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instants philosophie

Rock ‘n roll

25 Juillet 2017, 13:48pm

Publié par pascal doyelle

Monde cyclique et historicité brute

L’occidentalisation, nom du processus qui excède largement « l’occident », est ainsi la poursuite de l’analyse expérimentée partout, analyse de la mystique absolue.

Soit donc nous sommes un décalage, ontologique, valable partout et en toutes les civilisations, mondes, représentations, personnalisations, et  décalage, structure qui n’a rien à voir avec les contenus, quels qu’ils soient, et qui, structure, existe en et par elle-même, telle quelle et qu’aucun contenu de cette structure ne peut modifier ; les idées, les images modifient des idées ou des images mais non pas l’acte de conscience qui les produit ; c’est de croire que l’on est changé soi-même ou pris en otage par idées et images, que l’on devient fou ou de fait prisonnier ou égaré ; c’est la structure de conscience qui modifie les contenus, représentations, langages, signes, perceptions, corps, mondes. Et elle les modifie vers un sens, encore plus dur et brutal.

Non parce qu’elle serait toute puissante mais justement, à l’inverse, parce que ridiculement minuscule et vide et formel, et infiniment souple de ce fait, étant articulée, arc-ticulée, au donné tel que « là » (le donné : la réalité et d'autre part le « là » du donné : le réel, la forme des réalités, soit donc le présent) étant articulée au donné là, et donc en-dessous de tout donné au présent, elle a, cette minuscule, le dernier mot. Elle est fondée sur le présent, la surface absolument lisse. Quelles que soient les phrases employées, les comportements, les perceptions, elle a le dernier mot ; parce qu’elle est faite pour cela. Elle est faite pour intervenir, même au cœur de la brousse, être en capacité de répondre adéquatement autant qu’il se peut au danger, à la traque, à la violence, à tout inattendu.

Elle ajoute, soudainement, de la mémoire instantanée à la grosse mémoire molle, lourde, complexe, difficilement manœuvrable, stockée dans les neurones ou dans le langage et la parole de la tribu. Et cette mémoire instantanée est son arc-ticulation au « là » du présent.

Et c’est sur cette instantanéité que tout est construit ; sauf qu'avant la méditerranée elle se confie à tel ou tel contenu, et qu'ensuite elle se déploie, anfractuosité, pour et par elle seule ; les actes de conscience se stockant dans le langage, les mémorisations, les corps eux-mêmes, les échanges, les représentations, etc. D’une part dans les mondes que l’on dira cycliques et qui consiste à réincorporer constamment l’inattendu dans le connu, la parole, les échanges, le monde perçu commun et traditionnel (qui développe une temporalité cyclique ou éternelle) ; et d’autre part tout à coup lorsque l’on se décide pour la mémoire instantanée, avec les grecs, le christique, mais aussi le mono et l’hypothèse du Un tout-autre judaïque ; et instantanéité qui redouble, triple, quadruple avec Descartes et les autres, jusque Lacan.

Il se trouve donc que l’on peut élaborer une civilisation non pas sur un monde cyclique mais sur un monde renouvelé (le christique est en ceci l’exemplarité première du renouvellement continuel de tout ce qui est vécu, cad tout pour nous êtres humains, même si lui, le jésus, revient sans cesse au-devant, comme exemplarité qui manifeste le type même de l’autre-corps, de l’attention-à qui organise l’instantanéité de chacun).

L’instantanéité du présent est tout autant l’expérience que tout un chacun peut acquérir non de son apprentissage (d’un monde cyclique) mais son acquisition actuelle et requérant sa mobilisation interne (ou intérieure si l’on préfère), ayant à être expérimenté de par soi telle quelle et ce dans le réel ; de là que toute la civilisation, cad l’a-civilisation, la civilisation à finalité mondiale qui ne tient plus à un peuple, un langage, un monde donné, mais est dès l’abord universelle (et le « a » de a-civilisation peut tout aussi bien se comprendre comme privatif  « sans civilisation ») et qui a été fondé sur le monde donné là (grec, que l’on découvre avec de grands yeux) et le corps tel quel (le christique que l’on découvre avec angoisse et création d’une volonté intérieure, d’une âme individuelle, d’un dialogue divin interne, etc),

puisque ce qui va restructurer (la structure de conscience) et recomposer le monde et le corps (pied à pied) c’est l’expérimentation une par une (de chaque système philosophique, de chaque culture, romaine par ex, de chaque advenue mystique, et puis de chaque moi, chaque personnalisation qui est une bizarrerie en soi) et qui va reconstruire l’anthropologisation nouvelle (puisqu’elle part de ce dont elle constate le réel ou la réalité) et très précise (chaque conscience est instantanément immergée dans le réel et la réalité) et très rigoureuse (la liaison entre les consciences ne passe plus par le cyclique et la parole commune et le partage des échanges, de là que le libéralisme expose les échanges sans fard, sans régulation, dépourvu de tout sens, de même que l’esthétique est hors ritualisation, ou que la politique est ou devient une question, et entre arcs libres et égaux, mais la liaison entre les consciences et entre soi et soi, tout simplement, doit s’énoncer clairement, sinon on n’y comprend plus rien, on ne sait plus ce que l’on dit, ce que l’on voit, ce que l’on ressent, désire, etc ; si l’arc est amené dans l’individuel, et non plus protégé dans le cyclique commun du groupe, il doit être à lui-même la surveillance, la garde, la rigueur, l’éthique, politique, esthétique, etc).

De toute manière on ne peut plus recourir à un monde cyclique, on est entré dans l’historicité (l’accumulation des expérimentations une-par-une en tous sens, et par-dessus langage, corps, perception, etc). Et l’accumulation se reprend sans cesse, à zéro, un par un, un arc par un arc.

De sorte que ça n’est pas du tout un contenu (qui serait l’occident ou le christianisme ou la renaissance) qui s’impose à d’autres contenus ; c’est le système formel unique et universel et en l'occurence singulier brut ; cad le système relatif à l’expérimentation sans contenu préalable, et ayant à se coordonner, explicativement, et un point par un point, un arc de conscience par un arc, et de ces sujets par rapport à eux-mêmes, eux-seuls, abandonnés un par un, et relié via durant un temps dieu, la conversion au christique, la révolution et l'universel et la liberté pure, et qui paraissent délaissés, enfermés dans leur vécu et leur corps égoïstes, limités, enfermés, par toute la représentation, dans leur individualité appauvrie.

Puisque de toute manière ce qui lie deux éléments, deux énoncés d’une part c’est la constatation que ce donné existe réellement (de telle sorte que chacun sera en mesure de le vérifier) et d’autre part que les deux énoncés soient coordonnés ; ce qui veut dire que l’on peut en établir, chacun pour soi, une logique dont tous les éléments, étant présents, et effectivement réels, et effectivement reliés, chaque phrase contenant deux ou plusieurs énoncés soit cohérente ; non d’une supposée cohérence imaginaire ou religieuse ou plus généralement groupale, auquel cas il manque des morceaux (situés au-delà) et relative à un groupe qui valide, qui fait office de vérification, mais d’une cohérence qui est (constatable par quiconque). L’être est cette idée qui pose le principe que ce qui est dit, pensé, perçu, ressenti est effectivement « là ». L’être contient en lui-même la cohérence obligée (sinon on ne peut pas élaborer un système intentionnalisateur partagé et pas même partagé avec soi ; on ne comprend plus et ne perçoit plus ce que l’on énonce).

Or cette cohérence n’est nullement évidente ; elle ne consiste pas en la logique d’un objet posé là, mais dans son ampleur doit se déployer notre-être/dans l’être ; ce qui veut dire l’articulation au centre de toute activité, de toute intentionnalisation ; ou donc ; tout ce qui est doit juger de tout ce qui est.

Ce qui suppose un décalage interne ; et si il est un décalage interne alors le réel, l’être est constitutivement ce décalage ; ça n’est pas un décalage qui arrive en plus à quelque chose qui est déjà ; c’est le décalage qui arrive et qui crée des mondes, des phrases, des intentionnalisations. Il y a des intentionnalités parce qu’il y a un arc de conscience ; il y a un langage parce qu’il est décuplé par un activisme (étant entendu que le langage existe déjà plus ou moins dans le vivant, de même que la perception ou le ressenti ou l'imaginaire et le rêve, bref la cervelle existe déjà dans le vivant). N’étant pas évidente mais exigeant un retour qui soit un re-tour, un nouveau tour, intégral, joué, sur soi-même (ce qui est rigoureusement non possible, mais qui se réalise néanmoins).

La question est donc fondamentalement ; comment peut-on à la fois être et n’être pas ? Être ce que l’on est et ne pas l’être, cette détermination et ce regard qui lui n’est pas déterminé ? C’est le cœur technique du problème ; qu’est-ce que ce décalage entre soi et soi, soi et le réel ? Que l’on explicite par dieu ou par la pensée ou par le sujet ou par l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan).

Il apparait immédiatement que les quatre configurations imposent une Exigence (dieu, pensée, sujet, altérité). Une interruption de la conscience que l’on a (de soi, des autres, du monde, du corps, en bref de tout ; puisque l’on n’accède à quoi que ce soit que via une conscience, un mécanisme qui crée  présentation/représentation, d’intentionnalisation/contenus, etc ; sans arc de cosncience, cad séparation rude et brutale, il n'est pas de vécu, pas de corps ; on Est ce corps mais on ne l'Existe pas). Ce qui parait négatif (il n’y plus de monde cyclique) est en fait une structure absolue ; l’arc de conscience impose sa loi, au sens où il est véritablement une loi (et pas une fantaisie, et qu’il est même la loi telle quelle, ontologique) et doit par rapport aux autres mais aussi par rapport à soi se coordonner et cette coordination est actuelle, constatée dans le présent et dans le présent existe le monde et ce corps. Autrement dit en plus du monde et du corps existe « cela » qui regarde le corps et le monde, l’intentionnalisation vers le monde, qui se remplit des déterminations mais n’est pas lui-même déterminé. Et qui précisément suractive toute la potentialité.

Mécanisme structurel d’intentionnalisations, non plus pris dans un monde cyclique, mais acté individuellement et ouvert sur le donné là.

Et non seulement le monde, les objets, les sciences sont bel et bien réels et fonctionnels, mais également les sujets qui s’élaborent ; le droit fonctionne, la morale fonctionne, les esthétiques ou les poétiques sont créées, l’humanisation et la personnalisation s’instaurent dans la représentation, le monde, l’historicité ; ça n’est pas seulement l’objectivité qui réussit, c’est l’ensemble de toute la coordination et l’énorme actualisation généralisée qui se déploie.

Et on comprend immédiatement que si les sujets fonctionnent ça ne va pas sans mal ; parce que l’on a accroché l’articulation interne du monde et des corps, qui sépare et divise tout instantannément, et violemment, autre que les corps et le monde, ce décalage qui couvait dans les mondes cycliques, endormi et enrobé, et que cette articulation est absolument rugueuse, difficile, complexe, tordue, retorse, impossible. Et pas sans mal puisque le regard, l’intentionnalisation même, la structure-de-conscience qui est la part active qui expose tout cela, le regard, lui, n’apparait pas comme tel dans le monde ni le corps. Il est autre. Autre que tout. Il est de son uniface étrange radicalement Altérité pure et brute.

C’est cette dimension de l’altérité qui vient constamment démolir toute acquisition ; puisqu’aucune détermination, aucune pensée, aucun monde humanisé relatif, aucun corps, aucune personnalisation même ne peut combler cet abime ontologique du décalage ; or c’est lui qui existe. On dit, ici, qu’il n’existe que ce hiatus, cette interruption, et que non seulement l’humain mais la réalité, le monde, sont et ne sont que dans le hiatus ontologique qui lui Existe.  

Tout passe sauf le présent, en quoi (et par qui) les choses et les êtres, les pensées et les personnalisations passent.

Si les mondes cycliques aimaient à s’imaginer et à organiser leur monde, perceptions, échanges, parole, (toujours très compétente et très adaptée et extrêmement complexe et coordonnée en elle-même) il faut les représenter comme des bulles ; autour de la méditerranée le système de « monde particulier » éclate et nous atterrissons sur le sol donné tel que « là ». Et tout ce qui était nourri, utilisé, enroulé par, dans les mondes bulles apparait plein champ, et ce sont les moyens qui deviennent les fins, les finalités très étranges, la représentation et l’idée et la perception et la mise en forme des corps et les échanges valant alors pour eux-mêmes et non plus enroulés dans une signification de synthèse du donné ; tout va se développer indépendamment de tout sens, collectif, rituel, à l’échange mental succède l’échange objectivisé, mathématiques, économies, politiques, esthétiques, morales individuelles ou collectives ; et dans le face à face, la réalité et sa brutalité, l’injustifiable difficulté, l’horrible angoisse et toutes ces gentillesses que l’on a bu jusqu’à la lie, depuis lors.

De plus il est clair que les rapports humains, jusqu’alors réglés, dans une Parole commune ou un sens mythologique, ces rapports, libérés, se déchainent pour eux-mêmes de violence et ce non seulement depuis la méditerranée mais dès que le rayon des bulles-mondes s’est étendu et que les royautés et les empires dépassèrent les tribus et les localisations. En un sens grec et christique (et mono) apparaissent également pour réguler par le haut la violence d’un monde agrandi au-delà de la bulle particulière. Ceci dans la démonstration que notre intérêt n’est pas de ce monde, mais d’au-delà ou en l’occurrence en plus du monde, puisqu’UN système formel est précisément qu’il y ait une structure de la réalité plus grande que cette réalité seule ; que ce soit dieu, la pensée et l’universel (et l‘humanisme), le sujet (et le moi), l’altérité et le monde donné là.   

Puisque ce qui existe c’est le présent (l’Exister même, comme structure, forme qui engendre tout le donné), rien de tout ce qui est déterminé n’Est ; l’Etre n’est pas, sauf comme résultat momentané de l’Exister et tout l’être doit se considérer comme interne à l’Exister. Toute perte du sens du réel comme Exister formel, tombe dans le monde donné là ; rien dans le monde donné là (ni donc dans le vécu ou le corps) n’incarne la structure, la structure vaut en et par elle-même. C’est ce que voulaient les traditions, les religions, bien que mélangeant tout ; maintenir la structure dans la réalité sans détruire la tension structurelle, puisque, annihilant la forme, tous les contenus s’écrouleraient à plus ou moins brève échéance. De même que renier l’universalisme de la révolution c’est s’enfoncer dans les seuls intérêts stupides du monde marchand (réduction de notre être au désir) ou de l’étatisme (réduction de notre être aux besoins) ou de l’objectivisme réduction à l’objet, perçu par une autre-conscience qui annule la vôtre).

Libérer des traditions la même structure affronte tel quel le donné et le « là » du donné, l’être à la fois déterminé et indéterminé, les contenus et la forme ; et l’occidentalisation est d’amener la structure dans et au travers du monde et de la détermination ; creusant ainsi une plus grande précision, une précision ontologique, mais éprouvante, difficile, brutale, violente, inhumaine. Chaque arc, libéré des mises en forme cyclique, est livré à la structure et sa puissance indéfinie ; celle qui doit se délimiter elle-même et ne peut se définir du dehors.

Et en ceci la forme mystique du réel signifie que la transcendance existe avant toute autre réalité, et ne la quitte jamais et que rien ne peut juger, ni décider, ni même intentionnaliser la forme mystique du réel, sinon cette forme de souscrire à sa potentialité.

Et ça s’en prendra donc au monde, aux réalités ; le monde moderne vit encore dans l’idée que, lui, il va montrer le monde comme il est ; ce qu’il fît. Sauf que ça ne suffit pas ; tout n’est absolument pas montré, ni montrable : il y manque le fondamental ; que la structure (qui exhibe effectivement le monde, le vécu, le corps, les choses, la matière, l’énergie, l’Etat, l’économie, les mass médias, qui montre tout donc) ne s’y montre pas et ne peut pas. Et il enrage et serait bien prêt de détruire le monde de ce que le fondamental ne s’y voit pas, qu’on ne le contrôle pas. Et que le fondamental est invisible, et ne passe en aucune image et aucune idée, ni objective, ni philosophique (sauf que le philosophique crée en vous l’articulation requise, sans quoi on n’y comprend rien du tout), et que pour saisir le fondamental structurel, il faut faire un effort … alors là ! Comme tous ceux-là sont des fainéants, on n’est pas rendu.

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