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instants philosophie

L’essentiel est en plus

9 Septembre 2017, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Pour ce qui est du sens général, cela consiste à dire que ce qui est essentiel, c’est ce qui n’est pas. Ce qui est essentiel c’est ce qui se tient en réserve et en réserve au plus proche que tout, dans le présent. Qui donc existe et se situe dans le présent ; de mener une élaboration, une architecture du présent.

Le présent est ce qui précède tout (il n’est pas un vague résultat de la détermination, de la réalité, des réalités, mais la forme de toutes les réalités, autant que l’on sache). C’est dans le présent que se tient en réserve le réel ; le réel est la forme des réalités et il n’est à cela aucun mystère (pour ainsi dire et pour le moment) puisque le réel, qui est la forme des réalités, est le présent. Tout est absolument visible. Ce que l’on ne sait pas c’est « où » le présent s’avance. Il n'y a pas, nulle part (où?) une intériorité qui recélerait l'Information condensée, c'est la forme de la réalité, le réel donc qui informe toutes les réalités. Et qui donc, ce réel, ce présent, doit se décider, s'orienter, s'intentionnaliser, vers ce qui n'est pas, mais qui alors ex-sistera ; sortira du Bord de la réalité, du Bord du monde, du Bord du corps.

La réflexivité est littéralement ce qu’elle signifie ; elle se retourne vers la structure du réel donné là et sur la structure, la nôtre, qui est capable d’une part de se décaler par rapport à tout donné, toute réalité, et d’autre part se tenant autre que tout elle est également autre que elle-même ; c’est l’altérité qui conduit tout ce qui est, puisque tout ce qui est immergé dans la structure transcendante qu’est, qu’ex-siste le présent. Et cette exploration dite « occidentalisation », née autour de toute la méditerranée,  est l’exploration en dessous des réalités, l’exploration dans le réel, dans la structure du réel ; explorations à l’intérieur du Bord du monde, du vécu et du corps et cartographie des périples inimaginables dans cette dimension de l'acte brut.(le présent est en effet excessivement brutal)

Il ne serait pas décent ni raisonnable de croire que tous ceux qui se sont aventurés dans la dimension de l’exister, du pur et brut présent (autrefois de l’éternité ou de l’éternel, et le présent ne contredit en rien la possibilité de l’éternel ou de l’éternité, il y ajoute des précisions quant à l’origine pour nous, êtres humains, de cette étrange dimension qu’est le présent, en ceci qu’est exploré le décalage dont effectivement nous sommes les effets ; de Platon à Lacan le décalage est décrit sous les formulations de dieu, de la pensée, du christique, du sujet et de l’altérité (Nietzsche-Heidegger-Sartre - Lacan   NHSL), et comme ce décalage est littéralement le corps lui-même la recherche du décalage est instantanément communiqué à toutes les réalités humaines, de l’esthétique à la politique, jusqu’à l’humanisation et la personnalisation, tout moi, ce qui nous concerne en plein, est effet du décalage, raison pour laquelle aucun moi ne se satisfera de son moi, mais ne pourra que se réintroduire de son sujet, de sa structure ; sur la piste de quoi Sartre et Lacan creusent),

Il n’est pas décent ni raisonnable de rejeter l’ensemble de toutes les explorations, sous prétexte qu’elles ne rentrent pas dans le cadre nécessaire mais étriqué de l’idéologie réaliste et rationaliste ; celle qui remplace dieu par la nature, la pensée par la raison et le sujet par l’humanisme et le moi ; toutes figurations absolument nécessaires mais insuffisantes. Mais il n’est pas non plus acceptable de retranscrire à nouveau les anciennes configurations (dieu, pensée, christique, sujet) dans le sens même par lesquelles elles se permettaient de s’introduire dans la réalité ; autrement dit il faut réinterpréter toutes les explorations qui se donnaient comme dieu, la pensée, le sujet et ensuite l’altérité (N H S et L réintroduisent dans la réalité raisonnable, rationaliste, humanisé une altérité ontologique, c’est pour cela que l’on s’y convertit si aisément ; nietzschéen ou lacanien, ce sont des offices de conversion, du regard même sur le regard tel quel).

Il faut donc admettre la validité de tout ce qui fut expérimenté (de quelque peu solide et consistant, puisque inversement ce qui ne se pense pas selon la structure se pense selon tel ou tel fantasme du monde, du moi, du vécu, etc, et tombe dans les nécessités hallucinatoires du donné, de la détermination, au lieu que le christ ou Nietzsche ou Rimbaud  tentent d’élever une architecture des structures de la pensée ou du sujet  suffisante qui admette en elle-même la possibilité du réel, tenant les réalités à distance et donc les examinant, les scrutant, et pour cela on continue de les lire, de les éprouver, puisque l’on se tient du Bord pour les lire ; qui rendent possible la structure du regard lui-même, de l’attention et qui de fait commencent par modifier l’ensemble de toute la perception de tout, et qui donc se nomment eux-mêmes dans leurs discours, représentations, nomenclatures, cartographies - cartographie qui contient le plan du monde donné là, du vécu et le schéma de la dimension même qui se permet d’examiner la réalité et de s’examiner elle-même comme structure mouvementée ; elle doit se flasher en acte et non pas fixée selon l’objet).

Ainsi ce qui ne se tient pas de la structure architecturée au plus haut de sa capacité tombe dans le donné là, la détermination, la petite époque vécue, le fantasme et la défiguration de la pensée, travestissant dieu ou défigurant le sujet par la détermination, et son poids, et sa lourdeur.

C’est que la structure du réel ne passe pas dans la réalité et donc ne se réalise pas comme la réalité se réalise ; elle n’est pas la détermination mais l’architecture des déterminations, elle n’est pas les signes mais la stratégie des signes, elle n’est pas ce corps ou ce moi mais le sujet en arc de cercle arcbouté sur le présent, par le réel, lui-même en arc de présent.

Tout est mouvement. Mais si tout est mouvement, emporté sur la vague du présent, vers quoi se dirige ce mouvement ?

Il est curieux de constater que l’interprétation rationaliste raisonnable, réaliste naturaliste, celle qui croit que le donné seul explique le donné, est amenée à comprendre le présent comme juste le « résultat » donné là, une sorte de présent inerte, un effet, alors que le présent qui seul demeure, est la cause qui épuise tout ce qui est, toute la détermination, toutes les réalités et tous les mondes, y compris tous les mondes humains ; il revenait à l’arc de conscience de prendre conscience de lui-même comme arc de conscience (et non comme n’importe quel ceci ou cela, serait-ce l’esprit ou l’idée ou telle ou telle image, tout cela est quelconque par rapport à l’arc même, et cependant nécessaire comme représentations de ce qui ne se représente pas mais se signifie et engage chacun à prendre dans son intentionnalité cette signifiance généralisée qu’est l’occidentalisation), de se saisir comme miroir et non comme image dans le miroir, aussi complexe soit-elle, et arcs saisissant que la réalité est enchâssée dans le réel, que le réel est la forme, il revenait à ces arcs de conscience de relever le niveau, pour ainsi dire, et que la transcendance est la plis instantanée possible (le présent) qui entoure toutes les immanences (les mondes).

Ce qui veut dire  de cesser de croire en ses désirs en prenant les objets de désir pour la vérité ; ces objets ne sont que des mélanges, des entremêlements de la structure et de sa puissance d'une part qu’elle confère à des images, des représentations d’autre part, de petites tactiques qui ne sont nullement des stratégies.

L’occidentalisation, dans ses plus élevées performances, ces technologies formelles d’architecture du regard, de l’intention, ou de l’intentionnalisation du monde donné, a certes amené sous nos yeux des idéalités, des systèmes, des christs ou des images extrêmes, et profondément structurées, qui ne peuvent être saisies que par des arcs de conscience. Ce dont sont bien éloignés les « mois » qui ne sont foutus, à peine, que de percevoir des images d’eux-mêmes extraordinairement grimaçantes ; à rebours, pour commencer d’admettre, non de le comprendre mais d’admettre Rimbaud il faut modifier non seulement son moi, son identité mais son regard, son attention, son intention, son intentionnalité, ce qui veut dire la structure même antérieure à la volonté, au désir, à la perception, l’imagination, la prononciation, etc, poésie totale … comme il le Dit, il faut prendre littéralement au pied de la lettre ce qui est dit à une certaine ampleur de structure ; il faut prendre le christique littéralement et de la perception même de ce Corps ; rien n’est dit au hasard, soit cela tombe et est happé par le donné là, le fantasme de réalité, le monde, soit cela est dit à propos et à partir du Bord et demande à celui qui regarde, qui perçoit de fabriquer son arc de conscience, de travailler, torturer si l’on veut, son attention, son intentionnalité, ce qui ne s’effectue que par tout le corps …  puisque de la position du départ de regard, le point qui n'apparait jamais et est autre et expose tout au-devant, cad par la conversion, ce sur quoi avait presque mis le doigt Husserl ; qui laissait pourtant cette conversion dans le sens de l’universel, alors qu’elle concerne le corps même).

Jusqu’à s’effondrer par le réalisme et le naturalisme et le rationalisme et toute cette idéologie du donné expliquant seul le donné, s’effondrer dans l’enfermement ; on ne peut retrouver les grandes articulations et les stratégies métaphysiques et christiques et ontologiques (à partir de Descartes), et cela n’est absolument notre but, mais il faut reprendre à leur niveau, à leur degré d’architecture et non pas se contenter bêtement d’une interprétation pseudo-réaliste qui ne tombe que sur des bouts de monde, de corps, d’images ; incapable de lier quoi que ce soit.

Lorsque Heidegger ou Nietzsche veulent réinterpréter la totalité de l’historicité c’est cela qu’ils visent , relancer l'intentionnalisation ontologique au degré architectural suffisant. Ils eurent à faire face à l’immense altérité de tout cet immense donné de l'univers brutal, telle qu’elle se livre dans la perception, au sens élargi, et dans l’intentionnalité, au point de recourir à une anti-intentionnalité ; anti qui rende compte de l’énormité de la réalité prise non plus dans une unification, supposée, de dieu ou de la pensée ou du sujet, mais au contraire splittée, cette réalité, dans tous les sens, voire dépenaillée, et d’un corps si horriblement dépouillé (comme il apparait non seulement dans la psychanalyse, mais telle qu’il apparait pour le moi empli du mal-être, de la folie à ses obsession ou dépression, le moi a fait preuve d’une grande inventivité quant à ses détournements de la réalité de son corps comme réel, cad sa structure de moi, qui n’existe que d’un sujet, lui rendait incompréhensible absolument, radicalement, dépourvu qu’il était de stratégies possibles ; les délires sont des tactiques limitées d’une impossible stratégie globale, de structure – mais de même l’historicité qui a suscité tant et tant de passion pour l’essence de l’histoire, soit la structure révolutionnaire qu’est l’historicité ; des millions de sujets se mirent en marche pour restructurer politiquement la réalité à partir du réel).  

Ce qu’il faut donc, outre tout cela, c’est l’altérité du donné tel que « là » ; le là que l’on sait nommer comme étendue depuis Descartes (Descartes place « là » notre être, cloué sur la surface de la réalité, la surface étant le réel, sauf que Descartes, quand même, réfère le dit sujet cloué à une structure en plus qui ne tient que par … la volonté, seule semblable à dieu, à l’in-fini, au non-déterminé ; littéralement Descartes origine l'idée "infini" à la volonté ... non finie par structure).

Il est apparent que l’on ne peut pas supposer que le donné là, cet univers monstrueux et sa logique de total gaspillage, et même peut-être de quantité d’univers possibles, supposer donc que tout cela soit unifié… Donc c’est dispersé. Pas dispersé de manière incoercible, quoi qu’il est apparemment du n’importe quoi, littéralement, en deçà des couches organisées plus ou moins, des variations de non temps ou non espaces, des insubstantielles déterminations, en dessous.  

Ce qui est essentiel c’est ce qui se tient en réserve et en réserve au plus proche que tout, dans le présent.

Nous sommes alors intégralement désarçonnés de ce que le réalité n’est jamais à la hauteur de ce que la structure de cette réalité appelle ; au travers de toutes ces causes et de toutes les complexités cette structure de la réalité nommée ici le réel, se tient encore plus haut que les plus grandes élévations du monde ; sinon il n’y aurait aucune raison compréhensible à la structure en forme de présent qui agit tout ce qui est ; l'arc qui regarde une œuvre est plus grand que cette œuvre, le regard ne tient nullement en l'information qu'il perçoit, l'information est un trampoline pour le regard, rien de plus ; suivant en cela ceci que le réel est plus grand que lui-même, raison qu'il y ai un présent, et qu’il s’agit de la loi interne de la structure elle-même (puisque le présent est avant-tout, la structure même de ce qui se présente) ; il n’est nul besoin de supposer une réalité cachée qui viendrait s’imposer au monde, au vécu, au corps. Le réel est une forme, la forme de la réalité, et c’est la forme de la réalité qui imprime le mouvement, étant le mouvement lui-même, le présent.

De même que cela qui tombe dans le champ de l’arc de conscience, comme Hegel le découvrait, subissait déjà, en tant que contenu, en avant de lui-même, l’altérité et déjà se cherchait une possibilité, un devenir, une dialectique ; lorsque les grecs supposent la vérité ils sont déjà au-dehors et en plus de la vérité et ce qui s’installe ce ne sont pas des contenus mais la possibilité en tout arc de conscience de tisser les attentions, les volontés ; ce qui s’installe c’est le système formel (qui lance la vérité comme projet et non comme contenu, les esthétiques non ritualisées, les éthiques et les politiques du corps, les idéels et la connaissance, ainsi que la philosophie comme discipline qui se charge de penser cette articulation et de la propager en, vers chaque arc). L’occidentalisation a inventé et créé le système formel qui, se tenant de lui-même (et non plus de telle ou telle partie du monde ou de telle ou telle représentation toujours déterminée) rend possible de décupler les représentations et les corps et les perceptions, et ceci en repéant et cartographiant la structure antérieure qui permet de démultiplier immédiatement le donné et le vécu (la pensée et le christique) et instantanément l’arc de chaque sujet (son architecture-sujet qui se dit comme dieu, pensée, sujet, altérité), en suscitant la stratégie possible de chaque arc de signifiance.

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