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instants philosophie

De ce qui n’est plus « la pensée » depuis Descartes

14 Octobre 2017, 12:28pm

Publié par pascal doyelle

Nous n’avons pas réduit le cercle de la raison, depuis Descartes, nous avons augmenté considérablement le rayon de la cohérence ; de là que quelques-uns se prennent les pieds dans le tapis et croient qu’il s‘agit d’un antihumanisme ou n’admettent plus que le statut de l’objet ; c’est que le sujet a commencé, lui, de se concevoir selon la verticalité une et absolue (qui ne veut rien dire d’autre que formelle) du réel dans l’horizontalité des réalités, diverses et variées. Le présent est Un, le présent est Formel. Le présent est le Bord du monde, du vécu et du corps.

On admet donc sans reste que le réel est tout entier là, sauf qu’il n’est pas le monde donné, mais qu’en plus de tout ce qui est (déterminé) il y a l’exister (in-déterminé) ; soit donc le Bord de la réalité.

Et que cet être qui est le nôtre n’est pas le nôtre et n’est pas un être ; il n’y a pas d’unité « essentielle » comme on disait, mais seulement une structure arcboutée au réel donné tel que « là ». De sorte qu’elle produit des tas de vraisemblances, de représentations et ce sont ces représentations que l’on investit et que l’on prend pour notre être ; mais il n’existe que la structure (qui n’est pas) et donc toutes les représentations soit tournent sempiternellement dans un monde cyclique (un monde humain qui répète constamment son rituel ; il faut que toute la réalité perçue, échangée, parlée tourne pareillement en même temps et pour tous, pas un ne doit faire défaut). Soit ces représentations sont brisées par des sortes d’interventions structurelles et chacun prend sur soi cette rupture intérieure de la représentation ; ce qui s’est nommé révolution, instituant chacun comme un, mais un structurellement. Ce qui s'est nommé dieu ou pensée ou sujet.

Or on se cherche, à partir de ce un de structure, dans, évidemment, un contenu, une image, une représentation (ou un nom « moi-même, Jean-Pierre » ; J-P s’imagine qu’il est Jean-Pierre et confère à cette image prononcée un « être » ; il n’y a aucune autre réalité, densité ontologique à cet être que celle imaginée ; par contre J-P existe en tant que « je », mais non pas la locution « je » du langage, mais l’intentionnalisation structurelle). Intention qui est un rapport et que l’on ne trouve pas, qui ne se réalise jamais, qui est uniquement imaginaire, non seulement en ceci que les images sont produites mais en cela que l’on alourdit ces images du poids de l’être supposé, transfiguration de l’exister, qui ex-siste et est, lui, non consistant en quoi que ce soit ; puisque ces images sont juste des signes et activés par une structure, laquelle est un rapport (structure est la désignation externe d’un rapport ; le moi est tenu, cad imaginé et donc non pas su ni connu, dans une tension ; l’humain est un ensemble de rapports (sociétaux ou sociaux, Marx par ex) ; le langage n’est pas en soi mais est un ensemble de relations qui se lance par la tension de l’intentionnalité ; etc ; en vérité tout est en rapports, et il n’existe, à proprement parler, que le présent, cad l’exister, qui seul demeure).

On a donc dressé, depuis 25 siècles, la carte de la structure, dite ici de l'exister ou du présent formel, Bord de tous les mondes, vécus ou corps ; pensées et idées s’utilsent comme des outils (qui sont des sur-intentionnalisations en plus du langage commun, qui construisent des systèmes, des machines intentionnalisatrices qui permettent de percevoir plus que l’immédiateté du donné ou l'inclusion des groupes ; et ce qui est construit est en référence à l’expérimentation individuée, laquelle n’est nullement subjective mais structurelle ; tous les sujets sont mis en position de retrouver les signes, les lignes, les tangentes qui permettent de percevoir-plus, et donc d’énormiser ce que par perception on entend, d’organiser aussi bien individuellement que collectivement le rapport au monde donné là, puisque ce qui est perçu l’est ici même, et jamais ailleurs ; l’ailleurs qui parait tel, les idées, les systèmes, ne tiennent que de leur cohérence, laquelle ne peut exister qu’ici et maintenant ; c’est en ceci qu’aussi abstraites soient-elles les idées ne sont pas des images ; mais des rapports argumentés et en cohérence, et accrochent radicalement au réel et aux réalités, même en supposant que ces réalités puissent former une Réalité, supérieure, auquel cas elle n’en est que l’opération de la différenciation, les systèmes, les machines intentionnalisatrices permettent de percevoir plus, d'entrer dans tous les rapports possibles ; on n’y croit que si l’on comprend).

Idées et systèmes mais aussi sujet et corps, et enfin structure et contenus (Sartre et Lacan) ; Sartre en explorant la structure dans le monde (parmi les autres, les choses, l’historicité mais aussi en situant le moi dans le monde ; tout est externe à la structure de conscience formelle), et Lacan en approfondissant l’arc dans ce corps, puisque ce qui prévaut c’est le structurel et non pas l’identité, notablement selon la ligne de jouissance qui glisse sur le corps ; l'interne très étrange en nous). Sartre et Lacan qui viennent après réorientant tout autrement l’interne du sujet (Nietzsche) et l’externe du sujet (Heidegger) ; ces deux derniers spots sont logés dans et par et via l’altérité et produisent ces deux ancrages ontologiques absolument Autres, que sont la Volonté et l'Etre ; soit donc le rejet de l’humanisme, du sujet, de la liberté, du rationalisme. 

Puisque le sujet, cartésien, a atteint une telle sureté qu’il perçoit à partir de son unité, admise comme formelle (Descartes ne s’embarrasse plus de définir le Pensée, comme si elle était encore l’horizon de notre vue), qu’il perçoit par-dessus tout contenu ; tout contenu est éloigné, distancié par l’infini décalage ; lequel est ici et maintenant (c’est ici et maintenant que Descartes suppose dieu d'un sujet, d'une structure et non pas d’une pensée "dieu" comme idée ; dieu est relatif à l’intuition, structurelle, du sujet et non plus exigé par la pensée elle-même ; c’est en ceci que Descartes propose autrement l’argument de l’infini, raison pour laquelle il le réfère à la volonté et non à la pensée ; ça n’est pas la pensée, l’idée de l’infini, sinon en ceci que Descartes redéfinit ce que par « idée » il faut entendre ; idée est devenu un rapport et non un contenu et ce rapport, ce sujet, est posé objectivement "là").

La restructuration commence donc de se tisser en plein sur le monde ; de là qu’il découvre l’étendue et que l’étendue soit la marque, le repérage du monde ; le monde est l'étendue et l'être (qui n'est plus de la pensée mais du mathématique) et le sujet est "là" une structure hyper objective, verticale, le sujet est l'ex-sister et l'étendue est l'être ; quant à la « pensée » elle est repoussée et rendue autre ; rien à voir avec la compréhension naturaliste, réaliste, rationaliste (celle qui tourne autour de son « objet » qui n’est même plus la chose) de la « pensée cartésienne », pour la raison que ça n’est plus de la pensée mais une description d’une structure ; Leibniz et Spinoza tenteront bien de retrouver le système de la pensée abstraite, mais c’est Kant et les allemands qui chercheront dans et par le structurel, d'y débroussailler  ; la pensée travaillée par le distance interne (Kant et la délimitation du cercle entourant le sujet de structure) ou par la négativité (Fichte et Hegel, en rassemblant tous les devenirs de la structure qui désormais se tient en dehors, en plus, Autre).

Il s’agit d’explorer l’ensemble du design de l’articulation du réel tel qu’il se donne non déterminé, d’avancer dans le cadre réel sans tomber dans la définition qui ne peut référer qu’à tel ou tel contenu, telle ou telle différenciation, telle ou telle partie du monde ou du langage parce que ça n’est pas ce que l’on veut ; tout cela tombe dans le monde, les sciences, la nature, or on comprend bien que du monde on ne fait pas partie (raison pour laquelle il est sciences et raison et droit et acculturation et jouissance impossible). Si ça n’est pas défini par un contenu (par une définition d’objet) c’est qu’il s’agit de signes ; de signes qui permettent à la structure-conscience d’expérimenter (et de communiquer aux autres structures) le réel. Et si de la sorte ça ne définit pas en termes d’objet mais de signes c’est que cela définit, hyper-objectivement, l’arc de conscience de chacun ; comme règle singulière universelle (sous-entendu : la réalité est configurée en tant que réel et le réel est une opération de singularité fondamentale ; ce qui ne veut pas dire que l’universel est singulier (ce qui n’aurait pas de signification) mais que le singulier est l’universel même ; le singulier n'est pas un moindre-universel, mais un plus vaste et cohérent universel ; c'est lui qui crée de l'universel et du point de vue, sans quoi il n'y aurait rien ; la pensée a d'abord élaboré l'universalisation, qui est un procédé, et ensuite s'est avancée dans le singulier formel qui origine l'universalisation mais aussi la liberté, la possibilité, le réel, l'actualisation, l'activisme etc ; à charge ensuite de comprendre ce que par singulier en tant qu’universel on peut comprendre et il est clair que l’on ne commencera d’y comprendre quelque peu que difficilement et à l’extrémité même de notre exister et de l’exister du monde ; le réel est un activisme et un extrémisme).

Rappelons que par hyper-objectivité cela consiste tout bonnement à admettre telles qu’elles se livrent, se donnent, s’offrent les expérimentations menées depuis (au moins) la méditerranée (mais rien n’autorise de rejeter les autres expérimentations de toutes les civilisations que l’on voudra ; en ceci que ce ne sont pas des idées ou des images qui s’imposent mais une structure qui se visionne ou se saisit selon telles idées et telles images). Considérer donc que Platon ou Plotin, Eckhart ou Hegel expriment rigoureusement cela même dont ils sont les activistes, forcenés ; considérer que réellement la puissance du réel s’est incarnée dans l’activité poussée à ses limites de cet arc, de ce rapport-au-réel qu’est une « conscience ». 

Les hyper-objectivités passent outre le cadrage de l’objet, et donc et par contre avancent des signes qui aboutissent dans l’oreille de chacun, chacun ayant à se restructurer dans son attention même, dans son attention à n’importe quel ceci ou cela ; autant il est vrai que le présent est le seul dénominateur commun de toutes les choses qui sont, autant nous ne possédons qu’un seul accès à toutes les perceptions, langages, corps, et intentions possibles (morales, psychologiques, révolutionnaires, politiques, etc) et cet accès est la possibilité de faire-attention-à ; d’orienter et de désorienter son attention. L'attention-à est l'accès lui-même et se présentait comme Exigence (de dieu, de la pensée, du sujet, de l'altérité ; Sartre assume totalement l'Exigence, le prend de plein fouet).

Aussi faut-il opérer sur soi-même ; non pas sur ses propres déterminations mais sur ce qui précède les déterminations ; abordant ainsi le « sujet universel » dont il faut rappeler qu’il n’est pas un contenu, un être universel, dont l’universalité consisterait en quelque chose (qui serait de fait limité, hors c’est « cela » qui joue avec les déterminations et les signes et n’est donc pas signe ou détermination) mais qui est, un par un, un « sujet », cad le Rapport originel formel et radical ; c’est la description de ce sujet un par un qui n’étant pas un contenu, ni une détermination, offre une structure descriptible ; la difficulté étant extrême en ceci qu’il ne faut pas se rapporter à la détermination puisque cette structure est elle-même un rapport ; est cela qui utilise les déterminations ; aucune détermination n’a la surface suffisante pour rapporter les autres déterminations ; le rapport premier existe en lui-même et donc délimite un réel séparé.

Ce sujet descriptible c’est ni plus ni moins ce qui se réalise depuis Descartes ; qui place ici et maintenant la structure en forme de sujet, sur l’étendue du monde ; et que suivront en le cartographiant Kant, Hegel, Husserl, Nietzsche et Heidegger en leur mode (d’altérité ontologique) et Sartre et Lacan (et on ne cite que les plus clairs et nets), de même que scientificité, marxisme, freudisme (qui considèrent l’altérité comme étant le donné, le donné que le « là », l'être grec permettait de révéler ; c'est à partir du "là" de l'être que le donné s'offrait, de même que le monde est perçu à partir du sujet cartésien ; c’est parce qu’il y a un « là » du donné (l’être en tant qu’être, l'universel pur) qu’un donné (celui du monde déterminé du particulier rassemblé dans l’universalisation) se donne à voir, de même qu’apparaissent notre intentionnalité, notre possibilité individuée par le christique, qui situe chacun entre naissance et mort, et par-dessus).

Or on arrive ici à la limite de toute pensée, toute représentation et il est requis de passer outre cette limitation ; dépassement de la pensée qui sera réellement étagé et architecturé ; au point que Kant puisse cartographier la présence, l’activité au monde de cette structure (qu’il nommera criticisme, étant bien assuré de ce qu’il accomplissait ; une autre philosophie que celle fondée sur l’universelle pensée, et entièrement réflexive, cad décrivant la position et l’architecture structurelle de tout sujet, fondant en ceci une autre-pensée) et dont Hegel peut rassembler tous les devenirs (les deux phénoménologies ; celle de la conscience dans le monde et celle de la conscience dans la représentation et le savoir ; l’ensemble de tous les déplacements de ce qu’il nomme la « négativité » et qui n’est rien d ‘autre que l’activisme extrémiste de l’arc de conscience) et qu’enfin on puisse observer cette activité de visu pour ainsi dire et par Husserl.

Mais cet être, cette structure n’est pas limitée, de fait, par ses possibilités de contenus (ou de délimitation de ces contenus, Kant) ; aussi est-elle posée là dans le donné-monde et montre, elle-même, que l’être est plus grand que les étants ; ou que donc sa « volonté » n’est pas sa volonté, consciente, connue, exprimée, mais est plus grande que celle-ci ; la volonté-autre nietzschéenne, qui ne sait pas ce qu’elle veut, mais qui, par contre, faut-il ajouter, qui peut « percevoir ce qu’elle « veut » en ce sens qu’elle peut/doit orienter le faisceau de conscience et que certes une grande part est attirée par tel ou tel donné, mais il est évident que cette orientation se sait elle-même, comme orientation potentielle, générale, globale ou spéciale et qu’elle crée tôt ou tard des impératifs, des repérages, des réglages, des tactiques et des stratégies. Si elle s’ignorait, ce qui n’a aucun sens, elle ne parviendrait pas à placer ses interventions ; or c’est expressément sa fonction ; intervenir dans le donné et réordonner la représentation ou l’action ou la coordination et ce explicitement. Intervenir dans le donné et le connu, à seule fin du perçu et du non-connu ; ce qui ne manquera certes pas de produire des stratégies d’intervention (soit régulées par un monde cyclique, soit extrait de tout monde et élaboré telle quelle par une « pensée »).

Aussi dieu, la pensée grecque, le christique, le sujet, l’altérité (Nietzsche et Heidegger, Sartre et Lacan, et tous les autres mais aussi les objectivités, de science ou de droit, de politique et enfin les structurels esthétiques et poétiques qui tous contiennent l’éthique absolue et formelle qui tente de se désigner au fur et à mesure, et jusqu’en chacun des mois en tant que tout moi est une méta-organisation de lui-même) tout cela donc se crée en tant que stratégies de, par et pour cette structure plantée sur le sol réel, sur l’étendue du monde (expulsée hors de tout monde cyclique et ritualisé ; on a vu que dieu est lui-même l’interventionnisme extrême de l’Exigence et non pas un monde cyclique). La question se pose donc de cette nudité de structure ; que faire de la capacité de « prendre conscience de » ? Que faire de la possibilité de créer des contenus, des vérités, en veux-tu en voila, au lieu de se fixer et de recycler le même contenu commun du groupe en son langage et sa parole ? Comment orienter le miroir interne qui flashe directement la surface toute entière externe du monde et toute entière externe du moi ?

A l’inverse des reniements habituels (qui attendent encore que l’on puisse se saisir de la réalité, alors que l’on est saisi du réel, et que l’on a effectivement entamé le dialogue, la dialectique avec le Bord du monde, du vécu et du corps) se dessine continuellement la structure possible de l’exister tel qu'il s'élabore depuis le début comme origine de toute réalité et en tant que réel pur et brut  ; l’exister étant le mouvement même et rien que le rapport, c’est en engageant ce rapport qu’il se révèle et qu’il devient ; la forme de la réalité est formelle et donc seule susceptible de devenir (les choses sont ce qu’elles sont, et ne sont pas au-delà de leur détermination, et ce qu’elles sont c’est l’ensemble des effets du présent, soit donc de la forme qu’est le présent).

L’ensemble de ces formes (structure de conscience arcboutée sur le réel) produit des effets, des langages, des représentations (des échanges, ritualisés dans les mondes immédiats cycliques, ou ensuite délivrés dans ce que l’on nomme le libéralisme ou capitalisme, ou comme on voudra le nommer), produit des images complexes, des identités retorses, des mondes humains, tous accrochés par un point (soit au-delà selon une double détermination, un autre-monde doublant ce monde-çi) soit ici même selon une exigence de structure (qui elle ne double pas le monde, ni les idées ni dieu ou le sujet ne doublent le monde, mais Exigent)  ; on a vu que ni les idées ni dieu ne forment un double monde, mais imposaient l’exigence en ce monde-çi, puisque idée et dieu ne possèdent aucune détermination séparément du monde qui leur occasionnerait un au-delà ; par les idées et dieu il n’est que le Regard et non une image telle ou telle, par cela vient le miroir lui-même et non le monde, le vécu ou le corps qui s'y reflètent).

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