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instants philosophie

Amenée dans le monde

24 Juin 2017, 12:07pm

Publié par pascal doyelle

On a donc vu que l’occidentalisation a extrait la structure antérieurement à tout monde humain, tout langage et représentation, et même tout corps humanisé (ce que signifie le christique, littéralement, c’est un autre-corps) et « occidentalisation » est un processus outrepassant de loin « l’occident », d’autant plus que l’on va étendre considérablement le rayon de création de ce processus au Moyen-Orient, bref à toute la méditerranée ; ça aurait pu se produire ailleurs, il se trouve que c’est là qu’il y eut cette accélération ; et que donc le dit processus ne consiste pas en une « essence » mais en une structure ; qui se cherche dans le monothéisme, la pensée grecque, le christique, puis le sujet, (et plus tard l’altérité ; Nietzsche, Heidegger, Sartre Lacan), et entre temps la raison (réduction de la pensée) la naturalité ou le réalisme (remplaçant dieu) le moi (se substituant au sujet) ; ce qui provoquât par son réductionnisme (légitime mais insuffisant) l’ampleur des grands sujets et la pensée de l’altérité ; l’anti humanisme, anti sujet, anti démocratie, anti rationalité, etc.

Et enfin la fondation, absolument réelle, qui analyse notre être (et ainsi qu’elle soit dénommée analytique), et ce dans son articulation même ; Sartre et Lacan. On ne peut retenir, on l’a vu, Nietzsche et Heidegger, non en ceci qu’ils n’éprouvent pas intégralement la conversion du Regard (en prenant appui non plus sur l’horizon humain, mais sur la non-humanité du donné tel que « là », que ce soit en interne comme Nietzsche et la Volonté, qui est Autre en nous, ou en externe, comme Heidegger et l’Etre qui est autre que tout le donné, nous-mêmes y compris), mais en cela, donc, qu’ils présentent une interprétation (ontologique, puisqu’ils réintroduisent l’ontologie dans le monde pacifié et humanisé, réintroduisent l‘altérité pure et brute), une interprétation sinon délirante du moins irréaliste. Sartre et Lacan nous ramènent sur terre et déploient alors l’Exigence fondamentale et fondatrice de l’être-de-l’homme, comme étant autre que l’humain lui-même ; l’humain est l’effet de l’être-de-l’homme, soit donc effet d’une structure qui en nous est autre que nous ; l’être-de-l’homme veut dire que la structure agissante (la signifiante) n’est pas l’humain, ni le moi, ni le corps, ni quoi que ce soit du monde, mais le Bord, structuré, qui lui-même agit ; de même que le Bord réel du monde, le présent, est l’agissant lui-même.  

Ce qui soit dit en passant est encore plus étrange que n’importe quelle interprétation romantique et grandiloquente ; les deux français ramassent strictement et clairement l’altérité, l’effarante altérité qui nous cause, décrivent la structure agissante, qui n’est ni volonté ni l’Etre, ni aucune des affectations précédentes (celles qui commandaient et conduisant vers l’horizon humaniste, universel, raisonnable, ni même qui guidaient vers une naturalité et un réalisme, consistant en ; le donné explique le donné, et bien non le donné n’explique pas le donné, parce que le donné, le monde possède un Bord et que c’est le Bord qui compte, le reste est effets du Bord ; et donc ce que Sartre et Lacan décrivent c’est l’arc qui brode notre réalité, sa structure, son architecture ;reprenant en cela Kant mais aussi Descartes, qui commencèrent, eux également, la description réel de cet activisme structurel. Tout comme les grecs ou le christique manifestaient les possibilités de la structure, qui n’est pas du monde, mais du Bord, créant la pensée et le corps (du christ, comme on sait). Une fois l’horizon universel humaniste réalisé, par la révolution, la structure se penche alors sur ce que, à partir de cette position tenue, se découvre et continue d’étendre son rayon, son possible ; et éprouve et décrit la réalité du monde et le réel du monde, le donné et le Bord du donné.  

L’ensemble de tout le mouvement a créé un cadre général (celui de la révolution, de l’Etat, de la raison, du droit et de la science, du moi et du vécu, de la société civile, etc) ; ce monde historiquement réalisé s’est empli de lui-même, jusqu’à une certaine fermeture ; non pas vis-à-vis du monde réel mais fermeture structurelle ; figeant par exemple la révolution comme procédé historique ;  au sens où la structure réalisée, de par sa réussite même, est demeurée coincée dans son jeu et ne peut passer au-delà de sa réalisation, sans comprendre justement ce dont il s’agit ; de sorte que le monde créé, Etat, société civile, moi, raison, libéralisme ou communisme, bien qu’il soit effectivement ouvert, est du point de vue de la technologie structurelle replié et gelé.

La vérité et la liberté pure restent pourtant encore selon le Bord du monde ; la vérité n’a pas cessé et ne se limite certes pas à la raison raisonnante, au monde réduit et écrasé de la science et du droit, de la société civile et de la psychologie réductrice ; les mois par ex n’auront de cesse de se découvrir, créer des maladies mentales ou des dépressions pour y échapper, échapper à la totale exposition annihilante de la raison raisonnante. Ou de créer de monstrueuses interprétations profondément ontologiques et originales : Nietzsche et Heidegger. Ou de prendre le problème fondamental et fondateur à bras le corps et à mains nues ; Sartre et Lacan. Par eux seuls tout se ramène à sa structure même ; l‘articulation de notre arc de conscience au donné là, aux autres et au corps. C’est précis, clair, net et sans fioritures.  

Comme dit Lacan (dans Télévision) ; « ça n’est pas moi qui l’énonce difficile et complexe, c’est notre réel structurel qui est lui-même extrêmement complexe et autre » (on simplifie et on adapte pour cette occurrence-çi) ; l’articulation qui nous cause, dont nous sommes effets, dont l’humain et le langage, la pensée et le corps sont des effets, est extrêmement complexe parce qu’elle est littéralement l’extrémité du monde et du corps. L’extrémité qui cause et qui borde ; soit donc le présent comme structure architecturée non seulement « puissante » mais qui est la puissance même, la potentialité ; le possible ; le présent est le possible-même, la racine, la source, le miroir retors, tout ce que l’on voudra du même genre.

Le principe est donc qu’effectivement depuis le début de la réflexivité, du retour de l’attention sur ce fait qu’est l’attention elle-même (pourquoi un corps produit-il un arc de conscience qui n’est pas, qui n’est plus ce corps même, raison pour laquelle on « a » un corps, que l’on est Autre que le corps que l’on est, que donc l’on n’est pas, on ex-siste), le principe est que depuis la méditerranée c’est non seulement « scientifiquement », objectivement mais hyper-objectivement que la pensée pense, comme dit l’autre, que la réflexivité, le retour sur, réfléchit. Ceux qui ne comprennent pas ce que cela signifient n’y comprennent strictement rien du tout et croient que Platon ou St  Thomas ont juste produit des « théories » soit vides de sens, soit battues à tous les vents, et non abaissent fondamentalement le niveau de compréhension, d’intelligibilité effective et effectivement réalisé ; Plotin ou Kant n’étaient pas des imbéciles, eux, et c’est très précisément qu’ils ont élaboré les significations de leur analyse de l’activisme acharné qu’est notre être, notre structure. Ce sont les positions, par ex, qui voudraient que la pensée soit « du langage » ou des neurones, et autres idioties du même genre ; la structure est ce qui utilise le langage ou les neurones ou si l’on préfère ; il y a langage et neurones pour qu’il y ait activisme structurel de l’attention qui réorganise constamment les neurones et le langage (sinon on ne voit absolument pas à quoi pourrait bien servir langage et neurones ou autres réalités données).  

On a vu qu’amener le structurel dans le monde est toujours inventé la représentation approchante (non pas adéquate puisque le structurel ne passera jamais dans le donné, la forme toujours antérieure et autre que les contenus, le miroir distinct des images) ; une fois une station acquise il ne faut évidemment pas redescendre en exigence ; mais la structure de l’historicité est la révolution, puisqu’originellement l’historicité est la découverte du structurel même, et que celui-ci ne passant pas dans le monde, modifie continuellement la réalité du point de vue (impossible) du réel ; raison des esthétiques innombrables, des éthiques, des politiques, des systèmes, des poétiques, etc. rien en peut assouvir la structure sinon sa propre auto régulation, ce qui signifie ; rien.

Parce que l’auto régulation ne peut pas être raisonnable ; il n’y a rien de raisonnable dans la cohérence du réel ; le réel est structurellement «déraisonnable » et d’une brutalité effroyable ; sinon, sans la distinctivité, des choses et des êtres, sans l’altérité comme constitutive de la réalité, il n’y aurait pas de réalité, à moins d’imaginer une « réalité ordonnée, une réalité sensée », un Ordre qui figerait toute possibilité et rendrait impossible qu’il y ait « une réalité ». Une réalité comporte forcément ce dés-ordre et donc cette inhumanité.

L’auto-régulation de ce qui ne se régule pas, de quelque manière que ce soit, n’aboutit donc jamais ; le caractère raisonnable de notre être de structure est une hypothèse absurde. Ça ne signifie pas qu’il ne puisse pas s’entreprendre, s’instruire, lancer des instructions dans sa réflexivité, dans son réfléchissement vécu, éprouvé. C’st ce que cible Nietzsche ; que le plus extrême soit, quand même, sa propre loi et qu’il soit vraiment une loi, et d’autant plus exigeante et sans presque commune mesure d’avec les régulations de la raison, kantienne par ex. Pareillement la dureté sartrienne est autrement plus rude que la morale banale ou classique. C’est que le structurel a progressé dans le monde donné, et ayant accompli la révolution, l’Etat, etc, soit donc l’horizon universel, le structurel gratte maintenant la peau elle-même de tout moi, le sujet de structure tend à briser le moi qui le limite.

Les grecs étaient ceux à qui on ne la fait pas ; vouloir ici et maintenant ce qu’il en est de l’être, de tout de ce qui est, ici même, en une fois, intégralement. Pareillement à partir du christique (qui certes renvoie à la résolution au-delà) il ne tarde pas que l’exigence devienne dans la réalité même, le vécu et bien sur le corps. Le christique est l’exigence structurelle inscrite historiquement, comme historicité, comme ce qui inaugure l’historicité et ne répète plus seulement tel ou tel monde, mais tient et maintient la forme du réel comme plus grande que tel ou tel contenu du monde.

De manière générale il s’agit de créer un arc de structure, de conscience activiste, de plus en plus poussé, précis, actualisé. La figuration (raison, naturalité, moi) est un tel durcissement mais qui oublie, annule, ignore le structurel (le renvoyant comme métaphysique et n’admettant pas que Kant non seulement barre la route de la métaphysique, du discours ordonné, mais prévoit une philosophie transcendantale qui montre la structure réelle du sujet, positivement), et pour concevoir tout le processus il faut définir le mouvement des 25 siècles comme Amenée de ce qui Existe, structurellement hors du donné, l’Amenée dans le donné de ce qui n'est pas du donné. Soit donc la représentation de ce qui ne se représente pas ; et qui doit pour se tenir dans le monde créer des réalités, des représentations, des structurations ; l’Etat doit être admis et compris comme tel, selon l’universel, le citoyen libre, etc, sans ces contraintes il n’est pas, ne peut pas être ; le moi lui-même ne peut pas se maintenir sans se tirer du sujet, de la forme-sujet, et doit créer des récits, des romans, des poétiques, des esthétiques pour se faire être à partir de l'exister même ; le sujet étant ce qui ne vient plus de l’immédiateté ou du monde ; qui par exemple a commencé de créer sa valeur infinie selon le christique (ou selon le sujet libre de la révolution ou selon le corps rock 'n roll et pop des années soixante) ; puisqu’il se crée libre, il ne peut plus être esclave, riche ou sexué (ho ou fe ou autre) ; il relève de la seule position du libre (qui étant le rapport à (soi) qu’il est, n’est aucun autre rapport).   

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