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instants philosophie

L’être et l’exister – 3

3 Juillet 2017, 15:30pm

Publié par pascal doyelle

Le Bord du monde et du corps selon les lignes du réel

Aucune chose ne peut percevoir le Bord ; pour que le Bord soit perçu il est requis un être spécial, qui soit à lui-même Autre, qui ne soit pas un être, mais un exister,  et qui subisse ainsi la loi du réel (réel qui n'est pas la réalité mais le Bord de la réalité, qui est d’altérité pure et brute, une méta-machine qui permet qu’une réalité il y a, qui dispense aveuglément pour ainsi dire toutes les réalités possibles ; on notera que par « possibles » on ne veut pas dire que la licorne, imaginable, existe).

L’interface, cet être spécial, qui forme un pli dans le Pli qu’est le présent (arc de conscience vers le présent, le réel), est pleinement un mouvement et non un état de chose. De même qu’il ne peut se trouver de satisfaction pour l’interface, mais qu’elle est livrée à l’insatisfaction fondamentale, de même le réel est intégralement du mouvement et rien d’autre ; les concrétions se placent ici et là, mais sont des effets. La cause, le présent, est  entièrement arcbouté vers le présent, en lequel, donc, il faut supposer … qu’il se passe quelque chose de spécial ; toute la machinerie est comme disposée afin que dans le présent, le réel devienne plus grand et autre que lui-même. Ou donc que la réalité est l’immanence immergée dans la transcendance et que la transcendance est le plus infime lui-même ; le présent, chaque « point » de présent (raison pour laquelle aucun point n’est contigu à un autre ; ils sont tous distincts et le seul repère).

Lorsque l’attention restructure son faisceau, qui cesse de se fier à un contenu (à un monde humain localisé et particulier au sens qu’il a élu un contenu, un Ordre, un cyclique, une communauté de vue, de perceptions, de parole, de langage) , dans cet événement du "je ne me confie plus à rien", ce qui est investigué c’est la dimension du réel tel qu’instantanément « là », présent ; l’activisme de la pensée, l’intervention de dieu, le sujet intensifié, l’altérité inhumaine dessinent la carte du présent comme origine, comme a-temporalité (ce qui se prête comme éternité de la pensée qui se connait, d’une part, et se sait, d’autre part, la forme de la certitude de la pensée, du sujet, du christique, de dieu outrepasse n'importe quel contenu ; la certitude de la pensée est en fait la certitude de la structure qui se voit, presque littéralement). A-temporalité tout comme le christ sera l’autre-point ; le point par lequel on se perçoit au bout de la mort ; tout est transporté par le point-autre (la fameuse position « morale » du christique est en fait la position ontologique, qui crée, de fait, que l’on soit une individualité).

Comme ce qui surgit autour de la méditerranée est le Bord du monde et du corps, cad une forme brute, la forme brute du réel, on ne peut pas la caractériser très aisément (on ne peut pas la caractériser fondamentalement du tout ; on ne sait pas ce qu’elle signifie, ce vers quoi elle envoie, ce que le Bord, la transcendance du Bord du monde et du corps veulent réaliser et même si ils veulent quelque chose … on se limite au constatable et on ne peut décrire, décrypter, démonter que ce qui est ici même activé, et ce qui est activé autour de la méditerranée, c'est le décalage ontologiqiue qui implique que l'on n'est pas ce que l'on est).

Et donc ce qui est décrit est de l’ordre de l’objectivité mais comme on atteint la structure, et le Bord antérieur à tout, on nomme ce vertige, lancé dans l’acte-même, comme hyper-objectivité ; et c’est d’amener le Bord dans le monde ; ce qui est impossible mais qui est réalisé néanmoins par ceci que tout arc ne peut déposer la représentation comme une connaissance,certes, mais que tout arc peut signifier le Bord, de quelque manière qu'il le nomme, et tirer de sa propre expérimentation ce que réellement la signifiance porte ; et c’est ce que doit opérer chaque structure de conscience et qui l’articule effectivement en et par son moi, qui souffre et peine, et travaille en tous sens, se démenant, et qui ne peut pas supprimer le décalage qu’il existe dans un « être » qu’il suppose, qu’il imagine. De l’imagination duquel il implante une solidité, une substance, une identité ... mais qui n’existe pas ; elle est, mais cet être et tout l’être est relatif à ce qui n'est pas, cad à la forme ou donc au présent, à l’exister, à l’actualisme du réel. 

En fait ce sera ce même Bord auquel seront assujettis toutes les individualités, c’est par là que l’on va vivre … ou survivre, ou se dégrader ou se renouveler, ou se perdre ou dénicher quelques trucs, quelques astuces, quelques raccourcis, des clameurs, par la révolution, ou des dépressions, ou des foudroiements,  par des révélations (les dépressions sont aussi des révélations ; il n’y a aucune raison de nier leur expérience) ; c’est cela qui se montrera en une éventuelle psychanalyse, c’est à partir de là que le créateur installera son œuvre, c’est selon ce point du Bord, qui n'est pas mais qui existe, que l’on va s’élever à percevoir cette œuvre, qui va appeler le point-autre en chacun, etc.

Il peut se vivre et se réaliser une indéfinité ou à tout le moins une poursuite de révolutions ou révélations ; c’est de la forme du réel dont il est question, et de la forme qui, pour nous,  re-Crée notre corps, le monde, le donné, la représentation, le langage, par l’en-avant du corps ; elle supporte donc une variabilité et une variabilité indéfinie, autant qu'on en puisse juger,  puisque c’est de la forme Réelle même qui est atteint et constamment basculée cul par dessus tête (c'est sa nature même) ; le Bord du monde et du corps est cette forme et une forme est faite pour se modifier (une chose déterminée ne se modifie pas, elle est ce qu'elle est et puis disparait).

De même que le présent est le Bord actif de la réalité (il est le réel de la réalité), pareillement l’activité de conscience est le Bord du corps (de la cervelle, du langage, de l’humain, du moi, etc) ; c’est par là que tout le reste est décuplé ; non pas créé, il existe des animaux qui parlent, qui utilisent des outils, etc, autant de distinctions admises comme « strictement humaines » depuis fort longtemps, mais qui du coup n’expliquent plus rien ; pour comprendre l’humain il faut précipiter à la racine qu’un mécanisme surgit de la cervelle qui n’appartient plus à la cervelle mais, de par sa tension, qui est arcbouté au réel ; par « conscience » il ne faut pas entendre une espèce de contenu, plus ou moins idéaliste mais un mécanisme, et qui requiert d’être pensé ontologiquement, puisque ce mécanisme est une forme, vide mais une forme. Et la structure de conscience, débarrassée de tout contenu, est pointée sur le réel, et de là, de là-bas, tire, attire, crée et tracte tous les contenus et crée ces sortes de représentativités qui provoque que des structures apparaissent, à elles-mêmes, et accélère ces arc de conscience signifiante.

L’arc a décuplé les instrumentations (la culture), présents dans le monde animal, adjoint au vivant suffisamment développé, et par le décuplement produisant des cultures diverses et variées, mais l’arc a ensuite propulsé exponentiellement au-delà, par-dessus et en plus de la culture, une acculturation fondée non pas sur la transmission (d’un monde), mais sur la transmission de signes ; par quoi chacun devenait l’arc actif de la signifiance. Pensée ou dieu ou christique réclament que vous preniez en charge la production de l’acculturation ; autrement dit l’acculturation est à la fois une a-(non)-culture et l’acculturation réelle dans le monde réel donné là (et non plus relatif à un monde particulier qui est parlé, échangé, perçu dans cette particularité même , soit donc dans le monde non particulier, universel, donné là et "là" du donné, le "là" est la position qu'il y a bizarrement un réel, cad un réel Autre, et que par dessous le réel est l'Altérité même, un effroi tétanisant).

Pareillement le rock ‘n roll ou le cinéma accélèrent considérablement l’arc parce que celui-ci se retrouve encrypté dans les mois, (la structure est passée de la révolution universelle humaniste, à la personnalisation, la structure s'est enfoncée dans la réalité pour avancer plus profondément encore) et que le moi est ce corps et que ce corps est évidemment un corps travaillé (torturé si l’on veut) et r’nroll et images adaptés spécifiquement à la forme du moi. Pareillement les esthétiques et les éthiques et politiques s’utilisèrent afin de décupler et de décupler exponentiellement en s'adressant, en maniant l'adresse vers les arcs, un par un, de conscience ; on ne perçoit plus en groupe l'effigie magique, mais un par un les esthétiques ; de produire de la réalité en plus de la réalité ; et non pas de copier seulement le monde donné là, l’activisme n’est pas un copié-collé ou la conformité à un Ordre du monde, serait-il scientiste, libéral ou communiste, ou naturaliste, et les grecs n'ont pas copié, contrairement à leur traitement de la forme, le monde, mais ajouté au monde, à la perception, de l'en-plus, toujours de l'en-plus.

De là que les sujets et les grands sujets prennent la tangente absolue selon l’altérité, s’énormisent et se rendent étrangers à tout ce monde humanisé et rationnalisé par la révolution, désirs et besoins n’ont pas même sens pour les grands sujets et pas non plus pour les sujets, et les mois, quant à eux, constamment tentent de grader ou dégrader désirs et besoins ; et en ceci on voit comme la pensée croyait retrouver un ordre alors qu’en réalité elle Créait de la réalité en plus du monde ; le monde des mois (qui nait ou explose dans les années soixante) est une création en plus de tout monde humanisé, universalisé, rationalisé, objectivisé ; une création extatiquement autre ; de ceci la joie formelle absolue qui recouvrît ce possible brut.

Mais de même un moi n’agit pas conformément à son « identité » mais un moi est déjà-toujours lui-même créé, suscité par son sujet, élancé par le bord de son existence. Depuis la méditerranée nous ne sommes pas seulement dans la réalité, puisque depuis la méditerranée nos faisceaux intentionnels ont affaire directement aux choses mêmes, ce qui exclue la magie ou le mythe ou l’irréalité, affaire directement au monde dit universel, celui dont les causes provoquent les effets, et aussi ce monde humain en lequel nos intentions sont à la fois représentées et présentées dans le monde, présentifiées, celui dont non seulement les causes mais les intentions sont mesurées, pensées, et présents leurs effets ; dans un système, une systématique de repérage (que l’on nomme cela éthique ou politique mais aussi esthétique ou idéel et science). Il n’y a plus de double plan, mais un seul ; ce qu’auront tôt fait les consciences immédiates de croire qu’il n’est que l’immanence … ne percevant même plus dans leur arrogance et leur prétention que la transcendance, du réel, effectue les immanences, et les réalités.

Mais en ce cas se référer à la transcendance comme affrétant les immanences, c’est se tenir comme il se doit dans le réel, bien que l’on n’y atteigne pas (puisque l’on y ex-siste, on en sort, constamment on sort vers le monde, mais aussi le corps et tout autant le vécu, et ce que tout cela renvoie sur la surface du minuscule faisceau articulé sur la surface du réel, qui expose tout ce monde ; on n'y atteint pas non par manque ou défaut mais bel et bien parce que l’on y existe, on en ex-siste). Et surtout c’est bien effectivement être parvenu à élaborer, travailler, plier et replier, tourner et re-tourner le faisceau de l’attention à l’exister, œuvrer la surface du miroir tant que l’on a pu, orientant et désorientant afin de faire surgir les images contournées, réécrivant ces images et ces lignes, parvenant par les tangentes sur le Bord du monde, de dessiner le trajet de l’exister, de la surface ; chaque sujet, une tangente à partir du Bord.  

Les faisceaux intentionnels ont affaire aux choses mêmes mais aussi aux intentionnalités telles quelles ; tout cela se trace et se trame, c’est un intéressement réglé, l’établissement de règles de précision ; puisque l’on sort des mondes humains, on crée le système formel (il n'y a plus aucun monde humain particulier avec ses lois intérieures et son monde parlé-perçu, il n'y a plus que le monde donné, grec, et le corps, christique) ; le système formel qui n’a plus de contenu, qui élabore sa propre architecture, laquelle ne se réduit pas à un contenu ; toute la pensée, la réflexivité, la réflexion et réflection consiste à faire-voir le lieu, la limite, le Bord à partir du duquel le reste, le monde, la réalité apparaissent ; ce par quoi l’être apparait mais ce "ce par quoi" n’apparait pas dans l’être et n’est pas l’être ; l’être est second (et il n’est aucune totalisation, unité, concentration d’être où que ce soit), et l’exister est premier (et seul existant évidemment ; étant non composé il n’est ni divisible ni réunifiable avec quoi que ce soit ; il ex-siste constamment d'activisme pur mais aussi brut, très brut, d'Altérité fondamentale).

Les règles de précision ce sera d’abord la pensée puis la raison, mais évidemment puisqu’il s’agit non pas de produire une pensée ou une raison mais la totalité de notre être, et ce sous la facilité et possibilité qu’est l’arc de conscience (qui se communique à tous les domaines), ce sera l’esthétique, l’éthique, la politique (l’Etat, le droit, la personne), l’idéel (connaissance). La règle de précision absolue est celle du christique ; comme tout se joue sur la racine, ontologique, la forme antérieure (au monde, au donné, au corps, à l’humain, etc) il est impossible de caractériser la réglementation de l’exister, qui demeure instamment antérieur à tout donné, tout vécu, tout corps, toute humanisation ; le réel est orienté d'un seul côté, vers l'avant, en tant que présent, qui tracte, et il ne se déverse pas lui-même dans le donné ; mais par telle ou telle configuration (pensée, dieu, christique, sujet, altérité, analytique ontologique) on peut en approcher au fur et à mesure, on remonte, par réflexivité qui signifie retour sur cet-être qu'est la structure en arc vers le présent, et à chaque fois retour qui est re-tour, un nouveau tour, extatique ; il revient évidemment à tout arc de pousser plus loin la précision ; les lignes du réel, les lignes du Bord du monde et du corps.

Rappelons que la ligne de mort, de disparition, de dégradation, d’exploitation et de meurtre est celle du monde « comme il va », les lignes du réel à l’inverse cherche précisément les possibilités qui ne sont pas (dans le monde) mais en plus du monde, les lignes qui ne sont pas sont celles qui doivent exister (et ne se maintiennent dans le monde que par la tension des arcs de conscience).

Aussi le principe qui voudrait que le donné explique le donné (soit donc le principe rationaliste, objectiviste, naturaliste et réaliste) tombe immanquablement à côté, constamment. Ce qui veut dire aussi que le moi, interrogé par son sujet, qui croit solutionner ses problèmes en se retournant sur le donné, sur le vécu, sur la réalité, se trompe ou est trompé.

Le monde donné humain est effectivement depuis la révolution (qui instaure un cadre universel laissant chacun à la disposition de soi, cad de sa liberté, non de sa raison mais de sa raison en tant que chacun, en étant doué de cette raison, peut juger, et conséquemment désirer, décider, vouloir, imaginer, penser, etc, c’est une structure de possibilités pas un état de raison), depuis la révolution, en même temps que par le cadre ce monde est délivré, le monde humain est également livré au monde ; à l’interprétation réaliste, naturaliste, objectiviste du monde, du corps mais aussi du vécu de chacun ; dieu ou le christique remplacés par la naturalité, la pensée par la raison et le sujet par le moi ; cad à la fois leur adaptation et leur pseudo-adaptation ; parce que le moi ne peut pas remplacer l’ensemble du déploiement du sujet, ni la raison satisfaire la pensée, ni la naturalité accéder à l’envol et l’exigence du christique et de dieu ; c’est la différence figurations (du monde ; raison, moi et naturalité) et configurations sur le Bord même du monde, du donné et du corps (du réel et du décalage ; dieu, pensée, sujet, altérité).

Lorsque le moi se retourne sur lui-même c’est avec le regard et l’attente du sujet, mais il n’aboutit qu’au retour du donné et nullement au possible ; ce que, pourtant, en tant que moi (qui se tient du sujet) il ne cesse de lancer, propulser, promouvoir ; chaque sujet constitue, par et dans son moi, sa mémorisation, son trajet, et peut-être son tracé ou une forme de réel de surface (et on a vu que la surface est tout, tout l’essentiel lui-même, le reste ce sont des effets de/sur la surface).

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