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instants philosophie

La brutalité native, la subtilité promise 

25 Février 2017, 09:44am

Publié par pascal doyelle


Notre être n’est pas un être, une réalité déterminée, qui serait objectivement découpable objectivement. Ni un Etre, une réalité déterminée qui se tiendrait d’une unité forte et monolithique selon l’esprit, la pensée, l’universel. 
Mais notre être est un Exister, une forme sans rien, minuscule mais extrêmement souple, et étant vide et indéterminée capable de jouer de toutes les déterminations. L’arc de conscience qui se fixe sur le donné là, et qui situe ce donné selon le « là », le « là » de tous les donnés, et qui doit être dénommé comme Réel. 
Cette forme donc, cette structure est articulée à une autre forme, vide et sans rien, dont on ne cherchera plus la substantielle universalité dans la pensée ou la raison ou dieu ou le moi, mais qui est et n’est, cette forme réelle, que le présent brut et uniforme (puisqu’indéterminé).
Mais il ne faut absolument pas se contenter de désigner comme « indéterminés » le présent et l’arc de conscience (l’arc étant arcbouté sur le présent, inclus dans cette paroi partout actante). Indéterminé parait une notation purement négative ; dans les faits, réels, ces indéterminités sont d’une part l’exister et d’autre part l’arc de conscience, considérés tels quels, comme des structures effectivement réelles.  A savoir, comme on verra, que la logique formelle du réel et de l’arc et ce depuis le début est en elle-même la logique de l’impossibilité. 
Cette indétermination reçoit formellement son « identité » spécifique, très spécifique ; à savoir que le présent est l’exister (duquel se déverse l’être, le donné sans le « là », pour ainsi dire), et que l’arc de conscience est cet-être spécifique qui se définit comme « celui qui a rapport à soi », à soi en tant que non pas telle ou telle identité déterminée (un moi, l’humain, la pensée, dieu, etc), mais en tant que ce rapport est le rapport lui-même ; si on existe comme un Je, une personnalité, c’est que l’on se tient d’un rapport qui se-voit, se-sait, se relie, se notifie, se pointe.  
On a pu tenter de définir une unification universelle de la réalité (qu’elle soit universalisation de et par la pensée des immédiatetés ou qu’elle soit imaginé ou intentionnalisé comme Dieu synthétisant tout ce qui est et y compris notre être comme l’appelant). Hormis la pensée et dieu toute autre représentation est glissante ; elle prend une partie de la réalité pour faire-croire que cette partie est toute la réalité ou est le réel même, mais dans tous les cas ces parties déterminées n’effectuent pas ce que la pensée et dieu rendent réels ; à savoir le possible (puisque de telle partie la réalité est toue entière déterminée et le réel figé). Ce que l’on doit comprendre c’est que si l’on a instancié dieu ou la pensée (l’être), ça n’est pas un hasard mais des effecteurs ; effecteurs qui bien concrètement eurent quantité de résultats, d’effets ; par ex postuler que le sujet existe signifie qu’il est à lui-même libre et susceptible de droits, qui se confèrent strictement et structurellement à chacun ; que le réel soit l’être veut dire que l’on ne peut pas supposer ou imaginer n’importe quoi ; le réel est autre que notre pensée et celle-ci doit s’y adapter. Etc. 
Dieu et l’Etre ont condensé ce qui ensuite s’est déplié.
On a voulu non pas coller une partie du monde dans la pensée, mais définir la pensée pour elle-même et même délimiter dieu par la définition, mais tout ceci, bien qu’ayant échoué, fut une opération non finie ; au sens où les principes-idées de l’Etre et/ou de Dieu s’utilisèrent afin d’avancer dans la réalité, de l’organiser et d’abord de la percevoir dans ses plis et replis, à partir de deux suppositions ; l’une de la variation intentionnalisatrice, la pensée, l’autre de l’intensification de l’acte de conscience de « soi », le christique et le mono, renvoyant explicitement le « soi » à dieu ou au christ, 
puis la pensée et dieu renvoyant au sujet et à l’altérité (du donné « là »), à l’idée réflexive que pensée et christique s’entament d’une antériorité, d’une articulation antérieure ; soit donc que l’universel est pré-existé par une structure et que le christ (qui est exemplaire absolu vers lequel il faut se convertir par la foi) est en-nous une forme qui est-déjà-là, qui est déjà un sujet.
Ce qui peut sembler une sorte d’hérésie mais en vérité le christ ne suppose rien d‘autre ; que notre vraie « nature » est déjà actuelle, que le royaume est d’ici même ou commence ici même et qu’il est comme une superposition ontologique dans la réalité même, étant entendu que cette superposition est en fait le réel même, bien que le monde y oppose toutes ses immédiatetés et que mon corps nie lui-même cette conversion ; c’est en ceci que le déroulement historiciste est immanquable ; et parfait. Parfait puisque ce qui se réalise n’est pas de l’ordre du composé, de la détermination, mais de la forme, de la structure (qui est non déterminée). 
Et si le sujet est l’aboutissement du christique (peu importe donc que le christ ait existé ou pas, affaire de croyance, mais l’historicité est, elle, non pas une croyance mais une activité déployée, celle de toute l’histoire elle-même) parce que la forme se cherche et sait bien qu’il est question de … son corps. Le christ est le corps ; non pas seulement de l’église, (cad de l’universelle communauté de chaque conscience, soit donc l’universel en acte) mais le corps est le corps de chacun (l’universelle communauté de chaque corps, et ceci un par un et non plus seulement réunis en un-seul, celui du christ comme personne-dieu).
On comprend bien (en dehors de toute croyance)  qu’un système ontologique s’est instancié ; historiquement. Qu’il peut signifier aussi bien qu’il y ait eu le christ homme-dieu, objet d’une croyance, qu’une méta-technologie, objet de réflexivité (étant elle-même pure et quasi brute réflexivité du réel sur lui-même). 
L’intervention du méta dans l’historicité étant le mouvement même qui crée l’historicité.
De sorte qu’il faut insister ; le réel est en lui-même parfait, et la réalité qui est effectivement imparfaite est bel et bien dans son registre propre parfaite ; une réalité ne peut pas être « parfaitement selon le réel » ; cela n’aurait aucun sens. Et il est clair que la perfection du réel est tenue par et dans le Fait absolu qu’il se structure non pas « en » le présent (comme si quelque chose préludait au présent) mais par et surtout en tant que présent. 
L’historicité qui est le déploiement de la structure (conscience arcboutée au présent brut, arc qui est l’élaboration même de la brutalité du réel vers une plus grande possibilité) est brutale en ceci que la réalité est brutale, fondamentalement, de même que la structure du seul réel est d’une brutalité absolue ; ça en rigole pas du tout. Ce sont des technologies, des mécanismes et étant les mécanismes fondamentaux (il n’est rien antérieurement à l’exister et à l’arc de conscience) lorsqu’ils avancent tout avance ; le présent, la paroi de tout ce qui est (par quoi tout ce qui est, l’être, est apparu dans et par l’exister) a créé en sa surface un petit-mécanisme qui prend sur soi de perfectionner la perfection ; de re-Créer dans l’exister une structure arcboutée sur le seul réel, sur le présent. Par quoi ce petit-mécanisme tend à surmonter la brutalité initiale et fondamentale.  
Tant que l’on ne visualise pas, pour ainsi dire, la suréminence de l’arc (et du présent) aucune motion consciente ne peut y accéder. Un peu plus l’image qui en son essence est pénétrée du corps. De l’autre surface du même corps.   
Et perfection qui fût de deux suppositions abstraites, ce qui veut dire quasi structurelle ; soit donc l’obtention, dans l’historicité, d’un Point de vue maniant l’altérité comme logique dieu-le christique/la pensée-l’être). 
Le processus de la pensée, dont on a pu dire qu’elle s’égarait dans les illusions du langage (de sorte qu’il suffirait de purifier ce dernier pour obtenir les problèmes seuls véridiques), n’est pas d’une construction imbriquée, mais d’une construction investie. La construction imbriquée c’est celle qui va se stipuler de la détermination ; celle du donné (relevant d’un autre discours ; une objectivité, scientifique par ex, neurologie, linguistique ou physico-chimique, ou d’une prétention ou exigence annoncée de scientificité) ou celle de l’universel ; de l’universel en tant qu’il veut prendre les immédiatetés et les conduire dans leur formulation catégoriale, générale, leurs essences et idées, etc. on y joue une partie du monde contre l’ensemble du monde ; et jamais on ne peut clore la réalité ni le réel ; parce que « la » réalité n’est pas un tout, et que le réel n’est pas du déterminé, cad n’est pas de la réalité. C’est pour cela que sont les requis les détours ; dieu, la pensée, le sujet et l’altérité ; (le mono et le christique, les grecs et les systèmes et l’universel, Descartes-Kant-Hegel-Husserl-etc, Nietzsche-Heidegger-Sartre-Lacan). 
Pareillement si l’on croit être en mesure de définir intégralement ou fondamentalement la pensée ou l‘universel ou les mathématiques ou quelque discours, on ne peut pas ; parce que la représentation est non-close ; elle ne peut pas se clore non seulement parce que l’arc de conscience, étant antérieur à toute représentation et langage, est un seul bout et non pas de joindre-les-deux-bouts, mais aussi parce que le réel n’est absolument pas terminé ; toute la réalité est ouverte sur et par le présent. 
Ça n’est donc pas de fermer la pensée ou la raison ou l’humain ou le moi, etc, qui prévaut mais de structurer l’ouvert lui-même ; cela se voit absolument par Nietzsche (et par Descartes et Kant mais ils croient encore que ça possède un Ordre ou un Sens, tandis que Nietzsche projette, se projette sur la paroi insensée) ; structurer l’arc de conscience tel quel, comme ça, réel, sans illusion, débarrassé. Ce que reprendront Sartre et Lacan mais que voudrait aussi, dans tous ses égarements, Heidegger ; une éthique de l’arc arc-ticulé au réel même, à l’indétermination structurelle de ce qui existe (qui produit ce qui est). 
Et ça ne nous lâchera pas ; c’est antérieur à toute définition, toute concrétisation, toute représentation, langage ou pensée ou raison ou image. La fracture est interne au réel lequel est intégralement externe (il n’y a pas de réalité cachée, ou c’est réel ou pas) ; on est jeté dans la dispersion qui n’est elle-même rien d’autre que la réalité (il y a de la réalité parce qu’il y a la dispersion, l’altérité, la distinctivité, partout et en tous sens). Il n’est rien en-dehors, mais peut-être existe-t-il autre chose en avant (via le présent), mais alors ce ne sera nullement une réconciliation, une unité ; ce sera suivant la logique même de l’altérité (du réel et de la réalité qui mènent la distinctivité) ; si l’on veut l’en-avant du réel, ce par quoi le présent va-vers ce sont des « dieux ». On nomme cela ainsi faute d’autre pensée, image ; parce que l’on ignore de quoi sont capables les structures ; le réel est plus grand que lui-même, il pousse la réalité au-delà ; le réel est l’activisme du présent, de l’acte, qui tire encore plus avant les réalités ; le système, le mécanisme de « se-créer en avant » est spécifiquement l’activisme d’un tel présent.

On comprendra donc que l’antériorité qui contradictoirement apparemment est « en-avant », délimite la performance technologique (comment la nommer autrement) du présent.
C’est que l’on s’est glissé depuis la méditerranée du côté réel, prenant à rebours la réalité, quitte à user de tel ou tel système de détermination afin de contrevenir et de configurer de telle sorte cette représentation que la part du réel traverse et vienne dans le monde ; autrement dit que la puissance, la potentialité (de ce qui existe antérieurement) vienne au-devant et soit en vue ; et ceci au sens très précis que la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité soient les méta-systèmes qui augmentent la distinction, intentionnalisatrice, et la différenciation, dans le donné concret ; ce qui eut lieu. De même que tout moi a à charge de porter son propre découpage. 
Qu’il nous fallut faire effort de décider de pousser le réel dans la réalité, de basculer l’exister dans l’être, il est supposé qu’en elle-même la réalité s’intègre de l’éclair du réel pur et brut, qui cherche à préciser sa structure de la brutalité à la subtilité, en passant du présent en l’arc de conscience, qui convoque ici même la totalité de ce qui est, et se rend capable de l’altérité. L’œuvre, l’éthique ontologique, la politique, l’idéel (la connaissance, objective et théorique), mais aussi l’humanisation et la personnalisation, oh combien la personnalisation hyper active au 20éme s’informe la réalité de la puissance du réel. Et cet effort était purement et simplement logique du Un, du formel, du structurel de se-saisir lui-même ; le Un ne peut que venir de lui-même, et donc au-devant, comme présent. 
 

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