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instants philosophie

Rassembler l’éternité

29 Avril 2017, 10:30am

Publié par pascal doyelle

Les trois Faits majeurs

On avancera donc que techniquement, parce que notre être, ou plus exactement la structure de base dont nos identités sont les effets, parce que notre être structurel est une technologie inventée par le donné, le monde, de telle sorte que l’arc de conscience soit accroché au réel sous la forme universelle, et singulière, qu’est le présent,

on avancera que techniquement donc autour de la méditerranée cette structure de conscience se découvre, comme la mer se retire, que les mondes particuliers s’épuisent et qu’apparait, dans le monde, la nécessité de représenter la dite structure qui ne se représente pas ; elle ne se représente pas, ce qui veut dire qu’aucun contenu, aucun mot, aucun représentation ne peut la contenir, 

elle ne se représente mais elle se signifie ; puisque si elle ne tient pas dans des contenus, du langage, par contre tout arc de conscience peut signifier cette structure ; la pensée, dieu, le christique, le sujet ou l’altérité n’existent dans le faisceau intentionnel que par l'activisme de telle conscience (conversion, basculement, epoche structurelle, cogito, auto affirmation nietzschéenne, nausée sartrienne, etc)

Le fait majeur consistait en cette conversion vers l’universel, qui obligeait chacun à se redistribuer dans l’universalisation, l’idée, le système, la vérité comme champ nouveau d’expérimentation, qui bouleversât les grecs, à surintentionnalilser en plus du langage commun et d'expérimenter selon la nouvelle augmentation qui décuple l'intentionnalisation du monde donné là.

Mais il fut concurrencé par cet autre Fait, si absolument singulier et pourtant unanimement partagé ; qu’il existe et n’existe que des sujets , un par un, tous cartésiens, et dont la singularité n’empêche en aucune manière de tenir l’universalité, et que la structure singulière du sujet est, littéralement, cela même qui propage l’universel ; Descartes découvre, dé-couvre, enlève la couverture pour ainsi dire, du sujet, et manifeste l’origine de la pensée ; que la pensée ait une origine il faut comprendre que ça ne signifie en rien que cette origine soit contradictoire d’avec l’universel ; c’est parce que l’origine de la pensée est ce sujet qu’il y a pensée, et qu'il faut alors réinterpréter la pensée comme s’originant dans une structure, antérieure, mais antérieur ontologiquement (cad qui ne soumet la pensée à la causalité mais qui attire la pensée, ce que perçoit bien Kant qui crée le noumène non pour faire joli mais parce que structurellement la pensée kantienne est fondée dans et par l’aperçu de cette origine antérieure).

Si l’on suit bien il est un approfondissent dans l’inépaisseur de la structure (elle n’est pas du monde, n’est pas déterminée), qui replie, re-tourne en quelque sorte la réflexivité de la pensée, vers l’origine de la pensée (ce que l’on nomme le sujet, au sens donc où dieu est sujet, la-pensée est sujet, René Descartes est sujet) et qui replie ce sujet lui-même (qui contient et admet toute la pensée, et qui plus est sujet qui permet de redéployer à nouveau la réflexivité d’encore plus loin), et qui re-tourne le dit sujet vers un troisième Fait majeur ; à savoir l’exister.

Universel, sujet, exister

Trois faits qui extériorisent l’acte de conscience et le sortent de tout contenu. Trois faits qui dressent la présence du réel comme dimension qui se tient et surtout à partir de la paroi duquel tout est tracté, tracté par l’au-devant, par le présent.

La pensée, le sujet, l’altérité se tiennent là au-devant, impliquent l’actualisation de tout ce qui peut exister intégralement ; dresser la paroi structurelle du présent c’est soulever le monde, le donné, le vécu, le corps.Puisque le donné là est instancié par le "là" du donné, le monde par le point que fut l'être, puis le sujet, puis l'exister et l'ensemble formulent les mouvements transcendants dans l'immanence, au sens où il n'est d'immanence que par et dans la transcendance du présent activiste ; c'est le présent, et donc tout ce qui est, qui se réfléchit. Tout est entièrement transcendant, tout est le mouvement-même.

L’autre dénomination de l’exister est l’altérité ou plus exactement ce par quoi on repère l’exister ce fut l’altérité ; la volonté nietzschéenne (qui dit littéralement que l’autre est en nous, antérieur à nous), l’Etre heideggérien, qui dit que nous sommes immergés dans l’altérité qui exige de nous (on ne sait toujours pas quoi), et enfin les deux analytiques sartrienne et lacanienne qui examine consciencieusement tous les aspects de cette structure neutre, vide, formelle, ce mécanisme effarant et effrayant de l’arc de conscience ( soit en externe comme Sartre soit en interne comme Lacan, mais qui les deux exposent clairement l’externe radical ; tout est autre, tout est extériorisé, tout est susceptible d’être exposé, sauf l’arc lui-même, l’interne du sujet est inaccessible, même pour lui-même, sinon il serait une partie du monde, on y reviendra, et c’est pour cela qu’il est libre en une manière très précise).

Trois faits majeurs ; l’universel, la pensée ; le sujet (dieu le christique Descartes) ; l’altérité (le « là »  réel dans lequel existent ces sujets, un par un). La dénomination de l’altérité comme exister est particulièrement cruciale comme « existence ». À savoir, oui sans doute le système hégélien est la totalité de la pensée, mais il n’empêche qu’ensuite « on existe encore » et que cela n’a rien à voir… L’existence est en plus.

Et répétons que ce dépassement de la pensée ne signifie pas que l’on nie la pensée puisque l’on découvre, depuis Descartes, la structure qui permet et existe antérieurement à la pensée. Non pas qui est dans le monde, mais qui existe dans la dimension du réel, avant le monde.

Par quoi on doit avancer que le système hégélien expose non la Pensée (qui serait comme l’horizon ultime de toutes les réalités et de toutes les intentions, ce qui n’a pas grand sens réel) mais que le système hégélien est le rassemblement de toute la phénoménologie qui l’a précédé ; c'st en cela qu'elle nous parle tellement, elle est presque toute quasiment vraie de ce qu'elle expose de notre activisme, tout comme descartes nous montre encore l'arc bouté au réel, d'une part dieu et la verticalité structurelle et d'autre part l'étendue monde ; la phénoménologie de l’esprit est tout autant la phénoménologie du Savoir absolu (en somme il n’est de « dialectique » que de passer d’une conscience à l’autre et non pas en soi ; la réalité n’est pas dialectique, mais les déplacement de conscience peuvent ressembler à quelque chose comme à une dialectique, et encore le mouvement de conscience est plus ample que cette mise en forme, pourtant bien sentie).

De même que le mouvement de réflexivité est le retour sur le donné « là », et sur cette structure qui découvre peu à peu qu’elle est surintentionnalisation (idées et systèmes), sujet (christique et cartésien) et dimension de l’altérité (l’exister et le réel),

de même il s’agit de réintégrer l’ensemble tous les devenirs, puisque ceux-ci ne concernent pas seulement des devenirs de contenus, mais des possibilités structurelles ou plutôt les variations autour et par la structure « arc de conscience » en tant qu’elle veut atteindre le réel dans et par l’articulation qui est-là ; autrement dit l’aperçu du Un plotinien ou celui du dieu Un tout-autre, ou le sujet supposé cartésien ou kantien ou la structure de conscience travaillant le corps de Lacan, c’est la même. C’est le même « sujet », au sens non pas subjectiviste du tout, mais hyper objectiviste ; la philosophie depuis le début nous entretient d’une structure effective réellement existante et forcément indépendamment de tous les contenus.

Pour schématiser ; la conscience n’est pas le conscient et le sujet n’est pas la pensée, mais la conscience et le sujet relève d’une cohérence plus grande et d’une forme plus indéfectible que la pensée et le conscient, livrés au monde, qui comme chacun sait, tombe.

Ce fut un tort considérable mais compréhensible (et utile) de réduire la pensée à la raison et le sujet au moi et le Un (dieu) à la nature. Mais l’idée même que l’arc de conscience soit un contenu ; un moi, une identité, un système ; que même il soit le langage ou le corps est absurde ; c’est parce qu’il y a un arc de conscience tendu vers le réel qu’existent un langage, une pensée, une surface autre du corps, ou telle ou telle identité posée dans le monde ; l’arc crée l’horizon sous lequel viennent fonctionner ces langages ou ces identités ces corps.

Et rappelons que l’arc de conscience sort la cervelle vers la position du réel donné « là », et lorsqu’il revient il produit une surface, une surface Autre du corps, et sur cette surface viennent se marquer les signes, et, étendue, cette surface-autre du corps est l’enjeu décisif de tout vécu et de toute l’historicité : soit cette surface retourne, retombe dans le monde donné là, soit cette surface est hyper étendue par le Point-Autre du « là » tout court, du « là » par delà tous les donnés, toutes les déterminations, indiquant en ceci que cette hypertension permet la re/structure des signes et, alors, formuler d’autres possibilités, qui ne s’éteignent pas dans la tombée du monde, du vécu, du corps ; par laquelle extension l'arc surnage, émerge par hyper intentionnalisation et existe en plus, modifiant le corps donné.

Ou donc ; lorsque les signes sont tendus seulement vers et par le monde donné, ils tombent dans le donné et ne sont plus en mesure d’être repris par d’autres arc de conscience (ils s’épuisent dans l’immédiateté dont ils sont issus et à laquelle ils reviennent, en laquelle ils ont disposé un pseudo Point). Lorsque les signes sont tendus par le réel, tout arc qui suivra sera en mesure de retrouver la trace, le signe, l’image et de réintégrer, par delà, l’articulation de structure ; par delà l’immédiat, ce qui veut dire en plus de l’immédiat, étant ce par quoi l’immédiat, le monde, se situent, sont situés : soit selon le Un, selon la pensée, le sujet ou l’altérité. Par delà l’immédiat ne veut plus dire en un autre monde, pour la raison que cela n’a jamais signifié cet au-delà abstrait ou éthéré ; les idées platoniciennes, le christique qui intentionnalise en plus de la mort, le sujet qui dresse la verticalité dans l’horizon de l’étendue augmentent ce donné et ce corps.

Enregistrés sur la paroi du présent les signes resteront les signes, le sens du monde, le sens de la réalité, et tous ceux qui connurent les signes seront nôtres.

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