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instants philosophie

Distinction de base

17 Juillet 2017, 18:54pm

Publié par pascal doyelle

Par Sartre et Lacan on dira donc qu’il est impossible que notre être, qui n’est pas un être mais une structure, que notre être soit satisfait en quelque sens que ce soit. Ce qui permet l’intervention divine, christique, grecque, cartésienne, kantienne. Et que l’on n’y parvienne jamais signifie que la structure du réel est « en cours », qu'elle est cela même qui arrive. Ce qui tombe très bien puisque le réel c’est ce qui existe et ce qui existe c’est le présent ; il y a un présent parce que le réel n’est pas satisfait ; il devient. Il devient non de telle ou telle partie ; il devient essentiellement au sens de structurellement, c'est la structure du réel qui se transforme.

On connait les aléas du désir, par quoi le rationalisme (scientisme, etc) entend comprendre pourquoi cet animal verbeux de l’introduction du langage dans le vivant serait complètement perdu ; on les laisse espérer un arrangement quelconque de composition, parce que la structure même de conscience n'est en rien du composé. Ce à quoi ils ne comprennent rien  puisqu’ils la supposent comme idéaliste ou peu s’en faut, et que cette interprétation aussi bien de Descartes que des grecs est une absurdité et juste une réduction opérée par leur idéologie, celle du 18éme, certes tout à fait utile, de la névrose ou de la psychose, mais qui ne peut comme toute science ou connaissance outrepasser son Objet, donc utile quant à cet Objet mais indélicate, indistincte quant à notre être, notre structure ; de cette structure la philosophie seule rend compte ; c’est son boulot.

Parce que, au fondement, l’interrogation est ; comment se fait-il qu’un animal non pas puisse parler (les singes et autres vivants complexes sont capables d’user d’un langage, et même de l’inventer) mais pourquoi ce vivant qui parle, comme d’autres, cela lui prend à la gorge et qu’il en étouffe ? Qu’est-ce que c’est en somme qui permet de décupler le langage et le désir et le corps et les signes et les représentations et les mondes et en ces mondes ces personnalisations tellement diverses ?

Il y existe, dans l’humain, un principe hyper actif et comme ce principe outrepasse, lui pour le coup, n’importe quelle manifestation (après tout on peut comprendre n’importe quelle langue, langage de quoi donc nous sommes bien tous appuyés sur le Même Monde, qui désigne les objets, et sur la même structure d’attention aux choses, aux signes, aux corps, de sorte que l’on se comprend bien plus que l’on s’ignore), il existe un principe hyper actif et ce principe ne pouvant en aucune manière tenir dans telle ou telle notion, image, idée, système monde (sinon il en demeurerait prisonnier), ce principe n’est pas un principe mais une structure , et commune à tous, en-deçà de tous les mondes, tous les langages et tous les corps. Il n’est qu’une seule manière d’avoir conscience-de et que l’on soit homme ou femme, maya ou grec, cultivé ou ignorant, cela n’a aucune importance, c’est la Même Structure.

Vide, non attachée à quelque détermination que ce soit. De là à croire qu’elle a accès à toutes les déterminations, il ne faut pas rêver ; c’est une toute petite structure, qui ne comporte rien, sinon elle serait composée, et perdrait en cette complexité lourdingue ce pour quoi elle est faite ; agir sur le coup, sur le coup de feu durant la chasse ou au sein du conseil de la tribu ; l’attention est le mini système, infiniment minuscule, qui de par sa lumineuse souplesse intègre sans préparation n’importe quelle information et ce sans en passer par une mémorisation étendue, pesante, malaisée, et qui serait impraticable en cas de bourre.

Ça n’est pas très compliqué. Sauf que cette fonction alpha, cette étrangeté, a accès au réel. Non pas à tel ou tel réel, comme la mouche qui ne s’intéresse qu’à ses problèmes de mouche et ne perçoit rien d’autre, mais qui a accès à n’importe quelle sorte de problème ; une conscience limitée ça n’a pas de sens, ni aucune chance de survie. Et ce sera toujours la différence entre le nez dans le guidon, et l’immédiateté, et la vue d’ensemble, en quoi consistera l’enjeu entier de son utilisation par elle-même, à cette structure ; parce qu’ayant conscience de tout n’importe quoi se présentant, elle dispose au moins d’un repérage ; qu’elle existe pour elle-même, pareillement il existe un réel qui supporte toutes les sortes de réalités ou d’interventions d’urgences qui se puissent présenter. et elle est conscience de soi, parce que ce soi est ... le rapport lui-même, qui se nommerait byzantin ou Mathieu.

De là que se-sachant on croit que l'on connait tout ... ça n'a rien à voir.

Cette fonction de l’attention est ce que l’on nomme « conscience » ; on a entendu cela vaguement depuis tous les temps comme une sorte de « contenu » ; nous avons conscience de l’absolu, il faut prendre conscience de la pensée, ou, au final, Jean-Pierre a sa conscience, la conscience de Jean-Pierre, comme si « conscience » était une opération magique tellement évidente qu’il n’est pas nécessaire de l’interroger et qu’il suffit de questionner les contenus de conscience et non l’acte lui-même ; ce qui est absurde. Comme si « conscience » était une fonction adjacente dont il se trouve que Jean -Pierre est doté ; alors que c’est l’inverse ; il y a Jean-Pierre parce qu’il est une conscience, qui a tiré jean pierre du néant, du rien du tout.

C’est ce que dit Sartre, de fait. Remarquons rapidement ceci ; nier que jean pierre existe en dehors de l’arc de conscience qui le promut, ça n’est pas nier l’âme ; c’est dire que l’âme est cette activité ; soit donc l'âme est ce que cet arc fera, décidera pour cette composition-confuse qu’est « Jean-Pierre » née de Catherine et Marcel ; c’est ce que Jean -Pierre fera de Jean -Pierre, qui existe … c’est en cette articulation, au vif, que si âme il y a, elle se structure (ceci dit pour instruire les religions quant à la situation au point exact d'intervention d'une éventuelle âme).

Ça n’est pas, en aucune manière, l’information qui contiendrait ou causerait la « conscience » que l’on a de l’information ; c’est l’acte de conscience qui crée qu’il y ait de l’information (parce que sinon l’information ce sont des choses et non des signes ou des rapports). Et si il y a langage c’est parce qu’il existe un arc de tension qui sort la cervelle vers le réel, et qui, étant Rapport à (soi), produit des rapports marqués de signes. Un assemblage de pièces, un robot, sous prétexte qu’il contiendrait de l’information, des règles, resterait un non-rapport à soi, continuerait d'être  une chose assemblée. De ne pas distinguer l’acte, l’arc de conscience de tout contenu, cela confond tout et entretient des fantasmes de « soi » ; dont on a dit que l’arc de conscience est un rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non pas telle identité ou ni même Jean-Pierre.  

Ce que l’on survolait comme simple fonction adjacente, la conscience, l’attention, est ainsi le réel même, cela seul qui existe ; de même le présent que l’on considère, si on le considère, comme une espèce de résultat pâteux, est la structure même de la réalité et cela seul qui existe (ce qui convient très bien parce que le présent, ce que l’on nomme le présent est l’exister tel quel, la vague d’exister qui déroule la totalité des réalités et des êtres çi-dedans).

On a donc une forme générale d’exister absolu, et absolu parce que formel (le présent ou l’arc de conscience n’ont pas de contenu en propre ; non composés ils peuvent être dit absolus, et non pas relatifs à telle ou telle détermination). La structure du présent engendre la totalité des réalités, et la forme en arc de conscience (comme on dit arc de cercle) engendre les mondes humains et pour nous engendre cet être-çi, Jean-Pierre le très fameux.

Cela revient donc ; on est ce que l’on fera de ce que la vie a fait de nous ; il dépend absolument, fondamentalement, structurellement que nous décidions. La décision est tout, non pas tout ce qui est, dont en quelque manière on se fout, mais décidera de tout le possible, qui justement n’est pas, le possible qui ex-siste, nait et se tisse dans le présent. La totalité de la réalité se juge, se décide, s’intentionnalise dans le présent ; ou si l’on préfère le réel dépend de nous ; ce qu’il deviendra dépend de notre engagement, de ce qui ex-sistera.

Ou donc dépend d’êtres tels que nous, parce qu’il n’est écrit nulle part évidement que ces êtres, qui tiennent du rapport, réussisse nécessairement ; ils sont libres et donc peuvent très bien se perdre et s’annuler eux-mêmes ; c’est juste que dans l’univers ou les univers il y a, il y aura des êtres relatifs à eux-mêmes et ayant à décider et que bon nombre échoueront. Quelques-uns réussiront. Quelques races réussiront et elles le devront aux décisions prises, aux cheminements alignés le long du Bord de la réalité, aux tangentes créées, aux possibilités qu'elles surent ne pas réduire ; non du fait de leur intellect cognitif ou de leur instincts plus profonds (ou ce genre d'objectivismes ou de révasseries), mais du fait, très exigeant, de leurs décisions et intentionnalisations prises et élaborées sur le réel.

C’est bien en ceci qu’il existe un présent et que le présent est même cela seul qui existe ; que l’on ait à décider, inventer, créer en ce présent ce qui prédisposera l’avenir. Et il n’est pas à tourner autour du pot ; si l’on ne tient pas la plus grande tension de l’arc de conscience, si on l’effondre dans telle ou telle détermination par lesquelles il se prendra pour  telle partie du monde, et abandonnera la structure articulée, si on ne maintient pas la plus grande cohérence possible, on disparaitra dans le monde.

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