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instants philosophie

Soulèvement de la structure

20 Mai 2017, 08:03am

Publié par pascal doyelle

Tous les mouvements de révolte qui eurent lieu, de Stirner à Lacan, en passant par Marx ou Nietzsche ou Heidegger, sont ainsi des mouvements en interne du processus qui, lui, débute à partir de la pensée et de dieu, comme interventions externes au monde (ontologiquement externes, puisque tout ce qui est la proie de l’Altérité, du présent).

Nietzsche ou Heidegger tentent de réintroduire dans un monde pacifié, au sens de métaphysique annulée (par Kant par ex), une ontologie et évidemment au sein de la rationalité étale, plate, sans-tête, cette ontologie est d’une brutalité fracassante, et Sartre et Lacan, puisqu’ils sont attachés à la même structure d’altérité (celle de N et H ou celle de la pensée, du sujet et du christique, rappelons que Sartre signale le dieu surprenant en-soi et pour-soi et que Lacan n’en a pas fini de ses prolongations ontologiques, loin de là, et bien qu’il soit décédé …) lorsqu’ils lancent l’analytique de notre être, démontent intégralement sa base structurelle ; autrement dit de manière générale il faut prendre au strict sens tout ce qui fut décortiqué, et créé et analysé ; c’est l’unique et même structure à la base de toute humanisation (de quelque civilisation que ce soit, de quelque monde ou personnalisation que ce soit) qui, une fois portée au jour par la méditerranée, fut élaborée en tous sens, les directions disponibles ; inutile de chercher une certitude dans la pensée, ou la raison, dans tel ou tel contenu, la forme, la forme de l'attention-à, l'arc de conscience même est la certitude de la forme ; on ne peut pas se supprimer, supprimer l'attention que l'on a, on l'est.

Il y eut d’une part une formulation d’adaptation qui remplaçât dieu par la nature, le sujet par le moi (ou l’humanisme, le sens de l’humanisation consistant à faire que chacun soit un moi), la pensée (qui se structure comme notre-être/dans l’être) par la raison (qui se fonde à partir du sujet cartésien, absenté, vers le donné là, comme « le donné seul explique le donné »). Mais d’autre part cette formulation d’adaptation fut aussi l’occasion de se perdre en route ; provoquant les « réactions » ontologiques sauvages (des sujets, grands sujets et philosophies de l’altérité, N et H). Il est normal, pour ainsi dire, que celui qui inaugura que la pensée s’origine dans une structure antérieure, Descartes, soit continué par deux autres français : Sartre et Lacan ; respectivement entreprenant la structure par l’externe, Sartre (le pour soi qui est externe à tout, les autres, le monde, les choses, l’historicité, etc), et par l’interne, Lacan (par qui la structure de notre moi est intégralement explosée et exposée).

Or dans tous les cas, depuis la pensée et le dieu unique (un tout-autre), jusqu’à Lacan, il s’agit de la même structure, évidemment puisque c’est une structure réelle qui articule au devant, en retour dans le présent et produit un monde humain, l’humanisation ou la personnalisation (les mondes humains particuliers autour d’une synthèse de la perception, échanges, paroles d’un monde donné ; puis l’humanisation fondée sur l’universel propagation de la forme révolutionnaire de tout l'humain ; les mois produits par leur sujet structurel, qu’ils ignorent, sartrien et lacanien mais aussi dans la mesure où on re-pense tout le devenir, le sujet cartésien, inaugural de tout).

Toute définition serait-elle « révoltée » de la structure retombe dans le monde ; Nietzsche et Heidegger choisissent une définition tellement autre et hiératique qu’elle renverse les définitions plates (de la raison, de l’humanisme, du moi, de la démocratie, etc, qui indiquent toutes des parties du monde et non un externe ; la Volonté ou l’Etre sont autres que toutes leurs manifestations) et Sartre et Lacan avancent réellement dans l’épaisseur de l’inépaisseur de la structure telle que sur- active, activiste, elle produit l’humain et le moi comme effets ; effets qui se prennent pour des réels, alors qu’ils sont seulement des réalités, des réalisations.

Et que toute la structure reflue dans son irreprésentation, peu importe puisque ce qui ne peut pas tenir dans le cases de la représentation, peut se signifier ; chaque arc sait très bien ce que signifie, lance Descartes : en vérité et réalité tout le monde le sait. C'est ce se-savoir qui est la formule (qui n'est donc pas une connaissance mais un se-savoir, cad un Savoir).

Si la structure, l’arc de conscience, forme vide, puisqu’elle est un rapport et même le seul rapport que l’on connaisse (tout le reste est identités, en eux-mêmes mouvements, comme les atomes, particules, etc mais qui ne sont pas un rapport à (soi) du rapport lui-même),

si cette structure est originelle, c’est aussi qu’elle est, comme arc, tendu vers le réel, vers le donné là certes mais structurellement vers le « là » du donné ; sur et par la position du réel qu’un réel il y a. Et il n’y a pas trente six formes ; il y en a, à vue, seulement deux ; l’arc tendu-2 vers le réel-1

(le réel est le présent, et tout le reste ce sont (univers, mondes, humanisations, personnalisations) des effets du présent, de l’unique forme qu’est le présent).

L’autre point de vue serait que l’identité soit l’unité de la réalité ; par exemple que l’on soit le moi ou l’âme ou l’identité que l’on est ; on supposerait par là que notre essence formerait une unité, un centre, un noyau, un nœud, une monade ; et l’ensemble des détails d’une vie, ses décisions, ses possibilités manifesteraient cette essence, qui se regrouperait quelque part, qui existerait sur son propre plan et serait le « moi » que je suis, fus, serai. OU que le monde, l'univers, tout dispersé qu'il soit, se réunirait on ne sait où (on remarquera donc à l'inverse qu'il n'y a pas de totalité unifiée du monde, que donc le monde est "des totalisations" en nombre sans doute indéfinies).

Il est en vérité impossible de définir en quel « lieu » ou quelle essence se proposerait une telle identité ; non seulement de toute vie, vécu, mais de toute réalité ; « où » localiser l’unité de tout cet univers énorme ? L'unité de l'univers est le "là" de l'univers lui-même ; ça ne tiendrait pas ailleurs qu'en tant qu'univers. Y-a-t-il seulement un seul univers, et non pas des réalités, des totalisations ? Supposer une unité de l’identité rend à vrai dire incompréhensible ; distinguer par contre dans l’existence de chacun ce foyer ardent mais structurel d’un acte de conscience sartrien ou ce re-pli interne lacanien commence d’expliquer tout ce drame …. C’est un éclaircissement de la vue, et qui se passe de l’Etre heideggérien ou de la Volonté nietzschéenne, si mystérieusement amenés, et littéralement une transparence qui survient dans la vue même ; ce qui était confondu est alors distingué, distinctif. Sartre et Lacan réalisent, rendent réelle cette possible transparence, description, démontage ; de même que Descartes en introduisant le coin de son attention suspendue commence d'expliquer l'articulation de cette forme de l'exister vers l'étendue du monde

Remarquons bien ceci ; il est inutile d’alléguer que dieu ou la pensée ou le Un ou le Bien et toutes ces bizarreries, très difficiles, formulent une unité de l’identité ; il n’y eut jamais autant de distinctions et de divisions que depuis l’intervention de dieu et la pensée ; le sujet cartésien engendre quantité de sujets (ou si l’on veut Descartes se fait l’écho d’un mouvement de distinction structurelle qui lui préexiste, évidemment, mais que de son énonciation il amplifie considérablement ; la représentation accélère, tout comme les grecs accélèrent la pensée). Dieu, la pensée, le christique, le sujet et l’altérité sont des Exigences (ce que les mois et l’humanisation rationaliste réaliste ne supporte guère ; au point que l’idée même de révolution nous soit devenue tellement étrangère…, pas un hasard). Des structures effroyablement exigeantes, pas des facilités.

Pourquoi pas une telle unité de l’identité ? Mais visiblement la réflexivité, l’attention qui analyse notre être en se retournant sur sa base, la réflexivité décortique tout autrement ; jusqu’à atteindre cela même qui agit, qui produit des identités et non pas qui fasse fond, se fige dans une identité (massive ; dieu, ou le surdivin, christique et rimbaldienne, par ex, ou structurelle, de Descartes à Lacan, structurelle et individué, une par une conscience comme arc par la révolution, tout cela ne formule pas une identité mais des vides, des interstices absolus) ; cette analyse réflexive généralisée permet de se passer d’une unité centrée qui synthétiserait tout ce que l’on est ou tout ce qui est, en une masse en fusion ; « dieu » admis comme un immédiat populaire, tout venant (ce qu’il n’est absolument pas, il est terrifiante exigence) ou le moi et son bonheur supposé ou « la vérité » ou l’universel notionnel seul réel, etc (ce sont là les synthèses les plus claires , mais il en est d’autres bien plus confuses et même arbitraires et souvent si destructrices, puisqu’elle coagulent ce qui ne doit pas se réunir sinon de faire disparaitre la distinctivité). Et hypothèse généralisée de la division qui permet de séparer ou de distinguer ce qui autrement resterait obscur et « idéal » et imaginaire.

L’occidentalisation, cela même qui excède l’occident (qui a cru coaguler dans des contenus son invention même ; invention qui consiste en ceci que la structure prévaut sur tous les contenus, y compris ce que l’on a nommé raison ou humanisme ou moi en y croyant comme à des "choses"), cela même qui excède l’occident et de loin, c’est justement cette analytique qui ne laisse rien passer et veut à tout prix se préciser, entrer dans la description rigoureuse ; il n’est aucune raison de nier l’objectivité et même pour plus de clarté l’hyper objectivité de la pensée (grecque), du christique, du sujet et de l’altérité (N et h, et S et Lacan), sinon de restreindre la pensée à la raison du 18éme ; ce qui est absurde et marquerait un repli d’ampleur dans la pensée, la réflexivité, de retour sur cet être, au sens de cette structure, qui nous cause.

On voit par là qu’en substituant la raison à la pensée, la nature à dieu, le moi au sujet on croyait bien faire et remplacer une synthèse « creuse » par une concrétion réelle ; mais ces figurations (la nature, la raison, le moi, l’humain, puis la réduction de l’humain à l‘économie matérialiste, libérale ou marxiste, aux psy diverses et variées, aux multiplicités mondaines, etc) ne prennent pas en compte la tension ontologique, et anciennement métaphysique, de l’arc de conscience sur et vers le réel même ; ces remplacements raccourcissent le terme, le flux, la propension, le devenir, la possibilité et finalement on n’y comprend absolument plus rien. La réflexivité qui se croit limitée et limitative par principe en la raison raisonnante et réaliste, ne parvient en aucune manière à penser très exactement en son ampleur historique, ce dont elle est l’effet, la conséquence,

Nietzsche pèche de signifier la Volonté, qui tend à un vitalisme et une interprétation objectiviste scientiste plus ou moins, la grande psychologie, et Heidegger de remettre à nouveau une sorte de métaphysique, l’Etre, encore plus incompréhensible que l’ancienne (qui se tenait par l’universelle pensée, qu’Heidegger abandonne à l’humain dénié), et il faut Sartre et Lacan pour revenir au réel tel que donné là mais cette fois en tant que « là » (la nausée sartrienne ou le réel lacanien).

En cela il faut se méfier ; si Sartre et Lacan re-viennent sur la structure en acte et qu’ils examinent cette articulation dans toutes les directions disponibles (littéralement le regard de l’autre est une direction réelle donné-là dans le monde effectif, le symptôme est un effet repérable dans le donné, le corps), par contre apparemment les précédentes descriptions, à commencer par Descartes, ne remontent évidemment pas aussi strictement ; mais c'est que Descartes ou Kant avancent bien hyper-objectivement, comme toute la philosophie, dans le point transcendantal de l’examen, le point de conscience ; mais surtout ils proposent en avant, créativement la position de ce point, la possibilité, la création de structure (épaissir l’inépaisseur du Bord du monde, du corps ; ils s’agit pour eux de créer qu’il y a effectivement un Sujet, une élaboration de l’acte de conscience par cet acte même) ; le sujet cartésien est d’une part la description disponible, pour Descartes, de ce qui origine la pensée, mais aussi crée le sujet, le sujet structurel comme tel (la description du doute-cogito-infini-étendue-corps qui fixe les bornes de l’extension du regard et son intensification, et se en transformant le retour sur la structure par elle-même, en re-tour, nouveau joué) ; c’est que puisque notre être est une structure, un rapport et qu’il ne contient rien qui soit du monde, lorsqu’il se prononce il se crée ; il sur-signifie et se rend saisissable, on ne dit pas encore compréhensible, par lui-même ; si le sujet ne nomme pas le sujet, personne ni rien ne le signifiera (ce serait comme délaisser notre existence aux mains d’une science, ou d’une idéologie, qui, elle, se chargera bien de nous penser, cad écraser ; il y a toujours une conscience qui précède, autant que ce soit la nôtre en propre ; Descartes n’a rigoureusement aucun sens hors d’un sujet qui s’énonce tel).

La structure même du réel est le Créé, et le Créé de structure ; le présent, c’est fait pour cela : « que cela crée » est la logique qu’il y ait un présent. Le Créé autrement dit, est l’hyper objectivité elle-même. En somme la Méthode est une description de la structure de conscience Créée, son nouveau tour joué et non pas une sorte de méthodologie de connaissance.

La découverte de la structure (via dieu, la pensée, le christique, autour de la méditerranée) est instantanément la structure en tant que Créé, en tant qu’elle est le Créé, et le Créé est le surdivin, cad le christique originellement mais aussi la divine pensée grecque ; le surgissement de la structure, de la forme de la réalité, du réel est instantanément interprété comme divin ou christique, pusique ça vient en plus et du Bord du monde et du Bord du corps. Les idées, ou l’intervention du Un tout-autre dans le temps humain, ou l’âme christique, sont les systèmes de restructuration de l’attention de conscience ; par quoi ce qui engendre ça n’est plus une partie du monde vers une autre, mais la forme même du monde, le Bord qui se distingue et se plie, et se crée ; il ne se déplie pas seulement il se re-plie, se plie à nouveau ; non plus l’image mais le miroir ; ni les contenus mais la forme de tous les contenus.

Il s’agit donc de récupérer entièrement toutes les articulations qui eurent lieu. Chacun ayant à charge de réinstaller sur l’arc de conscience tendu vers le réel tel que « là », l’ensemble de tout ce qui fut énoncé, l’ensemble des maniements de la structure par elle-même et d'assumer l'altérité fondamentale, qui s’est hyper tendue vers, par, sur le réel.

Ce que la définition de l’humain réaliste, rationaliste, psychologique rend impossible, enfermant tout acte de conscience, et tout arc de conscience dont dépendent les actes, dans une détermination. Oubliant le sens que Kant entendait de son sujet au profit de la restriction fade qu’il délimitait ; Kant crée de la structure de sujet, et non pas annule seulement la métaphysique ; il crée, ou poursuit la création cartésienne, l’ici même de l’ontologie réelle du sujet réel ; l’ontologie réelle, qui est le projet fondamental qu’est l’occidentalisation, examine cet-être dans son articulation antérieurement à toute détermination ; ce qui ne peut s’opérer qu’ici même, dans le réel, dans le présent actualisateur, qui dresse pour chacun la paroi du présent et sa structure élaborée, et ce qui est compris par le rationalisme réaliste comme subjectivité est en fait, dans le Fait même de l’Exister, l’hyper-objectivité de la structure telle que « là », et seul ce rapport, qu’est un arc de conscience, peut en rendre compte. Autrement dit ce que montrent Descartes, Kant, ou Nietzsche ou Lacan n’apparait que signifié par un arc de conscience ; le réel en est instantanément perçu.

Croire, ensuite, que l’on va en établir une objectivité, c’est ne rien y comprendre. Ce que l’on rencontre en philosophie, se rencontre en philosophie pas ailleurs (sinon ça n’en serait pas).

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