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instants philosophie

Théorie de ce qui a lieu, ici et partout

1 Janvier 2017, 16:49pm

Publié par pascal doyelle

La division est le réel, non pas qu’il y ait division du réel, la division est le réel ; aussi ne peut-on penser ce qui est comme si il était une chose, mais qu’il faille bien plutôt penser la division comme telle. Lorsque la métaphysique, la pensée ou dieu sont supposés comme super contenu (de tous les autres contenus) on peut juger qu’il s’agit là d’une erreur ; mais si l’on y prête attention suffisante ou si l’on s’y investit, on comprend bien que la pensée ou dieu servent d’opérateurs et installent eux-mêmes que la division soit réellement ce qui est pensé, représenté.

Autre version ; il faut passer des images (des représentations, des idées, des identités, que soit tel le moi ou tel le langage) au miroir et penser le miroir lui-même. Et on perçoit bien alors la difficulté ; on ne peut user d’images pour le miroir et pourtant il n’est que des images.

Aussi la technique philosophique est-elle distordue ; elle subit, accepte, intègre l’inflexion de son « objet » ; étant entendu que cet objet est le sujet lui-même. On a pu gloser et se moquer de l’arrogance philosophique en la cantonnant au subjectivisme ; mais d’abord aucun autre discours ne dit le sujet (la science s’en garde bien, faisant comme si les objets de connaissance n’apparaissaient à personne, face à un regard vide et annulé, non interrogé) et d’autre part les prétendues contradictions philosophiques ne valent que lorsque l’on se limite de définir son objet comme un objet et non comme un devenir, un possible, d’une structure remarquée, localisée, détourée, exposée, décrite, montrée, et même démontrée ; et autre-objet qui se fonde sur ceci ; qu’il existe, de fait, un décalage et que notre structure d’être est un tel décalage ; ce serait manifester son « objectivité idéologique » que de présenter notre être tel une chose ou une composition inerte (cad subissant, passive, alors que visiblement nous sommes capables de modifier notre milieu mais aussi de modifier notre composition, et que donc nous n’en sommes pas). C’est ce décalage qui est « sujet » ; ce qui existe comme rapport et qui doit être dénommé « exister » et non « être ».

C’est en ceci que parce qu’il y a arc de conscience, il se constitue une perception, un langage, un corps, une humanisation ; l’arc tisse immédiatement la réalité, et trame instantanément le réel. Il n’y a pas perception puis conscience structurelle, langage puis conscience structurelle, monde humain puis conscience structurelle ; il y a arc de structure portant sur le réel, et puis le reste est produit comme effets.

Outre cette évidence de décalage, dit forcément ontologique puisqu’il ouvre un autre plan, il faut considérer les explorations de ce décalage selon une parfaite lucidité et admettant leur altérité, ne pas abolir ces expérimentations qui eurent lieu ; puisque le décalage est réel, les devenirs à l’intérieur de celui-ci sont opérés par chaque arc de conscience, à vif de leur existence. Ce que bien sur sa nature même de décalage, de rapport rend possible ; le rapport qu’est une conscience / de soi manifeste une altérité telle qu’elle s’exporte hors d’elle-même, qu’elle assiste à sa différenciation absurde, et pour la raison qu’elle est déjà toujours un tel décalage ; le décalage ne se produit pas en plus d’un donné, le décalage était déjà là et le donné, la détermination ensuite ; et ce qui veut dire sans raison et le problème tout à fait général est celui-ci ; dès que l’on admet le décalage et donc l’altérité, alors l’altérité devient le réel même…

Ou si l’on préfère ; il est absurde que le même conditionne le même, puisqu’ils sont structurellement identiques, tandis qu’il est extrêmement étrange et pour ainsi dire terrifiant que l’altérité puisse se configurer elle-même ; ce qui est pourtant son principe absolu. Que si il est effectivement un être qui soit Autre que lui-même, ce dont témoigne le décalage, alors le réel supporte au moins un être qui obtient en ceci son statut aberrant de gyroscope (en un sens spécifique, dépourvu de plan central, qui tourne sans référant mais qui tourne) ; il n’est aucun point fixe qui le fige, parce qu’il est, lui, le point qui se meut. Ce par quoi, donc, les choses se déplacent. Gyroscope parce que l’on ne sait pas de « où » il regarde, étant ce à partir de quoi « il est regardé », que tout se trouve au-devant de ce point.

C’est ce que signifie que l’arc de conscience se tienne de l’exister et non de l’être ; et que si l’exister, le présent est cela seul qui est, toute la réalité est relative à la forme : il n’existe que l’exister et l’être lui est relatif. Que le présent et le monde en est le dépôt, ce qui veut dire le moyen. La réalité va produire des déterminations jusqu’à ce que dans les déterminations un être-autre, une autre forme apparaisse, et si un forme apparait, en tant que formelle, elle sera relative non à la détermination mais à soi en tant que forme, et on n’imagine pas autrement une forme que celle-ci ; ce qui existe du rapport qu’elle est comme rapport. En retour dans la réalité si il se produit une forme, c’est la réalité est elle-même constituée formellement et que, autant que l’on sache, la forme active dans la réalité est le réel, cad le présent.

Nous sommes donc par, et sans doute pour, ce centre-absent (qui est le centre parce qu’absent, sinon il serait dans la composition du monde, et le dit centre ne doit pas, ne peut être imaginer autrement que « le plus proche », « partout le plus proche », et il n’est rien de plus proche que le présent), et de nous balancer sur ce centre, autrement nommé Bord du monde, cela fait l’objet d’une intuition, ou plus exactement d’une perception ; ce qui parait évidemment délirant, puisque ça n’est pas dans le monde, mais il serait incohérent que cet être, qui est un rapport, n’ait aucune perception du cercle ou demi cercle qu’il forme ; cette perception est interne à la structure même mais comme nous nous situons ici au centre aberrant de tout ce qui est, l’obscurité est la richesse de l’articulation même ; inutile d’imaginer que l’on en viendra à bout aisément et ce d’autant plus que le centre constitué en et par l’altérité est justement ce qui est en cours, ce qui se réalise, et ce par « quoi » il est un présent, étant ce présent lui-même. Mais en un sens spécifique. 

Ce qui est supposé est donc ceci ; que lorsque notre structure s’apparait à elle-même c’est nue et non comme un contenu, mais ayant enchevêtré la logique du contenu en celle la forme, ayant enchainé le contenu mais à plus grand que lui ; ce qui se nomme « pensée », mais la pensée subira un remaniement structurel, jusqu’à atteindre la réflexivité analytique, à savoir le retour sur cet-être à partir duquel nous sommes les effets ; enchainer mais afin de libérer et cela ne va pas sans mal et parait si lourd à porter ; le réel n’est pas une facilité. La pensée est la mise en jeu intentionnalisatrice (sous-entendu ; tout se passe ici et maintenant et on ne peut rien supposer au-delà du donné là et du donc du « là » du donné, soit l’être). Comment le serait-il ? La forme est la nouvelle perception, celle qui use du langage et du groupe et du monde et du corps, en une autre-fin ; et elle en commence par se formuler comme pensée, cad comme développement de ce qui était jusqu’alors plié dans tel ou tel contenu, dans tel ou tel monde humain particulier, et la notion de « particulier » apparait bien sur rétrospectivement, à la lumière que cette fois il ne s’agit plus d’un monde particulier, mais du monde même, caractérisé comme monde universel, ce qui signifie surtout, a priori, unique (en ceci que l’on ne sait pas ce que « universel » signifie réellement, pour le moment) ;  elle brise les contenus préalables, ceux du groupe et du langage et crée son propre signe ; caractérisé par la survenue de la forme sans rien, outrepassant n’importe quel contenu, représentation ; créant le nouveau langage, répercutant les nouvelles expériences accomplies à vif, dans le retournement du monde devenu perçu et saisi dans le kaléidoscope qu’est la pensée, la sur-intentionnalisation qui s’acquiert du vivant de soi et non reçu en héritage.

Chacun doit réaliser, rendre réel la pensée, puis le christique, puis le sujet, puis l’altérité, puis l’analytique (Sartre et Lacan) de cet ontos (l’os de notre chair, l’os dans notre chair, la structure) ; l’acquérir de son vivant puisque c’est d’une part ici et maintenant que parait l’arc et la structure réelle et que d’autre part il s’agit d’élaborer l’autre-surface du corps (le corps qui perçoit plus que son dû) et par lequel procédé il faut agglutiner les images suffisantes qui mènent au miroir et non plus aux images du monde, du moi, du corps donné là (qui en cas tournent en boucle ou pire s’enfoncent de plus en plus en-dessous du donné, dans le donné creusé, écrasé, déliré, déformé par l’arc qui, lorsqu’il ne se sait pas, cherche dans l’immédiateté ce qui n’existe que structurellement).  

Et que s’apparaissant à elle-même cette expression, manifestation est un fait objectif ; autrement dit lorsque ces arcs de conscience tenteront de mesurer la source, la nature, le rayon, la possibilité du dit décalage (puisque c’est ce décalage qui est constaté et qui émerge tandis que, jusqu’alors enclos en un monde particulier), dans leurs tentatives ils accusent pleinement le coup et comprennent bien qu’ils suscitent la source de l’être, mais ne savent pas encore que la source pointe durement, quoi que le Un ne soit pas autrement que la sourde pointe invraisemblable, hors logique objective ; ce qui leur vient est une articulation, une énonciation, une description spécifiquement rigoureuse ; de par cette logique impérieuse que l’arc qui se constate n’entend pas quitter le réel.

Puisqu’il ne suppose rien au-delà ; il veut saisir et être saisi par ce qu’il énonce, ou plus généralement par ce qu’il intentionnalise. Malmener l’instruction, l’enquête menée par cet arc sur sa propre position, sur la nature et le rayon et le possible de ce décalage, c’est se priver de sources de première main et du seul type d’expérience ontologique qui se puisse (puisque seul l’arc de conscience a accès au réel, lui seul est posé vers l’horizon ; il est cet accès au sens où il l’ex-siste dans l’ex-sister) ; c’est ne pas voir que ce qui transparait, traverse l’énonciation est perçu dans le présent même et l’actualité d’une puissance, d’une potentialité qui s’exerce et se réalise, et se rend réelle ; c’est croire que ces expériences se bluffent elles-mêmes comme tel ou tel contenu, alors que ce qui se montre c’est une position, ce qui signifie une structure. Et c’est de cette position extrêmement étrange et non objective, au sens qu’un signifiant voudrait en récupérer le signifié, que la philosophie est tordue et provoque la distorsion de l’arc de conscience qui l’y entend, qui s’y entend.  

Il faut ainsi poser objectivement, et donc hyper objectivement, que ce qui eut lieu est la torsion de ce point du centre sur, vers, par lui-même et notifier ce fait comme un fait objectif. Il y eut réellement des arcs de conscience qui se sont postés sur le Bord et décrit l’aperception dite par exemple  transcendantale du réel. Mais en fait toutes les pensées, cad les réflexivités, les retours vers/sur cet-être, analysent (et y compris et surtout en tant que cette structure n’est pas observable sinon en tant qu’elle se crée, sinon elle ne serait pas formelle ; l’arc avance par le réel sur son possible brut) analysent cette structure qui n’est pas un donné mais une articulation, arc de conscience/réel, et signifie que même le réel est articulé, est un non-un (n’est pas un être) mais est de cela le véritable Un (comme Exister pur et brut), comme présent constant, invariant.  

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