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instants philosophie

La forme de notre être dans la forme du réel

18 Février 2017, 09:37am

Publié par pascal doyelle

Il n’est aucune programmation dans le présent brut, le Un de l’exister ; raison pour laquelle il est une quantité considérable de possibilités hasardeuses, de catastrophes et de morts, de (relatif) désordre, comme on verra, et que tout l’ensemble prenne l’apparence d’un non-sens voire d’une cruauté invraisemblable. Ceux qui se récrient que l’on ne peut juger de la « cruauté » du réel, c’est que soit ils n’existent pas, ce qui serait curieux, soit ils ne sont pas des arcs de conscience qui tentent malgré tout de joindre les deux bouts, ce qui est un aveuglement sur soi sidérant.

De par le fait un arc de conscience veut joindre les deux bouts, or il n’existe qu’un seul bout, qui ne se rejoindra jamais par définition (en tous cas pas « ici et maintenant » que l’on sache), et qu’il y ait un tel être de guingois est une aberration. En quoi le sens, si l’on peut dire, du réel est l’impossibilité. Il est tout entier impossibilité. Ou donc la Possibilité même.  

 
De plus haut
Il existe un mécanisme, indifférent, strictement technologique, de cette technologie inventée par le monde, le donné là, la réalité et par lequel mécanisme la réalité se soulève. 
Le dit mécanisme est l’arc de conscience tel qu’instancié selon et dans le présent. Il n’est rien d’autre que le présent au sens où tout ce qui est s’engendre du présent (non selon le système de causes habituel mais selon la causalité dite ontologique ; la forme de la réalité, le réel, contient les réalités, les effets). 
En ce présent uniforme, d’unique forme, il n’est aucune totalité ; il est une seule et unique forme puisque ce qui est formel ne comportant aucune distinction, ne s’oppose pas à lui-même ; tout ce qui existe, existe ; et l’ensemble de tout ce qui est ne forme pas Un, il n’existe aucun Tout-qui-soit-Un ; toute la surface du réel est un énorme splittage (probablement infini) qui n’aboutit pas à produire un être (un tout de déterminations), mais reste et demeure une structure ; la réalité avance d’un (relatif) désordre à plus d’organisation ; tout ce qui est détermination est déjà en soi ordonné, et parait seulement désordonné par rapport à une étape ultérieure d’ordre ; tout ce qui est, est la détermination, et étant déterminé, est déjà organisé a son niveau propre ; 
en quoi le Un, comme logique d’une forme vide et unique, est la différenciation, la distinction, soit donc la logique de l’altérité, le Un est l’altérité même (l’altérité ne signifie pas l’indistinction mais le contraire ; raison pour laquelle il est de la détermination et que toute détermination est ordonnée ; on n’imagine pas une détermination non déterminée et donc distincte ; serait-elle jugée indistincte par rapport à l’ordre supérieur) l’unité de tout ce qui est n’est pas un Tout, mais est la forme du Un, en tant (autant qu’on en puisse juger) que le Un est le présent ; le présent, autrement dit, est lui-même la machine absolue, purement formelle, qui engendre des quantités de réalités et qui en ces réalités formule ici et là des uns eux-mêmes formels ; à savoir (ici encore autant qu’on en puisse juger) des arcs de conscience. 
Arcs de conscience dont on peut (relativement, dans la limite de l’expérience) considérer qu’ils montrent la voie ; à savoir que contrairement à tout le donné un arc de conscience est ce qui a rapport à soi, en tant que ce soi est le rapport lui-même (et non telle ou telle identité, déterminations, essence, idée, pensée, représentation, humanité, etc). Une chose n’est pas le rapport à elle-même, elle est, de fait, ce-que-elle-est ; une conscience est un rapport différé à soi, et donc est un « rapport » effectif. 
Tout ce qui passe dans, via, par, pour, selon ce rapport est seulement un signe ; le langage, et puis l’esthétique, le moi, le corps, bref tout, est médié par le rapport, qui n’est en aucun de ces contenus (on ne peut en rien s’identifier au moi que l’on est ou à l’humanité ou à la nation ou à quelque détermination que ce soit). 
On suppose donc que le rapport n’est aucun de ces contenus, mais « ce qui embraie sur et par  les contenus », le rapport qui les produit, raison pour laquelle il est une lecture selon le conscient et une lecture selon le réel ; lecture seconde, pour ainsi dire à laquelle a commencé de nous habituer la science, les sciences humaines, la psychanalyse ; par ex la psychanalyse ; ce que vous pensez être, ce moi, ce conscient, est découplé d’un ensemble plus vaste et plus réel, bien que moins concerté et moins synthétique, et votre idée de vous-même est enclenchée par l’image de vous-même et cette image par la perception de ce corps, que le corps a de lui-même ; l’arc de conscience produit une surface autre du corps et c’est en cet enclenchement que tout le reste est élaboré ; en somme une surface quantique, si l’on veut ; de la perception qui se durcit en image, puis en moi, puis en conscient. Le conscient est un re-pli dans un pli plus grand, l’arc de conscience, qui est un phénomène physique, qui sort de la cervelle vers le réel, comme rapport ; en ceci l’esthétique ou le poétique (et le récit, le roman, etc) manipulent les images antérieures ; celles qui prédisposent avant la prédisposition qu’est lui-même le moi et le moi avant la prédisposition que veut être le conscient ; il n’est aucune consistance, de prédisposition en prédisposition, pour le dire, dans toutes ces déterminations, qui sont les replis dans le pli qu’est un arc de conscience, lui-même pris-dans la vague du présent.  
Mais il est faux de dire que rien n’Est ; l’exister dépose quantité de niveaux d’être, bien effectivement réels ; l’exister ne vient pas pour irréaliser la réalité ; et l’exister ne se retranche pas de l’être, l’exister est en vue du plus grand que lui-même ; il use de la détermination afin de se multiplier, et l’exister, qui est le présent (autant que l’on sache), engendre la distinctivité (et donc la détermination, la réalité).   
Somme toute, l’ensemble de ce qui est peut être résumé comme suit ; la cause, les formes (présent et arc de conscience), le formel donc entoure toutes les réalités, comme effets. Le formel traverse, littéralement, les choses, les êtres. Non le formel comme si il était comme un double (matériel, déterminé, substantiel), mais comme précisément la forme des contenus, le Bord de la réalité, le réel de la réalité ; le présent ne s’oppose évidemment pas aux réalités ; il les engendre. Le formel c’est ce qui, pour nous, êtres humains, produit ce décalage, décalage qui nous situe hors de tout donné, et donc nommé ontologique ; requérant qu’il y ait une théorie de cette rupture, mais théorie qui voulut souvent combler le hiatus (et même alors laissant ouvert le gouffre, selon le Bien, le Un, Dieu, le sujet, l’altérité etc), mais qui au final parvient à penser cette différence absolue, cad formelle, en tant que telle ; sans aménagement qui remplirait la distinction formelle. Absolue précision de Sartre et Lacan. 
Qui de ce fait n’est plus une distinction (qui se jouerait dans la détermination, du langage, de la pensée) puisque formelle, mais est un décalage ; nous ne sommes pas ce que nous sommes, nous ne sommes pas « cela » que nous sommes, nous sommes autres, nous nous regardons d’en-dehors et cet en-dehors est toute la question. Et cet en-dehors est justement ce que la philosophie par mille tortillements cherche à obtenir, analyser, extraire, isoler, détourer ; et les mille tortillements sont nécessaire puisque la différence structurelle n’est pas de l’ordre de la pensée du langage, du monde ; aussi doit-on user de signifiants qui permettent que chaque conscience puisse par elle-même accéder à ce décalage, étant entendu que seul l’arc de conscience peut intuitionner structurellement la distinction formelle en cause ; le hiatus ne peut pas se marquer par des mots, des signes, des idées mais uniquement parce que telle idée, signe ou image ouvre dans telle conscience le gouffre. 
La philosophie ne vise pas d’abord la connaissance mais le savoir, le savoir sous sa formulation du se-savoir qu’est tout arc ; on a cru, pour la critiquer, que ce se-savoir s’épuisait prétendument, dans une dénomination, la pensée comme raison et le sujet comme moi, et qu’il ne restait plus rien à l’extérieur ; ce qui est vraiment son idéal du début lorsque la pensée était conçue comme seul et tout l’horizon ; mais il y eut Descartes et le commencement d’un externe à la pensée qui cependant, externe, n’appartient pas au monde ; il est donc un externe du monde et de la pensée et c’est cela qui est le sujet, lequel appelait dieu mais tout aussi bien l’altérité de Heidegger ou de Nietzsche ; qui est ainsi impossible, mais cette impossibilité est littéralement la conscience que l’on a de la conscience, qui ne se réalise qu’en chaque arc, de la distance que chacun sait de lui-même, et ne parvient pas à se réaliser en quoi que ce soit, dont chaque arc témoigne mais dans l’incapacité totale de le prouver par une détermination ou une satisfaction ou une identité du monde ou du vécu ; qu’il n’y Est pas, qu’il doute d’y Etre, que l’on ne peut pas être. 
De quoi il y aurait lieu de désespérer, sauf que c’est pour cela que l’on Existe, et que donc on ne peut pas penser ou se représenter ou se satisfaire dans la vie de quelque supposément « être » que ce soit, mais que l’on doit monter, élaborer, creuser, tisser l’inépaisseur de  l’Exister ; la philosophie est ainsi l’augmentation de l’inépaisseur du Bord, ce par quoi on s’obtient comme au Bout, juste au Bord (la nouvelle surface du corps-autre comme au Bout du Bord).

La finalité est d’ouvrager l’arc de la conscience que l’on existe (et non de profiter du « bonheur » d’être le moi que l’on est, tout passivement). Ouvrage qui se tisse aussi bien de l’esthétique que de l’éthique. Ce qui veut dire non seulement saisir et être saisi de la structure ontologique (décrite philosophiquement) mais aussi créer, produire les distinctions du monde, créer les différenciations étant entendu que la réalité est la performance de l’altérité qui élève la détermination en plus de distinction, plus de Un ; le présent rend possible que les déterminations se distinguent. 
(On a vu que l’on ne tient pas sur le Bord, il n’est pas fait pour y vivre, mais c’est ce sur quoi on prend appui, l’appui dont on se souvient, et la pensée, ce qui doit se nommer pensée et non pas raison ou universel seulement, veut mémoriser les traces qui remontent sur, vers, par le trajet, le trajet que lance les arcs de conscience, l’atteinte vers la paroi du réel, du présent : l’actualisation de tout)
La logique du réel n’est donc pas de programmation, il n’existe ni Ordre ni Sens, mais c’est une logique de distribution éparse ; pas de programmation mais une question de surface ; la surface porte en elle-même la clef, est cette clef tout entière actuelle. Dans tout le lancement aberrant de tous les dés, ici et là il s’opérera, plus ou moins, et parfois en réussite, au sein de toutes les choses déterminées, il s’opérera des êtres (non pas doués de rapport à soi, mais dont la structure même sera un tel Rapport), des êtres parvenant à continuer plus loin et plus avant la logique de distinctivité, d’altérité, du Un se différenciant de par soi, arcbouté à tous les mondes. 
S’il existait un Ordre ou un Sens, il n’y aurait, à vrai dire, pas de réalité du tout. C’est parce que le réel est, structurellement, plus grand que lui-même que l’on est instruit. Et si le plus-grand est la structure même, c’est la dispersion qui nous accable. Et en cela on n’est pas causé par le passé, mais désigné ou voulu ou il-n’y-a-pas-de-nom par le devant, par l’avancée qui étire la réalité. Si il y a un présent c’est que quelque structure se réalise, se rend réelle par le devant de l’être, soit donc par le présent de l’exister. La dite structure ne peut pas être causée mais s’appeler elle-même hors de soi, selon le présent même ; sinon comment ferait-elle Un, la distinctivité même, c’est en vue de la plus précise altérité que tout cela se déverse.  

 

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