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instants philosophie

Le divin en question

6 Janvier 2018, 09:27am

Publié par pascal doyelle

Continuons donc suivant l’hypothèse : cela seul qui existe est le présent ; le présent est la motion antérieure à tout, qui précède toutes les réalités, qui les laisse devenir telles quelles, et c’est pour cela qu’il y a « réalité » et que cette réalité est multiple, se dit comme « réalités » en tous sens, sans qu’aucune totalisation ne soit possible (il existe « de l’être », cad de la détermination, mais non pas l’être, le Un qui serait Tout est impossible). Ce qui correspond (que le Un ne peut pas être Tout) à cette forme qu’est le réel en tant que présent ; il est « en acte » et ce qui est en acte ne peut pas se fermer ; il est ouvert ; et ce qui est en acte demeure en acte ; il est sans cesse acte ; agissant.

D’un côté l’ensemble indéfini de toutes les réalités (non totalisables qui s’étendent peut-être indéfiniment), et de l’autre l’acte un et formel ; le présent, et le présent « n’est » pas, il existe au sens de « il ex-siste »  et demeure en tant que mouvement ; il se con-forme à lui-même ; il se donne, se prête, s’absout un visage qu’il remodèle continûment ; chaque milliseconde ce visage change et se perfectionne ; chaque seconde le réel se redistribue.

Par ailleurs on a vu que le néant existe ; étant « rien du tout » il n’offre aucune résistance à quoi que ce soit en quelque manière que ce soit ; le néant est, tel quel, infini ; l’être a donc tout l’espace et le temps (ce sont des figurations à notre portée, espace et temps ou ce qui en tient lieu ailleurs et autrement) pour se déployer et est donc lui-même, l’être, infini ; de même il n’est de réalité que déterminée et sitôt que l’on commence de se déterminer il en est une quantité indéfinie ; probablement jamais on ne parvient à la détermination « originelle » ; ce qui est déterminé est toujours a minima « quelque chose », de distinctif ; si le donné là n’était qu’une masse originelle amorphe, on ne comprendrait pas ; mais le donné est déjà en lui-même divisé et cette division s’effectue par la distinction et donc la qualification et la détermination et aussitôt entré dans la détermination on ne cesse de déterminer ; soit donc de promouvoir l’altérité (toutes les choses sont déterminées et sous la loi de l’altérité, qui ne leur est pas extérieure puisque sans se distinguer une chose n’est pas)

– et il n’est rien, à notre connaissance (et selon l’expérience limitative que l’on a de la réalité) rien de plus distinct que tel être qui, étant rapport à (soi), est de fait hyper-ultra distingué ; l’altérité est au principe de la détermination, et ce corps qui est outrepassé par le rapport qu’est une conscience de (soi) est un corps-autre ; un corps qui supporte des signes, une nouvelle surface qui se crée lorsque l’arc surgissant de la cervelle vers le donné, revient de ce donné vers ce corps et qui supporte alors des tas, des quantités de signes ; une surface qui comme telle se projette sur des plans, et clairement crée des stratégies

(que ces stratégies soient contraintes veut dire que ce rapport peut coller à même les déterminations (du monde, des situations, de son propre corps) et qu’il peut produire des cohérences ; ça n’est donc dans les deux cas aucunement des restrictions à la liberté, mais sa souplesse-même et sa capacité externe à lier ; ceci pour ceux qui ne comprennent pas qu’un langage, par ex, qui serait désorganisé et donc « libre » n’a pas grand sens ; un langage est un système parce qu’il se tient et s’organise, sinon il s’effilocherait, et comme il n’est, tout autant système qu’il est, constitué que de rapports, ceux-ci peuvent se monter et se démonter ; et l’ensemble des rapports qui perdurent sont précisément ceux qui sont relatifs au monde, soit au groupe, au collectif trésor partagé des mondes humains cycliques, soit au monde donné là, au vécu, au corps, à la réalité éclatée que rpojette dieu, la pensée et le sujet depuis 4000 ans).  

Rappelons que conscience de (soi) signifie que le dit « soi » est non une identité mais est … le rapport lui-même ; le rapport a rapport au rapport, il se réassigne constamment et ne retient rien, aucun de ses contenus, en sa structure et c’est bien pour cela que toutes les déterminations (de la perception aux idées en passant par les langages ou les comportements) défilent et passent au travers de ce rapport ; parce qu’il n’a de réel rapport qu’avec lui-même comme rapport ; et impossible pour lui de se prendre comme ego-substance, sinon de l’imaginer (il croit être un être, une âme, une substance, une identité quelconque ; par rapport au pur rapport brut qu’il existe tout le reste est quelconque, rien ne le reçoit, ni ne le représente), puisqu’il est le rapport (vide) du rapport (devenu formel de ce fait qui ne peut pas se prendre pour quelque contenu que ce soit ; la structure « conscience » n’a aucune correspondance avec quoi que ce soit, sinon avec le fait invraisemblable qu’un présent il y a).

Le rapport produit donc un champ au-devant du corps et formule une surface-autre (qu’il nomme comme il veut, Jésus-Christ historiquement ou Rimbaud ou Jean-Pierre).

Ce rapport le sait. Il le sait mais continue invariablement de s’imaginer être, selon une image, ou une idée ; mais comme le rapport se crée dans l’actualité, le présent et la situation, il rompt de fait, structurellement, toutes ces identités et ne consiste qu’en un miroir brut (si il n’était pas vide il serait plein… et donc déterminé et ainsi serait dans l’incapacité de promouvoir des quantités de signes en veux-tu en voila ; comprenons bien ; il est soumis à des tas de contraintes mais comme il se crée dans l’actualité et dans l’acte, du réel, il garde de fait une marge qui est une différence qui occasionne le possible même) et il peut difficilement faire autrement … puisque le rapport qui est dans le rapport n’a pas de représentation, ni de présentation du reste sinon ce fait majeur d’un corps qui est-là ; parce que là où il existe c’est en tant que corps et plus précisément en tant que surface du corps qui supporte les signes (cad les rapports issus du rapport et qui ne cessent de broder et de tisser, et tandis qu’il tissait dans le même groupe constant, depuis dieu, la pensée et le sujet il tisse dans le monde donné là universel, qui n’appartient à aucun groupe) ; il est toujours renvoyé à sa position « là » d’un corps ; ce que veut dire la psychanalyse, littéralement, dans l’épaisseur bizarre du corps « en surface ».

La psychanalyse, mais qui demeure à l’usage de ces mois, depuis que des mois sont lancés, par l’historicité et la révolution liberté-égalité, dans le monde donné réel, il s’y est produit un corps-pour-chacun. La psychanalyse mais pas seulement parce que les configurations ancienne ; dieu, la pensée, le sujet ; manifestent ou le tentent toute la Dimension qui s’est ouverte lorsque cessant d’appartenir à un groupe mais au monde, au donné perçu, au vécu éprouvé et à ses affects et au corps dans sa position étrange, alors donc passant de tout monde clos au monde donné là, c’est une intégralité de possibilités qui se propulsent dans le monde, le donné et le vécu. Créant des quantités de stratégies ; et toutes sont issues de la même structure formelle, et donc susceptible d’être réintégrées dans n’importe quel sujet. Aussi doit-on s’utiliser afin de réincorporer la totalité des possibles acquis ; dieu, la pensée, le sujet, l’altérité ; rien de tout cela nous est étranger, malgré la frontière naturaliste-rationaliste-humaniste du 18éme.

Il n’y a rien d’étranger dans tout le devenir énorme qui fut le nôtre, ne serait-ce que de par sa loi qui est l’actualisation du réel comme Altérité pure et brute.

On a dit qu’il s’agissait du rapport dans le rapport ; il existe un rapport absolu, celui du, vers, par le corps donné-là mais en sa « surface » (qui reçoit les signes, sur son corps, dans sa perception, dans les signes et les langages, les idées et les images, les relations et les objets, comme d’avec les choses, en tant que tout cela passe dans le goulet de la surface du corps) et dans ce rapport se tissent mille milliards de rapports, comme dit, mais en même temps ce rapport (se) signifie ; mais il ne le peut pas, mais il le fait quand même ; autrement dit tout le reste sert de moyens à cette signification impossible (qu’il y a donc une structuration de l’inconscient).

Mais aussi ce rapport à (soi) se signifie quand même ; il faut bien qu’il se place dans le monde, dans le discours, dans la phrase, dans le comportement, en l’autre, etc ; et les grandes configurations s’utilisent à cette fin ; dieu, la pensée, le sujet et l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc) maintiennent le réel, cette structure, dans la réalité. Supposer que le réel soit non pas ces formes vides mais ceci ou cela, condamne à ne désirer ou plus largement intentionnaliser que le monde via le monde. User de ces configurations permet par contre en tenant la structure du réel s’imposant dans le monde donné, d’organiser non plus les intentionnalisations telles ou telles (qui tiennent toutes du monde et de contenus et d’identités) mais l’intentionnalité même comme processus, autrement dit de créer des stratégies qui ne sont plus de simples tactiques (qui retournent toutes dans le donné). Pour organiser ces intentionnalisations il faut se situer dans l’intentionnalité et donc la nommer selon des repères ; à quoi s’utilisent dieu, la pensée, le sujet et l’altérité.

Ceux qui ne comprennent plus les configurations se figurent le réel comme si il n’était que réalité et comme il n’est pas de totalisation de la réalité, ils se figurent le réel selon les réalités ou selon telle ou telle réalité ; impossible alors de rejoindre les configurations qui permirent d’assurer la présence dans la réalité de l’articulation suffisante. Et ce reniement s’effectue prétendument pour une libération (ce qui est vrai) mais qui tombe dans le donné (en croyant que les éléments du monde découverts à partir de la positon acquisse suffiront à expliciter le donné tel que là, le monde, le vécu, le corps) ; tout se transforme donc en intentionnalisations mais à partir d’une structure acquise (en gros la structure de sujet qui transforme tout en objets, oubliant que le sujet, le réel, le cartésien, se supposait lui du réel même et non de la réalité) et comme il est impossible d’abandonner la structure, la position acquise, tout est perçu par ce sujet mais rendu abstrait, évidé de toute la formulation structurelle, qui ne pose plus même son arc dans sa puissance mais rétrograde sa possibilité ; elle ne serait que de et pour le monde, le vécu et le corps ; enfermant tous les sujets dans le déni de soi, ne cessant de désirer n’importe comment et en pure perte, et épuisant les réalités au lieu de continuer d’architecturer la dimension, le réel de la structure. Nietzsche et Heidegger ont cherché le moyen de s’en sortir en réinstallant une ontologie(autre) dans la réalité (naturaliste, humaniste, rationaliste, objectiviste, etc). Sartre et Lacan ont creusé la structure même et analyser son potentiel brut.

Les sujets éprouvent ainsi l’effondrement d’une part de leur intentionnalité et le retour de l’intentionnalité vers le corps, nu, sans recours aucun, qui est dépourvu de toutes les possibilités de structure ; et d’autre part sont absorbés par leur immersion dans les intentionnalisations qui les baladent dans le monde donné, dans les déterminations. Ce que signifiait l’idéal de bonheur sur terre promut par la révolution et l’idéal du monde rêvé, de la vie imaginée, de sa propre authenticité ou de sa « naturelle spontanéité » comme si la nature humaine se confondait avec la nature tout court ou comme si notre personnalité recelait une vérité qui soit aussi destinée à une réalisation ; qu’il ne faille pas abandonner l’idéal de bonheur et de réalisation de soi est une chose mais il faut bien saisir que l’on ne réalisera pas ni que l’on ne coïncidera jamais avec quelque identité ou vécu ou corps que ce soit ; nous ne sommes pas de ce registre là.

Qu’il faille conserver cet idéal la raison en est (outre que l’on sera moins méchant, comme disait l’autre) qu’alors seulement il est une chance pour que dans les mois et l’humanisation apparaissent les sujets et la coordination humaine (sans quoi les intérêts du monde dévoreront toute entente et donc toute organisation, toute méta-organisation).

Comme l’idéal de vie rêvée ne parviendra jamais à satisfaire notre structure, qui se tient antérieurement au monde, au vécu, au corps, bref antérieure à tout, chacun l’éprouve absolument dans son vécu, voire lorsque le désordre est si grand, dans son corps (l’atteinte du marasme vécu est alors si grand que la contradiction, la douleur remonte jusqu’au cœur de la position intentionnalisatrice et cette position c’est la surface-autre du corps, le retour même qui coupe alors intégralement toute possibilité intentionnelle). Atteint dans la prise directe que la structure intentionnelle effectue sur la réalité, cette structure intentionnalisatrice se dénoyaute alors de tout réel.

On pleure sans cesse que l‘occidentalisation aurait imposé une altérité irrécupérable et aliénante, mais c’est le réel lui-même qui est Autre, il est constitutivement Autre. Et il n’est pas d’identité ou de bonheur constitutif ; ce qu’il faut penser et élaborer c’est l’insatisfaction native absolue ; et c’est bien cela la volonté stratégique du guerrier. Le monde, le donné ne nous attend absolument pas, et même l’être, la réalité, déterminée, ne sait rien de ce qui peut exister, ex-sister. Le « ce qui vient dans la réalité » sera absolument purement créé. Et c’est bien par ceci que non seulement l’occidentalisation est la seule voie, la structuralité de ce qui est (l’être étant relégué en seconde place), mais que la structuralité est le questionnement même du divin, qui n’est plus dés lors ce que par « divin » on a pu comprendre, et qui doit être nommé le sur-divin.

Il ne sera pas nécessairement une consolation. Mais dieu, la pensée, le sujet, l’altérité (Nietzsche, mais aussi Sartre et Lacan manient l’Exigence) n’étaient pas des consolations, et ce contrairement à l’interprétation, laxiste, depuis le 18éme qui à cru récupérer la potentialité « céleste » et l’installer entièrement dans le monde, le vécu, le corps, l’humanisme, l’identité personnelle, toutes choses justes mais insuffisantes et c’est précisément ce décalage qui ne peut pas s’interpréter selon le monde humain produit ; le moi ne peut pas comprendre sa distanciation, lui qui Croit qu’il Est  – imaginairement, d’où la démultiplication indéfinie des images ; un sujet ça n’est pas un composite d’images tenu en synthèse par, en fait, le sujet interne, c’est le miroir, en instance de variations diverses de sa représentation toujours impuissante, et qui ne peut être elle-même que re/présentation, présentation à nouveau du miroir, et cet acte le modifie.

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