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instants philosophie

La forme politique et la sécession interne

13 Mai 2017, 08:29am

Publié par pascal doyelle

 

C’est l’organisation élaborée et d'égalité qui refuse de réintroduire ou d’introduire, dans l’échange régulé, accepté, requérant un accord, cad une intelligence commune, sociétale, refuse d’y réintroduire l’inégalité. Ce qui suppose, donc, une société régulée, pacifiée, ou à tout le moins équilibrée, et non pas une société qui entretient artificiellement la guerre et la violence et l'oppression, ce qui s'entend aussi comme pression mentale, physique et psychique, réelle et symbolique, et qui dans tous les cas maintient, sous la charge de nécessités produites artificiellement, les possibilités de ce monde ; lesquelles possibilités sont rendues infra.

Chercher l’équivalence liberté-égalité, et l’impliqué de cette équivalence (qui mène donc à l’ontologique éthique) c’est passer par dessus la simple problématique de la satisfaction vers le « problème-complexe », absolu, cad formel ; que notre être soit non pas la satisfaction mais ce qui vient après. Et maintenir tout l'ensemble dans la nécessité, la hiérarchie et la violence (et l'exploitation) c'est annuler le devenir en plus (qui malgré cela parvient à se rendre réel comme çi ou comme ça).

Soit on admet la suspension, le coordination générale (ce que signifie l'impliqué liberté-égalité) soit on comble la forme, le vide formel, par une quelconque identité ; le nationalisme ou l'identité de l"individu, qui portera toujours de magnifier tel ou un tel, sont deux versions de la surrection de l'im-mesure de la liberté sur l'égalité. Demeurer dans la suspension, c’est tenir la structure ; la structure antérieure à la réalité que l’on refuse de coincer dans le donné.

Ce qui veut dire, littéralement, le surplus de liberté qui vient nier l’égalité ; et donc immédiatement ou à terme vient nier la liberté elle-même. Une société se veut instantanément selon une égalité, qui préserve ses membres ; si elle dégénère c’est de sa faute. C’est qu’un système de pouvoirs ramène tout à une dureté imaginaire qui justifie la hiérarchie par laquelle quelques-uns définissent leur liberté, cad leur absence d’âme, et ce qui supprime la liberté ce sont les libertés, elles-mêmes, et puisque le régime de dureté se ramifie jusque dans le psychique, le retour de l’inégalité entame l’âme de chacun, l’âme étant « ce qui n’est pas mais qui existera ». Et ceci est l’effondrement lorsque la structure ne supporte plus le caractère formel ; lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle n’a jamais supporté le structurel ; celui-ci s’est placé par dessus la tête, dans la constitution, dans l’acculturation, dans l’idéal, ou dans l’au-delà, mais il ne s’est jamais instancié dans le psychique ; aussi le psychique a-t-il utilisé le structurel, afin de rétablir encore et toujours la détermination du monde, du corps, du donné, des échanges, des hiérarchies.

Ce par quoi la liberté vient à nier la liberté est l’im-mesure de la liberté ; lorsque la liberté sort de l’universel elle ne prend plus cette universalité comme finalité, mais rétrograde et lui substitue telle ou telle immédiateté, tel ou tel faire valoir, finalités secondes, justifiées par l’état naturel, le désir, telle ou telle identité ; c’est littéralement un défaut du penser lui-même par lequel il se plie aux nécessités, et par quoi la personnalisation ne parvient plus à dégager sa propre vue ; elle finit ou commence par croire que l’universel est une contrainte.

Mais ça n’est pas seulement que l’immesurée liberté annuel l’universel, c’est qu’alors elle n’accède plus à la structure individuée elle-même ; contrairement à ce que l’on peut croire ou imaginer, l’immesurée est assujettie à un donné, à une satisfaction.

Et par-delà l’universel on découvre alors que le réel n’est pas l’universel mais en plus de l'universel et compte tenu de celui-ci « ce qui origine » la pensée, l’universel, la raison, l’égalité. Pour cela il faut requérir toute l’expérience qui eut lieu (après la révolution qui arrime le réel, l’universel, dans la réalité, dans le monde) et dont relèvent les grands sujets (Rimbaud selon notre exemple) et les sujets (tout le monde en tant que dans chaque moi s’origine dans non pas son corps donné mais s’origine dans le sujet).

Sans doute on pourrait positionner la liberté-pour-elle-même-et-elle-seule comme « oublieuse de l’universel » ; oublieuse de la formulation universelle de la pensée, de la raison, raisonnable, rationaliste, étale, plate. Ce que l’on peut saisir en ceci que la raison est l’adaptation de la pensée (métaphysique et ontologique, métaphysique relative au discours et ontologique relative au sujet, à ce qui origine la pensée) et que la raison limitée à elle seule, rend fou.

Aussi cette folie investit la psychologie des gens, des mois, et ceux qui nient, refusent, ou s’ennuient, cherchent leurs sujets et quelques uns leur Grand Sujet ; ce qui veut dire qu’ils élaborent leur sujet en énormisant le décalage ontologique vécu en-un-corps, le regard kafkaïen ou celui de Céline, etc, sur la réalité ; regard à partir du point le plus extrême possible, les Grands Sujets se tiennent du Bord, puisque tout arc de conscience en un moi s’en situe infiniment proche, au sens réel, physiologique quasiment ; la proximité de l’infini circonférence du Bord, tel quel, est consternante, c’est « là », pas loin, tellement pas loin que « cela » , cette monstruosité, précède, précède horriblement toute réalité, y compris ce corps, la proximité est effrayante, il est une angoisse qui nous longe le corps, que nous soyons au Bord du monde et au Bord du corps, qu’il y aille de notre décision, de telle ou telle décision, le christianisme a raison de dire que « cela a déjà commencé » et que l’on doit y décider. Y décider une âme.

Le problème étant que ce qui doit être décidé n’est pas, l’exister n’est donné nulle part, sauf comme présent, comme Bord du monde ; on y est, sur le Bord, perchés, déséquilibrés, et tous les mois sont déséquilibrés par la Possibilité, qui n’a nul accès à ce monde çi. Excepter sa décision insondable.

Il faut se rendre à l’évidence ; c’est la question du noyau du réel. Du noyau du réel pour un être humain. C’est par ex ce noyau que la psychanalyse atteint ou dont elle rend compte plus exactement. Que l’arc de conscience ne peut pas se décrocher de sa densité de réalité massive ; que l’on ne parvient pas sinon faussement de se désengager du donné tel qu’incorporé ; on peut admirer Rimbaud mais ça restera à l’extérieur, sauf pour Rimbaud… celui qui y a cru, un instant, et celui qui l'a vu, ce décrochage ontologique ; et il y eut nombre de mois qui se transformèrent en Grands Sujets ou sujets qui transportèrent leur accès dans l'exister (Kafka, Céline, Artaud, chacun le, les siens ; il y a profusion de sujets-dans-leurs-mois, puisque c'est la règle du réel lui-même) l’accès au réel est toujours fragmentaire ; il n’y a rien dans le monde qui puisse le porter, il se porte tout seul ou pas, le Un est de par lui-même en tant que Un, il ne peut pas se devoir au monde, au vécu, au corps. Et Rimbaud qui relate l’impossibilité d’habiter dans le structurel, précisément, ce que cela cause de porter, supporter le tourment de la différence forme/détermination, et que ce rapport est incompréhensible.

Le noyau d'irréalité, qui confond forme et satisfaction,  lorsqu'il est restructuré, réel, est dieu, le christique, le sujet, la pensée, l’universel, l'altérité, mais en vérité, cad en réel, la structure n’a jamais dénoyauté le noyau d'irréalité, lequel n’est nullement l’idéel ou l’idéal ou le structurel, mais est la composition écœurante de la cervelle-en-un-corps, de ce corps dans le relationnel, et du relationnel dans l’organisationnel de contraintes (de rareté donnée ou de rareté entretenue artificiellement). On n’en est jamais sorti ; la ligne de ce monde est la ligne de mort (tout de suite, immédiatement le challenge est violent, tout de suite c'est la guerre, la lutte à mort, et porte à l’exploitation ou à la mort de l’autre, comme seul enjeu effectif dans le monde donné).

Ce mélange écœurant est indécrottablement ce qui nous anime ; il utilise le structurel, l’universel, la science, la « vérité » ou toutes choses du même genre en la seule fin de son ventre, de sa nasse psychobiologique, de son gouffre fantasmatique, de son épouvantable irréalité. Le noyau irréaliste c’est ce qui absorbe par le fond. Inventez la révolution et celle-ci sera tordue dans une manière de monde hiérarchique et inégalitaire et sous contraintes (néanmoins la structure aura pu s’avancer un peu, et chaque arc de conscience modifier son kaléidoscope envers le réel, gagner un peu d’âme).

L’arc de structure vers et par le réel se visualise dans l’instantanéité ; il éprouve, et prouve, sa réalité, ses effets dans le monde, et qu'il ordonne le monde hors de la nécessité. L’irréalité réfère, elle, à toutes les séries d’images qui se meuvent dans l’intériorité, et s’empruntent de l’extériorité, du monde, du vécu, des parties du corps, et ramènent ainsi cette objectivité, mais dont le fond, l’unité coagulante est constituée d’une sorte d’image et d’appréhension du corps par lui-même ; par laquelle coagulation, la soudure, le rapport d’un corps à lui-même, est maintenue, ce qui en tant que tel est immanquable et nécessaire ; mais qui devrait se relever par l’arc tel que dans son exister,  il se décide (se convertit, jadis ou s'éprouve comme voyant ou se bascule comme pensée)  se décide par son actualisme pur et brut ; il serait en mesure, toujours déjà en mesure, de se renouer. Il serait en mesure d'activer dans le donné et la lourdeur du monde et du corps, la suspension hors temps, purement de présent activiste.

L’irréalité est la cervelle 

Sans doute Rimbaud espérera-t-il, ou attendra-t-il de sa capacité, de sa force de rendre réels les mondes, les autres mondes, comme durant quantité de siècles, que l’idéal ou l’idéel ou la forme s’incarnera, mais il échoue, croit-il, il échoue et pourtant il réussit ; il faut lire inversement ce qui est avancé ; l’œuvre elle-même est cette réussite et il le sait, aussi ; il croit qu’il échoue, mais il sait également qu’il réussit ; qu’il a effectivement créer des mondes, lancé les signes comme il faut, pour que ça porte, d'un arc à l'autre, démultiplier la capacité de l’arc de conscience. C’est seulement qu’il a vécu, au sens d’éprouver (et donc au sens d’épreuve et de preuve) l’arc incandescent et qu’il a cependant mésinterprété ces signes lancés. Il a cru qu’il travaillait pour créer un nouveau monde, révolutionné et c’est ce qu’il a réalisé, mais pas le monde ; ce n’est pas le monde qu’il a renversé. C’est plus que cela.

Et toute l’ambiguïté et le déballage de « je » divers et variés de la Saison et des Illuminations, consiste en ce savoir qui se joue, de lui-même et joue sa peau, à la fois. On ne sait pas ce qu’il sait et ne sait pas, et lui-même, incertain, lançant sur la table du réel tout le possible dont il est issu. Toute l'effroyable décision.

Le réel est plus grand que lui-même. Et ce qui s’est rendu réel, et a effectivement avancé, ça n’est pas tant de l’ordre du monde que de l’ordre de la structure antérieure au monde ; sinon pourquoi le lirait-on ? Pour rêver à un idéal ? Mais la lecture est cet « idéal ». C’est de cette logique là. Ce qui est réalisé, rendu réel, rendu Réel, est bel et bien activé, l’activisme est lancé depuis les grecs et le christique, depuis la renaissance et Descartes, la révolution et Kant, mai 68 et Sartre et Lacan. La réalité revient sans cesse et impose ses lignes de violence et de mort, usant de ses hiérarchies et de ses déterminations mais la structure s’est, entretemps, encore structurellement modifiée. C’est cela le réel.

Et c’est la mésinterprétation de cette épreuve qui vient la ramener dans le monde (en croyant que telle œuvre ou telle révolution annuleraient le monde), au lieu qu’il faut y lire que fondamentalement la structure de conscience est bouleversée, émue, mue et nue depuis la révolution, depuis Rimbaud, depuis tous les autres, parce que tous les arcs sont quasi à vif devant le monde donné et sur le « là ».  

Il n’est aucune réalisation réelle, vers le réel, tendue, qui n’admette pas l’universel ; parce qu’originellement à l’universel, non dans le monde mais dans le structurel il n’existe que l’individué structurel ; chaque arc de conscience est strictement et formellement, cad absolument, individué ; Rimbaud n’expose pas sa « subjectivité » mais expose son individué pur, brut et œuvré, créé ; la vérité est que la brutalité, sans faille, de Rimbaud, est l’œuvre elle-même… c’est bien la force, le tour de force et de l’énergie que de plongé dans la brutalité structurelle retrouvée et même littéralement trouvée, perçue, éprouvée, en plus de l’universel et antérieure à l'universel, mais antérieure selon le réel, non selon la réalité, le monde, le donné et le corps, vers le structurel et non le monde, et qui constitue l’accès, l’atteinte, la possibilité cachée dans le monde et le corps ; il montre qu’au sein et au travers et en plus de l’universel existe le singulier absolu, une cohérence plus hyper objective que le donné,

et le singulier absolu est l’insatisfaction, et la grande noirceur infatigable, et ce en quoi se créent les mondes, les images oui mais beaucoup plus que les images, la complexité brutale d’images pensées, puisque l’on y pense, à ces images, antérieurement au monde selon l’antériorité de structure brutale et dont est saisi ; c’est parce qu’il a admis, intégré, incorporé l’universel mais parce qu'il saisit la racine de grande cohérence antérieure à l'universel même, qu’il architecture son individué et en est saisi, transi par la racine très-épouvantable. Que l’architecture est celle du réel même et en aucun cas sa subjectivité ; sa poésie réelle, hyper objective (lettres).

Le nœud de cette exploration, que le singulier est en plus de l’universel, l’universel compris, est la transmutation ; c’est parce qu’il opère via un corps-autre, son autre-corps, que la brutalité inhumaine devient l’énergie surdivine. La question est ; cette énergie inemployée est-elle la noirceur insatisfaite ou la noirceur insatisfaite trouve-t-elle le chemin même du réel ; celui qui n’est pas mais se tire de l’exister effroyable du présent ? L’inemployé, qui tournait en rond dans le seul universel, et parce qu’il admet intégralement tout l’universel, découvre un territoire et ce territoire est le réel, s'engageant dans l'hyper objecitvité derrière les façades du monde et du moi, traversant sa Saison, hors de l'âme et du corps, mais exerçant sa vérité articulée sur le Bord de la réalité ; l’acte crée le réel, parce qu’il a trouvé un corps-autre qui l’impose dans toute l’ampleur de la réalité et du monde. Dieu peut bien avoir créé le monde, celui-ci, cet être en plus, crée le surdivin, le Un au sein du monde (rappelons que la première figure du surdivin est le christique lui-même ... mais la pensée grecque, divine, sait et connait son origine-autre et que toute l'immanence, qui est réellement immanence, est originellement la transcendance telle quelle). Il est autre chose que l’insatisfaction (à quoi de toute manière toute désir de satisfaction est voué).

Lorsque donc l’im-mesure de la liberté abandonne l’égalité, l’universel, elle se foudroie elle-même et croit acquérir un être, ce qui est impossible (puisque se tenant de l’exister et non de l’être et que cet être est seulement l’imagination d’une telle consistance, laissant la structure parfaitement, parfaitement, insatisfaite ; puisque c’est en tant qu’insatisfaite que la structure existe et qu’il est impossible qu’il en soit autrement) ; l’im-mesure de la liberté c’est le rêve, l’irréalité, la confusion de l’image et du miroir, du contenu et de la forme, de la détermination et de la structure.

La philosophie c’est le commencement de la saisie de la structure, nue, vide, formelle. Dieu, la pensée, le christique, le sujet et l’altérité tentent de formuler, par des concepts distordus, des opératoires, des distorsions si difficiles, la puissance du réel sur la réalité, de la forme (le présent) sur le donné (le monde).

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