Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

Le kaléidoscope - 2

1 Avril 2017, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Prévisions du kaléidoscope

On a reconnu, donc, que le réel se signait telle une forme ; forme de l’arc de conscience ouvert brutalement sur le donné là, et forme du « là », non comme être mais comme exister, pur et brut présent (dont l’être est effets innombrables, innombrables réalités). Forme de conscience ouverte sur, dans et par la forme du présent, lui-même évidemment ouvert.

Il ne peut exister de mécanisme-cosncience qu'en un présent et dans la séparation intégrale d'un réel.

Forme ouverte sans représentation ; les représentations qu’elle se donne, qui se créent, ne supportent pas, ne définissent pas la structure qui les a produites ; sinon la structure, l’arc de conscience serait telle ou telle identité, et passerait dans le contenu ; elle serait dieu (tel ou tel dieu), ou la pensée (cad tel système), ou le sujet (tel forme de sujet, cartésien, kantien, sartrien, ou tel sujet nominal), le moi (toujours déterminé comme un-tel), ou française ou allemande ou égyptienne ; or la structure, de conscience, est en-plus de toutes ces productions, constructions.

Ou elle serait tel ou tel langage, or il est possible de passer d’une langue à l’autre ; c’est donc qu’il est une structure de base qui accepte toutes ces modifications, sans en être elle-même modifiée. C’est dans cette structure antérieure à toutes les illustrations, déterminations, que la philosophie avance (dans l’antériorité, avance donc « dans » ou sur le Bord du monde ; les philosophies activent le Bord, structurellement, de même que toute oeuvre, esthétique, etc, perçoit à partir du dit Bord).

Penser cet « objet », comme étant un non-objet, est rendu possible de ceci ; que le rapport, ouvert indéfiniment, qu’est un arc de conscience, est toujours déjà Autre que lui-même. Il est un décalage, forcément ontologique, originel de notre attention à exister (il est requis un discorus ontologique pour décrire et avancer dans, à l'intérieur de ce décalage).

C’est notre décision qui fait s’élaborer telle ou telle formulation de l’exister, tel ou tel schéma de la Forme (le fameux « Au-delà de ce que je suis de par l'hérédité et de ce qu'on a fait de moi par le milieu et l'éducation, il y a ce que je fais avec ce que je suis et ce qu'on a fait de moi» de Sartre et son Exigence radicale, son activisme au plus proche de l’externe de la structure, au coeur de la rupture, rupture que reprendra Lacan) ; il faut supposer qu’il existe plusieurs formulations de l’exister, plusieurs dessins dans le diagramme, plusieurs schématismes dans la forme-une ou plutôt la forme selon le Un, le Un en acte dont on ne peut douter qu’il soit toujours-déjà-constamment en acte (un Un qui n’est pas en acte est un Tout, comme verra la distinction entre la logique du Tout et le logique du Un réellement Un, la primauté de la forme, du présent, sur les contenus, les effets, les réalités ; la suréminence de l’exister sur l’être causé). Peut-être existe-t-il une infinité de réalités (mondes ou univers), et dans ces réalités une infinité de schématismes actés au fur et à mesure. Le réel serait alors le Kaléidoscope. Qui se dessine au fur et à mesure, et peut-être se redessine-t-il instantanément, continûment.

Il faut le dire ; il n’est aucune raison de penser que le Un soit limité et congruent à son ou une  « identité » ; parce que le Un n’a pas, ne peut posséder d’identité ; qu’il est formel et que la forme est l’inventivité même, et elle ne génère pas seulement des réalités mais des formes-unes. Bien qu’en un sens extrême (extrême puisque nous sommes à l'extrémité de tout réalité, sur le Bord, qui se présente pour nous comme présent, il n’est rien en plus, avant ou après l’exister pur et brut, la ligne de faîte du présent, rien en plus sauf au de-dans, qui est donc le Grand Dehors) et en un sens extrêmement spécifique ; ce qui revient à dire que Rimbaud non seulement ne manifeste pas une essence quelconque mais une position et qu’il faut, chacun, incarner cette position (et cela évidemment revient pour tout autre qu’Arthur), mais aussi que cette position manipule, manœuvre, œuvre, élabore une position singulière et ce dans la lignée des singularités qui précédèrent et qui succéderont … Les lignes sinueuses et exploratoires que l’on tracera entre Eckhart et Hegel, Sartre et Lacan, etc.

Le Un qui agit selon la distinctivité est fondamentalement Autre et manifeste l’altérité au plus haut degré possible (il est la Possibilité même ; la possibilité qu’il y ait un réel, qu’il y ait les réalités, qu’il y ait d’indéfiniment divergences de formes). C’est parce qu’il est sans identité que le singulier appelle les singularités, et sans cesse le rassemblement des réalités.

Les formulations de la Forme n’en sont pas moins réelles ; elles ne relèvent absolument pas du subjectivisme ; dont les sciences, seraient-elles sc humaines, révéleraient la réduction de ce subjectivisme à un donné quelconque ; rationnaliser Rimbaud n’est pas de l’ordre de l’objet … Rimbaud est formellement plus cohérent que quelque discours que ce soit, en ceci qu’il incarne toute sa position singulière (et cette position recule, se tient en retrait dont il faut avancer la Borne constamment) : il n’est aucun autre accès à Rimbaud que le texte, l’ensemble des dispositions, l’ensemble des signes, cad des rapports pris à partir d’un Corps ; on ne nie pas la raison, on dit qu’il existe une Cohérence plus étendue, antérieure et Autre, qui réclame une ontologie, une ontologie de l’ontos effectif, agissant, extrémiste, activiste, parce que le présent est en cours, et que c’est cela qui Existe. Inutile de se demander ce qu’est cette ontologie ; c’est celle qui eut lieu depuis le début, tout-a-déjà-commencé et la trajectoire consiste à re-trouver, trouver à neuf, l’architecture expérimentée depuis la méditerranée (et auparavant) ; l’architecture ontologique qui veut accrocher la paroi du réel, qui veut  tout, qui veut tout ici et maintenant, ici même (dieu, les grecs, le christique, le sujet, l'altérité sont intraitables).

C’est particulièrement marqué par Rimbaud lui-même : Rimbaud est une recension, une recension de tout ce qu’il a pu lire, penser, imaginer, désirer, décider, percevoir, ressentir, espérer et l'ensemble de toutes les perspectives historiques ou affectives, émotionelles ou sentimentales, existentielles ou objectives, tous les discours, toutes les positions de corps, l’ensemble de tous les rapports en quelques feuillets d’Enfer et d’Illuminations : sidérant et inépuisable, littéralement inépuisable … on ne peut pas en faire le tour parce qu’il désigne et signe à partir de la source, du Bord de tout, du « là » de Rimbaud, du sujet brut, très brut, via lequel Bord il existe et se reprenant s’existe assumé ; il ne manifeste pas une essence quelconque mais sa position, celle la plus extrême, celle en acte, qu’il ait pu atteindre de son exister qu’il a su dessiner et maintenir autant qu’il a pu.

De même qu’un arc de conscience se fond dans le mouvement d’un autre arc afin de remodeler son propre visage (et premièrement et avant tout d’acquérir qu’il lève, ce moi, son visage de sujet, de dispositif singulier, acté). Lire Rimbaud, lire quelque arc que ce soit bien sûr et se tourmenter pour la révolution ou se décider pour une éthique et une intense intentionnalisation, et se re-tourner par une esthétique ou une poétique (de même que le tomber-amoureux du moi, sa grande aventure, ou être investi d’angoisse ou de dé-pression, ce qui est moins drôle), c’est re-Modifier le schéma structurel, re-Placer la position.

Ce qui est atteint ça n’est pas un donné (qui est déterminé) mais une forme qui traverse ses contenus, qui ne sont de toute manière rien d‘autre que des rapports, mais que l’on imagine tels des « êtres » ; cette imagination à propos d’un être-supposé tombe dans le monde, le vécu ou le corps, mais la forme non, et cette imagination est elle-même prise dans le rapport (de même que le conscient est pris dans l’inconscient) ; la structure témoigne de la Dimension formelle de la réalité, du Réel de la réalité.

On ne transformera pas la forme en contenu, la structure en donné ; elle n’apparaitra pas, déterminée, mais elle supposera l’autre-surface du corps ; celle qui peut percevoir les mouvements et non les choses (qui ne sont elles-mêmes rien que des mouvements, il n'est de constant que la forme, pour nous le présent). L’autre-surface du corps est celle qui permet de lire les signes du mouvement, celui qui n’apparait nulle part et n’apparaitra jamais, qui est ce à partir de quoi « il est perçu ». Et comme la structure du réel est l’exister, le présent et non l’être, nous sommes l’attente et l’atteinte du présent, qu’il renouvelle non seulement la réalité (ce qui est effectivement arrivé depuis 25 siècles), mais qu’il remodèle le rapport structurel originel, qu’il change le regard dans le regard lui-même, qu’il se saisisse et soit saisit du miroir et non plus seulement des images. C’est ce que subissent les mois, si souvent (puisque le miroir est la brutalité même de la structure réelle, rappelons que le réel est la méta-machine qui engendre ses méta-mécanismes). Mais c’est ce que veut le sujet-dans-le-moi, son kaléidoscope, accessible dans le maelstrom qu’est la structure du présent.

Le regard dans le regard est le kaléidoscope, le présent formule sa propre instruction.

 

Commenter cet article