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instants philosophie

La forme de la politique

8 Mai 2017, 09:39am

Publié par pascal doyelle

On peut observer ceci ; l’organisation des sociétés humaines est passée d’une spontanéité (excessivement construite, de toutes les sociétés traditionnelles, des royautés, etc, mais qui se donnaient comme d’origine religieuse ou surnaturelle, de l'ordre du groupe lui-même se positionnant dans son monde, ce qui leur permettait de (se) réfléchir, de se percevoir comme image dans le miroir, de l’ordre du comme-si, dans l’image supprimant le miroir)
à un volontarisme ; on institue des constitutions, neutres, objectives, de zéro (qu’elles soient en fait relatives à une lutte des classes par ex est vrai mais en partie seulement ; au sens où au travers de la lutte de classe se montre, s’expose, s’impose une logique réellement objective, du un par un, une voix à la fois et individuelle, ce qui n’empêche nullement que la dite lutte reprenne par-dessus la constitution et même enfonce la logique universelle du un par un dans un monde obscur et violent).

La différence se tient donc entre l’image dans le miroir et le miroir lui-même ; en admettant, objectivant, qu’il existe un miroir, on doit structurer celui-ci au lieu de seulement produire des images dans le miroir (par ex à quoi nous contraignent la totalité des mass médiatisations, des images, des images partout, tout le temps). Ou donc d’une part de produire des images à ce point autres et in-entendues qu’elles appellent la structure et d’autre part élaborer le Bord du monde et du corps, de telle sorte que ce qui est sans épaisseur (sans détermination) ait accès à lui-même. La philosophie par son tord-boyaux crée, pour sa part propre, l’articulation repérée depuis la méditerranée (sous les auspices de la pensée et de dieu et du christique), la crée selon ses possibilités de tours et re-tours d’abord dit métaphysiques et ensuite nommés ontologiques (tenant à la structure de notre arc de conscience, depuis Descartes). Mais la structure est activée et ce dans tous les domaines ; esthétiques, éthiques, politiques, idéels, humanisation et personnalisation, etc.

Le problème est que dans l’ordre spontané ou immédiat, il n’existe pas de miroir, en lequel vienne s’agiter les images, et qu’il n’est non seulement pas besoin de justifier ce miroir, mais il n’est pas pensable d’investiguer sur la nature du miroir ; l’hypothèse ici est que l’occidentalisation n’est pas de composer une image de plus (une image du monde) mais de structurer le miroir lui-même ; ne pas croire donc que la pensée, dieu, le sujet ou l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) formulent des images mais imposent bien des structurations de la structure, pour ainsi dire.

Et l’institution de la Constitution, des sociétés humaines, crée le un par un ; chacun est relatif à soi et dès lors échappe au relatif, mais à condition de situer ce Rapport, ce qui prît nom de sujet, ou dans l’historicité de liberté. Or cependant ce qui eut lieu ce ne fut pas le maintien de ce Rapport ; en cela que chacun devint relatif à son corps ; et plus exactement à la satisfaction ; ce qui n’est pas du tout le même que le Rapport. Les Grands sujets (Rimbaud, mais chacun le sien) et aussi les sujets (citoyen signifie un tel sujet ou révolution ou éthique-esthétique ou éthique-politique, etc) commencent alors de se débattre dans leur moi, à éjecter l’identification de leur sujet à leur moi, identifié à ce corps donné, supposé naturel et immédiat.

Liberté égalité

De manière générale il est très facile d’être libre, mais il est très difficile de tenir cette liberté dans l’égalité ; parce que pour ce faire chaque liberté doit se réfléchir, se situer elle-même et non pas suivre son penchant naturel, réaliste, objectivé (ce qui se situe dans le champ intentionnel et non pas le faisceau intentionnel lui-même, les objets et non l'horizon des objets). Et si on doit se situer alors il faut nourrir cette distinction et soi-même cesser d’être, de se vivre seulement comme simplement « soi ». Ce faisant, en se limitant à son « soi » personnel, pour ainsi dire, on redouble en réalité la difficulté, mais cela ne se voit pas, parce que pour s’apercevoir que c’est un piège redoutable, il faut garder vivant à l’esprit « ce que devrait être l’équivalence liberté-égalité », ce qui est un  effort, et qui revient à ouvrir la dimension de cette liberté telle qu’en elle-même et non pas prise dans un jeu, simple, d’immédiateté (la liberté consistant alors à « faire ce que l’on veut », dans les limites de la liberté des autres, ce qui ne se joue pas pareillement dans les pays anglo-saxons et en France). Et compréhension qui est la logique de comprendre que si la satisfaction n’est pas ma finalité, alors c’en est une autre … évidemment la difficulté est entièrement de savoir en quoi cette autre finalité consiste.

Garder libéralisme ou capitalisme et communisme fait partie du piège ; on ne peut pas choisir entre liberté et égalité. C’est impossible, à moins de tomber dans les deux cas dans le piège qui veut identifier le mouvement, qui s’égare alors dans les réalités fantasmées que l’on sait ; réalités fantasmées aussi bien communiste que capitaliste ; parce que si l’équivalence liberté-égalité n’est pas maintenue c’est l’esprit qui est coupé de lui-même, esprit qui au lieu d’articuler, de construire la médiation, fléchit et tombe dans le donné.

Remplaçons « esprit » par « conscience » l’arc de conscience est séparé de non pas sa réalité mais de sa possibilité, c’est la possibilité qui manque et que, si l’on se tient dans le monde de la satisfaction, on ne perçoit plus ; le monde parait toujours complet pour la satisfaction, et l’insatisfaction, ce dont l’arc de chaque conscience est la proie, l'insatisfaction est le seul obstacle apparent, et l’insatisfaction qui devrait s’adresser, s’élancer par l’équivalence égalité-liberté (si insatisfaction se comprenait comme structurelle, cad à jamais insatisfaite, et qui ne se soumet pas aux satisfactions rêvées, fantasmées, aisées, se produisant naturellement de la cervelle) la pseudo finalité retombe dans le monde, dans l’immédiateté et la fadeur ou la valeur des objets qui échoient indéfiniment dans le donné ; parce que ça n’est pas stricto sensu à l’équivalence que cela s’adresse, c’est à cet être, cette structure ; que l‘équivalence liberté-égalité implique, c’est à la Constante structurelle, une tension, civilisationnelle, que cette équivalence suppose ; qui consiste à remonter dans le structurel et non pas user du structurel à des finalités tombantes.

Que l’on ne se définisse pas selon le corps mais selon cet autre réel, celui qui n’est pas. L’autre Corps. Celui dont on n’a pas idée, mais quelques images ici et là, sauf que ces quelques-unes images sont immensément bouleversées, en interne, et montrent, au travers, le miroir, ou plus exactement le suscite ; le suscite en revers de ces images tortueuses. Rimbaud, toujours notre exemple, suscite par ses images l’arc de conscience et la recension de tout le monde donné et de tout le corps.

Ce qui manque à l’inéquivalence liberté-égalité c’est la vision ou la visée, la cible d’un monde organisé et organisé par l’auto gestion de chaque arc de conscience ; qu’il se pourvoie d’une mise à niveau continuée, qui puisse avancer l’arc de conscience et la représentation humaine de l’humain, à la fois (ce dont se charge les mass et micro médiatisations se transformant en mass et micro médiations, de soi à soi, de soi aux autres, des autres à eux-mêmes) qui admet qu’il doit « sacrifier » une partie de lui-même afin que cette séparation vienne augmenter l’ensemble, impliquant qu’il y ait un « ensemble », cad une finalité explicite à l’humanisme qui ne soit pas la satisfaction et qui soit un but en plus ; et il est très clair, si l’on peut dire, qu’il est de multiples pistes, on y reviendra puisque cela instruit la programmation de l’éthique ontologique elle-même ; comment la structure de conscience doit-elle, à partir du rien de sa forme, doit-elle user d’elle-même ?

Lorsque l’on n’atteint que la liberté immédiate on redescend les finalités dans le donné ; en charge, légitime, d’acquérir le bonheur, idée neuve en Europe, mais on n’entre seulement par là que dans la conditionnalité de notre possibilité ; c’est seulement à partir de cet acquis, le bonheur, que la suite commence, qui elle est réellement intéressante (et qui oblige comme on l’aura compris à subsumer la satisfaction dans la structure insatisfactionnelle, qui est fondamentalement l’enjeu ; Nietzsche entre autres est la pensée de l’insatisfaction comme structurelle, mais tout autant Sartre ou Lacan). Or en restreignant ce bonheur lui-même à la mise sous contraintes artificielles d’une nécessité, d’un nécessitarisme, une sorte très réelle d’idéomanie, on bouche absolument le possible ; l’économisme fait office d’une telle mise sous contraintes, qui s’oppose à ce que cela aurait dû être une mise sous conditions du possible ; et l’histoire se rétrograde alors indéfiniment (selon le nombre indéfini d’objets de désir ; rappelons que si le communisme table sur les besoins et l’homme générique, ce qui est une vue abstraite qui ne veut se tenir que de l’universel, le libéralisme se confie, pieds et poings liés, au désir et à l’individuation, ce qui est plus réaliste mais pour l’instant un piège dans lequel nous sommes tous liés, un anneau pour les lier tous) ; le monde, humain, ne cesse plus ainsi de se recycler, en usant jusqu’à la corde les images dans le miroir et de plus en plus éloigné de la structure qu’est ce miroir lui-même, et en même temps de plus en plus proche (la logique du réel est logique étrange, fondamentalement).   

La réponse est claire ; si l’on y tombe dans le piège c’est parce que le corps est évident, de même ses objets, amplifiés, adulés, idolâtrés, fantasmés, et démultiplication de tous ces motifs, corps donné déjà-là,  et que l’équivalence et surtout ce qu’elle implique, n’est pas ; puisqu’elle est le possible. De sorte que l’on manque d’âme parce qu’on ne la veut pas, parce que l’on n’y décide pas.

Ce qui doit être n’est pas « là » ; ce qui doit être c’est ce qui peut être, et la structure de l’être est l’exister, non pas l’être lui-même, qui est seulement effet et résultat et dépôt de l’exister ; c’est le possible qui crée le réel. Et il faut se hisser à cette mesure sinon on retombe dans la complétude du monde, tout déjà là, et chacun livré à l’infra. Et ce qui peut être est précisément ce qui est pensé ; la pensée a pour finalité de délimiter le possible, en un sens spécifique et très technique, mais la liberté dans l'histoire, l'égalité parmi tous, la perception augmentée esthétique ou l'éthique elle-même parcourent l'historicité et l'humanisation et bien sur pour nous tous, la personnalisation,,jusqu'au coeur des mois ; et à commencer par ce qui est impliqué par l’équivalence liberté-égalité ; l’impliqué est la délimitation du possible, ce qui suppose que notre être ne soit nullement un être mais une structure ; celle qui rend possible le possible.

De ceci les bifurcations étranges philosophiques ; les trucs que l’on ne comprend pas ; puisque ce qui est décrit c’est justement la jointure, l’articulation de notre être, la structure (pas ce que l’on est mais l’arc qui existe) au réel, et à la position « qu’il y a un réel » (et qu’il est plus grand que lui-même).

De même si l’on range Rimbaud (ou quiconque évidement) dans la catégorie « poésie » on ne voit pas qu’en fait, dans le Fait même, c’est notre arc de conscience qui est, dans ces textes, réarticulé, re-lié d’une grande extension et ce via une énormissime intensité, l’autre-corps. Il faut considérer Enfer et Illuminations comme nos évangiles. Et comme nous sommes dorénavant quantité innombrable de sujets, il est des quantités d’évangiles (chacun les siens, c’est une œuvre en variations kaléidoscopiques de et par la singularité, qui est le cœur même du réel, cad de l’exister) . Quantité puisque ce qui s’est propagée est la forme, de la structure de conscience, et cela serait-ce même via les plus difficiles et retors grands sujets. Nous sommes d’innombrables sujets, sous l’apparence des mois, et suite à l’entame de Descartes qui ne fait que révéler une structure réelle qui commençait déjà de pointer dans le monde, cette multitude de sujets viendra bientôt se déverser au travers de la révolution (liberté-égalité) sur tout le monde humain, l’envahir du dedans. Ce ne sont pas les « droits de l’homme » qui envahissent le champ, c’en est seulement une traduction, mais l’effleurement du roc, l’impliqué secret dans l’océan habituel du monde.

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