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instants philosophie

L’être et l’Exister, le monde et le Présent

3 Juin 2017, 09:02am

Publié par pascal doyelle

La structure du réel est ce qui n’apparait pas dans la réalité ; c’est la forme de cette réalité et non pas la réalité elle-même. La fait le plus simple et instantané est ainsi que le présent est la forme du monde.

Le présent, qui paraissait une fonction indifférente, un résultat vague, une conséquence, est défini par hypothèse comme étant la véritable cause, la source et la racine de toute réalité ; soit donc sa forme. Ce qui veut dire que l’être est tout ce qui est, et que l’être est effet d’une cause et que cette cause est l’exister, cad le présent. L’être, les choses et les êtres déterminés, sont engendrés dans et par la forme qu’est le présent ; évidemment il ne s’agit pas d’une causalité telle que comprise dans le monde, le donné,

puisqu’aussi bien nous nous situons hors du monde, dans la forme qui opère le monde ; et nous nous situons sur le Bord du monde, comprenons que nous sommes, de fait et quoi que nous en pensions, sur ce Bord ; depuis la méditerranée nous sommes perchés non pas vis-à-vis de l’être, puisque nous en avons conscience, conscience de l’être, mais en dehors de l’être, de « ce qui est », de ce qui est déterminé, et ce point par lequel nous tenons au-devant tout ce qui est « l’être » c’est précisément l’exister.

C’est parce que l’on pense, analyse, mène la perception acérée un pied dans l’exister et l’autre dans le monde, que l’on prononce « l’être », et le pied qui nous soutient n’appartient pas au monde, sinon on se splitterait dans les parties diverses du monde, mais le pied qui existe solidement ancré sur le Bord, de là où l’on perçoit. Et cette perception n'est plus ntaurelle ni culturelle, mais de structure. L’être se tient là au-devant et il est au-devant parce que l’on est non dans le monde mais sur le Bord du monde ; le Bord est la structure, la forme qui entoure les réalités et cette structure, ce Bord, est le présent.

Et lorsque l’on convoque la totalité des réalités (en croyant, à ce moment grec et ensuite durant de longs siècles, que les réalités se réunissent en une totalité, en un tout, qui serait un), convoquant la totalité des réalités on a l’impression de parler de l’éternité, alors qu’en vérité on intentionnalise du présent, qui contient tout, qui origine tout, qui cause tout ce qui fut, est, sera, et que ce présent est indéterminé et offre ainsi toutes les déterminations. Il est impossible de penser, la détermination et la structure, sans se tenir de la structure même et si la structure même peut se penser elle-même c’est qu’elle est intrinsèquement Autre, autre que tout et autre qu’elle-même ; et c’est parce qu’autre qu’elle-même qu’elle peut penser, observer, à distance, les déterminations, ou se signifier et se tenir autre qu’elle-même, séparée et scindée, divisée, une part de la division n'apparaissant jamais, étant ce par quoi le reste apparait ; la loi est celle de l’Autre, le réel est le présent, le présent est l’exister et l’exister est le splittage et le présent est l’altérité elle-même, hyper active, activiste.

Le décalage, la distance est indépassable puisque c'est cela même qui rend possible tout le reste, et qu’ainsi il est impératif de penser le dit décalage ; or c’est ce qui eut lieu. Les énormes systèmes (grecs, arabes, chrétiens, européens), les réflexivités entières (depuis Descartes jusque Lacan), les ancrages dans le donné (ancrages philosophiques de Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan mais aussi Marx ou Freud, et pareillement les objectivités, sociologiques, économiques, etc) d’une part se produisent à partir du Bord et d’autre part, pour ce qui nous occupe, analyse, décortique, démonte le dit Bord de la réalité ; il faut lire toutes les articulations produites comme la transformation du Bord rigoureusement simple et un, formellement un, sans épaisseur, la transformation de ce Bord en un feuilletage ; comme nous sommes situés sur le Bord et que ce Bord est le réel, cad la forme de toutes les réalités, il ne faut pas s’étonner si cette inépaisseur se prête à ce point à une telle pluralité de possibles, de lectures, de textures, créant des architectures de Bord et des architextures sur le corps lui-même (et qui donc embraie tout autant comme éthique, politique, esthétique, qui sont effets et affects du corps même,  que comme idéels et  pensées philosophiques, autant de systèmes, systèmatisations de la surintentionnalisation, par dessus le langage et les mondes humains, ayant à charge la cohérence du réel comme splitté, autre).

Parce que si le Bord est ce qui apparût depuis 2500 ou 3000 ans (en remontant au dieu Un tout-autre) c’est que ce qui devient certes produit quantité d‘effets dans le monde, bouleversant le monde et les corps, mais ce qui devient c’est la forme se transformant en feuilletage de la forme. Une structure de conscience par une structure de conscience, une révolution par une autre révolution.

Si les réalités sont tout cela qui s’étend comme mondes, univers, voire univers en nombre, et en mondes humains diversifiés et puis en monde humain universel (puisqu’ayant atteint l’os, l’ontos, la structure, sous les formulations de la pensée, de dieu-un, du christique, du sujet et de l’altérité) la forme de toutes réalités, qui n’est pas elle-même les réalités mais le réel de ces réalités (soit donc l’exister de toutes les réalités, le fait d’exister qui explicite, déplie le « pourquoi quelque chose plutôt que rien ») ; cette forme antérieure des réalités, cette structure pré-historique de quelque historicité que l’on s’entretienne ; le plus originel ; est toujours constamment là, et même il est déjà-toujours constamment là. L’antériorité à toute réalité appuie continument la racine même ; le présent est en-avant.

 

Bien sur le présent est dit « l’antériorité à toute réalité » mais il faut saisir que, probablement, (probablement) ce présent est lui-même la dimension autre qui entoure toutes les réalités, et que peut-être cette dimension se prolonge, dont on ne connait que les coordonnées de ce monde, cet univers (et à ce propos tous ces plis et replis de cet univers qui ne sont pas du tout d’évidence et de moins en moins d’évidence), cette dimension donc peut se supposer comme extension locale, aperçu ici et maintenant, absolu mais absolu tel quel dans ce monde-çi, dont on ne sait ce qu'il signifie, ce vers quoi il se dirige.

Autrement dit : il est imaginable et à vrai dire pensable qu’il y en ait d’autres, non pas seulement d’autres mondes, mais d’autres variations de structure, d’autres sortes de « présent », d’autres sortes de cet activisme qu’induit ou qui peut éventuellement se déduire de la dimension de « présent ». Il faut comprendre « présent » et « exister » (cad Fait d’exister, qu'il y ait "quelque chose", bien que ce ne soit en aucune manière une "chose") comme peut-être intégralement ce fait seul et « isolé », mais aussi peut-être comme « exemplaire » d’une série de présents, de formes de présent, en nombre indéfini ; le présent, le nôtre, est comme représentant dans ce monde-çi d'une dimension interne-externe, et ayant engendré ce monde selon ce mode-çi de monde, mais en tant qu'Exister a engendré, (comme dieu si l’on est croyant  ; pourquoi pas, on n’en sait rien du tout) mais aussi comme Mécanisme Déployé Exponentiel, pour ainsi dire, qui se facette comme Présents en nombre indéfini; selon le principe "le réel est plus grand que lui-même".

En fait, dans le fait monumental lui-même, il n’est aucune raison de croire que le « présent » (la dimension qui se présente à nous comme, sous la forme de présent) soit cette seule forme-çi ; parce qu’il est, semble-t-il, de la nature même de la « forme », de la « formalité » qu'est le réel de devenir et d’être autre (forme qui Borde les réalités, qui est activement le Bord de l’immanence, transcendance entourant les immanences) ; si quelque chose peut se multi-facetter c’est ce qui est formel et ce qui est formel c’est l’exister, commun à toute chose et tout être ; étant in-déterminé le formel peut a priori prendre toutes sortes de torsions (on nomme cette variation ainsi ; l’acte de conscience est une distorsion dans cette torsion qu’est le présent).

Et on en juge ainsi au vu de la torsion qu’a pris ce que l’on nomme arc de conscience et ce qui se nomme tel constamment (que con-science soit avec-science ne signifie pas que la conscience réside dans le savoir, mais qu’il y a savoir parce qu’il existe un mécanisme qui sait, tout autant qui perçoit, qui ressent de par ce corps, qui imagine et se déplace sur un horizon, etc) ; l’arc de conscience, la structure non déterminée qui peut s’affecter de quantité de déterminations, de mondes humains, puis dans le monde universel (unique et non plus divisé en mondes humains dits particuliers) de variations étagées depuis que l’on a extrait cette structure de tous ses contenus (permettant de produire une énorme quantité de représentations, de systèmes, de réflexivités, d’altérités internes et externes, d’abord en surintentionnalisant, grecs, puis en hyper-internationalisant, le corps christique qui intensifie, et encore en méta-internationalisant cartésiennement, en prenant conscience-de l’origine de la pensée elle-même et de tout le reste, et en extra-internationalisant, par les ontologisations du monde tel que « là » et autre, autre que l’humain, ainsi que par les analytiques de notre être comme non plus essence ou identité mais comme structure sartrienne ou lacanienne).

L’application du mécanisme de conscience, sa suractivité, la libération de son activisme, brisant là tout monde ordonné, cyclique ou éternisé (dieu lui-même étant une rupture absolue puisqu’il introduit dans le monde donné un réel, une exigence qui ne s’y trouve pas déjà mais doit en être porté ; le « qui sera ») permet de créer des interfaces ; la suite historique de cette réalisation évidemment se marque de la création de pluralité de schémas (dont les configurations ; dieu, la pensée, le sujet, l’altérité, et d’une seconde trame de figurations la nature remplaçant dieu, la raison la pensée, le moi et l’humanisme préalablement remplaçant le sujet) ;

mais si ces schémas sont bien sur des déterminations elles ne se comprennent que dans la réflexivité mise en œuvre ; l’universel, le bien, la vérité comme principe, la liberté, etc, ne sont admissibles que si la conscience qui s’y emprunte forge en elle-même l’articulation qui les rend possibles, se trame sur un corps, hors de quoi ces schémas sont incompréhensibles, insaisissables ; il faut tenir la tension structurelle et on voit lorsque les figurations (raison, nature, moi) remplacent les configurations (pensée, dieu, sujet) un affaiblissement assez troublant de l’architecture ontologique (d’où les réactions ontologiques des pensées de l’altérité, Nietzsche et Heidegger qui veulent reprendre et relancer une ontologisation de la réalité, rendue toute à la rationalité démocratique psychologique et perdue dans le donné monde là, de les soulever par un réel surhumain ou inhumain). Si l’on abandonne la réflexivité et la tension configuratrice de notre structure, les acquis s’effondrent.

Ils retournent au donné, à l’investissement immédiat ; comme on a laissé pour compte les configurations (dieu, pensée, christique, sujet, et altérité), il ne demeure en réalité que le sujet, sous la forme de sa structure, puisque l’on ne peut pas faire que l’on ne soit pas un sujet, mais annulé ; ce qui veut dire conservé uniquement comme sujet-objet par quoi l’objet prend toute la densité ; le sujet cartésien mais ignoré, absenté, qui ne sait plus rapporter sa structure ;

et même sous sa forme annulée le sujet se tient comme condensé et attracteur fondamental (puisqu’il s’agit de la structure antérieure qui origine la pensée, qui est rapportée au dieu infini, qui observe l’étendue-monde, soit donc le sujet cartésien, cette mise en place), le sujet qui supporte l’intentionnalisation (de la réalité, du corps, du relationnel, le droit par ex, de l’organisationnel, du désir comme moteur de cette idéologie qu’est l’économisme, le sujet comme observateur des salles de cinéma, comme omni voyeur inexistant de toutes les images et qui a basculé dans ces images, dont les images le regardent  et qui en est pulvérisé), le sujet d’une part et la révolution ; la révolution est la structure transcendante qui intervient dans cette immanence (le monde déterminé se refermant sans cesse sur la structure comme les vagues recouvrant les rochers) ; l’essence de l’historie n’est pas une essence mais, comme vu, une structure et la révolution est cette structure (même les pires réactions se prêtent pour révolutionnaires).

Lorsque tel cadre d’historicité intervient dans tel monde humain ordonné (refermé), intervient comme droit, comme constitution, il s’ensuit que le donné, la détermination, l’immédiateté reviennent à nouveau pour recouvrir le cadre et réinstaller ces régulations spontanées selon le monde ; à savoir que la ligne de mort est l’enjeu qui ordonne le monde, des intérêts, des exploitations, des massacres, de la mort de l’autre ; la ligne de mort signifie que, dans le monde, c’est l’enjeu maximal qui fait loi ; et l’enjeu est d’annuler tout autre à son propre profit seul, excepté si une intervention, l’universel par ex, s’interpose et montre que par-dessus la ligne de mort, de profit immédiat, il est une méta-organisation qui augmente la capacité, malgré l’apparence momentanée de « désintéressement ».

La ligne de mort est impérative ; si l’on ne tue pas l’autre (ou l’exploite, l’annule), l’autre va nous tuer (niant toute notre possibilité d’avenir, évidemment). Pour ne pas y tomber (parce que c’est une réduction catastrophique du possible, pour les deux parties), il faut restructurer la définition de soi ; soit donc supprimer la satisfaction au nom d’une autre « satisfaction » ou mieux de par l’insatisfaction fondatrice ; rien, nulle part, jamais, ne satisfera notre structure parce que la conscience est le Bord (la distorsion dans la torsion) et que le Bord (du corps, du monde) doit se subtiliser, s’élaborer en tant que tel (et non dans une pseudo satisfaction toujours imaginée, bien qu’elle se donne soit comme chose dans le monde, soit comme pensée ou objet objectif ; en ceci les figurations de la raison sont des imaginations, des faire-valoir, tandis que les configurations mettent en scène l'insatisfaction, dieu, la pensée, le christique, le sujet, l'altérité architecturent l'insatisfaction brute).

C’est absolument la structure insatisfaisante que Nietzsche, Sartre ou Lacan pensent ; l’insatisfaction structurelle ; que ça ne mène nulle part .... parce que c’est déjà là. Et que c’est ce « là » qu’il faut interroger, remonter par toutes les voies, internes et externes et affirmatives et négatives (Heidegger), remonter, démonter et ce dans le processus même ; il doit s’amener tel quel, assumé, exposé, accepté pour qu’il puisse accéder à sa structure.

Réguler cela même qui permet de réguler tout le reste, intensifier cela même qui permet d’intensifier tout le reste ; démonter ce par quoi on existe, tenir à distance ce par quoi l’on existe, perçoit, désire, imagine, décide, pense, etc ; ce par quoi on obtempère par dieu, la pensée, la raison, l’universel, le sujet, la volonté, l’existence, le corps, le langage et l’inconscient ; la structure à la racine. Bref puisque l’on a extrait le mécanisme même ; le mécanisme à l’origine de tout le reste, non pas qui crée de but en blanc toutes les capacités, c’est le corps qui perçoit, la cervelle qui enregistre, le langage qui énonce, l’affect qui éprouve, etc, mais c’est la structure en arc vers le réel qui décuple, pousse toutes ces fonctions ; un animal perçoit, éprouve, échange, parle (primates utilisant la langue des signes), utilise (des outils) ; il est juste un mécanisme qui réactive en plus toutes les fonctions et les relance ; et que ce mécanisme soit guidé, électrocuté, foudroyé par l’altérité, puisqu’il est autre-que-soi (il est autre que tout en fait, il est structurellement constitué d’altérité, écho de l’altérité qu’est l’exister), ce mécanisme, l’origine même, peut se réguler et se restructurer, étant formellement autre-que-soi ; ajouter de la structure à la structure (elle est faite pour cela ; ce qui est formel est ce qui devient, ce qui est déterminé se réalise et épuise sa détermination par sa réalisation, mais ce qui est formel se modifie). De même ayant inventé la culture et disséminé un peu partout les mondes humains culturels, la structure installe une nouvelle anthropologie, une a-culturation fondée non plus sur le culturel mais sur le structurel mis à nu et comme nouvelle fondation (dieu, la pensée, le christique, le sujet, l’altérité) qui ne dépend plus des contenus, des représentations, mais de son effort, de sa volonté, de son intentionnalisation, surintentionnalité grecque, hyper intentionnalisation christique, etc.

Ce qui s’est créé durant les 2500 ans ce sont les machines hyper intentionnalisatrices, et les configurations, celles qui ne s’activent qu’ayant extrait la structure et animant l’intentionnalité au vif, en acte, et ce hors des mondes culturels, qui se rassemblent, chacun pour lui-même autour d’un contenu, et mondes refermés  selon un Ordre ; et non exposés selon une intervention ; et mondes dont la formule de résolution est abandonnée depuis longtemps, mais celles qui ne s’activent que par l’acculturation des structures potentielles, des structures ayant puissance, en devenir, inaugurant l’historicité même, historicité dont l’essence est le mouvement, et donc n’est pas une « essence », et qui produisit esthétiques, éthiques, politiques, idéels ; l’activation de la puissance, de la décision, de l’intentionnalisation, de l’arc de conscience sartrien et lacanien, qui décrivent ce qui préside au principe même.

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