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instants philosophie

De la liberté – 2

23 Septembre 2017, 08:50am

Publié par pascal doyelle

Il apparait que la liberté ontologique se tisse sur le présent (rappelons que le présent est l’origine même des réalités, antérieur à tout et indépassablement il est l’exister même, qui tient tout l’être ; l'exister est le réel, la vague du présent qui produit toutes les réalités ; l'être est relatif à l'exister) et que la liberté affecte précisément « ce qui n’est pas » et se dirige vers ce qui vient par l’exister, ce qui se crée dans le présent ; venant instantanément du présent seul. La liberté est ce qui se tisse en avant et est structurellement la forme même du réel ; le présent qui est purement neutre et autre, est ce qui accueille, rend possible la liberté ; de même certes les réalités se constituent de lois (à la fois par les lois et en tant que lois), mais on voit bien qu’il est une incertitude de base dans la rencontre des éléments ; les lois ne vont pas jusqu’à réguler la totalité de la réalité, mais seulement des strates de réalités ; le sol lui-même demeure sublunaire en somme, livré au "hasard" ; il n’est pas d’ordre à moins de le supposer magique, tel le destin ou la mise en un sens du détail des réalités ; c’est dans le milieu de cette incertitude généralisée que la perception joue et la liberté est d’abord de percevoir.

C’est en ceci que l’on a inventé les immenses systèmes de perception renouvelée que sont la pensée (les systèmes grecs) puis le sujet (et d’abord christique jusque Descartes qui relance la proposition et jusque Sartre et Lacan qui creuse la structure de conscience, rendue absolument et parfaitement formelle).

En ceci que l’on peut modifier ce que l’on perçoit ; il suffit de dessiner d’autres schémas que ceux auxquels on s’est habitué, autres que ceux du groupe et de telle ou telle période de l’historicité et c’est arrivé mille fois durant cette histoire ;  ce retissage de la réalité, sur et par le Corps, le nouveau corps, le corps-autre, c’est précisément ce qu’opère l’acculturation depuis la méditerranée, depuis au moins 2500 ans, et au plus 3500 ans (pour fixer une date ; celle du dieu juif, pure exigence). L’acculturation est le tramage et détramage continuels de la perception selon d’abord d’énormes configurations puis ces configurations étant acquises (dieu, la pensée, le sujet, la révolution) on peut continuer d’augmenter encore le niveau de perception et les possibilités de retricotage de la réalité (on pourrait aussi bien dire que l’augmentation de l’information accélère l’accumulation exponentiellement) ; chaque moi est la potentielle résolution de l'équation qu'il est lui-même, la personnalisation.

De même  donc tout moi, qui opère un tel retricotage du monde et de son activisme en ce monde (de là toute sa difficulté, sa peine, sa douleur et sa douleur non-compréhensible, qui ne rentre pas dans les cadres de l’idéologie réaliste, rationaliste, scientiste, objectiviste, naturaliste) toute identité peut se fixer en un certain schéma, ce qui ne manquera pas puisque l’on tisse soudainement sur son corps son arc sur le réel, mais aussi entreprendre de modifier les dits schémas ; ce qui lui arrivera, à ce moi, ne serait-ce que par les vécus divers et variés, plus ou moins heureux, mais aussi de par sa propre propension individuelle, sa potentialité et sa capacité d’adhérer à tel ou tel système particulier, de tel ou tel groupe, classe, intérêt, morcelant la totalité du monde humain (et la totalité du monde donné naturel) ; mais n’oublions pas que la modification de la perception passe bien au-delà des systèmes, des sous-systèmes locaux ; l’arc de conscience possède en lui-même toute l’universalisation et toutes les singularités (puisque l'on n'est plus limité au seul universel). Il se peut que le christianisme ait pris ici ou là d’anciennes sacralités, qu’il a recouvert, mais il les a recouvert ; il a imprimé une autre modification, un autre schéma dans et en plus des sacralités, et son arc structurel est tellement plus net et clair qu’il n’a aucun mal à s’imposer comme pointe du réel, de l’historicité. De même que la révolution ou la démocratie est telle variante en tel pays, ou à telle période, mais chacune explore la structure dite « démocratie » et dite « révolution » (ce qui veut dire que c’est un processus et non un « état gelé de l’historicité »).

Par exemple il est peut-être crucial qu’historiquement, un jour, il s’avère que les Beatles (années soixante) et Led Zeppelin (soixante-dix) soient considérés comme des émergences absolues, des formulations extrêmement exactes de l’individualité (tout comme Mozart est ressenti comme émergence de la sensibilité humaine au sein des systèmes formels de la musique de son temps). Et il vaudrait mieux que Les Beatles et Led Zep soient intégrés comme tels, parce que sinon l’inverse signifierait que l’on a abandonné l’acculturation de haute volée pour une acculturation dure et brutale, pour une impasse historique, un manque, un défaut ; pour une acculturation universelle (cad mondiale comme furent les Beatles) mais ramenée à une dureté (typiquement économique, dont la violence conduit à la guerre généralisée). Pareillement le christianisme, dont le nom « jésus » a traversé le temps, est absolument et fondamentalement le signe (non seulement il supporte les signes, mais il est lui-même signe, signifiant chacun, chaque un, chaque arc), le signe d’un dépassement qui s’impose en tant que signe. Cela a déjà eu lieu, et mille fois.

Si l’historicité n’est pas l’idée, en tant que Rapport à (et non pas en tant qu'idée "idéelle") elle tourne comme le lait, en tant qu'immédiateté et s’enlise lamentablement. C’est en ceci que l’esprit, jadis dénommé tel, est la puissance même ; les sciences, les technologies, le droit ou internet sont des effets d’une certaine structure ; supprimez la structure et toute acquisition lentement plie sous son propre poids, est absorbé à nouveau par le monde et les pauvres intérêts.

On voit spécifiquement alors que si la révolution est l’idée, cad le rapport, la structure, elle ne s’incarnera jamais purement comme telle ; on peut et doit reprendre la distinction kantienne (elle est valable absolument ; parce que le structurel ne peut pas, jamais, passer lui-même dans le monde, ce seront toujours les représentations, des représentants, des délégations, mais à l'inverse abandonner la structure, le cadre, la forme c’est tomber dans l’immédiateté tout court et surtout cesser de se vouloir structurellement pour se désirer selon le monde et les pauvres intérêts). Pareillement la liberté n’est pas réalisable « en tant que liberté » ; ça n’a strictement aucun sens, ça ne signifie rien. Puisque dieu, la pensée, le sujet, l’altérité (Nietzsche, Heidegger), l’analytique (Sartre, Lacan) s’utilisent comme Opérateurs ; ils opèrent dans la réalité en tant et à partir du réel (de cette réalité) ; qu’il y ait une telle forme (et la révolution est la forme de l'historicité, ni plus ni moins) qu’il y ait un tel caractère formel dans la réalité (et non pas seulement la réalité elle-même) cela veut dire purement et absolument ceci ; que la réalité a un Bord et que ce Bord est le réel de la réalité, et que ce Bord est le présent, sur lequel s’arc-boute, s’articule l’arc de conscience. Chaque arc structurel de conscience. En chaque Corps.

Ce qui eut pour effet majeur dans l’historicité c’est évidemment que chacun ait un Corps. Et ce corps, qu’on le veuille ou non, c’est cela même qui est signifié par le christique ; c’est de là qu’il tient son importance fondamentale (entre autre, puisque réglant ce Corps il règle également, problématise si l’on veut, quantité d’autres intentionnalisations et en réalité toutes les intentionnalisations ; nous nous tenons à la Source même depuis la méditerranée). On a tellement pas de Corps avant le christique que l’on est homme ou femme, riche ou pauvre, esclave ou homme libre, mais non pas Un, et on vit en un monde humain totalement organisé sur ses divisions catégorielles, et si il fallut 18 siècles pour le christique, le un par un, l’individualité donc,  passe dans l’historicité, comme révolution, c’est bien de ceci ; que l’on n’a pas tout de suite compris ce que le christique pourtant allait imposer.   

Qui niera que ce que l’on perçoit dépend de ce que l’on pense et que ce que l’on pense dépend de ce que l’on veut percevoir ? Non pas que cela soit localisé dans la pensée, mais bien que ça nait pour chacun du devant de lui-même (c'est par là que passe l'inconscient ; l'arc de conscience est plus grande que le conscient). C’est bien pour cela que l’on a inventé les machineries mentales, les méta-machines (de dieu à l’altérité en passant par le christique et la révolution ; les Œuvres en somme) . Ce que l’on perçoit dépend à 98% de systèmes, mais ce que l’on va percevoir on l’ignore complètement ; ça n’est pas encore déjà mémorisé ; il faudra peut-être réorganiser des masses de mémorisations pour intégrer ces autres perceptions ; c’est bien pour cela que l’on réécoutera Mozart ou Led Zep, on relira Platon ou Rimbaud et que plus généralement on adore, littéralement, les créateurs et les œuvres (y compris des œuvres telles la révolution, ou les variantes révolutionnaires) : parce que l’on retrempe l’arc de conscience en partant de zéro, de tous les zéros internes aux œuvres ; de ce que libérant la structure il y a 25 ou 30 siècles (les juifs compris) elle se joue des modifications, des schémas et a compris qu’il ne s’agissait nullement de subir les contenus de conscience mais d’en produire de nouveaux et donc de remonter alors dans et par la structure de conscience ; de modifier l’antériorité même de la réalité et donc de modifier l’antériorité du corps ; c’est cela qui compte, qui a des effets, considérables, dont toute l’historicité procède, l’historicité procède d’un procédé, d’une technologie soudainement Autre (le christique qui nait dans un monde déjà réfléchi en et par l’hypothèse, technologique également, de dieu ; de même que la personnalisation après la révolution, réflexive, s’impose comme réfléchi dans la réflexivité, dans un monde déjà lui-même réfléchi, universalisé, et ce qui s'impose c'est la singularité comme Règle valant pour tous et chacun, un par un).  

Il n’est peut-être en tout tramage de notre être 98% de plus ou moins lié et déterminé, mais 2% suffisent à modifier l’ensemble de la détermination massive ; puisque l’être humain batifole dans les signes et que les signes sont bel et bien ce qui se modifie le plus aisément ; ce sont des rapports et des rapports établis peuvent se défaire, si les choses restent figées en choses et si les objections scientistes ne valident que le sombre donné amorphe ; l'objectivité constate ce qui est , non ce qui peut exister et l'exister est la structure antérieure à tout l'être. Les signes n’atteignent pas la biologie des corps par ex, mais jouent de la surface des corps ; et il se trouve que les signes, modifiés, créent une autre intentionnalisation de conscience à chaque fois ; ils remontent du dehors vers le dedans (aussi vaut-il mieux qu’effectivement ce qui se prend pour une intériorité ne soit pas si « intérieure » et intouchable que cela, que ce ne soit pas une forteresse mais une passoire ; par l’extérieur elle parvient à s’atteindre néanmoins en plein cœur, puisque son cœur est exporté hors de nous ; le christique dit littéralement qu’il est le cœur du monde, à partir de la surface de son corps, et les esthétiques innombrables et les récits et les poétiques travaillent activistement notre réel externe, ça passe par là).  

Et en cela le durcissement intentionnel est tout à fait hors de propos ; on remarquera, et non par hasard, que le christique impose ceci ; que la foi sauve tandis que la loi empêche ; la loi, mosaïque, enferre dans le péché, mais la foi, christique, justifie, rend juste ; elle rend juste à vrai dire par le devers, par la suspension du jugement, le par-don, et par la capacité de reporter plus loin l’intentionnalité ; sans doute vous pécherez encore mais peu importe pourvu que peu à peu l’intentionnalité se régule sur le long terme, or le terme est long puisqu’il est infini. Cela veut dire, si l’on suit l’hypothèse, que l’on a successivement inventé et créé de la structure de conscience, des plis et des replis de cette structure, que si les vécus et les corps sont bien déterminés, le repli que chacun forme pour lui-même est indéfiniment dans la reprise, le par-don peut-être pas infini (on n’en sait rien) mais à tout le moins indéfini, non fini, ne pouvant jamais s’inscrire dans et par la réalité.

Ceci permet de créer de la stratégie, de la stratégie de structure ; voila qui sera repris par la position de la liberté comme instance formelle de tout ce que l’on peut, commencée avec Descartes et poursuivie jusque Lacan (on ne peut pas guérir de son ICS mais "faire avec" et de tramer une éthique si extrêmement complexe et presque insituable). Encore que l’on sent bien que la liberté n’avance, ne parvient pas, malgré Kant, à avancer jusqu’à la radicale performance christique ; et c’est pour cela que Sartre, lui, entend se lancer par-dessus toute réalisation (et qu’il tranche carrément entre le pour-soi pur néant et l’ensoi, massif, régulant en une fois toute l’ontologie) et c’est même en cela, plus généralement, que l’on a voulu installer l’anti-intentionnalité (Nietzsche, Heidegger, Lacan, les antis) ; parce que Kant comprenait encore l’intentionnalité comme opération consciente, et l’instauration des fins comme celle de l’universalité, et que l’on voyait bien que la structure se mobilisait bien plus antérieurement que ce conscient ; l’anti-intentionnalité (de Nietzsche à Lacan, et même Sartre puisqu’il remplace le conscient abstrait et même le « moi-même » par  la conscience de structure, ou encore la volonté toute roide et raisonnable est remplacée par la conscience de/dans le corps qui est atteint de l’externe vers l’interne, qui de ce fait n’est absolument plus l’intériorité) l’anti permettait de penser l’en-deçà du conscient ; tout comme le christique permit instantanément de signifier l’au-delà du conscient (de la loi, du monde romain, du droit, de la mise en forme culturelle, visant en cela l’acculturation universelle de tout arc, quel qu’il soit, païen, juif, esclave homme libre, homme ou femme, etc), mais c'est ce que vise effectivement Descartes ; ayant acquis le supra conscient, de dénicher l'infra-structurel, ça commence par lui.

Question de stratégie donc, d’élaboration de l’intentionnalité de telle sorte qu’elle se heurte au réel et en puisse rebondir et non pas s’étouffer dans un monde ou un contenu déterminés ou se perdre dans un investissement du monde, des intérêts réduits et dans la promiscuité du monde ; que l’on y tienne certes et évidemment, que l’on s’y enferme non ; et l’intérêt du monde pénètre si profondément dans le corps, dans la corporéité qu’il faut élever un surinvestissement éminent pour lentement basculer de l’irréel du monde (qui n’est que parties, compositions) au réel de la forme structurelle (qui est tout d’une fois, un, unique, universel, exclusif). Contrairement à ce qui parait la décomposition du monde en déterminations est abstrait, tandis que la position indéterminée qui impose la structure est réelle puisque permettant la stratégie intentionnelle et réorganisant la perception.

Le réel tient de la structure, et ce que l’on considère comme déterminé est en fait le morcellement dans le monde. Ce par quoi, entre autre, le moi est abaissé à la composition psychologique ou socio-économique, etc, le moi décomposé en bref ; toutes objectivités fondamentales mais par lesquelles on risque fort la manipulation, la réduction à des discours qui sont tenus, ceux-là, par d’autres consciences qui vous morcellent et vous figent sur place. Quitte, ayant amené ce moi au morcellement, à lui asséner encore et encore une image identificatrice, une idée de soi, et il faut que sans cesse le monde du morcellement ressasse indéfiniment et impose encore et toujours ces Images de Moi ; sans cette répétition qui est effectivement un besoin, impératif, les mois s’effilocheraient, se perdraient, s’effondreraient. On leur fait miroiter leur image. Et quantité de mois subissent la déflation interne de la structure ; la dite déflation ne peut pas être manœuvrée via la détermination, or non seulement psychologies et autres batteries n’usent que de la détermination (ce qui ne veut pas dire qu’elles soient inefficaces ; elles sont en mesure de reconduire, peut-être, l’arc en tel ou tel sujet), mais de plus le moi lui-même ne croit pouvoir s’atteindre que via des réalités, des images, des idées, des objets, des morceaux ; on ne voit même plus que ce qui était nommé « idée » autrefois était bien autre chose que ces mots abstraits (de sorte que l’on réduit le sujet au mot « sujet », par ex, ou le christique à une illusion, alors que le christique a intégralement bouleversé toute l’historicité).

Ce qui se passe dans les consciences, dans les mois, dans les consciences enfermées dans des mois, qu’elles n’ont pas choisi (ce qui est fondamental) est absolument perturbant ; que l’on ne choisisse pas son moi déjà est une absurdité. Evidemment on sait que l’on est "qui l’on est", l’inconscient, le vécu, l’héritage personnel ou sociétal, etc, etc. Cela n’importe pas, ou ne devrait pas. Or, on est loin, très loin du « cela ne devrait pas importer », on nous convainc plutôt que notre moi est la totalité de ce que nous possédons ;  le phénomène de la possession de si grande et même totale ampleur, permet ceci : de faire disparaitre le sujet sous ces objets, ces images ; ce qui est exprimé occupe tout le champ et fait disparaitre le champ lui-même. Le sujet n’a plus que cette qualité de posséder ceci ou cela, et il le possède en occupant sa perception, passive, et ce faisant il se perd ; puisque l’on n’existe pas dans ce qui apparait, mais uniquement dans le regard, l’intentionnel pur et brut, on n’existe pas en tant qu’« être », être n’a aucun sens réel, seulement un sens imaginé ; on imagine que l’on « est » ; c’est l’intentionnalité qui s’imagine être. C’est bien pour cela que la pensée, le christique, le sujet et l’altérité mènent des technologies complexes et même plutôt retorses, distordues par structure ; qui manifestent la structure et non des « objets » ; et que l’idéologie réaliste naturaliste rationaliste interprète dieu, la pensée, le sujet et l’altérité comme des illusions ; évidemment que les structures ne « sont » pas, puisqu’elles existent.

Si toute l’attention est portée depuis Descartes en l’infra-ontologie c’est que précédemment, par dieu, la pensée, le christique il fut question du supra-ontologique et de ce qui se peut « si l’on est un arc structurel de conscience », tandis que l'infra structurel cherche comment il se peut que nous existions d'un décalage qui pro-longe le corps. La philosophie travaille cela même qui intervient dans les mondes humains, soudainement autour de la méditerranée ; l’articulation antérieure qui peut aussi bien se projeter au devant que se reprendre et mériter réellement le terme de réflexivité, au sens de retour sur cela que l’on est dont on découvre qu'il Ex-siste (tandis que la réflexivité précédente donnait dans la réflexivité de l’être, de dieu, du sujet éventuellement ; Descartes occupant une place pivot ; il ne théorise pas tellement l’infini du sujet, il le constate). Une manière est de déplier l’arc comme pensée ou comme sujet (cad comme intentionnalité douée d’un contenu supérieur, les idées, ou comme intentionnalité suréminente, celle de dieu ou celle supposée du sujet), et une manière est de creuser cette même articulation telle que « là », décalée ; depuis Descartes on creuse, on dénude les fils.

De même que le supra-intentionnel est parfaitement déduit de la structure (le christique sépare chaque arc de conscience et les réunit en méta-organisation, celle dite « en esprit », en Saint-Esprit, en cette justice là et ce via le par-don, le don en plus, le renouvèlement, puisque la forme est inépuisable en comparaison du monde toujours limité), la pensée grecque engage chacun à penser et à s’accorder sur les contenus dans la vérité tenue comme valeur déchiffrée, analysée, en ses conditions de possibilité (passage d’un contenu non sacré à la forme des possibilités, engendrant non pas un mais quantité de systèmes), et de même Descartes et Kant et suivants exposent les conditions de possibilités du sujet (engendrant non pas un mais une indéfinité de sujets), pareillement  l’attention lorsqu’elle se tourne vers ses propres conditions, phénoménologiques, est attention envers l’attention elle-même et déroule, déplie ce pli qu’est, à la surface du réel, tout arc structurel (rendant possible que cet arc soit un nombre infini de corps tous un, selon le un par un).

Aussi ce qui philosophiquement est décrit est, comme à l’habitude, fondamental, puisque la philosophie est la discipline qui se charge du hiatus au cœur du réel même ; depuis le début il s’agit de dénouer cela même qui ordonne notre réel, non pas notre réalité, mais notre réel, l’articulation même entre l’humain et la réalité, articulation qui se dévoile et prend nom d’arc structurel de conscience/sur le réel, via l’humain/le monde. De littéralement devenir antérieurs à l’antériorité. On a cru en passer par une identité de pensée ou de dieu ou du sujet et tout cela fonctionne puisque ce ne sont pas des identités mais des mouvements, des opérateurs, et en ceci qu’elles permettent de créer des stratégies au niveau même du structurel, des machineries intentionnalisatrices (la pensée, le christique, etc) utilisées par le mécanisme en forme d’arc, et sans qu’il y ait redescente dans le monde, ce à quoi s’empresse de nous figer l’idéologie réaliste ou ce que voudrait croire de lui-même n’importe quel moi ; qu’il est « lui-même », ce qui est une hérésie.

Comme de juste Sartre et Lacan démontent intégralement que nous soyons des « mois », mais rien n’est dit encore de ce que nous sommes exactement.

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