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instants philosophie

Positionnement du réel

15 Août 2017, 09:18am

Publié par pascal doyelle

Mais auparavant saisie de l’historicité depuis dieu et le christ et les grecs.

On a donc découvert autour de la méditerranée (ce qui dura quand même plusieurs siècles, patients, voire un millénaire ou plus) qu’il existait une structure antérieure à toute représentation. Ce qui peut se traduire par : puisque autour du bassin il est une telle réunion de peuples et de cultures et un tel mélange, il émerge deux instances (instanciations) qui régularisent notre situation dispersée ; à savoir qu’il existe un monde et un seul (et non une pluralité de mondes séparés les uns des autres et valant certes mais chacun pour lui-même, avec son langage, son groupe qui se mythologise, écrit sa propre histoire et perçoit le monde selon ses échanges et ses esthétiques ritualisés, etc ; l’ensemble des peuples et civilisations déployant ce que l’on nomme culture, tandis que ce qui commence par la méditerranée, ce qui est quand même schématique mais bon, avec la méditerranée débute l’acculturation généralisée, comme on a vu cent fois), et qu’il existe, pour chacun, son propre corps.

Il est certain que par exemple l’islam comme originellement le judaïsme, permettent d’instruire (au sens de lancer des instructions, des informations dans la perception, le corps l’imagination, le vécu et langage etc) cette irruption de la structure et en tant que Collectif, comme communauté de second niveau, autrement architecturée ; la communauté n’y est pas une communauté fondée par ex sur la même perception du même monde, mais sur l’interruption que le Un tout-autre fait subir à toute humanisation et recadrant intégralement la réalité et les corps. Mais il est aussi assez clair que le christianisme occupe une place tellement singulière que l’on ne peut pas le passer sous silence, autant le dire. En ceci qu’il est question du corps et que, peu importe votre communauté, chacun, chaque individu est ce corps qu’il est ; et que donc est dressé, au sens propre et figuré, le corps du christique (on dit « le christique » en ceci que l’on entend, quand même, séparé le christique lui-même de l’église, de l’institution, qui est, elle, comme toute et n’importe quelle institution humaine, plus ou moins accaparée par ses propres nécessités ; se constituer, se maintenir, se développer, etc, ce qui ne va jamais sans mal).

Or cependant le christique, tellement étrangement, si il pré-voit la communauté, le Saint-Esprit, interpose bruyamment, l’individualité ; il ne fait plus corps avec le groupe, il fait corps-tout-seul, de l’un-tout-seul du christ, l’exemplarité même dans ce re-tournement qui assume le un, la division. Raison pour laquelle, sans doute, la pensée grecque sera relancée intégralement, et longuement et corps-tout-seul sur lequel tout arc de conscience tiendra, au moins, une certitude ; qu’il existe. Parce que le corps est réellement tout-seul.

Précédemment pourtant il y eut évidemment les grecs qui, eux, éberlués, devant leur propre grandeur et audace, créèrent le monde… Cad que par les grecs il n’y a pas que des corps (et isl ne parviennent pas entrer dans la structure du corps, il faut l'in-fini du christique dans-un-corps), mais il y a le monde tel que donné « là » (à savoir à la fois comme donné, monde, réalité, détermination, et comme « là » de tout donné, de tout monde, et qu’ils nomment « l’être », entendant tpar là la construction d’une super détermination qui les, censément, penserait toutes les déterminations).

Il est évidemment, mais comment et pourquoi est-ce évident, que le christianisme (tout comme en partie le judaïsme et l’islam) a pu reprendre intégralement la pensée grecque, intégralement, totalement (et bien que le sommet absolu des systèmes grecs soit néoplatonicien). Il est clair et plus encore qu’instancier l’activisme de la structure en scindant littéralement le corps-même de chacun, de chaque un, chaque unité individuelle, est une folie absolument insoutenable ; mais le réel est insoutenable, le réel ne plaisante pas du tout, le réel est la dureté telle quelle et insupportable, par quiconque, délivré des groupes soit dans la communauté guidée par le Un tout-autre qui s'interpose, soit dans le le un-tout-seul, délivré du monde mais livré au monde sans protection.

Certes tous les corps étaient, alors, convoqués un par un mais à l’imitation du christ. Ce qui veut dire qu’il est, évidemment, le seul corps qui ait survécu à la mort (excepté Marie) ; parce qu’il force tout converti à se considérer comme par-delà la mort, de se tenir d’un point absolument et formellement externe à tout, extérieur à son propre vécu, son propre corps, et hors du monde ; bref à se tenir sur le Bord. Mais pareillement les grecs pour penser le monde, et même de seulement prononcer ce mot, cette désignation de « l’être », pour réaliser cette performance, les grecs eux-mêmes énonçaient le monde à partir du Bord ; de même la Vérité ; si on annonce que l’on va préciser la vérité c’est que l’on est en –dehors ; en dehors non pas pour moins de vérité, mais précisément à l’inverse en tant que l’on est-déjà dans la sur-vérité.

Cela veut dire que ce qui s’est créé ce ne sont pas seulement le corps et le monde, mais cela même qui tient dans son intentionnalisation et le monde et le corps, et l'être et le divin. Et intentionnalisation qui n’est relative ni au monde, ni au corps, mais à cette structure antérieure, de laquelle on perçoit, désire, veut, intentionnalise.

La possibilité du réel

On parle bien ici de la structure antérieure à tout ce qui est ; antérieure à l’être et à l’individu. C’est l’articulation antérieure à tout qui commence alors de se montrer. Mais il s’agit de la structure antérieure à ce monde et à ce corps ; structure, formelle donc, et absolument contigüe à l’un comme à l’autre. Si l’on se pose la question ; comment un réel et une structure, déterminés, peuvent-ils être autres que la réalité et le monde, déterminés, c’est que l’on ne voit pas que la forme de la réalité et de notre être n’est pas déterminée.  Elle est formelle, elle entoure la réalité, ou pour mieux dire elle précède la réalité.

Nous nous sommes ainsi avancés (par dieu, par l'être, par le sujet) dans la structure antérieure à toute réalité, tout monde, tout monde humain, toute représentation, tout langage, tout corps. C’est de là que nous parlons, pensons, imaginons, désirons, et de manière générale de là, de ce Bord précédant, que nous intentionnalisons. Il est clair que ce Bord est un mouvement, un rapport, un possible. Il avait raison, 'nous ne sommes pas au monde' (R). Et si il n’est pas deux réalités mais une seule c’est que le réel est la Forme de la réalité et ce qui existe réellement, c’est cette forme, la structure ; l’être, lui, est l’ensemble des effets de l’exister, et l’exister est et n’est que le présent (bien que l’on ne sache pas si le présent avance plus loin ou si il n’est que le présent tel quel).

C’est pour cela que tout passe, excepté la forme, le présent. Qu’il y ait simplement un présent ou que ce présent soit une dimension est une question infinie. Littéralement (l'infini est ici même et il n'est pas ce que l'on a l'habitude de se figurer, de manière générale le "réel" est l'infini du néant, l'infini de l'être, l'infini de l'exister de l'être et "cela qui se crée dans le présent" soit donc tout cela ; le devenir, le possible des  infinités même, pluriellement dépliée : le 'réel' accumule tout, tout le possible ; le présent est, pour nous, autant que l'on sache, le moyen des infinités, il en est peut-être d'autres, peut-être également une infinité de moyens). Mais même que le présent soit simplement le présent ne signifie qu’il soit relatif ; c’est tout le reste qui est relatif au présent. Le présent n’est pas alors un vague résultat dont on est si habitué mais il est l’origine même. L’origine toujours constamment présente. Celle qui ne quitte pas et dont on ne s’écarte jamais. Il est antérieur à tout.

On ne sait rien de ce présent, et encore moins si il est une dimension (en vérité si il est une dimension, il est la dimension), mais cela n’entame en aucune manière la puissance absolue de son structurel ; puissance absolue en ceci qu’étant formel, cad sans aucune détermination, il est seul comme tel ; ce qui n’est pas composé est indécomposable ni composable et exclut d'être double ou triple, mais étant formel il rend possible toutes les déterminations que l'on veut, qui puissent être. Et d’autre part si il est l’exister, il est « ce qui propose que tout, cad le possible, soit ». Autrement dit il est le Possible lui-même. Il est « ce qui rend possible qu’il y ait une réalité » ; sans réalité, sans détermination, nous serions plutôt embêtés ; rien n’existerait et si le Un, cad la forme, était déterminé on se retrouverait comme à l’habitude dans l’impossibilité de comprendre qu’il puisse être de la détermination double, d’un côté (le réel, le présent) et de l’autre (la réalité, le monde) ; on sait bien comme cela est absurde.

C’est absurde sauf dans l’hypothèse de dieu ; puisqu’alors il est une intentionnalité (et non un Etre déterminé) qui envoie, lance la réalité ; une intentionnalité est une forme (un arc de conscience, une structure est intentionnellement, cad n’est pas en soi déterminé mais joue de toutes les déterminations disponibles ; ainsi le langage est un ensemble, évidemment systémique, sinon systématique, de rapports ; les mots ne sont pas ‘en-soi’ mais des rapports, et systémique bien que demeurant ouvert puisque telle est la fonction du langage, systémique de retisser des rapports et lorsque le groupe cesse sa contrainte, chacun est potentiellement en capacité de relier le monde et son propre corps, ce qui ne manque pas de poser problèmes, pour le moi). Il n’est absolument parlant rien qui s’oppose à ce que l’on présente le présent comme étant l’interruption intentionnelle de dieu ; on a vu déjà que le dieu judaïque est une telle capacité Autre qui entend modifier, interrompre l’humain, refonder sa création par une nouvelle intentionnalisation ; de même le christ est un renouvellement qui relance intégralement toute la réalité. Ici on ne peut pas « croire » mais on peut admettre, absolument parlant, une telle hyper-structure ; on ne peut néanmoins pas tabler sur cette intervention, puisque cela, par a priori, nous empêcherait de comprendre ; de nous introduire plus avant ; et rompre cela même pour quoi nous sommes faits ; avancer dans la structure antérieure à tout ce qui est.

Mais de ceci on comprendra que l’on ne peut utiliser cette progression pour nier  ou affirmer dieu, le christ ou toute Altérité ; puisqu’à tout le moins il est absolument clair que nous ne coïncidons pas ; nous ne sommes ce que nous sommes (nous ne sommes pas de l’ordre de l’être, mais de l’exister, et de toute manière tout l’être lui-même , ici, est relatif à la seule instanciation qui existe ; le présent).

Ce qui revient à dire ; en aucune manière on ne peut exclure les apparents ‘illusionnismes’ des religions, mystiques ou éthiques ou esthétiques profondes (cad toutes les esthétiques) qui sont amenées par leur effort suréminent à discerner le réel et la réalité ; ne serait-ce que puisque le réel est formel, il est extrêmement difficile de le saisir (on le ramène constamment au monde, à la détermination, serait-ce sous la formulation de la représentation ou des signe sou du langage), et que tous les efforts sont appelés, mobilisés ; et en vérité on ne fait que cela, tous les arcs de conscience, les structures, et les mois eux-mêmes (qui veulent tellement résoudre l'équation impossible qu'ils existent), les structures donc étant structurellement, ,antérieurement arcboutées au seul réel (à l’exister pur et brut tel que « là ») prononcent, signent, signifient le Un absolument Autre sinon comme dieu ou absolu en tous les cas comme logique de leur être. Il n’y a pas le choix, non par contrainte mais parce que le réel est originellement antérieur et « cela même qui autorise qu’il y ait (quoi que ce soit)».

Ou donc ; toutes les pratiques (ce sont toujours de fondamentaux activismes, activistes ou réactionnaires) ne peuvent pas se catégoriser comme objectives mais hyper-objectives ; on ne peut pas entrer dans l’agissement généralisé (le présent est purement Acte) sans atteindre ou attendre la cohérence de cet activisme (le moi attend le Tomber-amoureux pour rechercher l'activisme de son corps-autre, transfiguré par l'autre) ; la cohérence de cet activisme (activiste ou réactionnaire) quel qu’il soit ;  les pires sectes, qui ne s’animent nullement de l’architecture structurelle, obéissent à la détermination de leur fantasmes, lesquels sont néanmoins des attentes dérisoires et disparaissantes, mais les plus hautes connaissent et reconnaissent, manifestement, la suréminence de la forme sur les contenus et examinent, enquêtent, observent, déploient, déroulent le pli dans le Pli, l’arc dans le présent, la structure dans le réel, lors même qu’il serait saisi comme éternité ; l’éternité étant, puisqu’elle centralise tout, la forme même de notre volonté ; vouloir tout ici et maintenant en une fois ; ce qui est l’acte même du présent et dont on ne peut pas dire qu’il ne soit pas, éventuellement, peut-être et par exemple mais cela n’est pas clos, une vision kaléidoscopique de l’éternité, ou du non-temps, d’une autre face, autre logique, assumant la DImension au plus loin, même excessif ; le réel est excessif, un extrémisme effroyablement difficile ; que croit-on que le réel puisse être sinon absolument un excès ? Ceci pour les croyants, qu’ils puissent, peut-être, trouver ici et maintenant, dans, si l’on peut dire, le plus simple appareil (le présent), la voie interne du réel tel quel ; la voie en ce cas est l’ici-même, le présent est l’acte « Exister », et cet acte est non immanent, le présent est non immanent, l’immanent est dans l’exister transcendant qu’est le présent.   

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