Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
instants philosophie

Le désir, le Réel - 2

11 Novembre 2017, 09:02am

Publié par pascal doyelle

 

Outre l’image de l’horizon, on suppose cela ; que l’occidentalisation (ce qui a pris ce nom là, cela aurait pu être un autre, peu importe) est précisément l’advenue sur le devant de toute la verticalité de cet horizon. Autrement dit ; perché sur le Bord de la réalité on a dressé la verticalité ou en tous les cas, tous les cas (de Platon à Montaigne ou de Pythagore à Einstein, de Michel-Ange à Rimbaud, etc, et dans la myriade de mois et d’individuations ou de révolutions qui eurent lieu) on a dressé l’expérience accessible à partir du Bord lui-même ; l’ensemble de la tradition d’occidentalisation est justement et de plus en plus précisément l’exploration du Bord du monde, du donné, du vécu et du corps et c’est le même Bord : il n’y en a qu’un. On se penche par-dessus et on voit ce que cela donne.

Toute négation de cette tradition (de pures et complètes révolutions incendiaires continuelles) est et doit être prise comme interne à celle-ci ; pour la raison que l’on n’a pas découvert des « idées » mais une structure qui traverse et utilise toutes les idées que l’on voudra ; aucune idée ne peut abattre la structure (dont toutes sont issues) et cette structure est elle-même universelle, non en ceci qu’elle serait constituée par l’universel (ce qui n’aurait aucun sens ontologiquement ; puisque l’universel est un moyen pour la structure, des systèmes de rapports pour le Rapport ; ça a par contre évidement un sens dans la détermination, la détermination peut être pensée selon l’universalisation), mais en cela que partout, tout être humain est une telle structure ; un arc de conscience purement formel et brut. Universelle structure au sens où chaque structure de conscience est parfaitement égale et identique à toute autre. C’est à chaque fois la Même Structure en arc de conscience qui agit. Et qui agit sur et par le Même Réel. Et étant antérieure chaque structure produit, invente, crée quantité d’individuations, en tous sens. Chaque boucle à la surface u réel comme bouclage indéfini et un, en tant que mouvement du présent, est une.

Le réel est le présent, la ligne qui déroule toutes les réalités ; la ligne, perçue du dedans, est une surface et sur celle-ci se créent des boucles non-finies qui constamment reviennent vers et par  la surface du réel ( se constituant de cette rupture interne à l’attention à quelque ceci ou cela et il n’y a nulle part d’autre où aller ; soit vers les choses qui existent sur la surface, soit vers la surface elle-même ; dieu, la pensée et l’être, le sujet et l’étendue, la structure et l’altérité sont les formulations de cette boucle ; le moi peut imaginer ce qu’il veut, il est sur la surface de son propre corps, son corps psychanalytique si l’on veut ; où voulez-vous qu’il aille ?) ; les boucles font effets vers elles-mêmes ; mais demeurent en tant que telles rompues, en tant que boucles non-finies, et imaginent seulement quelque état définitif et comblé ; qui n’existe pas, qui n’existera jamais ; il est de la nature de la structure en  boucle, en arc de conscience, d’être non finie et donc non satisfaite.

Ne cherchez pas : cette structure ne sera jamais satisfaite. Aussi doit-on penser cette insatisfaction même. Et si elle n’est jamais terminée : voila dieu, la pensée, le sujet ou l’altérité en tant qu’exigences. Si on ne prend pas l’exigence, elle nous ignorera et nous détruira ; elle peut vouloir indéfiniment, ce qui veut dire intentionnaliser tout et n’importe quoi et passer via mille et une ruses dans le réel ; elle est le réel, puisque l’arc, la structure est le rapport qui revient du réel (coupure, morsure, tension de la cervelle vers le réel qui revient en retour, mais comme on est dedans on croit spontanément qu’elle re-vient, qu’elle vient du réel lui-même). L’occidentalisation, ayant découvert et extrait et donc élaboré et architecturé cette découverte qu’est la structure, est ainsi l’ontologique éthique et la mise en forme et le mode de fonctionnement de cette structure ; comment entrer dans le rapport que l’on est et le modifier, l’orienter, le désorienter, le traficoter en un mot et essayer de tenir que cela soit une Règle.

Dieu, pensée et être, sujet et enfin altérité sont les mises en forme de la forme même ; de là que cette acculturation s‘étende à toute la planète puisque c’est l’unique structure antérieure à tout monde humain et tout moi, et puisque chacun a un corps (comme prototypiquement dans le christique, qui engendra quantité de sortes de sujets, dont le sujet exclusif cartésien qui dit que « c’est ici que « ça » se passe ») et chacun a un corps dans le même unique monde (tendu, comme une toile, par l’unique et strict réel, le même présent et son acte, qui revient sans cesse parfaitement identique à sa forme).

Nous-mêmes sommes pris dans une forme ontologique spéciale qui ne parvient pas à rendre compte de la forme ontologique spécifique ; celle du sujet cartésien mais biffé, annulé, ignoré, absenté ; il est absenté dans le moi, ignoré par la science, annulé par l’image, oublié par la pensée, la théorie, la « philosophie » (le point de rejet étant Sartre et ce via Lacan ; mais Lacan et Sartre sont l’externe et l’interne de la même structure ; l’antiphilosophie lacanienne cible la version abstraite, celle qui a transformé la pensée en raison, dieu en la naturalité et le sujet en moi, qui éprouve de ce fait de considérables difficultés, et ne comprend plus quoi que ce soit ; son « bonheur » tarde à venir, tandis que le sujet opérait une tout autre élaboration).

À vrai dire tous les désirs sont quelconques par rapport à la structure, et ce parce que tout est quelconque pour l’arc structurel de conscience ; il n’a aucune correspondance avec rien qui soit. Il est à lui-même la dimension, puisqu’il est un rapport ; dont l’être n’est pas un être, puisque c’est un rapport, par quoi on en déduit que ce rapport est constitutif, ontologiquement, et non seulement en lui-même mais parce qu’un présent il y a ; l’articulation dans l’articulé fondamental.

Dimension qui de cette manière intègre l’interruption ; interruption du monde par dieu, du donné par la pensée du donné, du vivant par l’autre-corps ; elle est constitutivement de, par et pour l’interruption (il n’y a pas de reste, sinon tel le corps). Comme nous nous vivons sous le régime du moi, de la personnalisation, du repli sur le concret, on ne perçoit absolument aucune vision d’ensemble ; évidemment se « replier sur le concret » est en partie paradoxal ; parce que ce faisant on élabore, invente, décuple le concret et que ça n’est plus un repli, mais une invention, comme dit ; ce qui donne ce monde hyper construit en tous sens (la révolution c’est la possibilité historique qu’il y eut de conférer à chacun la capacité d’organiser et d’inventer son monde ; de tout ce qui n’est pas autorisé est interdit à tout ce qui n’est pas interdit est autorisé).

L’autre jeu, le grand jeu, celui dont la petite tactique du moi, de la raison raisonnable et du concret vécu, est issue, le grand jeu c’est donc celui initié comme dimension ; dieu, la pensée, le sujet. Et comme le moi est très mal à l’aise dans son vécu, les trois se continuent comme altérité ; destruction non pas de la pensée, de dieu et du sujet mais du moi, de la raison, de l’humanisme et de la naturalité. La naturalité est rendue à non plus cette nature calme et sereine, accueillant l’humanité, mais telle quelle : brutale, autre, inerte, morbide, déconstruite, en désintégration, et surtout inhumaine, réclamant éventuellement que nous soyons surhumains

(surhumanité dont la racine est le christique comme sur-divin, le dieu en plus, en plus de tout dieu, mais on voit bien alors que le christique peut faire communauté, communauté non pas immédiate dans un monde cyclique, mais intégrant ce monde cyclique introduisant l’historicité ; communauté mais « en esprit », communauté coordonnée et non pas ordonnée ; la source de l’ordre n’est pas le monde immédiat perçu par le groupe, mais l’accord de chacun par conversion ; si on n’intègre pas ses repères faciles mais décisifs on n’y comprend rien ; on croit que le christique est une sorte d’illusion ; pas du tout, c’est d’une difficulté et articulation formidables ; pas du tout spontanés et immédiats mais seconds, au sens de réfléchis, et relevant de la re-anthropologisation méditerranéenne).

L’occidentalisation a élaboré le non-désir, si l’on veut ; ce qu’il faut remplacer par sa formule exacte ; que ça n’est pas le désir mais la volonté, aussi bien cartésienne que nietzschéenne, c’est la Même (puisqu’ils observent là sous leurs yeux la Même Structure) et donc c’est l’intentionnalité ; que chaque arc ne tient (son monde, son moi, ses images, les autres, la perception, etc) que dans le mouvement ; c’est le mouvement, pur et surtout brut (parce qu’il sort tout nu et très cru de la cervelle et pour la première fois voit le jour même, la mer allée avec le soleil, et il voit toujours le jour même avec le même étonnement, éberlué d’exister) ; mouvement de l’arc dans le mouvement du présent, ce qui ne manque pas de nous jeter dans l’extase ou l’expectative ; c’est le mouvement qui caractérise l’acte d’occidentalisation qui consiste à extraire puis élaborer et architecturer la structure de conscience, la structure de prendre conscience et qui ne laisse jamais en paix quelque système ou idée ou esthétique ou politique que ce soit.

Que ce soit le mouvement qui soit pensé, se voit de ce que la pensée, dieu, le sujet, l’altérité (de la volonté de N, de l’Etre de H, et des analytiques sartriennes et lacaniennes) sont des mouvements ; s’introduisant en ces retours d’expérience on s’introduit dans la dimension ; et donc l’expérience en question est cela même qui n’apparait pas dans le monde, l’expérience de la structure comme telle. L’occidentalisation est à cette fin ; pour prendre au sérieux que décalage il y a et que cette distance est ontologique (concernant le réel tel quel) ; de même que toutes les civilisations, mais l’occidentalisation se définit de pénétrer l’articulation, la distance même (raison pour laquelle l’occidentalisation est infiniment plus grande que « l’occident ») ; ce qui donc ne consiste nullement en une idée ou un contenu qui entrerait en concurrence avec les autres ; mais dans la forme dégagée et stricte de l’arc réel d’une structure-conscience indépendante de tout contenu ; raison pour laquelle on a dû inventer, découvrir cette structure comme intentionnalité et il suffît alors de Sartre pour purger l’intentionnalité de tout « quelque chose » et du même coup de tout l’universel ; non au sens où ce serait, cette structure, moindre que l’universel mais au contraire, inversement, plus que l’universel ; soit donc la cohérence antérieure à cette cohérence maniée par l’universel ; l’universel sort de quelque part (il n’existe pas dans le ciel éternel des lois ou des maths ou de la raison), et ce lieu capable d’inventer, découvrir l’universel se nomme structure formelle de conscience.

C’est bien pour cela que la dite structure n’appartenant à aucun contenu, mais les produisant tous (y compris les esthétiques, éthiques, politiques, idéels, cultures humaines et acculturation restreinte ou généralisée, par la révolution par ex, par le récit et la poétique, etc, mais aussi en et par la personnalisation, qui atteint tout moi, tout être humain en forme de moi, cad tout le monde…), cette structure telle quelle est née de et dans l’occidentalisation, comme processus et procédé, et use de dieu, de la pensée, du sujet (des esthétiques, éthiques, etc) afin de s’imposer comme forme de structure dans le réel et en tant que forme révolutionnaire de l’historicité.

Nue, sans rien, pure tension qui sort de chaque cervelle via et par chaque corps, un par un, absolument séparé de tout et de tous et ayant à se vouloir à neuf non plus dans une organisation « organiciste » mais via une coordination et donc réfléchie dans et par le registre de la séparation, division intégrale de tout ; la division est ainsi depuis la méditerranée le résultat de la sortie des mondes immédiats, cycliques et ritualisés, sortie à partir de laquelle la distance, le décalage sont activés ; ce qui est un challenge, pour ainsi dire, un défi, et le passage (ce en quoi on va échouer, en tant qu’espèce, en tant que race) ; réguler la division de tout et de tous non plus dans une immédiateté mais dans une coordination ; ce que voulut instaurer le christique ; que chacun rendu un et séparé par le christ soit réunit avec tous les autres uns, et ce dans la communauté « en esprit » ; « en esprit » ne signifie pas une sphère éthérée mais la coordination voulue, assumée, assurée d’elle-même, réfléchie en un mot. Ce à quoi voulût amener la révolution des égaux.

Puisque rien n’est comparable à l’intuitionnelle structure qui se Voit instantanément elle-même sans pouvoir, en quelque manière que ce soit, se Dire. Mais elle se voit, et c’est bien en cela que réside la certitude, qui se moque du défilement de systèmes ; elle les épuisera tous. Elle est, comme de juste, hors et en plus et en-dehors du langage (et de la représentation et des mondes humains et des groupes et des systèmes) ; puisqu’il s’agit d’extraire la structure, de l’élaborer, découvrir et créer (à la fois, puisqu’elle est la possibilité même, qui ex-siste antérieurement aux réalités) et d’architecturer cette élaboration. Aussi elle s’en prend immédiatement au Monde mais le suppose et le transforme en monde-créé, par dieu – et s’étend sur le Donné-là lequel n’apparait que pensé et grec –  et envahit le Corps qui recèle le sujet louvoyant au-dedans et au-dehors du corps. Monde donné et corps sont ce sur quoi tombe la structure lorsqu’elle sort, nue et sans rien, arc de pure brutalité ontologique infiniment subtil, et reçu de plein fouet par le moi dépourvu de groupe et de monde, de tout contenu qui l’emmitouflait, et qu’elle jette, cette structure,  un regard au-dehors, par-dessus sa propre épaule ; elle va s’en prendre à toute la détermination et ce instantanément ; instantanément elle Sait sans connaitre quoi que ce soit, elle Sait du savoir interne à la forme structurelle qu’elle ex-siste, et va tenter mille interprétations qui à chaque fois remueront ciel et terre, en tous sens, puisqu’elle est au-delà, en-deçà, antérieurement à tout corps, tout monde, et hors du sens et créeront toutes les révolutions dans tous les ordres possibles.

Les affects vivants

Remarquons ceci que si il y eut bien une élaboration extrêmement concrète, ce fut celle des affects, des affects du corps ; puisque l’arc de structure est installé, historiquement, dans le donné le plus concret, au cœur des mois, au bord des corps, ce qui apparait lentement et définitivement dans l’historicité ce sont toutes ces modulations, tel l’amour inventé par la chevalerie et le roman et la poésie, comme intervention (et interruption) du donné et du corps entre deux individualités autres l’une pour l’autre, ou tel le spleen ou l’étrangeté et le surdivin et l’au-delà du monde ici même dans le monde transfiguré de son propre élan ; jusqu’aux affects d’angoisse, d’existentiels à psychiques et de désirs, de perversions et d’imaginations dans les créations de mondes individualisés ; tous les affects du corps d’un sujet vivant, du corps vivant, non seulement se décuplent mais s’inventent et se créent, et non seulement les affects mais toutes les perceptions, rendues au monde esthétiquement et poétiquement, creusant non plus seulement l’apparence universelle mais creusant à même le perceptif, dans le détail du donné et dans la précision des vies vécues bien plus loin et  ; pareillement l’amour tel qu’éprouvé par les mois de ce temps-çi n’est plus l’amour idéalisé et pour ainsi dire universel d’autrefois ; ce que l’on nomme tel ne se ressemble pas, et on ignore ce que l’on signifie par là (et que toute la représentation culturelle tend à simplifier et à rabattre sur la sorte d’imagerie universelle) tout s’est intensément créé complexe et autre (la psychanalyse même ou histoire de la sexualité mais aussi les mille expérimentations du « désir » poursuivis à vif tout au long depuis le 18éme ; il est évident que les mois vivent un Enfer). De même qu’instancié dans et par chacun des mois cet arc intégralement acharné sur son propre corps ne cesse de s’inventer des détournements psychiques de sa propre vie et du caractère vivant de ce corps, des paravents, des labyrinthes, des cheminements psychiques et psychologiques et relationnels ; amour et détestation paraissent des simplifications, peu à peu des approximations,  d’un ensemble d’affects plus étendu ; déploiement extensif de l’intensité. L’intensité du sujet, de christique, puis cartésien, a explosé depuis l’instanciation de ce sujet dans le réel historique ; ce que commence de signifier le romantisme ; tout cela n’est absolument pas du tout évident ; on avance alors dans les affects incompréhensibles des sujets-corps immergés dans ce monde là.

Ceci serait incompréhensible si l’arc de structure n’était précisément un Corps.  

Commenter cet article