ou le sujet infini, ne fonctionnent plus ; mais ils rendaient parfaitement, en leur audace, leur audace plotinienne pour ainsi dire, l’accès au décalage ontologique (que l’on a reconnu exigé, par le fait même que de toute façon on est autre-que, autre que n’importe quoi, se tenant du regard externe) ; si regard externe il y a on peut commencer de saisir à quelle douleur, étrange, de source structurelle, chacun est soumis ; chacun (se) voit du point externe inidentifiable.

On pourrait supposer qu’un tel regard autre est seulement fonctionnel … qu’il ne change rien puisqu’en lui-même il est simple position, et que la « conscience » n’étant plus un arc (une structure réelle, réellement agissante) non seulement n’est plus une âme mais est réduite à une fonction ; ce qui était somme toute déjà contenu dans le rationalisme ; de là que Kant éprouve un mal fou à authentifier et définir le sujet individué ; simple transcendantal dont on ne peut rien dire mais le supposer, ou qui occupe seulement la fonction de Un formel dans l’équilibre de l’entendement et de la perception. Mais il apparait bien plutôt que si il existe un tel hiatus « fonctionnel » alors le dit décalage est cela même qui compte et cela même qui dérogeant à toute définition, est l’externe structurel lui-même. Et si on ne peut plus admettre l’âme ou l’infini sujet comme explication, c’est que ça n’en sont pas ; que nous sommes passés outre les explications symboliques et que dorénavant nous aboutissons au structurel même ; soit donc les deux figures de Sartre et Lacan.

Que l’arc de conscience ne soit pas la fonction d’un super contenu, serait-ce la raison, veut dire alors qu’il est, lui, le mécanisme absolu. Que donc ayant conquis le donné là, par la pensée, la raison, et ayant instruit l’humain comme humanisme et ayant travaillé, au corps, les mois, la machinerie du réel appuie sur son représentant direct ici dans le monde, l’arc de conscience. Ce qui implique la redistribution sur tout le devenir et la prospective sur le possible.  

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