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instants philosophie

La petitesse

15 Février 2017, 19:44pm

Publié par pascal doyelle

La petitesse
 
Dans la mesure où l’on a quitté l’universel, tous les discours, toutes les positions sont dévorées par l’immédiateté, s’enfoncent dans le monde donné et ne reparaissent plus, ils périront avec les choses comme tout ce qui est seulement déterminé, sans espace, sans laps de temps, sans distance, sans dimension. Alors plus personne ne sait ce que signifient les discours et les représentations, tous phagocytés par les intérêts et les groupes, qui utilisent des apparences d’universalités pour imposer leurs intérêts, leurs violences, et tous nécessitant à chaque fois une réinterprétation continuelle tentant de rattacher ces discours à des intérêts très précis, mais tout cela s’embrouille et ne signifie plus rien (parce que seul l’universel possède, potentiellement, un sens, un sens c’est-à-dire une signification plus grande que les données desquelles on part) et toute cette embrouille dérive ici et là en divers complotismes, racismes, simplismes, et le subjectivisme devient la règle et chacun est renvoyé à son inutilité, son inefficacité ; inefficacité puisqu’infiniment éloignées de l’universel, et parce que seul l'universel est plus grand que lui-même et permet d'organiser la réalité ; livré au monde et aux intérêts toute intention, toute intentionnalité tombe dans le marasme du donné, toute intentionnalité, même sincère, est prise dans le cycle destructeur des discours en général subissant la pesanteur de la facilité ; le donné sans l'universel est destiné à la mort, tombe totalement dans la dispersion sans retour.
L'universel, réel, consisterait à réorganiser les mondes humains en fonction de l'humanisme de base (pour commencer, puis à poursuivre la personnalisation qui fait suite à l’humanisation) et d’autre part à tenir compte de la réalité, plutôt que de continuer le fantasme généralisé du principe productiviste (qui s'est juste pris les pieds dans ses réussites, appliquant à la totalité de la réalité ce qui n'était valable que partiellement), l'universel est l'articulation du monde réel (naturel et humain). Tenir compte de la réalité c’est ouvrir les yeux sur le monde naturel fini, extrêmement limité, et adapté les fins aux moyens et cesser de se rêver, malsainnement, selon un fantasme général absurde, celui qui nous pousse à produire- consommer en n’importe quel sens, dans le format d’une représentation auto illusionnante.
 

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