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instants philosophie

Le présent comme machine

2 Décembre 2017, 16:24pm

Publié par pascal doyelle

Déplacement de ce qui est, vers l’Ex-sister. Le réel est d’une brutalité et d’une dureté absolue, absolue. Puisque le réel est une hyper méga machinerie, elle devrait fonctionner de cette brutalité vers une plus grande subtilité ; la subtilisation du réel est le moyen, pour le réel, d’être plus grand que lui-même. Si la finalité n’était pas de grandir, on ne voit pas du tout à quoi pourrait servir qu’il y a un « réel ». LA subtilisation que nous connaissons (il en est peut-être d’autres), est l’arc structurel de conscience ; comme méta machine, forme indépendante de ses contenus (sinon elle n’en contiendrait pas, de contenus). Ce mini mécanisme, absolument vide et formel, d’une légèreté et d’une souplesse absolue (l’attention, la faculté d’attention, de court-circuiter les mémoires lourdes enregistrées dans la cervelle).

Il n’y a ainsi qu’une seule surface, celle du réel et du présent, sur laquelle se forment des boucles qui ne se ferment jamais, puisque de toute manière le présent en tant que tel est de fait l’ouverture formelle absolue ; aucune conscience ne se ferme sur elle-même (et si tel est le cas elle s’inverse et croit se fermer dans ces folies diverses et variées, et en même temps on ne peut pas ne pas rechercher le bouclage, de sorte que tout arc est fou, en ceci que l’arc de conscience est la tension produite dans la cervelle mais sur le corps et par le corps vivant, qui lui-même est déjà une boucle transformant le donné là en milieu disposé de son corps, lequel est individuellement séparé de tout). Et on ignore jusqu’à quel degré de possibilité il peut exister des « consciences » ; on nomme conscience cet être qui a un rapport à lui-même (en tant que rapport et non en tant que chose déterminée, sinon il ne serait pas un rapport mais une identité).

On a dit « déplacement du centre du monde » ; entendons par là que la forme des réalités est passée au devant.

Dieu, la pensée grecque, le christique, le sujet cartésien et suivants, l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) exposent, décrivent, démontent ou démontrent ce passage du Bord du monde et des êtres : description du Bord antérieurement à tous les contenus.

Pour cette raison on n’a plus affaire à un Contenu – le divin en général situé au-delà, la représentation, le langage, le groupe, et de manière large mais fondamentale on n’a plus affaire à la mise en forme culturelle, mais à une nouvelle anthropologisation ; dite acculturation ; dieu est non pas le recyclage du même monde mais est l’intervention dans le monde afin de le modifier et porter plus loin – la pensée est en plus du groupe à qui elle dérobe la vérité commune pour la vérité cohérente – le sujet interrompt toute régulation qui ne l’inclurait pas – l’altérité impose que le réel n’est pas la réalité.

(soit donc l’extensivité des grecs et de l’universel selon l’être ; l’exigence formelle de dieu ; l’incorporation intense christique de l’arc structurel de conscience en un Corps ; le méta cartésien qui localise l’arc sur l’étendue du monde ; l’altérité non seulement de Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan mais aussi toutes les descriptions objectivistes du monde et du corps, des sciences aux démocraties considérées comme expérimentations in vivo de l’avancée du structurel, en chacun, en chaque’un par exemple ou extension partout de l’universalisation, puisque le structurel en lâche pas ses acquis précédents mais les accélère, ou propagation du Désir comme simulacre de notre structure, etc ; provoquant outre l’extensivité et l’intensité, une densité)

Cette gigantesque réorchestration ne part plus du donné tel que là, qui était synthétisé en une culture existant de par elle-même et selon la force de son groupe humain dans un monde cyclique doué d’une parole partagée et trésor de communication qui devait être préservée intacte afin de communication exacte entre tous et avec les perceptions localisées de tel monde situé ; que l’on soit maya ou égyptien, qui découpaient dans la détermination des schémas, des labyrinthes, des logiques, des structurations, et des rituels. Et cette réorchestration qu’est cette fois l’acculturation anthropologique n’est donc plus seulement une « mise en forme culturelle » ; c’est une sur-culture, une acculturation en-plus qui décentre intégralement la formulation ; de là que les deux principes réels de cette acculturation soient d’une part le monde tel que donné là (les grecs) et d’autre part le corps (le christique) ; et tout le monde, chacun est au (même) monde et chacun a un corps, le même pour tous. Et c’est une sur-culture qui prend la forme de l’individué ; on n’accède que un par un à la pensée ; on ne peut pas apprendre un corpus tout fait, mais apprendre à penser ; on ne découvrira pas « la » vérité aisément mais on tiendra bon sur le principe de « la vérité en général » en examinant donc à quelles conditions les idées sont recevables, substituant la conditionnalité du principe aux effets toujours seconds, dérivés, parce que l’essentiel n’est plus d’administrer « la » vérité mais de travailler le système formel antérieur à toutes les vérités ;

de même plus tard on ne tiendra pas à telle ou telle liberté ou manifestation de la liberté mais on sera certain que la liberté est le principe de base, qui rend toutes les décisions possibles, de même que « la vérité » autorise toutes les vérités ; on n’a plus un monde donné et déterminé mais les possibilités d’un monde, étant entendu qu’il faut alors admettre qu’il y a effectivement Un monde ; et on n’accède que un par un à … selon son propre corps ; qui n’appartient à rien ni à personne (ce qui abolit tous les systèmes anciens de dépendance, annule que l’on soit homme ou femme, riche ou pauvre, esclave ou libre) et qui n’appartient pas non plus, ce corps, à ce « moi » ; le moi est une chose déterminée et il ne convient pas, si l’on est libre, que l’on appartienne à ce « moi » ; le moi est un effet du sujet et donc le sujet de chacun plus grand que son moi. On y reviendra, notamment de ce que le Virtuel précède le réel, pour ainsi dire (ou si l’on veut le réel est le Virtuel, mais il faut bien que l’on puisse distinguer dans l’inépaisseur du présent).

De même que pour chacun il ne s’agit pas seulement de pousser son moi au plus loin (serait-ce dans la dépression ou la folie ou l’addiction ou etc, l’indéfini nombre des dérives du moi, qui est toujours démoli par son arc de structure, et qui ne comprend pas, ce moi, qu’il ne soit pas « heureux », satisfait, puisque normalement selon l’idéologie naturaliste « tout est là » pour qu’il le soit ; sauf que tout n’est pas là, puisque le « là » lui-même est le présent, l’inachèvement structurel de tout) pas seulement de pousser son moi au plus loin donc mais d’instancier le sujet, le point qui permet qu’il y ait des mois (de même que dieu ou la pensée ou le corps-autre se situent en plus et en-avant). C’est de ce point là que l’on perçoit, que plongé dans le noir on analyse, éprouve, virtualise les images de toutes les re-présentations ; du cinéma à la pop music, mais aussi les présentations d’expériences du désir, des sentiments, des relations, des échanges, des objets, etc ; tout cela est atteint mais est expérimenté le point, de structure, à partir duquel tout cela est atteignable ; le point même qui épuise, harasse, éreinte le corps vivant via l’autre surface du corps produite dans l’activisme de conscience structure, d’intentionnalisation ; un corps vivant n’est pas nécessairement apte à absorber la puissance de la structure.

Et c’est précisément de vouloir installer l’arc, l’acte, la puissance, l’in-fini ici même dans le monde et ici et maintenant dans et par ce corps que se distingue l’occidentalisation ; ça ne se réalisera pas ailleurs ou au-delà, mais ici même ; l’occidentalisation cherche le point de rupture, par où le réel est autre que la réalité, le hiatus, le décalage (qui permet que nous soyons non pas ce que nous sommes mais le point par lequel nous prenons conscience de tout ceci ou cela, le gouffre entre les deux) et élabore l’architecture de ce gouffre ;  dans l’actualité formelle et donc absolue du présent, qui exige l’actualisation du réel. Il n’y a pas et il n’y aura pas de reste, de surplus ou d’idéel ou d’idéal ; tout ce qui fut, est ou sera réel passera par cela seul qui est réel, le présent. L’acte pur et brut. C’est cette instanciation ici et maintenant que veut l’occidentalisation, son individualité fondamentale, puisque le présent est le sujet … Le sujet est la pensée par délégation, l’universel ou encore tel ou tel sorte d’absolu situé au-delà, l’arc de chacune st lui-même sujet par délégation de la structure même qu’est le-réel  et ne le sont que par duplication à partir de ce qui distribue la réalité ; le réel est autre et c’est cet Autre qui se cherche et se crée, s’expérimente et s’éprouve, et se prouve : le « ce qui n’est pas », le « ce qui sera » (et encore faut-il ajouter qu’il sera non comme « être », ce qui ne veut rien dire, mais comme acte, comme mouvement et potentiellement, en sa puissance, comme mouvements, mouvements « divins », pluralité de divins, ce que l’on a nommé déjà le sur-divin, qui est, existe pluriellement ; la réalité est la machine à créer plus grand que soi ; autant dire comme hyper-machines interne au Bord du monde).

C’est ce système là, ce système formel, qui entoure toutes les manifestations, décisions, pensées, systèmes, esthétiques, éthiques ou vécus, qui entre en jeu depuis la méditerranée et qui se  dresse, qui se dresse littéralement selon son évidence instantanée ; instantanée parce qu’elle doit être constamment accessible ; accessible à chacun et accessible ici même, comme monde ou comme corps qui ne supposent rien d’autre que leur réalité. Et pour situer ce monde et ce corps, c’est à partir d’un point de vue. On perçoit tout cela, monde et corps, à partir d’un point. Et c’est non seulement le monde et le corps (l’universalité et l’individualité fondamentalement) qui sont pensés, décidés, imaginés, esthétisés, poétisés, politisés, etc, mais c’est le point lui-même qui est investigué, dont on se demande ce qu’il signifie, ce qu’il comporte, ce qu’il implique.

A partir de dieu, de la pensée, du christique, du sujet, de l’altérité on a commencé de resituer le monde et le corps, le donné perçu et le vécu éprouvé, l’humanisation et la représentation, etc. admettant dieu ou pensant selon l’être ou prenant conscience de soi selon le christique ou individualisant cette conscience comme cartésienne ou ouvrant effaré les yeux sur le Grand Donné là du réel, on produit à la fois une représentation à chaque fois et on restructure le regard même, le point de vue tout à fait externe qui permet que de tout cela nous prenons conscience et qu’en plus de tout cela nous inventons et créons de la réalité et de la structure de conscience en plus ; nous créons du « n’ayant jamais existé ».

Puisqu’il existe un présent et que donc seul existe le présent puisque c’est en ce présent que quelque réel doit apparaitre (sinon le présent n’aurait aucune utilité). C’est « ce qui n’est pas là » qui doit apparaitre ; si on abandonne la perspective que l’essentiel n’est pas encore, on tombe dans le déjà-là, cad dans la mort et la disparition.

Si l’on résume ; l’être nomme ce qui est là, déjà réalisé, la détermination ; l’être est effet, ontologique, de l’exister ; l’exister est le présent, le présent est la forme de « ce qui est » et tracte tout l’être en avant – l’arc structurel de conscience est arc-ticulation au présent, en tant que le présent veut intégralement, par structure (cad qu’il est entièrement ce mouvement, cette exigence et n’est rien d’autre, étant l’altérité même, l’Autre comme logique, tel qu’on l’a vu déjà),  le présent veut intégralement réaliser tout ce qui est réalisable ; et passant outre toutes les autres finalités secondes, qui sont enroulées dans la boucle(par lesquels mouvements intérieurs les représentations, les Œuvres, les éthiques et politiques, etc tout cela signifie la boucle elle-même qui garde toujours son excès, son en-avant, son présent), l’exister, le présent veut rendre réelle-encore-plus la structure même de l’acte ; autrement dit c’est le réel qui s’épaissit, qui épaissit l’inépaisseur de l’acte ; ou donc ce par quoi l’acte  c’est bien en ceci que l’on ne sera jamais adéquat à l’Exigence (au tractage de la réalité et du réel par le réel lui-même) ; jamais adéquat à dieu, à la pensée, au sujet, à l’altérité et c’est bien pour cela qu’il ne faut pas s’identifier à ceci ou cela que l’on est, mais se tenir en-avant à partir de ce qui n’est pas encore ; de l’exister, du présent qui « contient » la possibilité, et donc, comme on verra, la Possibilité pure ou la Virtualité (inconnue, non encore existante, non encore réalisée, qui n’a pas encore étiré la réalité et le réel en son inépaisseur vers une augmentation ou accélération ou vers son extensivité, grecque, ou intensité, christique, ou réflexivité, du sujet, ou altérité et densité à partir du 19éme révolté).

Le Virtuel est cela qui se tient dans la boucle de cet arc (non fermé, jamais clos, non comblé et qui ne correspond à rien dans le monde, puisqu’il est le Bord de ce monde, ce qui tracte le monde et le corps en-avant).

Il est apparent que l’hyper machine du sur-divin on ne voit pas comment l’interpréter ; soit comme réalisation interne de chaque arc structurel de conscience, soit comme communauté de l’ensemble des arcs, maintenus un par un mais ré-unis « en esprit » comme on disait jadis ; ré-unifiés en seconde extraction et non pas comme fusion ou coagulation qui supprimerait l'individué ; la réalisation d’une communauté est de fait bien plus complexe et plus coordonnée que la « simple » conscience de soi comme structure …

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